Mathieu, Mireille (1947- ), chanteuse française, longtemps considérée en France comme l’héritière d’Édith Piaf, son modèle avoué, et à l’étranger comme une ambassadrice de la chanson française.
Née à Avignon, dans une famille pauvre de quatorze enfants, Mireille Mathieu travaille dans une fabrique avant de remporter un concours local. En 1964, elle se rend à Paris pour participer à Télé Dimanche, une émission de télévision suivie par plus de dix millions de spectateurs. Profondément attristé et désorienté par la disparition (quelques mois plus tôt) d’Édith Piaf, le public et les professionnels optent unanimement pour elle, au détriment de sa concurrente directe, Georgette Lemaire. Johnny Stark, jusque-là imprésario de Johnny Hallyday, décide alors de lancer Mireille Mathieu, chanteuse dotée d’une voix exceptionnelle et issue, comme Piaf, d’un milieu défavorisé.
L’ascension fulgurante de Mireille Mathieu commence à l’Olympia, en 1966. Le succès est tel que Stark organise pour elle une tournée aux États-Unis, où elle remporte un triomphe (elle est invitée à l’émission de variétés la plus regardée des États-Unis, le Ed Sullivan Show). Par la suite, elle est accueillie au Japon et en URSS comme une ambassadrice de la chanson française, alors même que, dans son propre pays, les imitateurs et les humoristes font d’elle l’une de leurs cibles favorites. « Mon credo », « Paris brûle-t-il ? », « J’ai gardé l’accent », « Mille Colombes », « Une femme amoureuse », sont quelques-uns des titres qui la propulsent sous les feux de l’actualité. Sur scène, elle apparaît comme une interprète parfaite mais sans émotion. Autour d’elle se construit une véritable industrie : elle chante avec les chœurs de l’Armée rouge, avec Paul Anka ; ses producteurs cherchent à rentabiliser au maximum son image. Mais peu à peu, le public nostalgique de Piaf se détourne de Mireille Mathieu et la disparition de Johnny Stark semble avoir mis un terme à sa carrière, comme en témoigne le succès limité de son dernier album Vous lui direz… (1995).