Lama, Serge (1943- ), chanteur français.
Né à Bordeaux, de son vrai nom Serge Chauvier, Serge Lama est profondément marqué par l’échec professionnel de son père (un chanteur d’opéra), qu’il évoque dans une de ses chansons, « le Temps de la rengaine », et qui va lui insuffler une véritable rage de réussite. Il débute dans les cabarets parisiens au début des années soixante, notamment à l’Écluse, où Barbara le découvre et l’encourage. Après avoir chanté en première partie d’un récital de Georges Brassens à Bobino, en 1964, il voit sa carrière, à peine amorcée, brisée par un accident de la route, qui le condamne à l’immobilité pendant deux ans.
Doté d’une combativité exceptionnelle, Serge Lama enregistre en 1967, convalescent, « les Ballons rouges » et remonte sur scène l’année suivante, à Bobino, au moment où Jacques Brel vient de faire ses adieux au music-hall. Avec l’aide d’Alice Dona et d’Yves Gilbert pour les musiques et de Jean-Claude Petit pour les arrangements, il se lance alors dans une course au succès et conquiert le public de Brel. Sa fulgurante ascension est désormais jalonnée par des succès tels que « D’aventure en aventure » (1968), « Une île » (1969), « C’est toujours comme ça la première fois » (1970), « Superman » (1971), « Je suis malade » et « les P’tites Femmes de Pigalle » (1973), « Tarzan » (1977), « Femme, femme, femme » (1978). En 1979, un an après la mort de Brel, il lui rend hommage avec un disque où il chante les principaux titres de son interprète modèle (Lama chante Brel).
Serge Lama, qui s’est vu parfois reprocher la platitude machiste ou le relâchement vulgaire de certains de ses textes, a toutefois le goût audacieux des cimes puisqu’il décide, sans craindre l’outrance, de monter en 1984 une comédie musicale, Napoléon, dans laquelle il entre tout de go dans la peau du personnage-titre, et qui triomphe quatre années durant. Il se consacre par la suite au théâtre, pour ne revenir qu’épisodiquement à la chanson.