Dalida (1933-1987), interprète française.
Née au Caire de parents d’origine italienne — son père était premier violon à l’opéra du Caire —, Yolanda Gigliotti, dite Dalida, gagne Paris à l’âge de vingt-deux ans dans l’espoir de faire carrière dans le cinéma, après avoir remporté en Égypte quelques concours de beauté, dont le titre de « Miss Égypte 1954 », et tourné dans plusieurs films de série B. Rapidement consciente du fait que ce maigre bagage ne pèse rien aux yeux des producteurs français, elle s’oriente vers la chanson et débute à la Villa d’Este, dans un répertoire à l’exotisme latin emprunté à Gloria Lasso.
La chance se présente à elle quelques mois plus tard, à l’occasion d’un concours pour amateurs, « Les numéros 1 de demain », organisé à l’Olympia pour y dénicher de nouveaux talents. Remarquée par Bruno Coquatrix, directeur des lieux, Eddie Barclay, producteur de disques, et Lucien Morisse, directeur des programmes d’Europe 1, elle enregistre rapidement un premier 45 tours et se retrouve, quelques semaines plus tard, sur la même scène de l’Olympia, en première partie du spectacle de Charles Aznavour.
Lucien Morisse, qui l’épousera par la suite, prend sa carrière en main et en fait rapidement une immense vedette populaire, grâce à des succès comme « Bambino » — qui la lance en 1956 —, « Come prima », « Gondolier », « Romantica », bientôt suivis par « les Enfants du Pirée », « Ciao, ciao bambina », « l’Arlequin de Tolède », « Itsi bitsi, petit bikini », et autres « J’attendrai ».
Sa voix chaude, légèrement striée de rocailles et relevée d’une pointe persistante d’accent italien, en fait bientôt l’une des vedettes préférées du public français, en ce début des années soixante où la vogue est pourtant aux premiers rockers et aux yé-yé. Une renommée qui ne faiblira pas avec le temps, en dépit des modes qui passent et d’un style qui, ne se renouvelant guère, finit presque par s’autoparodier.
Star française, mais également grande vedette internationale, Dalida a vendu cent vingt millions de disques, enregistré neuf cents chansons en huit langues (dont cinq cents en français et deux cents en italien), et participé à plusieurs centaines de galas dans le monde.
Pourtant, en dépit de cette fabuleuse réussite, la chanteuse n’est guère heureuse dans sa vie privée. Un enchaînement de drames personnels (suicide de Lucien Morisse, son ex-mari, puis de Luigi Tenco, le nouvel homme de sa vie) la conduit à faire plusieurs tentatives de suicide ; en 1967 tout d’abord, puis en 1977. Cette période de crise correspond à un changement d’orientation dans sa carrière. Elle élargit son répertoire à la chanson à texte (« Avec le temps », de Léo Ferré), obtient un succès mondial avec « Gigi l’amoroso » et « Il venait d’avoir dix-huit ans », se convertit sans complexe, et avec un succès inattendu, au disco — le remake de « J’attendrai » en 1976 remporte un grand succès —, tourne avec talent dans le beau film de Youssef Chahine, le Sixième Jour (1986), et joue même les meneuses de revue, façon Mistinguett, au Palais des sports (1979-1980). Mais, cachant de plus en plus difficilement le désespoir qui l’habite sous le bonheur exprimé par ses chansons, elle se suicide dans sa maison de Montmartre le 3 mai 1987.
Sélection discographique :
1991 - Les Années Barclay (2 CD Barclay - 511 572-2)
1997 - Les Années Orlando (2 CD Polygram - 537 264-2)
1997 - L’Intégrale des Années Orlando (12 CD Polygram - 537 288-2)