Bécaud, Gilbert (1927- ), compositeur et interprète français, dont le style dynamique lui a valu le surnom de « Monsieur 100 000 volts ».

Né à Toulon, Gilbert Bécaud, de son vrai nom François Silly, suit une formation classique au conservatoire de Nice puis accompagne un temps Jacques Pills, mari d’Édith Piaf, et compose ses premières chansons sur des textes de Louis Amade. Puis, il collabore avec Pierre Delanoë : leur première chanson, « Mes mains », est un succès immédiat. En 1954, à l’Olympia, il est la coqueluche d’un public jeune, particulièrement friand de ses rythmes entraînants souvent inspirés de la musique latino-américaine et qui lui valent le surnom de « Monsieur 100 000 volts ». « Le jour où la pluie viendra » (1957), « Et maintenant » (1962) confirment son statut de vedette. Se produisant tous les deux ans à l’Olympia, il entame en même temps une carrière internationale (conquérant le public de Londres, de New York et de Moscou). Son style s’assagit progressivement : les jeunes qui cassaient les fauteuils en 1954 vieillissent avec lui et Bécaud se fait en 1965 le chantre du général de Gaulle (« Tu le regretteras »).

Sur scène, toujours vêtu du même costume bleu, de la même cravate à pois, il trépigne, « brûle les planches » et, même si son dynamisme s’essouffle lentement, si les rythmes de son répertoire se ralentissent, il continue d’enchanter son public : c’est la scène, le spectacle, qui fait sa grande spécialité. Il s’est aussi essayé, avec un succès très relatif, à la « grande » musique, avec la cantate l’Enfant à l’étoile (1960) et l’Opéra d’Aran (1962), et à la comédie musicale (Madame Rosa, 1986). Mais c’est par des chansons telles que « Je reviens te chercher », « C’était mon copain », « le Rideau rouge », « La solitude, ça n’existe pas », « Dimanche à Orly », « Qui a volé l’orange ? », « L’important, c’est la rose » que l’art de Gilbert Bécaud s’est imposé. Bien que son succès se soit tari depuis le début des années soixante-dix, il n’en continue pas moins, avec une fréquence qui n’est plus celle des années de gloire, de composer des albums (Une vie comme un roman, 1993).

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