Aufray, Hugues (1929- ), auteur, compositeur et interprète français.

Né à Neuilly-sur-Seine, Hugues Aufray fait ses études secondaires au collège dominicain de Sorèze (Tarn), puis au lycée français de Madrid (Espagne). Il obtient son baccalauréat en 1948 et gagne Paris pour s’inscrire à l’École des beaux-arts. Mais il doit y renoncer « en raison de problèmes financiers ». Il commence à gagner sa vie en chantant dans les rues et les cabarets du Quartier latin. Sans réel objectif de carrière, il interprète ainsi, pendant plusieurs années, un répertoire de musiques et de chansons folkloriques, nourries de rythmes latino-américains, en jouant avec différents groupes dont le bientôt célèbre Los Incas.

Tout démarre vraiment en 1959, lorsqu’il remporte un concours amateur, « Les n° 1 de demain », organisé par Europe n° 1. Il signe alors un contrat avec la société Barclay et enregistre un premier quarante-cinq tours comprenant « Y’avait Fanny qui chantait », qui trouve un écho durable auprès des appelés de la guerre d’Algérie. Deux ans plus tard, ayant rencontré Maurice Chevalier, il part avec lui pour New York où il participe à un important show télévisé, et se promet d’y revenir. Ce qu’il fait, après un bref passage dans les cabarets parisiens, assorti de l’enregistrement — avant Gainsbourg — du « Poinçonneur des Lilas ». Au cours de ce second séjour new-yorkais, il rencontre un inconnu : Bob Dylan. Se dessinent alors sa voix et son style : le folk song.

Jusqu’en 1963, il enregistre ainsi une série de quarante-cinq tours avant la sortie de son premier album, sur lequel figurent déjà deux titres marquants : « Dès que le printemps revient » et surtout « Santiano ». Après deux prestations remarquées à l’Olympia (en première partie de Johnny Hallyday en 1963 ; en co-vedette avec Alain Barrière en 1964), il obtient le prix de l’académie Charles-Cros pour l’album live de ce dernier spectacle, et sort, cette même année 1965, son fameux trente-trois tours : Aufray chante Dylan, dont il a réalisé les adaptations françaises avec Pierre Delanoë.

En 1962, il se produit avec son Skiffle group et, jusqu’en 1966, il va accumuler les succès : « N’y pense plus tout est bien », « le Rossignol anglais », « le Cœur gros », « la Fille du Nord », « Cauchemar psychomoteur », « Les temps changent », « Dieu est à nos côtés », « les Crayons de couleurs », « le Joueur de pipeau », « l’Homme orchestre », « Céline ».

D’une certaine manière, les chansons d’Hugues Aufray font désormais partie du folklore contemporain, et les jeunes « gratteurs de guitare » des colonies de vacances, et autres rassemblements d’adolescents, ne cessent de les interpréter (sans même savoir, la plupart du temps, qu’il en est l’auteur). Pourtant, l’engouement du public pour une musique folk plus authentique, vers le milieu des années soixante-dix, lui porte un coup fatal ; et, malgré quelques succès ponctuels (« Hasta luego », « Stewball », « Adieu, monsieur le professeur »), il connaît une seconde partie de carrière plutôt difficile.

Malgré des albums non dénués d’intérêt, tels que Route 91, sorti en 1993, et Aufray Trans Dylan, en 1996 (comprenant douze nouvelles adaptations du grand Bob), et deux « rentrées parisiennes » (à l’Olympia, en 1991, et au Casino de Paris, en 1996), il n’est quasiment plus invité par les médias ou les grands festivals francophones. Il n’en continue pas moins de chanter (Chacun sa mer, 1999).

Sélection discographique :

1988 - Hugues Aufray (Collection Master Serie, Polygram 835 339-2)

1996 - Best of Aufray Trans Dylan (2 CD Garlick Music 303 719-2 / CNR-Music / Wagram Music)

1999 - Chacun sa mer (Garlick Music 304 928-2 / Wagram Music)

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