PROPOSITION DE METHODOLOGIE COMMENTAIRE DE TEXTE
Précision liminaire : comme le titre ci-dessus l'indique, cette méthodologie n'est qu'un exemple, et ne saurait se substituer à celle qui vous est normalement délivrée en T.D. Pour information, certaines exigences peuvent varier selon les équipes pédagogiques et les universités. Ainsi, sans porter de jugement de valeur, il est possible d'énumérer quelques divergences :
- parfois, une plus grande permissivité à l'égard des intitulés. Ainsi, certains tolèrent les intitulés rédigés sous forme de phrases avec un verbe conjugué (ex : "Le roi est souverain" au lieu de "Un roi souverain").
- la conclusion est soit formellement proscrite, soit conseillée. Traditionnellement, on considère à l'université en droit que la conclusion est souvent superflue, car on ne voit pas l'intérêt de paraphraser ses propres propos. Mais, dans le cadre formel du commentaire de texte historique, elle peut présenter un intérêt dès lors que c'est la seule partie dédiée expressément au développement de propos situés au-delà du champ chronologique du sujet.
- le plan en trois parties est un problème plus épineux. Il est proscrit dans quasiment tous les cas, mais certains textes, hypothétiquement, pourraient justifier d'un tel plan. Les textes donnés en examen se prêtent toujours à un plan en deux parties néanmoins.
- en introduction, certains admettent en première année les problématiques formulées sous forme affirmative.
Méthodologie.
Un
T.D. d’histoire du droit n’est pas un cours. C’est l’occasion
d’approfondir une question qui n’a été que survolée en cours, et c’est
aussi l’occasion d’acquérir ou de perfectionner une méthode de travail en
général, et une méthode de rédaction du commentaire de texte et de la
dissertation. Il ne faut donc pas s’étonner si le chargé de T.D. ne répète
pas à l’identique les propos tenus en cours magistral. Le chargé de T.D.
n’est pas rémunéré pour faire office de répétiteur. Il est censé
s’adresser à un public maîtrisant le cours.
Les
T.D. sont donc avant tout les travaux des étudiants, dirigés par le chargé
d’enseignement.
Le
commentaire de texte et la dissertation ne peuvent être traités qu’avec des
connaissances, c’est particulièrement vrai dans le domaine historique. La maîtrise
du cours est donc indispensable, mais aussi celle des travaux dirigés au cours
desquels des textes sont étudiés. Il faut arriver en cours en connaissant pour
chaque question étudiée, les éventuelles évolutions, et être capable de les
dater, au moins approximativement. D’où l’intérêt de dresser des petites
listes chronologiques et événementielles.
Il
est du domaine du possible qu’un texte déjà étudié en travaux dirigés
soit aussi donné à l’examen (mais c’est évidemment rare).
Quoi
qu’il en soit, il y a forcément une connexité entre les textes étudiés en
travaux dirigés et les textes qui tombent lors des partiels.
Par
ailleurs, l’histoire du droit et des institutions correspond à une
exploitation des sources historiques. Or les fiches de T.D. mettent dans les
mains et en théorie sous les yeux des étudiants les sources originelles. Ainsi
peut-on voir ressurgir, directement et sans médiation, de leurs différentes époques,
Jean BODIN, MONTESQUIEU, etc.
Importance générale des définitions.
On ne saurait jamais assez mettre l’accent sur
l’importance fondamentale des définitions, autrement dit de la maîtrise du
vocabulaire juridique lato sensu, ainsi que des concepts et institutions
primordiales.
L’enseignement
en droit comprend nécessairement une part d’apprentissage « par cœur ».
Les définitions, notamment, ne s’improvisent pas lors de l’examen
(impossibilité technique en trois heures de recréer tout ab initio et ex
nihilo !).
Les
définitions sont la condition première de la réflexion. Ainsi, si le
commentaire ou la dissertation repose sur la comparaison entre deux concepts,
« constitution » et « lois fondamentales » par exemple,
il est impératif de connaître la définition de ces deux notions, sans quoi
aucune réflexion n’est possible.
Par
ailleurs, au moment de l’apprentissage du cours, la logique commande que l’étudiant
commence par mémoriser l’essentiel, avant de s’intéresser au détail.
Ainsi, avant de s’intéresser aux différents impôts et taxations sous l’Ancien
Régime (gabelle, taille, etc.), il est primordial d’apprendre toute une série
de définitions qui serviront tout au long du cursus. La définition de «
constitution », pour reprendre l’exemple, sera utile tout au long des études
de droit, et dans une multitude de matières.
Connaître
les définitions est le début de la rigueur, et la condition première de toute
réflexion sur quelque sujet que ce soit.
Le
commentaire de texte.
1. Présentation
générale.
Le
commentaire de texte est l’exercice le plus couramment demandé en histoire du
droit. D’abord parce que les textes sont la matière principale des recherches
en histoire du droit (discipline impliquant de savoir manier les sources
anciennes pour en tirer leur substantifique moelle), ensuite parce que cet
exercice est une excellente initiation au commentaire d’arrêt, que vous
devrez maîtriser en deuxième année.
Faire
un bon commentaire de texte exige d’en expliquer les points les plus
importants afin d’en tirer un maximum d’informations. Il s’agit de faire
parler le texte, de le soumettre à un interrogatoire.
Le
texte, à votre niveau, est toujours en français. Même s’il est à
l’origine en latin, votre professeur aura pris soin de le traduire ou de
trouver une traduction correcte (une partie des recherches en droit romain
consiste à réfléchir et discuter sur la signification exacte de tel ou tel
terme).
Parfois,
certains termes anciens ou complexes seront expliqués à l’aide d’une astérisque.
Cependant, le texte peut vous être présenté dans sa version originale, en
vieux français, avec des mots et des tournures de phrases particuliers. Cela ne
doit pas vous désorienter. Une lecture encore plus attentive s’impose alors,
qui vous permettra de le comprendre.
En
effet, le secret d’un bon commentaire réside dans une lecture adéquate du
texte. Cette lecture doit être minutieuse. Elle devra être renouvelée à
plusieurs reprises. Vous devez vous habituer à porter une attention particulière
à chaque mot et phrase lus.
Au-delà
du texte lui-même, certaines informations sur ses origines vous sont données.
Cela fait partie du paratexte (du grec « para », à côté, ce qui
figure à côté du texte et qui l’accompagne). En premier lieu, il vous est
indiqué son auteur, sa date, puis la source d’où il est extrait. Ces éléments
sont primordiaux : ils vous permettent de situer le texte.
Après
avoir lu et relu le texte, il faut souligner les articulations et les mots-clés,
en repérant si possible la structure linéaire du texte. Certains textes sont
en effet rigoureusement articulés suivant les idées-clés, et cela peut vous
être très utile pour trouver un plan de commentaire par la suite.
Il
faut retirer de la lecture un maximum d’informations que vous devez noter au
brouillon. Certaines de ces informations se rattachent à des éléments que
vous connaissez pour les avoir étudié en cours ou en travaux dirigés.
C’est
donc là qu’il faut faire le lien entre les informations du texte, les thèmes
qu’il aborde, et vos connaissances qui sont dans votre tête. En effet, le
tout est d’identifier les connaissances hors du texte que vous maîtrisez, qui
sont pertinentes par rapport au texte.
Le
but terminal de l’exercice est de délivrer ces connaissances, ces
informations et leur commentaire dans un plan ordonné, précédé d’une
introduction et suivi d’une conclusion.
But
du commentaire : il s’agit donc d’expliquer le texte grâce à des
connaissances extérieures à celui-ci, mais des connaissances pertinentes (afin
d’éviter le hors-sujet).
Dans
les conditions d’un examen de trois heures :
-
lire attentivement le texte.
-
Analyser le texte en procédant à un découpage systématique
de celui-ci. Noter chaque idée contenue dans le texte.
-
Souligner les mots-clés (noms communs, verbes, adverbes,
adjectifs possessifs, etc.) et les expliquer.
Quant
à l’esprit général du commentaire de texte, il est le même que pour la
dissertation : il faut partir du principe que le lecteur ne connaît rien,
qu’il est ignorant à la matière. Il faut donc lui apprendre quelque chose,
et il faut que le lecteur, à la fin de votre devoir, ait le sentiment d’avoir
assimilé et compris un certain nombre de choses.
2. Rédaction du commentaire.
a) L’introduction.
L’introduction a pour but une présentation générale du texte. Elle
débute par une considération générale en relation avec le ou les thèmes
abordés, ce qu’on appelle trivialement la phrase d’accroche. Exemple de
phrase d’accroche : « les romains sont généralement considérés
comme le peuple du droit », etc.
Puis il s’agit de resserrer sur le texte, de focaliser l’attention
du lecteur sur celui-ci. Il s’agit d’une introduction dite en entonnoir,
dans la mesure où il faut aller du général au particulier.
L’auteur doit toujours être présenté brièvement (dans la mesure où
vous en avez entendu parler en cours, ce qui est souvent le cas) ainsi que le
contexte dans lequel le texte a été écrit.
Il faut ensuite présenter le sujet du texte de façon à amener votre
plan.
Le plan doit être annoncé très clairement à la fin de
l’introduction, en indiquant les grandes parties traitées (pas les
sous-parties).
Exemple de formule : « Il apparaît nécessaire d’étudier
dans un premier temps en quoi ce texte défend le principe monarchique avant de
s’intéresser dans un second temps aux aménagements qu’il propose pour la
monarchie ».
Remarque importante : l’introduction est la seule partie dont il
est préférable qu’elle ait fait l’objet d’un premier jet rédigé au
brouillon. En effet, rédiger tout au brouillon est une perte de temps, et
durant trois heures, vous n’en aurez pas le temps.
Mais l’introduction, elle, doit faire l’objet d’une attention
particulière, ne serait-ce que parce que c’est la première chose que le
lecteur va lire. Cela va donc conditionner l’impression générale qu’il
aura de votre devoir. Enfin et surtout, l’introduction conditionne le reste du
devoir, parce que c’est dans l’introduction que vous justifiez votre
approche du texte et le choix de votre plan.
Pour résumer, voici quels sont les éléments devant impérativement
figurer dans une introduction :
1.
Présentation générale du texte (sa nature, est-ce un texte normatif,
argumentatif, littéraire, etc.) et de l’auteur.
2.
Présentation du contexte historique.
3.
L’idée principale du texte, ce que l’on appelle parfois la problématique.
C’est là l’élément le plus difficile de l’introduction. Il s’agit en
effet de synthétiser les enjeux du texte en une seule phrase, formulée de manière
interrogative. Souvent, on peut se représenter la problématique en expliquant
que c’est la question juridique dont le texte est la réponse. Le texte est la
réponse juridique à une question, que vous devez trouver.
4.
L’annonce de plan.
Un autre élément vient parfois se greffer en sus.
Il s’agit de définition de certains concepts ou institutions juridiques. En
effet, le texte va parfois traiter d’un concept juridique particulier ou
d’une institution particulière. Exemple : un texte qui parle des
coutumes. Il est évident qu’il faudra donner une définition de la coutume en
introduction. La définition s’intercalera entre l’élément 2 et l’élément
3 de l’introduction.
b) Le plan et les développements.
L’intitulé
Le plan est construit en plusieurs parties.
Chaque partie doit recevoir un intitulé. C’est-à-dire que doivent figurer de
manière très apparente (souligné, par exemple) les titres des deux ou trois
grandes parties et les titres des sous-parties (A, B). Un intitulé ne doit pas
être une phrase du type « sujet-verbe-complément ». L’intitulé
est un moment fort du devoir, ainsi ne serait-ce qu’au niveau de sa forme, il
doit posséder une spécificité.
L’intitulé doit posséder une identité qui le rend pertinent. Ainsi,
pour vérifier la validité de son intitulé, l’étudiant peut par exemple se
demander si son intitulé ne conviendrait pas à n’importe quel devoir. Si
c’est le cas, le travail doit probablement être poussé plus loin.
L’observation vaut aussi pour les problématiques. Trop d’étudiants se
contentent d’une formule passe-partout, telle que « Que pense
l’auteur ? ».
L’intitulé doit exprimer une idée qui corresponde aux propos développés
dans la partie correspondante. Par ailleurs, l’intitulé doit essayer de
caractériser l’idée, le thème ou les propos dans ce qu’ils ont de plus
remarquables. Ainsi, il faut s’efforcer de limiter les intitulés trop généralistes
tels que « I. Caractéristiques. », le but étant justement,
dans l’intitulé, de caractériser.
Le plan
Classiquement, il est enseigné que le plan en deux
parties est préférables : les juristes ont adopté le raisonnement
bipartite. Nous nous situons dans le domaine du commentaire de texte
historique et il est théoriquement possible qu’un commentaire en trois parties soit
justifié et préférable.
Après le titre de chaque partie, vous devez annoncer, dans ce que l’on
appelle un chapeau introductif, les deux sous-parties. Une phrase de transition
doit aussi exister entre chacune des parties.
Le contenu doit évidemment s’inspirer des informations du texte.
Il existe deux types de plans : linéaire ou thématique, cela dépend
de la structure du texte lui-même, si elle est rigoureuse ou si elle est moins
apparente. Le plan linéaire doit être préféré au plan thématique, si le
premier est possible.
Le
plan peut être construit en parallèle de la construction du texte (d’où
l’importance du repérage du découpage linéaire du texte). Ainsi, un texte
scindé en deux ou trois paragraphes distincts dans lequel des points différents
sont abordés bous permettra de calquer votre plan sur celui du texte.
Pourtant,
le plus souvent ce ne sera pas le cas, et il vous faudra regrouper les
informations contenues et éparpillées dans le texte autour de grandes thématiques.
Ces deux ou trois grands thèmes vous permettront donc de bâtir un plan de type
thématique.
La
conclusion.
La
conclusion est généralement facultative dans les disciplines juridiques. En
effet, elle est souvent considérée comme redondante, ce qui ne présente donc
aucun intérêt.
Mais
dans le cadre du commentaire de texte, généralement, une conclusion est
possible et donc nécessaire. Cette dernière a certes un caractère récapitulatif,
mais elle a surtout pour but d’ouvrir des perspectives. Ceci est d’autant
plus facile en histoire du droit que votre texte se situe à une période et
qu’il est bien rare qu’il n’existe pas une évolution postérieure dont
vous devez rendre compte.
C’est
donc l’un des cas de figure dans lequel il est possible d’évoquer des éléments
chronologiquement postérieurs au texte à commenter.
L’autre
cas de figure : sur des points de détail, il est possible d’évoquer des
faits ultérieurs à l’intérieur du commentaire (du développement)
proprement dit, à condition de ne pas s’étendre longuement sur ces
conclusions, et d’employer le futur afin de montrer au lecteur qu’il ne
s’agit pas d’anachronismes involontaires.
Relecture.
Gardez
vous quelques minutes à la fin du temps réglementaire pour relire
attentivement votre copie afin de repérer d’éventuels contresens et de vérifier
l’orthographe. Certes, il n’y pas de notation particulière sur
l’orthographe, mais en droit, la maîtrise du français est primordiale et de
trop nombreuses fautes font très mauvaise impression sur le lecteur.
Orthographe vient du grec « orthos » (droit) et « graphein »
(écrire). Il s’agit donc « d’écrire droit ».
De
toute manière, en la matière, le fond est souvent dépendant de la forme. Loin
d’être un pur épiphénomène, les défaillances en matière d’orthographe
révèlent bien souvent une lacune chez des étudiants qui ne lisent que peu,
voire jamais.
3.
Ecueils à éviter et remarques générales.
Deux écueils à éviter en commentaire de texte : prendre le texte pour un prétexte à un dissertation déguisée, ou faire de la paraphrase. La paraphrase consiste, grosso modo, à répéter le texte avec vos propres mots. Encore plus nette, la juxtaposition de citations du texte non commentées et non explicitées appelle la même sanction.
La
paraphrase est généralement la « planche de salut » de l’étudiant
qui ne maîtrise pas suffisamment de connaissances pertinentes et extérieures
au texte. Mais c’est une planche de salut illusoire.
Quant
à la dissertation déguisée, c’est un égarement plus pervers, puisqu’il
arrive souvent à des étudiants qui ont justement des connaissances, mais qui
veulent les caser à tout prix, et qui s’éloignent donc excessivement du
texte. On la repère généralement au peu de citations du texte. Chaque
sous-partie doit comprendre impérativement quelques citations du texte, pour être
sur de ne pas trop s’éloigner de celui-ci.
Exemples
de formules pour introduire les citations : « comme l’indique
l’auteur », « l’auteur précise que », « l’auteur
explique que », « l’auteur fait allusion à ».
D’autres erreurs sont possibles pour l’étudiant
novice en la matière.
Par exemple, il faut éviter les anachronismes qui consistent à attribuer à une situation décrite dans le texte des concepts contemporains.
Enfin,
n’oubliez pas que vous étudiez ces textes avec l’œil d’un juriste. Dès
lors, votre commentaire doit utiliser votre esprit juridique et non
philosophique, politique ou même trop historique. Ainsi, certains sources étudiées
peuvent avoir des origines religieuses, ce dernier point doit alors être exclu
par vous pour privilégier une analyse juridique.
Il
s’agit, en histoire du droit, de trouver et de mettre en évidence le droit
dans l’histoire.
Le
jugement de valeur est un autre écueil dans lequel tombent souvent les étudiants
de première année. Il consiste à émettre des jugements personnels et
anachroniques sur tel ou tel aspect du texte ou de l’auteur. Par exemple, il
peut vous paraître évident que Rome était une société profondément inégalitaire,
ségrégationniste et discriminatoire (et encore, Rome ne se distinguait pas en
la matière par ses excès, cf notamment l’édit de Caracalla en 212 ap. J-C,
par opposition à la « citoyenneté ethnique » en vigueur en Grèce),
mais il ne s’agit pas de faire la morale aux anciens Romains. Inutile donc, de
condamner le « sexisme » des Romains en matière de pratiques
familiales (prégnance du paterfamilias).
Il
faut donc se garder d’émettre des jugements personnels sur Rome
Dernières observations sur le commentaire de texte.
Tout,
dans le texte, doit être expliqué. Tout le texte, mais rien que le texte. Bien
entendu, les idées essentielles doivent donner lieu à de plus longs développements
que les questions peu importantes. Ne jamais hésiter à commenter longuement un
simple morceau de phrase s’il s’avère que celui-ci contient une idée très
importante. Ce ne sera pas de la dissertation, puisque l’on sera parti d’un
élément du texte.
Néanmoins,
il faut toujours justifier l’intérêt des propos figurant dans les développements.
Trop d’étudiants juxtaposent leurs connaissances, sans que le correcteur
puisse percevoir la légitimité de ces propos par rapport au sujet. Souvent, le
correcteur, face à des développements apparemment hors-sujet, perçoit des
liens, mais que l’étudiant n’a pas jugé opportun d’expliciter. Or le
correcteur n’est pas censé interpréter la pensée de l’étudiant à
outrance. Il revient donc à l’étudiant, et à lui seul, de prouver la
pertinence de ses propos de manière explicite.
Pour
ce qui concerne le hors-sujet, on peut rappeler que tout ce qui comporte une
incidence par rapport au sujet peut être légitimement traité, mais dans la
mesure d’un rapport de proportionnalité. Le contrôle de proportionnalité
est au centre de la technique juridique. En clair, cela signifie que le
traitement d’une incidence par rapport au sujet doit être proportionné à
l’importance relative de cette incidence.
Il
peut être par ailleurs nécessaire d’évoquer une éventuelle lacune du texte
(ce dont l’auteur aurait pu, ou dû, parler). Il faut alors indiquer
clairement dans le devoir que l’idée en question n’apparaît pas dans le
document étudié, et il faut rechercher la raison de la lacune, si elle résulte
ou non d’un oubli volontaire de l’auteur.
Ne
pas hésiter, le cas échéant, à remettre en cause ce qu’affirme l’auteur.
Celui-ci peut en effet se tromper, ou bien mentir. Dans ce dernier cas, essayer
d’expliquer l’attitude biaisée de l’auteur.