Une conférence de Sylvain Caron
En novembre dernier, Sylvain Caron, professeur à la Faculté de Musique de l'Université de Montréal, prononçait une conférence dans le cadre d'un colloque sur le patrimoine religieux du Québec et présenté à l'église du Gésu. Sa conférence s'intitulait : « La pratique du concert de musique sacrée : un nouvel outil de diffusion de la culture religieuse ». J'ai eu la chance d'y assister et j'ai cru utile de communiquer à la communauté chrétienne d'Outremont les grandes lignes de cette présentation dans laquelle il a été largement question des Espaces spirituels à Saint-Viateur.
D'entrée de jeu, le conférencier pose une hypothèse : les concerts de musique religieuse que l'on voit se multiplier dans nos églises ne serviraient pas d'abord à répandre une idéologie religieuse, mais ils veulent « faire de la beauté artistique une voie de connaissance de la culture religieuse. » Sylvain Caron propose ensuite trois exemples d'événements montréalais qui semblent correspondre à un besoin dans le milieu puisqu'ils s'inscrivent dans une continuité : il s'agit de Spirituart à l'église Saint-Jean-Baptiste, des Espaces spirituels à Saint-Viateur et des Journées d'art sacré du Plateau Mont-Royal. « […] il y a dans ces initiatives le souci de redonner une utilité à des bâtiments qui, avec la baisse de la pratique religieuse, deviennent de plus en plus déserts. Ceux-ci comportent souvent une valeur architecturale et artistique qui justifie en elle-même leur préservation. »
Quant aux Espaces spirituels, ils sont nés en 1997 à l'initiative du curé Jacques Houle et ils sont présentés cinq ou six fois par année dans une forme qui allie des musiques, des textes et des éléments visuels autour d'un thème donné. Ce qui distingue cette formule des autres exemples à l'étude est sa dimension rituelle, c'est-à-dire l'insertion de prières et la lecture d'un extrait d'Évangile du haut de la chaire, ce qui justifie ici l'emploi du terme « paraliturgie ».
Il est impossible de parler de ces activités sans évoquer l'expérience spirituelle qu'elles suscitent et qui permet à chaque participant de se rattacher à la tradition religieuse tout en cheminant personnellement dans sa vie intérieure. Les Espaces spirituels ont présenté dans le passé des concerts de chant syriaque et byzantin afin de faire valoir la diversité des expressions religieuses de la chrétienté et de « jeter un regard sur une tradition qui se déploie sur plus de 2000 ans et qui touche à de nombreuses cultures. »
En conclusion, Sylvain Caron exprime le souhait que les concerts de musique sacrée continuent de s'étendre sous les formes les plus diverses, « à la frontière du théâtre et du concert », en y intégrant aussi la danse. « Il ne s'agit pas seulement de transmettre un répertoire musical, ni d'utiliser des lieux simplement parce qu'ils sont inoccupés, mais surtout de transmettre un ethos, un espace d'intériorité qui assure un continuel dialogue entre notre monde moderne multiculturel et la tradition séculaire de la culture chrétienne ».
Résumé : Hélène Panneton