Cliquez sur >> à droite pour faire disparaître les annonces

22 septembre 2006

À l’église Saint-Viateur,
des Espaces spirituels et humains

Marie Trudel

Le dimanche, 1er octobre à 20h, dans le cadre des Journées de la culture 2006, se déroulera à l’église Saint-Viateur le 50e Espace spirituel, en deux temps cette fois, pour permettre au public de revoir les affiches qui ont contribué à l’image de marque de ces concerts depuis 1997. «Voilà de quoi célébrer, voilà de quoi chanter un Te Deum !», nous exhorte le communiqué rédigé par l’équipe des Espaces spirituels. Choisis au hasard dans la liste, voici l’Ensemble vocal féminin Modulation, le Chœur (ukrainien) Vidlunnya, Angèle Laberge, Jean-François Daignault, Hélène Panneton, Anne-Marie Trahan; ceux-ci et leurs collègues seront ce soir-là au service de Charpentier, Schütz, Vivaldi, Mozart, Purcell, Peeters et autres compositeurs.

Une intuition qui a porté fruit
L’un des fondateurs en 1997 des Espaces spirituels, le clerc de Saint-Viateur, Jacques Houle, n’a rien perdu de sa ferveur envers l’événement. Peut-être même s’est-elle décuplée. Car, selon lui, le besoin déjà évident il y a dix ans d’une expérience spirituelle, à laquelle ne répondait plus la liturgie traditionnelle, est devenu criant ces dernières années. «Ce besoin s’est confirmé pour moi par la réponse que nous avons eue aux Espaces spirituels et aussi par la dégringolade de la pratique cultuelle», affirme-t-il de sa voix douce qui ne craint pas les mots drus comme, par exemple, ceux de «dégradation, de façon générale, du tissu paroissial et même communautaire.»

Espaces intérieurs
Il y a neuf ans, la formule des Espaces spirituels s’était imposée d’elle-même à l’esprit du père et d’un de ses collègues prêtres, Pierre Goulet, et s’est répétée avec un succès non démenti depuis. Logique spirituelle oblige, on a donc choisi de rendre grâce en suggérant pour ce 50e Espace le thème Te Deum : rendre grâce. Grâce de ce que les Espaces donnent à nos meilleurs artistes l’occasion de se produire dans un lieu religieux et patrimonial exceptionnel. Mais grâce, surtout, de ce qu’ils permettent à un grand public d’accéder à une transcendance qu’il ne trouve plus guère ailleurs. À preuve, cet exemple que Jacques Houle a entendu raconter par Kent Nagano, le nouveau chef de l’OSM. Le maître de ce dernier, Olivier Messiaen, disait que même si ses oeuvres lui avaient été inspirées par sa foi personnelle, il croyait que chaque personne accédait à celles-ci avec sa propre expérience. «Ce qui vient toujours en premier, corrobore le père Houle, c’est notre expérience intérieure. Selon moi, le fait d’entrer dans le monde de la musique dans l’espace sacré qu’est l’église Saint-Viateur d’Outremont, c’est une œuvre d’art. Donc, c’est accessible à tout le monde.»

Au-delà des fragiles apparences loge un surplus d’être… (J.H.)
«Ça m’apprendra à écrire des affaires comme ça, blague Jacques Houle devant la question. Ce que j’appelle le surplus d’être, c’est ce qui transcende de l’être humain et c’est dans ce type de démarche que les Espaces deviennent beaucoup plus qu’un concert banal. Chacun s’y sent le bienvenu…» Pour la première fois, a déjà dit une femme au père, après un Espace spirituel – In Paradisum - placé sous la bannière du bel ange bleu de Chagall… j’ai pu nommer les nombreux deuils qui m’habitaient et m’en libérer. Et ce jeune musicien, que l’expérience de jouer une œuvre de Bach dans un lieu et contexte semblables à ceux qu’avait voulus le compositeur à l’origine, a conquis. «Je ne sais pas si ce gars-là est croyant ou non, ou à quelle enseigne il loge, mais l’expérience lui a donné de communier à ce que Bach faisait. Et l’on sait que Bach, comme Messiaen, consacrait sa foi à écrire ses œuvres, mais leurs œuvres sont accessibles à tous», fait remarquer le père.

Te Deum pour l’humain
Le père Houle cause sérieux mais son rire fuse souvent, fluide comme le ruisseau espiègle au milieu du sentier. «Alors, c’est pour tout ça qu’on rend grâce, résume sa voix soudain joyeuse. Je vois les Espaces spirituels comme de modestes petites ouvertures sur le sacré… Si nos églises, nos assemblées ne remplissent plus cette fonction-là, ça ferme, ça bloque, ça éloigne.» - Te Deum, disions-nous ? Voilà un rendez-vous extrêmement, divinement, gracieux. – Le 1er octobre à 20h, entrée libre, contribution volontaire – (514) 272-6933


Hosted by www.Geocities.ws

1