UN PEU D’HISTOIRE

Saviez vous que c’est sous le règne du roi Charles IX que les Maîtres d’Armes se réunirent en corporation sous la dénomination de « Maîtres joueurs et escrimeurs d’espée » (15 janvier 1567).

Cette corporation reçut, sous Henri III, des privilèges qui furent confirmés par Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Celui-ci conféra des armoiries à la corporation des Maîtres d’Armes de Paris (1) et donna des lettres de noblesse à certains maîtres.

L’Académie dura jusqu’à la Révolution et ne fut reconstituée réellement que de nos jours.

Les masques avaient fait leur apparition au début du XVIII 1e siècle, mais, s’il faut en croire l’encyclopédie (1755), on n’en faisait guère usage, et ceci explique un article des règles en usage dans les Académies d’épée, dont nous donnons des extraits ci-après :

« Il est interdit de 

Jurer le saint nom de Dieu ; Dire des paroles ou des chansons obscènes ; Badiner, attendu que les suites sont ordinairement fâcheuses ; Railler personne sur le fait des armes ; Tirer les armes sans être ganté ; Troubler ceux qui tirent les armes Traîner le bouton du fleuret à terre ; Tirer les armes quand on se sent pris de vin ; Boire ni fumer dans une salle d’arme.

Il faut faire politesse aux personnes présentables qui viennent dans la salle d’armes, et de leur offrir des fleurets sous l’agrément du Maître. Les fleurets cassés seront pour le compte des « écoliers » qui les auront présentés aux étrangers pour faire assaut.

Les fleurets qui seront cassés par les écoliers d’une même salle seront payés par celui entre les mains duquel le tronçon sera resté.

En tirant des armes, lorsqu’on fait tomber le fleuret de son adversaire, il faut le ramasser promptement et lui remettre en main avec politesse.

Si, malheureusement, en tirant des armes, on se frappait au visage, celui qui donne le coup doit faire honnêteté à l’autre.

Il faut que l’écolier prenne sa leçon d’armes sans interruption, attendu qu’elle ne dure à peu près le temps d’une affaire sérieuse.

Enfin, il est de l’honneur de l’écolier de payer régulièrement le prix convenu.

Il est recommandé, lorsqu’on rencontre un adversaire au jeu trop brutal, ou qui met un peu trop d’amour-propre dans un assaut ou, d’une façon générale, qui paraît déplaisant pour une raison quelconque, de prendre un « prétexte honnête » pour interrompre l’assaut.

* **

Reconnaissons qu’il y a encore beaucoup à retenir de ces vieilles règles.

(1)« D’azur à quatre fleurs de lys d’Or, écartelées en sautoir par deux épées du même, armoiries qui sont toujours celles de l’Académie d’Armes de France ».

Le Fouilleur

Guy GOFFIN

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