LES DUELS
La « MENSUR » aujourd’hui
Pratiquée depuis des siècles au sein des universités allemandes, par la plupart des associations d’étudiants, la « MENSUR » duel rituel à la rapière, qui avait été interdit quelques temps après la seconde guerre mondiale, est plus que jamais à l’honneur. Les associations dont la résurgence date du début des années 50 groupent à l’heure actuelle plus de cent mille membres actif et sont présentes dans plus d’une centaine d’universités et grandes écoles allemandes.
Les autorités universitaires de l’ancienne RFA estiment à environ 5.000, le nombre annuel de ces combats.
Le mouvement semble d’ailleurs gagner l’Autriche qui est le théâtre de cent à deux cents rencontres de ce type chaque année.
La « MENSUR » qui représente la forme la plus parfaite de rites collectifs estudiantins, est rappelons-le autorisée par les textes. Sa légalité a même été confortée en 1953 par un arrêt du tribunal de Karlsruhe.
Les duels rituels sont entourés de secrets et les étudiants entretiennent le mystère en interdisant, lors des rencontres, toutes photographie et présences étrangères. Seuls sont autorisés à assister à leur rencontres, leurs pairs et anciens de l’association.
Les procédures de la rencontre sont par contre bien connues. La « MENSUR » , qui interdit l’esquive corporelle, se pratique, le corps complètement immobile, seul le bras armé ayant droit aux mouvements. L’adversaire ne doit être frappé qu’au visage, dont seul les yeux sont protégés par des lunettes. Les adversaires ont tout le corps protégé par un vêtement capitonné, lui-même recouvert d’un immense tablier de cuir épais. L’affrontement se termine généralement par quelques points de suture.
Les étudiants allemands, répandant, refusent d’associer la « MENSUR » au duel, du fait qu’il n’y a pas d’antagoniste entre les adversaires ni d’honneur en jeu. A leurs yeux, il s’agit d’une école de la maîtrise de soi.
Rudger SPRINGORUM, un des responsables d’association pratiquant la « MENSUR » dira à Emmanuelle FERRIEUX du journal « Le Point » : « l’effort psychologique l’emporte sur l’exercice physique ». La journaliste écrira à la suite de son entretien : « Elle (la MENSUR) extirpe à coups d’épée aseptisée une certaine virilité des profondeurs de l’enfance (…). Pas question d’abuser des faiblesses de l’adversaire. Plus que la prouesse technique, c’est la moralité, le fair-play de l’étudiant combattant qui est apprécié par la communauté des membres de sa corporation, érigée en juge ». Et la journaliste de citer la remarque d’un haut diplomate allemand : « Il faut croire que pour sceller l’amitié, nous n’avons pas trouvé mieux que le combat ».
"DUELS" Martin MONESTIER Edition SAND – septembre 1991 Le Fouilleur Guy Goffin