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| EDITORIAL Fracture mondiale Par ERIC DUPIN Le vendredi 26 janvier 2001 |
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débat sur la mondialisation quitte heureusement le stade d'un affrontement
puéril entre les «pour» et les «contre». Les
décideurs globaux de Davos s'émeuvent désormais de
la fracture mondiale. Ils ont enfin découvert que l'intensification
des échanges planétaires coexiste avec un effrayant éclatement
des conditions humaines. Quant aux opposants au néolibéralisme
rassemblés à Porto Alegre, ils promettent de passer du stade
de la contestation à celui de la proposition. La sympathique expérience
de «démocratie participative» mise en uvre dans cette
cité du Brésil administrée par une gauche qui reste
de gauche témoigne assurément d'un état d'esprit constructif.
Les limites de ces deux démarches opposées n'en sont pas moins patentes. Il serait naïf de miser sur les préoccupations éthiques de dirigeants économiques qui conditionneront toujours leur morale à leurs intérêts. On aurait également tort de trop attendre des mobilisations qui se développent dans le sillage de Seattle. La réunion d'un petit millier d'ONG ne sonne pas l'avènement d'une «citoyenneté globale». On peut se sentir plus proche des activistes de Porto Alegre que des ploutocrates de Davos. Cela n'interdit pas de constater que ces deux manifestations ont en commun de contourner la question de l'action politique. Les premiers ont tendance à l'évacuer par le lobbying émietté ou l'imprécation révolutionnaire. Les seconds l'enterrent par le mythe de l'autorégulation. Or la régulation de la mondialisation suppose l'intervention d'instances politiques. L'enjeu est bien d'imposer démocratiquement au néocapitalisme le respect d'une série de normes. Cette indispensable mondialisation politique est dans les limbes. De nouvelles institutions internationales ne peuvent apparaître contre les Etats. Tant que les débats nationaux ne se saisiront pas de cet enjeu, la mondialisation restera guidée par les mouvements du capital. Son humanisation suppose la pression et la coordination des forces syndicales et politiques qui partagent cet objectif. Bien au-delà des associations réunies à Porto Alegre. |
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