Sébastien Croteau

À quelques détails près, mon histoire en tant que musicien et chanteur ressemble à celle de beaucoup d'artistes qui oeuvrent dans le domaine. Comme tout cheminement a son commencement, le mien débuta par l'apprentissage du chant ainsi que de plusieurs instruments de musique. C'est à partir de l'adolescence que mon intérêt pour la musique se transforma en un désir réel de créer moi-même ma propre musique et de la partager avec les gens autour de moi. Ce désir se concrétisa en un groupe de musicien qui fût, pendant 11 ans, mon « École du Show-business » du milieu alternatif. Cela me permît d'acquérir une bonne expérience et une bonne compréhension de tous les aspects qui entourent le métier d'artistes. Car en plus d'avoir à exercer le rôle d'auteur-compositeur-interprète, j'ai appris les bons et les mauvais côtés des rôles de gérant, de producteur de disque et d'organisateur de spectacles. Bref, c'est à ce moment que je compris qu'être un groupe de musiciens en marge, autonome, autogéré et auto producteur demandait beaucoup d'organisation et de discipline mais surtout exigeait une connaissance approfondie du marché dans lequel nous plaçait notre genre musical. Ainsi, au fil des années, nous avons appris à respecter les réalités culturelles et économiques de notre milieu afin d'en favoriser le développement. Respect qui, aujourd'hui, fait malheureusement défaut à la structure et au mandat de la Guilde des musiciens du Québec pour laquelle je veux oeuvrer. Je pourrais vous entretenir plus longuement de mon expérience en tant qu'artiste mais je crois que l'enjeu de cette élection n'est pas basé sur les compétences artistiques des candidats. Toutefois, pour démontrer mon expérience et pour clore le sujet sur le volet musical, je dirais tout simplement que je suis toujours très actif sur le terrain, que je fais partie de 3 groupes de musique de styles variés et que je participe à une multitude d'autres projets artistiques. J'ai plus de 250 spectacles en carrière et ce, dans tous les endroits possibles : du petit bar à la salle communautaire, du festival extérieur jusqu'aux studios de Radio-Canada. Bref, tous les lieux d'expression qu'un artiste visite entre le milieu amateur et le milieu professionnel.

À mon avis, je crois que le poste de directeur pour lequel je postule demande une bonne connaissance des réalités que vivent les musiciens dans leur milieu de travail mais aussi une bonne connaissance de la structure organisationnelle du milieu. Sur cet aspect, mon implication dans l'effort de structuration du milieu alternatif a débuté en 1997 en me faisant élire administrateur de la Société pour la promotion de la relève de l'espace francophone ( SOPREF). Par la suite, j'ai été vice-président et responsable socio-culturel d'un lieu d'expression artistique nommé la Coopérative des travailleurs et des travailleuses du Café Chaos et aussi administrateur des Voies culturelles des Faubourgs. Présentement, je travaille pour un organisme de démocratisation culturelle nommé Faîtes de la musique, je siège au poste Arts et Culture au Forum jeunesse de l'île de Montréal et je participe au comité émergence et relève artistique à Culture Montréal. De plus, depuis plus d'un an, je suis très impliqué dans le dossier des artistes émergents et de leurs lieux d'expression et j'ai maintes fois critiqué ouvertement la Guilde des musiciens du Québec pour son attitude dans le dossier.

Évidemment, vous devez vous poser la question suivante : comment quelqu'un qui a si ouvertement critiqué la Guilde, peut-il oser se présenter au poste de directeur sur le conseil d'administration ?

La réponse est simple, je me présente à ce poste car je crois qu'ensemble, nous pouvons changer les choses et faire de la Guilde des musiciens du Québec, un syndicat adapté aux diverses réalités que vivent les musiciens et un syndicat respecté par ses membres et aussi, par ses partenaires d'affaire.

Malheureusement, dans les dernières années, la Guilde des musiciens du Québec n'a pas su comprendre les nouvelles réalités du monde musical et s'y adapter. Elle s'est même entêté à maintenir une attitude et un discours méprisant à l'endroit des créateurs émergents et de leurs lieux d'expression. Au lieu d'avoir chercher à entamer un processus de dialogue pour cerner les problèmes et trouver des solutions, la GMQ a refusé toute rencontre à ce sujet. Pire encore, sans consulter les musiciens et sans penser aux répercussions que ses actes pouvaient avoir sur eux, la GMQ a entamé des procédures judiciaires contre tous les lieux d'expression du milieu alternatif. C'est une erreur que la GMQ doit absolument réparé et je ne vous cache pas que le travail à faire pour regagner l'estime et la confiance des acteurs du milieu alternatif est énorme voire même gigantesque. Il est essentiel que nous travaillons tous ensemble pour trouver des solutions viables afin de favoriser l'intégration des artistes de la relève au milieu professionnel et ainsi assurer la continuité et le renouvellement de la culture au Québec, rien de moins...

Bien sûr, il n'y a pas que le dossier des artistes de la relève et de leurs lieux d'expression qui m'intéresse. Je connais très bien les nombreux problèmes internes, tant au niveau organisationnel que financier, de la GMQ et, si notre équipe est élue, je suis prêt à travailler sans relâche afin de solidifier notre association et en faire une association à laquelle tous les musiciens seront fier d'appartenir.

Nous avons beaucoup de travail à faire et nous le ferons si vous, membres de la GMQ, nous en donnez la possibilité.

Merci de votre attention.

Pour toutes questions ou commentaires, n'hésitez pas à communiquer avec nous, il nous fera plaisir de répondre à toutes vos questions.

Sébastien Croteau,
Membre de la Guilde des musiciens du Québec

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