
| Vous avez été quelques milliers à voter pour notre personnalité sportive de 2003, souvent deux fois plutôt qu'une - certains finalistes ont même voté pour eux-mêmes ! La dernière année a été formidablement productive pour nos athlètes et chacun des 10 finalistes présentait des références de très haut niveau. Pensez : nous avions là quatre champions du monde, un meneur de la Coupe du monde, la révélation de la Coupe du monde de ski alpin, un champion de la Coupe Stanley, la meilleure athlète étudiante au Canada, le quart des champions de la Coupe Vanier et le récipiendaire du trophée Cy Young. Le dépouillement du vote a été long et ardu, mais nous sommes fiers des résultats. Au bout du compte, deux finalistes se sont détachés du groupe. Éric Gagné (30,5 % des votes) et Émilie Heymans (24%), de sorte que nous avons décidé de les honorer conjointement. |
Jean-François Bégin
Si c'est finalement Éric Gagné qui a obtenu l'appui du plus grand nombre de nos lecteurs, l'applaudimètre a aussi vibré très fort pour la plongeuse Émilie Heymans, qui a terminé au deuxième rang du scrutin, tout près du lanceur des Dodgers.
L'athlète longueuilloise de 21 ans a gagné la médaille d'or à la tour de 10 mètres lors des Championnats du monde aquatiques, à Barcelone, en juillet. Et elle ne s'est pas assise sur ses lauriers : le mois suivant, elle a remporté trois fois l'or et une fois l'argent aux Jeux panaméricains de Saint-Domingue.
Ses performances exceptionnelles - elle a aussi remporté le Super Grand Prix, l'épreuve mettant aux prises les meilleurs plongeurs de la Coupe du monde - lui ont valu le titre d'athlète internationale de l'année au Gala Sports-Québec la semaine dernière, qui a conféré le même honneur chez les hommes au coéquipier d'Heymans au sein du club CAMO, Alexandre Despatie.
Championne du monde junior à la tour en 1997, puis médaillée d'argent en plongeon synchronisé avec Anne Montminy aux Jeux olympiques de Sydney, Heymans a fait preuve d'un sang-froid remarquable dans la conquête de son titre mondial senior, en terre catalane.
En lutte jusqu'à la toute fin avec deux concurrentes chinoises, elle a fait fi de la pression pour exécuter brilamment son ultime plongeon, un double périlleux et demi arrière, carpé, assorti d'une vrille et demie, récoltant deux notes parfaites. Sa médaille était la première remportée par un plongeur canadien à la tour dans l'histoire des championnats du monde.
Fille d'anciens sportifs de haut niveau - sa mère Marie-Paule faisait partie de l'équipe belge d'escrime aux J.O. de Montréal, son père Éric était un joueur de soccer de calibre international chez les juniors -, l'ancienne gymnaste déclarait, à sa descente d'avion après son triomphe à Barcelone, qu'elle avait «réalisé son-rêve.» «Mais ce n'est pas terminé, avait-elle ajouté. Ce n'est qu'une étape.»
Émilie Heymans aura l'occasion en 2004 d'ajouter un titre olympique à son palmarès déjà bien garni, lors des Jeux d'Athènes, en août. En attendant les prochains Championnats du monde aquatiques, à Montréal, en 2005...

une page mise en ligne le 27 décembre 2003 par SVP