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Ceci est une page d'archive À la demande de plusieurs paroissiens (es), je publie l’homélie dites la fin de semaine dernière à l’église Sainte-Gertrude. « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma Parole(…) Le Défenseur, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout. Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit...»
En ce sixième dimanche de Pâques, en cette veille de l’Ascension et à quelques jours de la Pentecôte, le Seigneur nous invite à réfléchir sur deux thèmes : la Paix et la Vie. Dans l’évangile du jour, Jésus nous redit « C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne ». Cette formule, nous l’entendons à chaque eucharistie. « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église» Mais, de quelle paix Jésus parle-t-il dans ce passage de l’Évangile ? En écoutant, semaine après semaine, la Parole de Dieu, il est évident que Jésus ne parle pas seulement ici de la paix extérieure dans le sens de l’absence de guerre et de conflits entre diverses personnes ou nations, il parle aussi – et surtout- de la paix intérieure, de la paix du cœur, de la paix de la personne avec elle-même, de la paix avec Dieu. Voilà la paix fondamentale, celle qu’il nous faut chercher, la paix intérieure. Sans cette paix intérieure (celle du Shalom) aucune autre paix ne peut exister. Il ne nous faut pas seulement écouter ce message de Jésus, des premiers disciples, mais aussi les mettre en pratique. Il nous faut rechercher cette paix intérieure. Pour comprendre le sens de la paix que donne le Christ, nous devons partir de la Bible, partir de ce (Shalom). Ce mot signifie de manière positive le bien-être, le repos, la sécurité, la gloire de Dieu. L’Écriture parle même de la « paix de Dieu » et du « Dieu de la paix ». On le voit, le mot paix n’indique donc pas seulement ce que Dieu donne, mais également ce que Dieu est. À travers ce mot, on peut aussi voir ce qui s’oppose à cette paix : l’inquiétude, l’angoisse, la peur (des sentiments très présents dans notre société). Jésus nous dit donc à ce sujet « Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés ». Pas toujours facile, C’est vrai. Il nous faut l’admettre. Mais si nous revenons à quelques versets avant le début de l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus nous y propose un remède. « Que votre cœur cesse de se troubler ! Croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Le remède pour la paix, c’est la confiance en Dieu. Avoir confiance en sa providence et en la vie qu’il fait jaillir. Aujourd’hui, en ce 6e dimanche de Pâques, nous célébrons aussi la vie, la vie sous toutes ces formes. Facile de contempler la vie en ces beaux jours de printemps…La vie comme nous le savons, c’est une série de Pâques, c’est-à-dire une série de naissances qui nous amène à consentir à une mort future. Pour l’humain, depuis la sortie du sein maternel jusqu’au dernier soupir, nous devrons accepter de mourir à notre vie naturelle pour entrer dans la vie de Dieu lui-même, une vie éternelle. Entre ces extrêmes, deux autres étapes sont fondamentales : le passage de l’enfance à l’adolescence, et celui de l’état adulte à la maturité, c’est-à-dire ces temps de vie où on découvre notre identité véritable. Mais auparavant…, dès la conception, il y a cet être humain en devenir. Cet être déjà aimé de Dieu, cet être- cette créature- que tous nous avons été qui que nous soyons… un être trop souvent sans parole. Comme le pape Jean-Paul II l’a souvent mentionné et en a témoigné tout au long de sa vie, il nous faut défendre la vie à tous les stades, de la conception jusqu’à la mort. En fêtant la vie, nous fêtons d’abord tous ces parents durant cette semaine québécoise de la famille, mais d’une façon particulière toutes ces mères qui ont su dire oui à la vie ! La vie… Il est évident que depuis quelques années, on nous parle d’écologie. On voit à quels points les négligences de tous et chacun ont de graves répercussions sur la faune et la flore, sur les espèces d’animaux et de plantes qui risquent de disparaître. Il nous faut y croire et il nous faut nous donner des moyens concrets pour faire en sorte de sauver notre planète, ce don de Dieu à l’humanité. De nombreux groupes sont nés pour la défense de l’éco-système… On donne désormais des amendes pour celui qui coupe un arbre ou encore deux amendes à celui qui tue une femelle orignal enceinte… Pourquoi ? Parce qu’on reconnaît qu’il y a là de la vie en gestation… Le petit arbuste deviendra un grand arbre, le petit orignal deviendra grand lui aussi. Les médias en parle au moindre petits gestes posés… Mais, là où pour plusieurs cela semble plus difficile, c’est l’importance de défendre la vie humaine… dès sa conception. À ce sujet, j’aurais une question pour vous … Jeudi le 10 mai, saviez-vous qu’il y avait une marche pour la vie dans les rues d’Ottawa, dans notre capitale nationale ? Et bien oui, il y en avait bien une ! J’y étais avec plus de 7000 personnes. Malheureusement, le lendemain aucun journal ni en papier ni sur l’Internet en parlait. On parlait dans ce journal du métro que « Le Québec fonce droit vers un mur » Mais, il nous faut lire « Le Québec se dirige tout droit vers une crise des finances publiques en raison de sa situation démographique, crise qui ne pourra être évitée que si des correctifs sont apportés dès maintenant en augmentant es impôts, les taxes et les tarifs, souligne M. Luc Godbout, professeur en fiscalité. » Les finances ! Jamais un media aurait osé parler de cette défense de la vie humaine, des embryons. Et vous savez quoi ? Sur les 7000 personnes présentes, plus de 75% était des jeunes de moins de 30 ans… Vous savez, souvent lorsque les jeunes font des mauvais coups, on parle d’eux, mais là lorsqu’ils manifestent pour la vie… pour des raisons vitales…pas un mot! Le silence médiatique… surtout si c’est quelque chose qui nous concerne de près au Québec, au Canada. Comme on le dit souvent, facile de dénoncer quelque chose de mauvais dans un autre pays, mais ici… Un silence ! Un silence, comme celui de chacun de ces enfants que l’on élimine au Canada. En chiffre, saviez-vous que cela fait un enfant de moins à chaque quatre minutes au Canada. En environs 10 ans, 20 millions d’enfants non-nés au Canada… 20 millions qui n’ont pu se défendre… tout comme bien des personnes âgées qui lorsqu’elles ne sont plus rentables, on en entend plus parler… On les met souvent au rencart du silence… Où est la défense de la vie, de la dignité de la personne à tous les stades de la vie ? Naturellement, lorsqu’on passe tout près d’une clinique d’avortement, comme je l’ai fait durant cette marche… on réfléchit beaucoup… Je me faisais une réflexion en marchant avec ce groupe de 7000 personnes et en priant le chapelet. On parle souvent de maladie, de manque de prêtres, de médecins, de professeurs… Cela sera peut-être difficile à entendre, mais osons-le dire…Qui sait? Peut-être devions-nous avoir parmi ces millions de personnes disparues avant de n’avoir dit un mot… quelques savants médecins pour guérir des maladies incurables, des prêtres (des curés) pour nous transmettre le message et la vie du Christ, ou encore des gens qui auraient pu aider à l’humanité, la vie politique, l’écologie ou autres selon des charismes qu’ils auraient développé… Non, on n’en parle pas. Toujours, le silence ! Que faire ? Et bien, il nous faut nous responsabiliser : parler de la vie, remercier ces femmes qui ont dit oui à la vie, nos mères, nos grands-mères… toutes ces mères de nos communautés. Il nous faut aussi être miséricordieux, ne pas juger, car nous n’étions pas là devant la décision à prendre. Il ne miséricordieux comme Dieu l’est envers celles qui ont posé un tel geste, souvent elles n’avaient pas tout l’éclairage requis, pas toute la liberté. Non, il ne faut pas les juger, mais il faut tout faire pour que cela arrête. Il nous faut cesser ce cri du silence. Comme le disait l’un des intervenants lors de cette rencontre (un intervenant ayant perdu un enfant par l’avortement), la décision n’était pas si nous serions parents, nous l’étions déjà. Je le sais, je l’ai vu cet enfant et combien j’aurais voulu faire de quoi pour qu’il retourne au réconfort de mon sein. Non, la question était plutôt « Qu’allions-nous faire de notre enfant ? » Je le regrette. Après cet avortement, on s’est dit « Plus jamais ! Il nous faut défendre le droit des sans paroles, il nous faut agir pour que le moins possible un bébé à naître ne pousse ce cri du silence ». Prions donc pour que la vie terrestre, celle de la faune, de la flore, celle de l’humanité – cette vie donnée dès la Genèse de notre histoire… soit préservée. Prions pour que grandisse toujours cette paix du Cœur en chacun de nous et autour de nous. Prions pour toutes ces mamans qui ont dit oui à la vie. Remercions Dieu et remercions toutes nos mères pour le don de la vie. Sainte-Marie Mère de Dieu et notre mère, priez pour nous ! Kateri Tekakwitha, patronne canadienne de l’écologie priez pour nous ! Notre-Dame-de- Guadeloupe, patronne des enfants à naître, priez pour nous ! Jean-Paul II, vous qui avez été le grand défenseur de l’humanité à tous les stades de la vie. Priez pour nous! Silvain Cloutier, prêtre |