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Les prisons sont peuplées de «moutons». On y mène une vie curieuse. Les détenus sont entassés dans des pièces souvent étroites et obscures; aristocrates, prêtres, étrangers, gens de peu sont confondus. On n'y pleure pas toujours. Souvent on s'y égaie, on y chante, on y noue des intrigues galantes, on s'y invite à dîner, à souper, grâce aux provisions envoyées du dehors. On correspond avec ses amis par mille moyens ingénieux, qui vont du collier du chien à l'aile d'un pigeon. Le règne d'Herman sur l'administration pénitentiaire a fort gêné ces pratiques; il institue des réfectoires, fait cesser les visites, favorise les délateurs. Mais il ne réussit pas à abattre les âmes. Jeunes ou vieux, hommes ou femmes, riches ou pauvres, tous voient la mort comme la voient les soldats. La vie, pour soi-même comme pour les autres, ne compte plus. C'est une des explications profondes de la Terreur. |
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