ETUDE DE DOCUMENT EN HISTOIRE SOCIALE
LOBOTOMIE OU PSYCHOCHIRURGIE
Introduction
Dès le début du document, A. Borel indique de façon explicite qu’il est trop tôt pour avoir une opinion très argumentée sur la lobotomie " à la fois autant sur les indications que sur l’action thérapeutique de la lobotomie " (cf.p.517). Autrement dit, il indique qu’on ne sait pas quelles seront les conséquences sur les patients de cette intervention. La lobotomie est donc pratiquée face à l’échec des traitements habituels. Nous verrons avec du recul que les psychiatres et les neurochirurgiens se trouvent à un tournant de la psychiatrie modernes. C’est à dire qu’il existe à cette période un vide thérapeutique qui sera comblé en partie dans les années cinquante par la découverte des neuroleptiques. Nous tenterons d’analyser dans la suite du document quelle est la positon de A. Borel à l’égard de la lobotomie. Nous étudierons si celui-ci est plutôt optimiste ou pessimiste quant aux bienfaits de cette pratique.
1. La valeur du document
Ce document est un témoignage volontaire dans la mesure où c’est un rapports d’observations médicales faite par un psychiatre dans l’exercice de sa profession. De plus A. Borel indique qu’il n’a pas suivi personnellement les cinq patients dont il parle. Nous pouvons établir cette certitude grâce à la phrase " Simone regagnait l’Hôpital de Saint Maurice où elle était internée depuis un an déjà. Le résultat était très médiocre : on notait cependant une très légère transformation… " (cf.p.518). L’utilisation du " on " révèle que Borel n’était pas lui-même l’observateur direct. Par contre, l’auteur indique qu’il suivit personnellement le cas du jeune garçon de 23 ans : " […] on se décida en janvier 1949 à faire pratiquer une lobotomie (Pr. Puech). C’est à partir de ce moment que je fus amené à suivre ce malade. " (cf.p.518). Néanmoins, l’utilisation à nouveau du " on " dans la phrase " […] ; à peine observait-on (et pendant quelques semaines) un mieux très relatif […] " (cf.p.518) indique que l’observation était pratiquée en/ou par une équipe. De même, la récurrence du " nous " concernant le troisième cas de démence précoce : " Nous assistâmes d’abord à une longue période[…] ", " […] nous eûmes le plaisir de voir la malade[…] " (cf.p.520) montre la présence de plusieurs personnes quant aux observations effectuées sur cette patiente. De plus, le passage " Voici enfin deux autres cas : d’abord, et très résumé, celui d’une de mélancolique d’involution, à teinte hypocondriaque, devenue depuis des années une gémisseuse insupportable (59 ans). Une lobotomie l’a transformée, malheureusement je n’ai l’observer que durant deux mois après l’intervention, les parents enchantés l’ayant ramenés à la maison. Je n’ai aucune nouvelle depuis. " (cf.p.520) montre que Borel semble avoir lui-même observé la patiente après la lobotomie mais sur une durée relativement courte. Concernant le dernier cas, le médecin indique qu’il a revu la malade deux fois après l’intervention. Les phrases : " […] trois semaine après l’opération, elle m’annonçait […] ", " J’ai revu cette malade en octobre dernier " (cf.p.521) montre que Borel a lui-même examiné la patiente mais uniquement à deux reprises.
Ce document est une source primaire dans la mesure où c’est un ensemble de rapports écrits par A. Borel lui-même sur une période datée de fin décembre 1948 à octobre ou novembre 1949. .Néanmoins, nous trouvons dans ce document une retranscription de deux lignes d’une note du Pr. Puech " Après ouverture de la Dure-mère, on constate la présence d’une arachnoïde avec infiltration œdémateuse de la région préfrontale " (cf.p.519).
Cette source a été créée volontairement pour laisser des rapports d’observations sur des patients ayant subi une intervention chirurgicale irréversible appelée lobotomie. Cette technique chirurgicale encore peu pratiqué en France atteindra son apogée dans notre pays dans les années 50.
Nous pouvons indiquer que cette source est en fait un discours prononcé par A. Borel. En effet, ce dernier indique : " je n’en dirai pas davantage aujourd’hui…sur cette curieuse observation " (cf.p.517). Dans ce paragraphe, il indique qu’il intervient au cours d’une discussion.
Ce document est extrait d’un recueil de résultats d’observations médicales. Ce recueil a pour titre " EVOLUTION PSYCHIATRIQUE, 1949 ". Ce livre est consultable à la bibliothèque de l’Etablissement Spécialisé de Maison Blanche, 3, avenue Jean Jaurès, 93330 Neuilly-sur-Marne. Le document étudié contient les pages 517 à 521 de ce recueil (pas de cote).
Néanmoins, ces rapports sont extraits d’un sous-ensemble de " EVOLUTION PSYCHIATRIQUE, 1949 " appelé " RESULTATS CLINIQUES ET REFLEXIONS SUR LA PSYCHOCHIRURGIE ". Les rapports sont écrits par un éminent psychiatre des années cinquante : A. Borel. Le titre donné par A. Borel à ses observations est : " QUELQUES RESULTATS DE LOBOTOMIE ". Nous verrons dans la biographie de l’auteur que " Evolution Psychiatrique " était en fait un groupe de réflexion fondé en 1925.
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Cette source n’a pas été créée pour obtenir un service , ni pour une gratification. Les observations de A. Borel sur des patients lobotomisés ont été recueillies puis rassemblées dans le but de transmettre les résultats de lobotomies. Ces lobotomies ont été pratiquées sur trois personnes atteintes de démences précoces, respectivement une femme de 24 ans " La première Simone…24 ans, […] (cf.p.517), un homme de 23 ans " Garçon de 23 ans " (cf.p.518), une jeune fille de 22 ans " Il s’agissait d’une jeune fille de22 ans " (cf.p.519). Puis sur deux personnes, une femme de 59 ans atteinte de " mélancolie d’involution, à teinte hypocondriaque, devenue une gémisseuse insupportable " (cf.p. 520), et " une vielle fille de 50 ans, grande obsédée depuis toujours et ayant connu presque tous les psychiatres parisiens et expérimenté tous les modes de psychothérapie, jusqu'à la psychanalyse " (cf.p.520).
Cette source n’a pas été créée pour de l’argent, mais dans le but d’instruire le lecteur, l’étudiant, l’historien et/ou le chercheur sur l’évolution d’une spécialité de la médecine : la psychiatrie. Ce document a une valeur scientifique et en l’occurrence une valeur empirique dans la mesure où l’auteur indique : " Il y a trop peu de temps que ces opérations sont pratiquées de façon courante en France tout le moins pour que nous ayons pu en constater autre chose que les résultats immédiats " (cf.p.517). L’auteur prend la parole au sein de réunions d’un groupe de psychiatres appelé " Evolution Psychiatrique ".
L’auteur de cette source est un témoin fiable dans la mesure où, il est un éminent psychiatre reconnu de ses pairs (Pr. Puech ; Pr.Delay; Pr. Petit-Dutaillis et son ami le Pr. Ey). Nous verrons par la suite que A. Borel a même rencontré Freud en 1931 à Vienne, mais il n’a pas été analysé. De plus, à partir de 1920, le nom de Borel apparaît souvent dans le Bulletin de la société Clinique de Médecine Mentale, dans les Annales Medico-Psychologiques, dans L’Encéphale. En 1931, il sera membre titulaire de la Société Médico-psychologique. 1925, est l’année de fondation du groupe de L’Evolution Psychiatrique. Borel est présent aux réunions, " pour participer activement à cette orientation nouvelle des sciences de l’esprit ".
Le Dr Borel est à la fois l’observateur et le rapporteur des faits médicaux relatés. De plus, nous pouvons dire qu’il est un témoin éclairé de part sa formation et la place qu’il occupe en tant que s’adressant à une assemblée dans un vocabulaire particulier à une spécialité de la médecine : la psychiatrie. Les termes " démences précoces, obsession, électro-chocs, hébéphréno-catatonique typique, impulsions graves et soudaines, lobotomie… " mettent en évidence la discipline.
1.2 Description du document
Le Dr Borel indique d’emblée que trois des cinq patients opérés souffrant de démence précoce et avaient reçu tous les traitements habituels sans aucune amélioration. De plus concernant le jeune garçon de 23 ans, A. Borel indique que la lobotomie avait été un échec total et proposa par la suite une " opération à ciel ouvert " : une topectomie (cf.p.518). En outre, l’auteur explique aussi la nécessité de recourir à cette intervention pour la " personne gémisseuse " : " Voici deux autres cas : d’abord, et très résumé, celui d’une mélancolique d’involution, à teinte hypocondriaque, devenue depuis des années une gémisseuse insupportable (59 ans) " (cf.p.520). De même, le médecin affirme l’absence d’une alternative à la lobotomie pour la vieille fille de 50 ans " Voici mon dernier cas[…] :une vielle fille de 50 ans, grande obsédée depuis toujours et ayant ainsi connu tous les psychiatres parisiens et expérimenté tous les modes de psychothérapie, jusqu'à la psychanalyse. Toutes les thérapeutiques, physiques, médicales et psychologiques restèrent sans résultat " (cf.p.520). Dans tous les cas, ayant au préalable utilisé tous les traitements alors disponibles et consulté ses éminents confrères, Borel en déduit la nécessité de recourir à ces interventions. De plus, de la manière dont sont construites les observations de Borel, nous pouvons en déduire que celui-ci cherchait à promouvoir cette nouvelle forme d’action thérapeutique. En effet, l’auteur insiste sur le fait que " Il y a trop peu de temps que ces opérations sont effectuées d’une façon courante en France tout au moins pour que nous ayons pu en constater autre chose que les résultats immédiats " (cf.p.517). Dans cette phrase, le médecin répond d’avance à toute opposition d’une opinion contraire à la sienne.
A. Borel s’interroge même sur le fait que les mauvais résultats concernant la rémission de Simone sont peut être liés à la décision trop tardive de l’intervention " Et je me demande si cette médiocrité du résultat ne proviendrait pas en partie de l’époque déjà trop tardive où l’on a décidé l’opération, car je le répète, à ce moment le début de l’affection datait déjà de 3 ans ½ et un affaiblissement intellectuel paraissait largement constitué " (cf.p.518). De plus, dans cette phrase le praticien nous indique clairement sa position quant à la lobotomie. En effet, il exprime l’idée que si la décision de procéder à l’intervention avait été prise plus tôt les résultats de Simone auraient été meilleurs.
En outre, concernant la lobotomie puis la topectomie du jeune homme de 23 ans, le Dr Borel indique qu’il faut être prudent quant au pronostic car il retranscrit une note du Pr. Puech constatant la présence d’une lésion dans la région préfrontale (cf.p.519). Donc, A. Borel se pose la question d’un lien entre cette lésion et le syndrome démentiel du jeune homme. L’auteur nous suggère implicitement le fait que si la lésion n’avait pas été présente les résultats auraient été, sans doute, plus favorables. Néanmoins, dans la phrase " Or là encore, l’échec de la lobotomie avait été totale […] " (cf.p.518) le médecin reconnaît donc le caractère récurent de précédentes interventions n’ayant pas donné les résultats escomptés. L’auteur sous-entend que la lobotomie n’est pas fiable à cent pour cent. D’ailleurs, la phrase " Il y a trop peu de temps que ces opérations sont effectuées d’une façon courante-en France-tout au moins […] " (cf.p.518) nous indique que nous sommes en pleine expérimentation quant à cette pratique. Nous pouvons rajouter que cette opération était pratiquée de plus longue date dans d’autre pays. On peut alors se demander pourquoi le Dr Borel ne fait pas allusion aux résultats relevés à l’étranger.
Néanmoins, les résultats de la lobotomie effectuée sur la personne de 59 ans semblent un succès sans pouvoir le certifier : " Une lobotomie l’a transformée, malheureusement je n’ai pu l’observer que durant deux mois, les parents enchantés l’ont ramenée à la maison. Je n’ai plus de nouvelles depuis " (cf. p.520). Nous pouvons déduire de cette phrase que le succès énoncé par l’auteur est le retour de la malade dans sa famille. C’est à dire, qu’antérieurement à l’intervention cette patiente était maintenue internée. De plus, Borel semble vouloir convaincre l’auditoire des réunions de " Evolution Psychiatrique " des bienfaits de la lobotomie avec le passage " Les parents crièrent au miracle et le prétendent après un an passé " (cf.p.520).
Donc, nous pouvons affirmer que cette pratique chirurgicale irréversible s’effectuait par défaut. De plus au vue des six interventions qu’il a fait pratiquer, nous pouvons dire que le Dr A. Borel est partisan de cette intervention. En effet, les passages " Le troisième cas de D.P. (démence précoce) est moins spectaculaire. Il n’en pas moins donné un assez beau résultat. " (cf.p.519). Par ailleurs, Borel accepte le fait que cette opération laisse des séquelles et que celles-ci sont irréversibles quand il parle des suites de la lobotomie de la jeune fille de 22 ans :" […] : ce sont bien là les signes de larges lésions frontales, très atténuées certes, mais réels. Et on ne peut douter qu’il y ait une certaine transformation de la personnalité, et précisément celle relevée si souvent dans les lobotomies " (cf.p.520). Nous verrons dans la biographie de l’auteur comment celui-ci s’est déplacé d’une approche psychanalytique vers un retour à une psychiatrie plus classique, plus organiciste.
Nous pouvons affirmer que les rapports ont été rédigés entre octobre et décembre 1949 car le Pr. Borel parle de l’opération chirurgicale de Simone qui a eu lieu il y a huit mois par rapport au moment où il écrit. Le Dr A. Borel indique que l’opération a eu lieu en mars 1949. Donc nous pouvons en déduire qu’il écrit ce rapport en octobre ou novembre 1950.
En outre, le Dr Borel nous indique que l’intervention de topectomie qui a été pratiqué sur le jeune garçon de 23 ans date deux mois (du début octobre 1949), nous sommes donc fin novembre ou début décembre 1949 (cf.p.518).
Dans le paragraphe : " je n’en dirai pas davantage aujourd’hui…sur cette curieuse observation " (cf.p. 519), le Dr Borel indique qu’il intervient au cours d’une discussion. Donc, nous pouvons émettre la certitude que dans ce discours Borel s’adresse à un groupe de personnes ou à une assemblée. De plus, le vocabulaire spécifique utilisé par cet éminent psychiatre permet de dire que celui-ci s’adresse à des confrères psychiatres ou à des étudiants en psychiatrie.
Le langage adopté par l’auteur du discours fait partie du vocabulaire particulier à une spécialité de la médecine : la psychiatrie. Nous y trouvons aussi un terme d’anatomie (Dure-mère ), ainsi qu’un terme indiquant une lésion organique (présence d’une arachnoïdite avec infiltration œdémateuse de la région préfrontale). Il est nécessaire de disposer d’un dictionnaire de la psychiatrie pour affiner la compréhension du document.
2. L’intérêt du document
2.1 Le contexte médicale
Dès le début du document, le Dr Borel indique de façon explicite qu’il est trop tôt pour avoir une opinion très argumentée sur la lobotomie " autant à la fois sur les indications que sur l’action thérapeutique de la lobotomie ". Autrement dit, il indique qu’on ne sait pas, à long terme, quelles seront les conséquences de cette intervention, sur les patients.
Néanmoins, la position partisane de Borel concernant la lobotomie est claire dès le début du texte. En effet, il exprime cette idée dans la phrase : " […] on peut se demander également si la détermination opératoire n’est pas prise trop tard, après l’échec de toute autre thérapeutique, à une époque où les lésions (s’il y en a, ce qui semble évident) demeurent définitivement fixées " (cf.p.517). En outre dans ce passage, l’auteur annonce son opinion quant à l’utilisation de la lobotomie dès lors où toutes les autres actions médicales sont demeurées inefficaces.
De plus, la phrase " Et je me demande si cette médiocrité du résultat ne proviendrait pas en partie de l’époque trop tardive où l’on a décidé l’opération " (cf.p.519) révèle aussi que Borel est plutôt optimiste quant aux bienfaits de la lobotomie si celle-ci est pratiquée suffisamment tôt. De même, dans " Le troisième cas de démence précoce est moins spectaculaire. Il n’en a pas moins donné un assez beau résultat. " (cf.p.519) Borel souligne " son attachement " à la pratique de la lobotomie.
Au vu de ce document, nous pouvons dire que le nombre d’interventions effectuées sur des patients atteints de pathologies différentes et justifiées par un seul médecin sur une durée d’environ un an a pu prendre un caractère invasif pendant cette période. Nous pouvons peut-être y voir aussi, de la part de certains psychiatres organicistes un moyen de pallier à la surpopulation et à la sous-médicalisation de nombreux hôpitaux pour cette époque. La théorie organiciste s’appuie sur la conception que : " Les comportements pathologiques ont un support biologique et résultent d’un disfonctionnement du cerveau." D’abord dans les années 30, puis surtout avec la naissance de la chimiothérapie en 50, il y a eu émergence de ce mouvement, avec pratique des lobotomies, électrochocs et chimiothérapies. Les abus de ces méthodes ont discrédité quelque-temps cette pratique psychiatrique, qui renaquit au début des années 80 dans les pays anglo-saxons, puis dans les années 90 en France.
Les principes de base sont que toute activité mentale (s’extériorisant par le langage et le comportement) est produite par le fonctionnement du cerveau et particulièrement le système nerveux central. La circulation de l’influx nerveux se fait par libération de substances chimiques à partir du neurone pré-synaptique vers les récepteurs du neurone post-synaptique. C’est le disfonctionnement de ce mécanisme qui provoque la maladie mentale. La maladie mentale est d’ordre endogène ; c’est une maladie du cerveau (http :psychiatiinfirmiere.free.fr.)
L’auteur indique d’emblée que les trois patients opérés souffrant de démence précoce avaient reçu tous les traitements habituels sans aucune amélioration. Il exprime par-là la nécessité d’après lui de recourir à cette intervention .Donc, nous pouvons affirmer que cette pratique chirurgicale irréversible s’effectuait par défaut. De plus, le Dr Borel parle d’incurabilité et d’affaiblissement psychique progressif concernant le pronostic de Simone (cf.p.518).
De plus, dans son discours, le Dr Borel indique que les troubles de Simone duraient depuis 3 ans ½ (cf.p.517). Par ailleurs, les premiers troubles du jeune homme de 23 ans dataient de ses 20 ans (cf.p.518). En outre, les troubles de la jeune fille de 22 ans remontaient à deux ans (cf.p.519). Il est à noter que l’auteur utilise ces passages pour valider l’argument de la nécessaire précocité de la lobotomie pour obtenir des résultats : " D’autre part, on peut se demander également, si le plus souvent la détermination opératoire n’est pas prise trop tard, après l’échec de toute autre thérapeutique, à une époque où les lésions (s’il y en a, ce qui semble évident) demeurent définitivement fixées. " (cf.p.517).
Néanmoins, nous pouvons émettre l’hypothèse que chez ces trois personnes diagnostiquées démentes précoces les troubles sont apparus soudainement et dans les années 45-47. Sans vouloir faire de déduction hâtive, ce simple calcul arithmétique renvoie à une période d’après-guerre faite de privation et de chocs psychologiques liés au Second conflit mondiale. Sous le régime de Vichy, les pratiques psychiatriques sont marquées par la théorie de la dégénérescence formulée par le psychiatre Benedict. A. Morel (1809-1873) en 1857. Selon ce dernier, il existe un processus graduel de dégénérescence dont les manifestations s’aggravent d’une génération à la suivante jusqu’au point où les descendant deviennent stériles. Sous le régime de vichy, les pratiques psychiatriques ont été marquées par les théories de la dégénérescence qui ont abouti à la " mort douce " (en fait : mort de faim) de plus de 40 000 sujets internés entre 1940 et 1944 (Ann Méd Psychol 2001 ; 159 : 14-8) (2001 Editions scientifiques et médicales Elsevier SAS).
Cette période de vide thérapeutique et d’après-guerre a peut-être favorisé l’essor de la lobotomie qui a atteint son apogée dans les années 50. Mais cette étude sortirait du cadre du document.
Nous pouvons en conclure que nous sommes en pleine expérimentation de cette technique en France dans les années cinquante. De plus, à la lumière de ce qu’exprime ce médecin, nous pouvons tirer l’analyse suivante : le Dr Borel était un partisan, voire un précurseur de cette nouvelle méthode en France. Certains de ses confrères de l’époque sont associés à son avis (Pr. Puech ; Pr.Delay; Pr. Petit-Dutaillis).
A la seule étude du document, nous ne pouvons déterminer dans quelle mesure l’auteur de la source a été compris de ces contemporains. Néanmoins, après consultation de ses confrères et avis favorable de leur part, le Dr Borel a pu faire procéder à cinq lobotomies et une tectomie. De plus, d’après la mise entre parenthèse du nom de ses confrères (Pr. Puech) (cf.p.518) ; (Pr. Delay, Pr.Puech et moi-même) (cf.p.518) ; (Dr Guillaume) (cf.p.521), nous pouvons penser que l’auteur attribue à ses collègues une place de collaborateur, voire une position secondaire. Par ailleurs, en ce qui concerne le Pr. Ey, Borel le qualifie de son ami : " C’est pourquoi […] mon ami Ey m’en a prié " (cf.p.519). De même, que le nom de Ey est écrit à l’intérieur d’une phrase sans parenthèse, celui du Pr.Petit-Dutailis l’est aussi : (Je proposai alors l’intervention et montrait la malade au Pr. Petit-Dutaillis qui pratiqua une lobotomie à la fin décembre 1948 " (cf.p.520). Nous pouvons en déduire que les rapports entre ces deux praticiens et le Dr Borel étaient de nature qui dépassait une simple collaboration médicale.
De plus, s’il a pu faire procéder à ces interventions chirurgicales irréversibles, c’est que le législateur le lui en a donné la possibilité. Nous sommes sous la IV ème République et l’Assemblée Nationale est élu au suffrage universel direct.
En conséquence, nous pouvons dire que les lobotomies décidées par le Pr. Borel et pratiquées par ses confrères neurochirurgiens étaient légitimées par la loi, en tout cas non illégales. De fait, nous pouvons donc considérer que ces interventions ont été compris par les contemporains du Pr. Borel.
3. Apport du document
Elément de biographie de A. Borel
Les éléments biographiques sont apportés ici dans le but d’éclairer le lecteur sur la personnalité de A. Borel et sa position prise par rapport à la lobotomie.
Sources : Alphonse, Alcide, Adrien Borel " le latitudinaire " ( 1886-1966) par Mme Nadine Mespoulhès L’Evolution Psychiatrique, 57, 4, 1992, pp. 753 à 769.
Alphonse, Alcide, Adrien Borel (1886-1966).
Intéressé très tôt par la démence précoce et les toxicomanies, par toute tentative nouvelle d’apporter un remède à la souffrance mentale, Adrien Borel a utilisé un temps la psychanalyse comme l’une des méthodes possibles puis l’a abandonnée. S’il est oublié des milieux psychanalytiques actuels alors qu’il s’est trouvé associé à des évènements-clefs de l’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse en France, son nom circule encore aujourd’hui dans le monde de l’art et de la littérature, associé notamment à celui de Georges Bataille. Borel fut aussi un ami de Lacan pendant un temps.
Homme d’une " douceur redoutable " selon l’expression de Georges Bataille, cordial et corpulent, séduisant et frondeur, Borel avait une vitalité qui le poussait aux " coups de gueule " et aux contradictions. Il pouvait être protecteur et paternel, savait éviter le tragique avec sa verve et sa bonhomie. Il avait une certaine familiarité avec le personnage du Curé de Torcy qu’il incarna à l’écran à l’âge de 64 ans. En effet, le jeune Adrien Borel, amoureux des arts, venu " conquérir " Paris, s’est installé au 11 Quai aux fleurs dans la maison d’Héloïse et Abélard dont la destinée littéraire a parcouru les siècles.
En 1937, Georges Charensol, ardéchois et ami de Borel, rédacteur aux Nouvelles Littéraires, emménage au 5e étage du 11 Quai aux Fleurs (Borel est au 4°). Par son intermédiaire, Borel rencontre des personnalités du monde des arts et la cinéaste Robert Bresson (1901-1999) qui avait la projet d’une adaptation à l’écran du roman de Bernanos Journal d’un curé de campagne. Bresson choisit, en 1948, Claude Laydu comme curé d’Ambricourt et s’enthousiasme pour le physique de Borel qu’il imagine dans le rôle du curé de Torcy. Borel accepte et c’est à la Closerie des Lilas qu’il annonce sa décision à ses anciens collègues de la Société Psychanalytique de Paris : sourires amusés…les critiques viendront après. Alain Cuny évoque sa " rayonnante inertie ".
Doué d’une forte personnalité à l’instar des autres psychanalystes de son temps mais soucieux de son intimité, chez lui coexistait générosité et égoïsme, tolérance et vivacité intransigeante. Volontiers humoriste ou caustique, usant de jugements percutants et aimant bien manier le paradoxe, il fascinait ses interlocuteurs. D’une grande culture, d’un esprit ouvert, il était avide de connaissances, intéressé par la peinture et la gravure, passionné de littérature ; il écrivait pour lui-même et incitait certains de ses patients à l’écriture.
Michel Leiris, lui, le qualifiait de " latitudinaire ". En effet, Borel pris des libertés -celles qu’il jugeait les siennes- dans sa vie privée, envers ses collègues auxquels il ne ménageait ni sa verve ni ses critiques, envers le milieu médical bourgeois qui était le sien en acceptant d’être acteur le temps d’un film et vis à vis de la psychanalyse qu’il pratiqua sans avoir lui-même l’expérience du divan. Est-ce pour cela qu’il est cité parfois parmi les psychiatres célèbres de son temps, alors même qu’il n’est pas toujours nommé dans les ouvrages de psychiatrie classiques ? En revanche, la majorité de ses patients lui manifestera tout au long de sa vie une vive reconnaissance et une grande fidélité. Ainsi, des personnages tels que G. Bataille, J. Cocteau, A. Magnelli, Y. Tanguy ont-ils inscrit leur témoignage dans des dédicaces enthousiastes.
Oubli et ignorance de la part de ses " collègues ", gratitude et amitié du côté des " patients " et des artistes : une configuration bien faite pour plaire à cet homme des paradoxes, ce personnage d’ombre et de lumière qu’était Adrien Borel.
En effet, le psychanalyste (psychiatre ou non) n’intervient pas sur le corps. La position des psychiatres français du début du XXe siècle est très complexe à ce sujet. Dans la mesure où en découvrant l’inconscient et en affirmant que tout symptôme à un sens, S. Freud révolutionne l’édifice psychiatrique classique, et le point vue organiciste perd de son importance au profit des conceptions psychogénétique et psychodynamique. Cependant rare seront les institutions psychiatriques où la psychanalyse sera réellement appliquée à des psychotiques. Et c’est surtout à la thérapie institutionnelle que les psychanalystes entreront dans les hôpitaux psychiatriques. Mais l’impact freudien, puis lacanien en France marquera profondément la psychiatrie.(cf.dictionnaire de psychiatrie et de psychopathologie clinique, sous la direction de Jacques Postel, psychiatrie, Larousse, p.438)
D’origine ardéchoise, Borel naît le 19 mars 1886 à Paris. Il fait ses étude à Privas où son père médecin est installé, puis à Lyon. A 18 ans , il s’engage dans l’armée pour trois ans mais, dès l’année suivante, demande une disponibilité. Venu à Paris pour ses études médicales, il est nommé externe en 1908 et docteur en médecine en 1913. Mobilisé comme Médecin auxiliaire dès le début de la Première guerre mondiale, il part au front dès le 10 août 1914 et est blessé grièvement par un éclat d’obus le 1er mars 1915. Evacué, il est ensuite affecté dans divers hôpitaux.
Interne titulaire le 1er octobre 1919, il travaille à Sainte-Anne. Nommé médecin adjoint le 21 juin 1921 à la colonie familiale d’Aisnay-le-Château, il se met en disponibilité le 28 juillet suivant et regagne Paris : Chef de Clinique adjoint en 1922, titulaire en 1923, il travaille à Sainte-Anne jusqu’après la Seconde guerre mondiale.
A partir de 1920, le nom de Borel apparaît souvent dans le Bulletin de la société Clinique de Médecine Mentale, dans les Annales Medico-Psychologiques, dans L’Encéphale.
En 1931, il sera membre titulaire de la Société Médico-psychologique. En 1925, est publié son seul ouvrage, Les rêveurs éveillés, écrit en collaboration avec le Dr Robin. Par ailleurs, ce dernier travaillera sur la schizophrénie et développera les types " boudeurs morbides " et " rêveurs éveillés ". Dr Gilbert Robin, psychiatre, ou Gil Robin, romancier, (1893-1967), responsable des " Actualités Psychologiques " dans Les Nouvelles Littéraires, auteur d’articles dans L'Esprit Médical, Le Bulletin Médical, d’ouvrages sur l’enfance et l’adolescence, de romans (La prison de soie, Noël Mathias, La femme et la lune), d’études comme Louis II de Bavière. Son dernier livre : Vocation spirituelle d’un psychiatre, France-Empire, 1966.
1925, est l’année de fondation de la société savante du groupe de L’Evolution Psychiatrique. Borel est présent aux réunions, " pour participer activement à cette orientation nouvelle des sciences de l’esprit ". Cahiers de psychologie clinique et de psychopathologie générale fondés en 1925, L'Evolution Psychiatrique est restée fidèle à sa mission d'ouverture de la psychiatrie à tous les courants de pensée scientifique et philosophique, la recherche clinique et les réflexions critiques dans son champ comme dans les domaines connexes. Attentive à l'histoire de la psychiatrie autant qu'aux dernières avancées de la recherche en biologie, en psychanalyse et en sciences sociales, la revue constitue un outil d'information et une source de référence pour les étudiants, les chercheurs et les praticiens. Le comité de lecture est assisté d'un comité de lecture international. (http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/ ).
Le 4 novembre 1926, naissance de la Société de psychanalyse de Paris dont Borel est cofondateur.
En 1931, Borel rend visite à Freud à Vienne mais il n’a pas été analysé.
Médecin-lieutenant depuis 1933, Borel est rappelé à l’activité le 2 septembre 1939 et affecté à l’Hôpital Saint-Germain. Réformé en décembre pour inaptitude physique (il est alors âgé de 53 ans et 8 mois), il est rayé des cadres le 28 mars 1940 et reprend ses activités à Sainte-Anne et dans son Cabinet privé. Sans engagement dans la Résistance, il aidera pourtant quelques personnes en difficulté.
Le 1er janvier 1949, il travaille à l’hôpital Bichat, qu’il quittera le 21 mars 1955 pour prendre sa retraite du secteur public : il a 69 ans.
Outre son double exercice, Borel est également intervenu dans de nombreuses cliniques de banlieue accueillant alors des toxicomanes esthètes ou des personnalités pour lesquels l’asile n’était pas concevable.
Borel mourut des suites d’un accident cérébral à 80 ans, le 19 septembre 1966.
Borel son parcours, son époque.
Pour sa thèse de médecine en 1913, Borel choisit un sujet de psychiatrie pris dans la théorie organiciste et liée aux troubles organiques dans la démence précoce.
En 1926, Borel participe à la mise au point de la notion de schizophrénie selon laquelle la psychanalyse permettra souvent de venir à bout d’attitudes qui, sans traitements, entraveraient à jamais l’existence des sujets.
Borel étudie Freud et conclut ainsi quelques mois après la mort de ce dernier en 1939 : " l’investigation psychanalytique, atteignait l’esprit tout entier et s’avérait comme devant devenir un outil indispensable à toute psychologie ".
Les textes fondateurs de la Société Psychanalytique de Paris, conformes à la décision du IX ème Congrès International de Psychanalyse (1925), prévoyaient de " donner au médecin désireux de devenir psychanalyste l’occasion de subir la psychanalyse didactique indispensable pour l’exercice de la méthode ", mais Borel n’a pas semble pas avoir été demandeur.
A l’instar de Ernest Jones et de Anna Freud, Borel fait partie des " bad soldiers ", des " uncertain éléments " pour les autorités psychanalytiques internationales. De plus, il est connu en France comme sceptique et peu enthousiaste pour effectuer la cure analytique.
La tutelle psychiatrique sur la psychanalyse a persisté longtemps en France qui était " pour la psychanalyse une de ses élèves les plus récalcitrantes ". Freud écrira en 1921 : " la France réticente ". Si la psychanalyse est subordonnée à la psychiatrie à cette époque c’est dû à la formalisation au XIXe siècle par Morel de la théorie de la dégénérescence. Cette théorie connaît une très large diffusion dans toute l’Europe et fonctionne pratiquement comme un dogme jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Pourtant, en 1929, Borel avait exprimé sa fierté d’avoir été " de la première phalange des défenseurs " de la psychanalyse.
Elu président de la S.S.P. le 19 janvier 1932, Borel est réélu en 33 et 34. En 1934 a lieu le congrès de Lucerne, congrès centré sur la question de l’analyse profane, Borel ne s’y rend pas.
En 1944, certains de ses contemporains tel Leuba qui écrira à Jones " Borel a toujours été ambivalent, avec une forte agressivité à l’égard de la psychanalyse (…) ".
Borel se pose des questions sur " Les Indications de l’analyse " et à la S.S.P. (le 15 novembre 1938), répond par la négative en ce qui concerne les obsessions, les affections d’origine organique, la manie, la mélancolie, les délires chroniques, la schizophrénie… " ces malades qui représentent une part importante des contingents des pensionnaires d’asiles se révèlent réfractaire à l’action de la cure psychanalytique (…) Il ne reste donc guère que les psycho-névroses (névroses anxieuses, sexuelles, de caractère) ", même s’il y a des précautions à prendre ! Sources : Alphonse, Alcide, Adrien Borel " le latitudinaire " ( 1886-1966) par Mme Nadine Mespoulhès (psychanalyste) L’Evolution Psychiatrique, 57, 4, 1992, pp. 753 à 769.
S’il quitte la Société Psychanalytique de Paris après la guerre, il reste assidu aux réunions de L’Evolution Psychiatrique et de la Société Médico-Psychologique dont il accepte la présidence à l’âge de 71 ans, en 1957.
Adrien Borel a commencé sa carrière de psychiatre à la " saison Freud ". " L’inconscient ne sera plus mort ", écrit-il dans la première de ses Quatre Conférences et, pourtant, le 17 janvier 1958, le mot de psychanalyse ne figure plus dans son allocution à la Société Médico-Psychologique.
Certes, il avait refusé la cure analytique pour lui-même déjà et très vite pour ses patients, donnant la préférence à des techniques mixtes comme d’ailleurs, de nombreux confrères de son époque partagés entre l’envie d’une action psychothérapique sans interprétation psychanalytique et d’autres " médecines ".
Resté fidèle à une certaine psychiatrique et humaniste, conforme à son époque (le titre de ses travaux en témoigne), il avait pour souci premier de soulager la souffrance mentale et espéra même en la lobotomie…
Lexique
EVOLUTION PSYCHIATRIQUE :
cahiers de psychologie clinique et de psychopathologie générale fondés en 1925, L'évolution psychiatrique est restée fidèle à sa mission d'ouverture de la psychiatrie à tous les courants de pensée scientifique et philosophique, la recherche clinique et les réflexions critiques dans son champ comme dans les domaines connexes. Attentive à l'histoire de la psychiatrie autant qu'aux dernières avancées de la recherche en biologie, en psychanalyse et en sciences sociales, la revue constitue un outil d'information et une source de référence pour les étudiants, les chercheurs et les praticiens. Le comité de lecture est assisté d'un comité de lecture international (http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/).PSYCHOCHIRURGIE : méthode de traitement des troubles mentaux par intervention chirurgicale sur le cerveau.
DEMENCE PRECOCE : maladie mentale chronique apparaissant à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte, caractérisée par des troubles grave de l’intelligence et de l’affectivité et paraissant évoluer vers un déficit intellectuel progressif.
ETAT DEPRESSIF : modification profonde de l’humeur dans le sens de la tristesse, de la souffrance morale et du ralentissement psychomoteur.
HYPOCONDRIAQUE : se dit d’une personne atteinte d’hypocondrie. C’est la préoccupation exagérée d’un sujet sur sa santé, se traduisant par des attitudes irrationnelles vis à vis de son corps, la crainte d’avoir une maladie grave et une relation de défi au médecin, qui est à la fois investi d’un grand pouvoir et condamné à l’échec thérapeutique par le patient.
OBSESSION : trouble psychique caractérisé par l’irruption dans la pensée d’un sentiment ou d’une idée apparaissant au sujet comme un phénomène morbide qui provient pourtant de sa propre activité psychique et qui persiste un temps plus ou moins long malgré sa volonté consciente et tous ses efforts pour s’en débarrasser.
ELECTRO-CHOC : méthode de traitement des troubles mentaux par application sur l’encéphale d’un courant électrique qui induit une crise d’épilepsie généralisée. Ce terme, de connotation très négative, tend à être remplacé par ceux de sismothérapie ou d’électroconvulsivothérapie.
CURE INSULINIQUE : (d’insuline) technique de choc utilisée dans le traitement des psychoses. Cette technique par administration d’insuline plonge le sujet dans un état comateux hypoglycémique. Dans cette technique le resucrage ramenant le taux de glycémie à la normale et sortant le sujet du coma semble jouer un rôle déterminant en créant avec l’équipe soignante les conditions d’un échange psychothérapique.
CURE AGOCHOLINE :
INTRAVEINEUSE : injection dans la veine.
CARDIAZOL : l’injection intraveineuse de cardiazol provoque des crises comitiales (épilepsie) convulsives chez les schizophrènes.
HEBEPHRENO-CATATONIQUE TYPIQUE : une des grandes formes clinique de la schizophrénie. L’hebephréno-catatonique typique qui se caractérise par des accès hétéroagressifs ou autoagressifs impulsifs et un état pathologique de la motricité caractérisé par une perte de la spontanéité et de l’initiative motrice ,l’inertie et le négativisme.
APATHIE: caractérise l’indifférence à l’émotion ou aux désirs
IMPULSIONS GRAVES ET SOUDAINES : tendance irrépressible à l’accomplissement d’un acte.
DOUBLE LOBOTOMIE PREFRONTALE : technique de psychochirurgie consistant à sectionner les fibres d’un lobe du cerveau. La lobotomie consiste à la section totale des faisceaux blancs unissant le cortex préfrontal (partie antérieure du lobe frontal) au reste du cerveau, en particulier au thalamus.
PR. PUECH (neurochirurgiens)
HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE SAINT MAURICE : situé en banlieue parisienne, à l’origine
hôpital de la Charité de Charenton, dénommer ainsi depuis 1983.D.P.= démence précoce.
STEREOTYPIES : répétition inadaptée à la situation, indéfinie, quasi-automatique d’une expression verbale, d’un geste, d’une attitude.
BARRAGE DE LA PENSEE : brusque interruption du discours ou de l’activité psychomotrice, liée à un trouble profond de la pensée.
PR. DELAY : psychiatre et écrivain français (1907-1987), neurologue en 1935, il poursuivit des études de philosophie et une thèse de lettres sur les maladies de la mémoire en 1942. Il reçut une formation psychiatrique clinique avec H. Ey à l’hôpital Sainte-Anne. Chef de file des futurs neuroleptiques. Brillant écrivain, il est élu à l’Académie française en 1959.
TOPECTOMIE : terme issu du grec topos :lieu, et ektomê : ablation. Ablation (excision) d’un côté ou des deux côté (uni- ou bilatérale) de certaines zones de l’écorce cérébrale (couche de cellules grises recouvrant le cerveau : aires corticales.
PR. EY : (Henri). Psychiatre français (1900-1977).Il fut le défenseur de organodynamisme en psychiatrie. Médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Bonneval en Eure et Loire de 1933 à sa retraite, il poursuit en parallèle à Paris (hôpital Sainte-Anne) un enseignement clinique et psychopathologique non reconnu par l’université mais très suivi par les étudiants en psychiatrie de 1935 à 1970. Il organise en tant que secrétaire général le 1er Congrès internationale de psychiatrie en 1950 et fonde l’Association mondiale de psychiatrie en 1961. Enfin, il dirige la revue l’Evolution psychiatrique de 1947 à 1971. Henri Ey est considéré comme évolutionniste et surtout fonctionnaliste ramenant à une organogenèse de la maladie mentale pourtant récusée au départ par lui-même en raison de son réductionnisme " mécaniciste ".
SEDATION : apaisement au moyen d’un sédatif
PR. PETIT-DUTAILLIS (neurochirurgien).
LEUCOTOMIE : section chirurgicale de fibres blanches d’association réunissant les lobes frontaux (région préfrontale) au thalamus.
Historique de la lobotomie
Sources : dictionnaire de psychiatrie et de psychotathologie clinique, sous la direction de Jacques Postel, Larousse, p.308.
C’est le neurologue portugais E. Monitz qui en 1935, est à l’origine de la psychochirurgie (bien qu’une tentative audacieuse, restée sans lendemain, ait eu lieu en 1891 sur 6 malades agressifs, par Burkhardt). Monitz obtient en 1949 le prix Nobel pour sa " découverte de l’action thérapeutique de la leucotomie préfrontale dans certaines psychoses. Relayé par des auteurs anglo-saxons comme Freeman et Watts, la méthode va être utilisée assez largement dans les années 1940 puis connaître un déclin progressif à l’arrivée des traitements médicamenteux. L’histoire de la neurochirurgie estime à 60000 le nombre d’actes de psychochirurgie pratiquée entre 1936 (date du début de la technique) et 1956 (http://www.eg-psychiatrique). Récemment, le perfectionnement des techniques (notamment le repérage stéréotaxique) a rendu les opérations moins mutilantes, ce qui permet à la méthode de rester utilisée (quoique rarement de nos jours) malgré les problèmes éthique qu’elle pose.
Les indications de la psychochirurgie sont à porter sur quatre critères essentiels : le caractère extrêmement invalidant des troubles ; une longue durée d’évolution de la maladie et l’absence d’espoir d’amélioration spontanée ; l’échec ou l’impossibilité de tous les traitements ; enfin, l’affection doit être une bonne indication de la psychochirurgie. Bénéficient, de cette méthode la névrose obsessionnelle, la mélancolie et, à moindre degré, la manie chronique et la schizophrénie paranoïde. Elle est aussi utilisée dans les états d’agitation irréductibles chez des épileptiques et des oligophrènes.
L’appréciation des résultats de la psychochirurgie est très difficile : peu d’études précisent les critères de succès ou d’échec et l’évaluation objective des séquelles cognitives et affectives éventuelles. L’altération de la personnalité (pouvant réaliser au maximum le classique " syndrome frontal " : indifférence, euphorie inadaptée, perte du sens éthique, etc.) a beaucoup diminué avec la limitation des lésions. Elle reste un des reproches essentiels faits à cette méthode, même si certains font remarquer qu’une modification de la personnalité rendant possible une meilleure adaptation est le but commun à tous les traitements psychiatriques
Problèmes éthiques
Certains régimes ont été soupçonnés de lobotomiser leur adversaires politiques. D’autres ont proposé la psychochirurgie à des délinquants sexuels agressifs comme alternative à l’emprisonnement. D’une façon générale, un abus d’utilisation est fait à chaque fois qu’interviennent d’autres considérations que l’intérêt stricte du patient. Ces abus, s’ils ne remettent pas en cause le principe même de la méthode, Montre quelle prudence extrême elle impose. A contrario, H. Ey a pu dénoncer " l’abstentionnisme agressif " de ceux qui refusent un traitement dont le patient pourrait tirer un bénéfice majeur. Toujours est-il que la légitimité même de la psychochirurgie reste discutée : création d’une lésion organique dans une maladie fonctionnelle, caractère irréversible, intrusion destructrice et aveugle dans ce qui fait l’essence même d’un homme.
Conclusion
Les problèmes posés par les maladies mentales sont complexes et ne sauraient se satisfaire de réponses simples, à l’emporte-pièce. Les questions théoriques quant à l’origine et à la nature de ces troubles particuliers sont multiples et restent ouvertes. Les maladies mentales sont des pathologies qui concernent l’individu dans sa globalité, et pas uniquement un organe. Ce sont des pathologies de la personne, du sujet, et pas simplement des maladies du cerveau (auquel cas il faudrait les assimiler à des maladies neurologiques).
La caractérisation même de la pensée et des comportements, ainsi que de leurs liens réciproques, reste délicate. Le cerveau ne sécrète pas la pensée comme le pancréas sécrète l’insuline, ou le foie la bile. Si le cerveau demeure un organe indispensable et fondamental pour l’élaboration et l’expression de la pensée, on peut sans hésiter dire qu’il en va de même du cœur, des poumons, des reins…, et finalement de l’ensemble de l’organisme. Que l’un des organes vitaux cesse de fonctionner, et la pensée disparaît. On ne pense plus de la même façon si l’on a une jambe en moins, ou si l’on est insuffisant cardiaque, ou astreint à une dialyse régulière. La pensée et l’action qui l’accompagne sont des phénomènes globaux qui engagent l’être humain dans sa totalité.
En outre, tout symptôme, qu’il soit psychique ou organique, concerne non seulement l’individu qui le présente, mais également son entourage à partir du moment où il lui est communiqué. Bien plus, le symptôme psychiatrique est sans aucun doute le plus relationnel de tous, le Moi se constituant et n’existant que dans la relation à l’autre. J’ai un absolu besoin de l’autre pour me définir en tant que Moi, c’est-à-dire différent de lui. L’homme ne vit pas seulement à l’intérieur de lui-même ni (encore moins !) uniquement dans son système nerveux central. La pathologie psychiatrique n’est pas une sorte de tumeur psychologique qui aurait poussé sur un psychisme sain.
Aussi loin que l’on se reporte dans le temps, on constate que l’on a toujours soigné les malades mentaux. On les a traités et parfois mal traités (maltraités). L’histoire de la psychiatrie est à ce sujet édifiante. Elle nous montre comment, à partir de théories parfois farfelues et souvent fausses, les psychiatres ont élaboré des méthodes thérapeutiques qui purent pourtant se révéler efficaces à soulager certains patients. Sur quelle théorie repose donc l’utilisation de la neurochirurgie en matière de pathologie mentale ? Il semble qu’il s’agit d’une théorie localisatrice, même si les localisations sont encore incertaines.
L’idée que la maladie mentale consiste en un mal qu’il faut à tout prix extirper du cerveau qui l’héberge n’est pas récente. Déjà au XVIe siècle, les gravures des écoles hollandaises et flamandes mettaient en scène l’extraction de la pierre de la folie. En 1888, le Suisse Gottlieb Burckhardt fit l’ablation d’une partie du lobe temporal à une délirante hallucinée, ce qui amena Semelaigne à demander si l’on allait enlever le centre moteur à un malade donnant des coups de pied. Il n’y eut aucune réponse à cette question pourtant pertinente. C’est en 1936 que le Professeur Egas Moniz fit réaliser la première lobotomie. La poursuite de ses travaux lui valut de recevoir le prix Nobel de Médecine en 1949. Forte de cette reconnaissance, cette " thérapeutique " allait connaître un grand succès jusqu’à ce qu’elle soit progressivement abandonnée dans les années 70 en France, essentiellement sur des considérations éthiques, mais peut-être aussi en raison de son inefficacité et de ses effets indésirables. De plus, la pratique de l’ablation est une vieille lune en psychiatrie, ainsi déjà au 19e siècle de l’hystérique et de l’utérus.
Quelles sont maintenant les considérations qui font qu’on tente de la remettre au goût du jour ? Certainement le désir de venir à bout des pathologies les plus rebelles. Mais cela peut-il suffire à justifier son emploi ?
D’inévitables questions se posent quand il s’agit d’employer la neurochirurgie pour traiter les pathologies mentales, notamment celle-ci : à qui se propose-t-on de l’appliquer ? À peine la possibilité de traiter ainsi les troubles obsessionnels compulsifs se dessine-t-elle que le Professeur Alim-Louis Benabid se propose d’en " étendre les indications aux troubles alimentaires et notamment à l’obésité maligne " (Concours médical, 19.10.02). La méthode serait-elle en passe de devenir la panacée ? Si l’on se propose de réserver cette technique à des pathologies résistantes aux autres thérapeutiques, comment s’assure-t-on de l’échec des autres modalités de prise en charge ? Sur quels critères ? Sur quelle base sera obtenu le consentement du patient ? Des éclaircissements semblent nécessaires.
La première tâche des chercheurs devrait être de s’enquérir du devenir des dizaines de milliers de sujets lobotomisés par le passé ; la connaissance de l’Histoire devrait éviter de répéter les erreurs d’autrefois.
(Bataille, Georges (1897-1962). Ecrivain français. Son oeuvre, importante, est difficile à cataloguer tant elle emprunte à des domaines différents, récit, poésie, philosophie, sociologie, littérature existentielle et érotique. Fils d'un père aveugle et paralysé, il est marqué dès l'enfance par la pourriture du corps et la mort. Elève de l'école des Chartes, il se convertit au catholicisme avant de vivre une profonde crise, concomitante de sa découverte de Nietzsche. Il est attiré par le marxisme et la psychanalyse. Il côtoie les surréalistes, puis collabore à de nombreuses revues : il y développe sa pensée philosophique et politique. Il connaît l'amour et travaille la notion d'extase. A partir de 1942, il se retire à Vézelay et se consacre à l'écriture. Son oeuvre littéraire est marquée par une aspiration à la pureté contrariée par l'obsession de la souillure.
Oeuvres principales : Histoire de l’œil (1928) ; Anus solaire (1927) ; Le Bleu du ciel (1935) ; Madame Edwarda (1941). Il développe sa pensée de la transgression dans les essais : La Part maudite (1949) ; La Littérature et le mal (1957) ; L'Erotisme (1957) ; La Haine de la poésie (1957).( La grande encyclopédie 2003)).
(Abélard, Pierre (1079-1142) Philosophe français, l'un des premiers scolastiques, célèbre pour son amour pour Héloïse. Abélard ayant séduit une de ses élèves, Héloïse, Fulbert, l'oncle de celle-ci, les contraint au mariage. Les deux époux souhaitent garder cette union secrète et la jeune fille entre au couvent. Son oncle, le découvrant, la croit répudiée et fait alors castrer Abélard. Cette histoire inspira fortement le romantisme français.) (La grande Encyclopédie 2003)).
(Bresson, Robert (1901-1999) Réalisateur français. Véritable ascète du cinéma français, ce cinéaste austère au visage sévère possède une oeuvre particulièrement atypique. Fils d'officier, il étudie la peinture avant de se tourner vers le cinéma, influencé par René Clair. Il réalise un moyen métrage en 1934, Affaires publiques, puis il est fait prisonnier pendant la guerre. Après les Anges du péché (1943), il réalise les Dames du bois de Boulogne d'après Jacques le fataliste de Denis Diderot, et dont les dialogues sont écrits par Jean Cocteau. Il opère un tournant en 1951 avec le Journal d'un curé de campagne, adaptation du roman de Georges Bernanos, dont il signe le scénario et les dialogues. Ce film, qui témoigne d'une grande sobriété, lui vaut la reconnaissance du public, et pas moins de huit prix internationaux. Le style bressonnien caractéristique par son univers romanesque complètement dépouillé est alors né. Refusant l'influence du théâtre sur le cinéma, Bresson cherche à créer le "cinématographe", art autonome, écriture spécifique fondée sur le rapport des images et des sons, excluant tout spectacle et tout jeu dramatique. Très exigeant envers ses interprètes, il ne travaille plus qu'avec des non-professionnels.Films principaux : Un condamné à mort s'est échappé (1956) ; Pickpocket (1959) ; le Procès de Jeanne d'Arc (1963) ; Au hasard, Balthazar (1966) ; Mouchette (1967) ; Une femme douce (1969) ; Quatre nuits d'un rêveur (1971) ; Lancelot du lac (1974) ; l'Argent (1983).(La grande Encyclopédie 2003)).
(Cuny, Alain (1908-1994) Acteur de cinéma français, devenu célèbre grâce au rôle de troubadour qu'il tint aux côtés d'Arletty dans les Visiteurs du soir, de Marcel Carné (1942).
En 1969, il interpréta un tyran des mers dans le Satyricon de Federico Fellini. Puis en 1975, il joua avec Charles Vanel l'un des juges du film de Francesco Rosi, Cadavres exquis).(La grande Encyclopédie 2003)).
(Leiris, Michel (1901-1990). Ecrivain et ethnologue français. Il débute en poésie, en 1921 sous la tutelle de Max Jacob, rencontre des peintres et adhère au mouvement surréaliste en 1924. Il rédige un roman surréaliste, Aurora, publié en 1946. Il s'écarte du groupe surréaliste en collaborant à la revue de Georges Bataille. Il participe de 1931 à 1933 à une mission ethnographique en Afrique. Il rapporte de son voyage un journal, l'Afrique fantôme (1934). De retour à Paris, il travaille au Musée de l'Homme, publie des travaux scientifiques. Son oeuvre littéraire est orientée principalement vers l'écriture de son autobiographie : l'Age d'Homme (1939) ; la tétralogie de la Règle du jeu ; Biffures (1948) ; Fourbis (1955) ; Fibrilles (1966) ; Frêle Bruit (1976) ; Journal (1922-1989).(La grande Encyclopédie 2003)).
Cocteau, Jean (1889-1963). Poète, romancier, dramaturge, auteur d'arguments de ballet, dessinateur et cinéaste français. Elevé par sa mère et son grand-père qui lui fait découvrir les oeuvres de Beethoven et de Berlioz, il compose ses premiers poèmes à 18 ans et obtient un grand succès dans les salons fréquentés notamment par Proust, et Rostand. Il compose ensuite un argument de ballet pour Diaghilev, le Dieu bleu. Lassé de cette vie facile, il se retire à la campagne et commence l'écriture du Potomak qu'il interrompt pour s'engager comme ambulancier civil pendant la Première Guerre mondiale. Ami de Roland Garros, de Picasso, de Cendrars et de Reverdy, il devient le porte-parole du Groupe des Six. En 1919, Cocteau rencontre Radiguet qui le subjugue, il compose alors de nombreuses oeuvres dont les Mariés de la Tour Eiffel et le Grand Ecart. La mort de Raymond Radiguet le plonge dans une profonde dépression. A partir de 1930, Cocteau devient également réalisateur, il tourne son premier film, le Sang d'un poète et monte plusieurs pièces de théâtre dont les Parents terribles, la Machine à écrire et l'Aigle à deux têtes. A partir des années 40, son moyen d'expression privilégié devient le cinéma, il réalise notamment la Belle et la Bête (d'après Leprince de Beaumont) et Orphée (avec Jean Marais) mais continue à écrire de la poésie. Homme aux multiples talents, il est élu à l'Académie française en 1955. Ouvrages : le Secret professionnel (1922) ; Thomas l'Imposteur (roman, 1923) ; Antigone (pièce de théâtre, 1928) ; les Enfants terribles (1929) Plain-chant (poésie, 1923) ; Allégories (poème, 1941) ; Léone (poème, 1945) ; la Difficulté d'être (récit, 1947) ; le Journal d'un inconnu (récit, 1952) ; Clair-obscur (poème, 1954) ; Requiem (poème, 1962). Autres films : l'Aigle à deux têtes (1948) ; les Parents terribles (1948) ; Orphée (1950). (La grande Encyclopédie 2003).
Tanguy, Yves (1900-1955). Peintre français naturalisé américain. Il s'est installé aux Etats-Unis à partir de 1939, où son imagination débordante s'est très largement exprimée au travers d’œuvres surréalistes, dans lesquelles se côtoient créatures et végétation étranges. Oeuvres principales : Maman, papa est blessé (1927) ; A quatre heures d'été, l'espoir (1929) ; Multiplication des arcs (1954). (La grande Encyclopédie 2003).