RESULTATS
CLINIQUES ET REFLEXIONS SUR LA PSYCHOCHIRURGIE
QUELQUES
RESULTATS de L O B O T O M I E
Par
A. BOREL
Evolution Psychiatrique, 1950 Référence complète et commentaire dans le travail de Stéphane Petricci.
« Il est difficile, actuellement, d'avoir une opinion vraiment
valable tant sur les indications que sur l'action thérapeutique de la
Lobotomie, il y a trop peu de temps que ces opérations sont effectuées d'une
façon courante en France tout au moins pour ue nous ayons pu en constater autre
chose que les résultats immédiats. D'autre part, on peut se demander également,
si le plus souvent la détermination opératoire n'est pas prise trop tard, après
l'échec de toute autre thérapeutique, à une époque où les lésions (s'i1 y en a,
ce qui semble évident) demeurent définitivement fixées. Quoi qu'il en soit, je
voudrais seulement aujourd'hui vous apporter le résultat (trop immédiat sans doute),
des quelques cas 'que j’ai pu suivre, soit 5 en tout 3 à démentes précoces, 1
état dépressif à teinte hypocondriaque, 1 cas d'obsession.
Les 3 démences précoces n’offraient aucune difficulté de diagnostic. Et
chacun de ces trois malades avait été vu par plusieurs psychiatres qui tous
étaient unanimes sur la nature et la forme de l'affection. Tous avaient reçu
antérieurement tous les traitements habituels : électro-choc, cure insulinique,
et même dans un cas en outre cure d'agocholine intraveineuse et cardiazol, le
tout sans aucune amélioration.
La première Simone . . 24 ans, f ut opérée il y a maintenant 8 mois. Les
troubles duraient à cette époque depuis près de 3 ans 1/2. Il s'agissait d'une
f orme hébéphréno-catatonique typique qui présentait au moment de
l'intervention un affaiblissement intellectuel déjà considérable, avec inertie,
apathie, indifférence affective profonde, et de rares phases d’agitation sans
cause apparente avec impulsions graves et soudaines. Le pronostic, incurabilité
et affaiblissement psychique progressif, était évident. L’opération eut lieu en
Mars 1949 (Pr Puech) : double lobotomie préfrontale, selon la méthode
habituelle. Les suites opératoires furent normales. Deux semaines après, Simone
regagnait l’Hôpital Psychiatrique de Saint Maurice où elle était internée
depuis un an déjà. Le résultat était très médiocre : on notait cependant une
très légère transformation manifestée par un certain retour de l’affectivité,
une moindre indifférence dans la tenue, moins de gloutonnerie, plus de
docilité. Enfin disparition totale des impulsions. »