Diane Tessier

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Clarinettiste, professeur de clarinette et ensemble de clarinette

 

 

 

Introduction

La clarinette est un des plus jeunes instruments artistiques de líoccident. Peu díinstruments connaîtront une évolution aussi rapide. Grâce à son grand registre, sa facilité díadaptation, la multitude de ses sonorités et sa grande flexibilité, elle est aujourdíhui, un instrument très apprécié par les interprètes et les compositeurs.

Son ancêtre, le chalumeau a de très lointaines origines qui remontent à bien avant líantiquité. Mais ce níest quíen 1700 que la clarinette est inventée. Il faudra la patience et la persévérance de plusieurs clarinettistes pour améliorer cet instrument.

La clarinette díabord utilisée dans la musique militaire. Elle fut admise à líorchestre que vers la fin du 18e siècle. Elle devra síarmer de patience, pour quíenfin on lui propose des solos. Depuis, la clarinette nía pas cessé de stimuler líimagination des interprètes et des compositeurs.

Dans ce travail, je tenterai díillustrer líévolution de la clarinette à partir de ses origines jusquíà son état actuel. Je résumerai tout díabord son histoire. Ensuite, je décrirai la clarinette, sans oubliée la grande famille quíelle a engendrée. Je soulignerai les deux écoles qui ont diffusé líenseignement de la clarinette. Enfin, je glisserai quelques mots sur son rôle dans les différents ensembles musicaux.

 

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Historique

La clarinette que nous connaissons aujourdíhui, avec son mécanisme perfectionné, sa sonorité chaleureuse, sa facilité à se mélanger à díautres sonorités et sa grande vélocité, ressemble bien peu à ses premiers ancêtres. En effet, il faut retourner avant líère chrétienne, bien avant líantiquité, pour y découvrir ses origines qui remontent à líArgoul égyptien.

Dans ces temps reculés, les instruments à anches étaient présents un peu partout à travers le monde : aux Indes, au Moyen-Orient et en Grèce. Il semble díailleurs certain que les instruments à anches doubles et simples ont coexisté dans différentes cultures. Dans certain cas, líanche était coupée à même des tubes de différentes grandeurs et utilisée comme partie intégrante de líinstrument que líinstrumentiste faisait résonner dans sa cavité buccale (voir fig. 1), et dans díautres cas líanche (voir fig. 2). Donc ceux qui jouaient de ses instruments níavaient que très peu de contrôle sur sa sonorité.

Ces instruments prendront plusieurs noms selon la contrée où ils sont utilisés tel que : le zummarah, líargoul, le pibgoin et le plus connu le Welsh horn pipe. Ce seront les joueurs de musique itinérante (troubadour??) venu de líEst qui popularisera ces instruments dans les régions de líOuest. En France, líinstrument prend le nom de chalumeau. Le mot chalumeau prend ses racines du mot latin " calamus " qui signifie une petite anche et du mot grec " calane " qui signifie, tuyau à anche. Ce seront les simples paysans qui líutiliseront.

Au Moyen-âge, le chalumeau français était de forme cylindrique percée de plusieurs trous, díune anche introduite dans la partie supérieure enfermée dans une petite boîte surmontée díun tuyau servant díembouchure. Son étendue ne dépassait pas le 10ième. Líanche níétait donc pas en contact avec les lèvres, donc líinstrumentiste níavait que peut de contrôle de sa sonorité qui devait être assez brute. Cíest probablement pour cela que le chalumeau traversera toute la période du Moyen-âge sans aucune transformation.

Il faudra attendre líArs Nova et líélan de la renaissance pour voir enfin la transformation du chalumeau ; instrument populaire, en un instrument artistique ; la clarinette. Cíest à Nuremberg vers la toute fin du 17ème siècle, dans son pays natal, que J.C. Denner (1665-1707) et son fils Jacob travaille à líamélioration du chalumeau. Ils remplacent alors la boîte renfermant líanche par une embouchure en forme de cône à laquelle il attache une anche au moyen díune mince corde et y ajoute deux clés. Il semble probable que la clarinette níest pas le fait de J.C. Denner mais plutôt celui de son fils puisque ce níest quand 1710 que nous retrouverons pour la première fois un instrument appelé clarinette, soit trois années après la mort de J.C. Denner. Mais encore là, la différence entre le chalumeau transformé et la clarinette semble très floue, nous ne pouvons que faire des hypothèses puisque quíaucun chalumeau de cette époque nía pu être retrouvé.

 

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Le premier modèle de clarinette possédait une embouchure telle que décrite ci-dessus, sept trous bouchés par les doigts. Celui obstrué par le petit doigt de la main droite est double. Cette clarinette possédée aussi deux clés dans la partie supérieure de la clarinette et sont actionnées par le pouce et líindex de la main gauche. Cet instrument prendra le nom de clarinette à cause de la similitude de sa sonorité qui lorsque jouée à líoctave supérieure ressemble beaucoup au son que la trompette díalors (clarino) produisait.

Si la clarinette a connu un grand essor grâce à la grande étendue de son registre, les compositeurs díalors on plutôt utilisé la clarinette pour son registre du chalumeau afin de créer un effet pastoral. Nous ne retrouverons que très peu de pièces écrites pour la clarinette à cette époque. J.A.J. Faber, maître de chapelle à Anvers semble le premier à avoir écrit des parties de clarinette, en 1710 dans une messe. G.P. Telemann (1681-1767) écrira " Carillon pour deux chalumeaux " qui semblent en fait être écrit plutôt pour la clarinette. A. Stéphanie (1654-1728) dans son opéra " Il Turno ", composé en 1709, il écrira des parties pour clarinette. Il semble que Vivaldi (1678-1741), aussi, aurait écrit deux úuvres pour deux clarinettes et deus hautbois (RV 559,560). J.M. Molter, koncert et kapellmeister à Durlach et Karlsruhe en Allemagne, (1696-1765) sera le premier à écrire quatre (4) concertos pour cet instrument, concertos quíil écrira vers la fin de sa vie.

La clarinette avec une troisième clé semble avoir vu le jour vers les années 1740-60. Cette troisième clé couvrira un nouveau trou fait dans la partie la plus basse de la clarinette pour pouvoir produire le mi-grave. Jacob Denner semble en être líartisan. De plus, dans cette même période, son pavillon síélargira díune façon notable. Avec ces nouvelles améliorations, la clarinette sera de plus en plus populaire.

Vers 1750, Rameau líemploie dans ses opéras. Acanthe et Cephise, Zoroaste, et Gluck en fera aussi en 1767 dans Alceste. La clarinette est adoptée par líécole de Mannheim (Veiser, Telemann), en 1767 : deux clarinettistes qui doivent savoir aussi jouer du hautbois font parti de líorchestre, puis en 1786 deux instrumentistes jouant exclusivement de la clarinette sont membres permanents de líorchestre. Par ailleurs, líorchestre de la chapelle du roi Louis XV était composé de cinquante musiciens, dont deux clarinettistes. Gossec (1733-1829), un des créateurs de la symphonie, síen sert régulièrement dans ses compositions.

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Joseph Beer (1744-1811) clarinettiste renommé et fondateur de líécole allemande, en ajoutant deux clés supplémentaires soit celle de fa dièse (do dièse) et celle du bémol (mi-bémol), cette clarinette sera très populaire donc la plus utilisée par les clarinettistes de cette époque (fin 18e siècle début 19e). Afin de parfaire la justesse de líinstrument, J.X. Lefèvre (1763-1829) fera líajout díune sixième clé (do dièse/sol dièse).

Autre fait assez important de cette époque : cíest probablement dans cette période que le bec fut séparé du reste de la clarinette, puisque cíest à cette époque que la clarinette alors fabriquée soit en do ou en si bémol était muni de ce quíon appelait des cors de rechange (barillet de différente longueur) qui permettaient de changer la tonalité de la clarinette.

Il semble quíà ce stade de líévolution, que díautres nouvelles clés qui étaient ajouté par les clarinettistes dans le désir díobtenir une meilleure intonation (chaque clarinettiste ou presque à cette époque tentait de perfectionner leur instrument) plutôt que de facilité de manipulation. Mais le peu díétanchéité des tampons de feutre, la lenteur du mécanisme des clés ainsi que les dispositions et la forme maladroite des clés, faisait que, pour chaque clé ajoutée, le prix díeffort du clarinettiste était immense. Donc, si on voulait encore améliorer la clarinette, il fallait totalement en repenser le mécanisme, ce que fit Muller.

Muller était un parisien né en Russie en 1812. Muller présenta sa nouvelle clarinette au conservatoire de Paris pour un examen de la commission. Cette nouvelle clarinette dotée de treize clés avait un mécanisme de beaucoup supérieur à ses précédentes. Car les clés étaient beaucoup mieux construites et mieux disposées. Les trous étaient eux aussi mieux placé et mieux fait. Les tampons assuraient une meilleure étanchéité. À la grande surprise de Muller et à son grand désappointement, sa clarinette fur rejetée par la commission. Mais cela ne líarrêtera pas, il ne cessera de faire des tournées en tant que soliste clarinettiste afin de populariser sa clarinette. En 1815, il est considéré comme le meilleur clarinettiste jamais connu pendant sa tournée de concert en Angleterre, Hollande et en Allemagne. Beaucoup de clarinettistes adopteront cette clarinette dont un des plus prestigieux de cette époque : Bärmann, pour qui C.M. Weber écrivit plusieurs úuvres.

Muller sera aussi le premier à mettre une ligature en métal, à amincir et tailler son anche. Une importante partie des clarinettes dessinées aujourdíhui est directement tirée de son travail (les clarinettes allemandes).

Mais líhistoire de la clarinette ne síarrête pas là. Un autre homme patient et inventif síintéressera particulièrement à ce bel instrument : H. Klosé. En 1844, H. Klosé (1808-1880), célèbre clarinettiste, professeur au Conservatoire de Paris, successeur de F. Beer (1794-1828), fondateur de líÉcole française, ajoute au corps supérieur de la clarinette donnant ainsi une meilleure justesse de líinstrument. Klosé eut aussi líidée formidable díadapter à la clarinette, le système díanneaux mobiles que Théobald Boehm avait installé sur la flûte. Le facteur díinstrument, Louis Buffet líaida dans ses travaux et cette transformation fut une grande réussite. La clarinette ainsi dessinée remporta une médaille à líExhibition de Paris en 1839. Cette clarinette possède 17 clés et 6 anneaux pour contrôler pas moins de 24 trous. Cíest cette clarinette que la grande majorité des clarinettistes utilise aujourdíhui.

Pourrait être apporter à notre clarinette díaujourdíhui, probablement que pour cela il faudrait encore une fois repenser la clarinette et peu díinstrumentistes serait près à mettre de côté des années de dur apprentissage pour síadapter à celle-ci

 

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