Désert de Mô |
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Dans ma tête Dans ma tête, j'ai des images débiles. Dans ma tête, je me dis que ça tourne pas rond, mais carré. Carré parce que y'a rien qui se suit, qui se continue doucement. Je passe d'une idée à une autre, d'une pensée à une autre, d'une réalité à une autre… Je joue à saute-mouton dans ma tête… Tu parles d'une place pour jouer à un tel jeu. Dans ma tête, je me dis qu'il y a un problème. Dans ma tête, avoir un problème dans la tête, c'est être con. Je suis conne, pourtant, j'y crois seulement à moitié. Je me dis que c'est la situation qui fait ça, qui me pousse à me sous-estimer, me détruire mentalement. Sauf qu'il y a un autre côté qui me dit que j'ai vraiment été conne pour me mettre dans cette situation que j'aurais dû voir arriver le coup. Mais j'm'empêche d'y penser, je me l'interdit. C'est trop facile de dire : ‘'Ce qui s'est passé, ce n'est pas à cause de toi, c'est parce que tu es conne.'' Trop facile et trop démoralisant. Mais j'y crois d'une certaine façon, même si je me l'interdit. Dans ma tête, c'est noir. La lumière s'est perdue et ne retrouve plus le chemin. Mes pensées perdent l'équilibre, tombent et entraînent du même coup, mes espoirs de revoir la lumière. Dans ma tête, l'océan s'agite et je suis au milieu, sur un bateau qui n'a jamais affronté une telle tempête, qui n'a jamais été préparé pour ça et qui tente quand même de survivre à l'ouragan malgré sa fragilité. Il y a très peu de chance, mais j'essaie quand même de rester hors de l'eau. J'ai ranger la voile, je me suis mis un gilet de sauvetage, et je regarde, en m'accrochant, les vagues se déchirer sur mon bateau. À chaque vague, mon bateau est déséquilibré et se brise un peu plus. À chaque vague, je dois reprendre ma pogne au plus vite pour ne pas tomber à l'eau. Ce manège m'essouffle, les dégâts sur mon navire son considérables et il y aura beaucoup de travaux à faire pour le remettre sur pied… Beaucoup trop. Je me noie dans cette tempête peu à peu, je jette, sans relâche avec un petit sceau, l'eau plus loin, toujours et encore, même si elle ne cesse de revenir. C'est fou d'espérer qu'elle ne reviendra plus dans mon navire cette eau. Dans ma tête, c'est fucké. C'est comme un labyrinthe où on n'arrête pas de changer les murs de place. Lorsque je commence à me reconnaître dans les couloirs trop long et trop sombre, on rajoute ou supprime des portes, des murs, des escaliers. On tourne les murs, on rapetisse les couloirs, assombrit les passages et tout ma tête doit se réhabituer, à la noirceur, aux dimensions, aux nouveaux obstacles… Dans ma tête, c'est tout sauf normal. Ce n'est pas calme ni serein. Dans ma tête, ça bouge trop et tout se bousculent et à force de se bousculer ainsi, certaines choses tombent ou s'abîment, se cassent et restent briser pour toujours car ils ne sont pas réparable, pas totalement en tout cas. Dans ma tête, y'a trop de bruit et ça empêchent mes pensées de bien penser. Elles se bousculent entre elles pour avoir leur tour de parole et elles ne chantent plus entre elles comme avant. Mes pensées crient pour se faire entendre, convaincue d'être meilleure qu'une autre. Dans ma tête, c'est la discorde totale. 11 juin 2004 |
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