Les Amis de Charles De Coster asbl.
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Ces jours-l�, qui furent jours de printemps clairs et frais, lorsque la terre est en amour, Soetkin cousait pr�s de la fen�tre ouverte, Claes fredonnait quelque refrain, tandis qu'Ulenspiegel avait coiff� Titus Bibulus Schnouffius d'un couvre-chef judiciaire. Le chien jouait des pattes comme s''il  e�t voulu rendre un arr�t, mais c'�tait pour se d�barrasser de sa coiffure.
Soudain, Ulenspiegel ferma la fen�tre, courut dans la chambre, sauta sur les chaises et les tables, les mains tendues vers le plafond. Soetkin et Claes virent qu'il ne se d�menait si fort que pour atteindre un oiselet tout mignon et petit qui, les ailes fr�missantes, criait de peur, blotti contre une poutre dans un recoin du plafond.
Ulenspiegel allait se saisir de lui, lorsque Claes, parlant vivement, lui dit :
-- Pourquoi sautes-tu ainsi ?
-- Pour le prendre, r�pondit Ulenspiegel, le mettre en cage, lui donner des graines et le faire chanter pour moi. Cependant l'oiseau, criant d'angoisse, voletait dans la chambre en heurtant de la t�te les vitraux de la fen�tre.
Ulenspiegel ne cessait de sauter, Claes lui mit pesamment la main sur l'�paule :
-- Prends-le, dit-il, mets-le en cage, fais-le chanter pour toi, mais, moi aussi, je te mettrai dans une cage ferm�e de bons barreaux de fer et je te ferai aussi chanter. Tu aimes � courir, tu ne le pourras plus ; tu seras � l'ombre quand tu auras froid au soleil quand tu auras chaud. Puis un dimanche, nous sortirons ayant oubli� de te donner de la nourriture et nous ne reviendrons que le jeudi, et au retour, nous retrouverons Thyl mort de faim et tout raide.
Soetkin pleurait, Ulenspiegel s'�lan�a :
-- Que fais-tu ? demanda Claes.
-- J'ouvre la fen�tre � l'oiseau, r�pondit-il. En effet, l'oiseau, qui �tait un chardonneret, sortit par la fen�tre, jeta un cri joyeux, monta comme une fl�che dans l'air, puis s'allant placer sur un pommier  voisin, se lissa les ailes, du bec, se secoua le plumage, et se f�chant, dit en sa langue d'oiseau, � Ulenspiegel, mille injures.
Claes lui dit alors :
-- Fils, n'�te jamais � homme ni b�te sa libert�, qui est le plus grand bien de ce monde. Laisse chacun aller au soleil quand il a froid, � l'ombre quand il a chaud. Et que Dieu juge Sa Sainte Majest� qui, ayant encha�n� la libre croyance au pays de Flandre, vient de mettre Gand la noble dans une cage de servitude.
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Flamands, songeons que les Wallons sont nos fr�res, qu'ils sont comme nous laborieux, travailleurs, qu'ils seront des lions � l'heure du combat.

Wallons, songeons que les Flamands que l'on craint, cette langue que quelques-uns voudraient voir mourir, sont la source vive de notre nationalit�, l'antique �l�ment germanique, digue puissante contre l'envahissement des tendance fran�aises ..

Mais ne transformons pas ces mesquines diff�rences de sons en barri�res infranchissables... !

Charles De Coster, spectacle europ�en,
Flamands et Wallons, extrait de de la revue Uylenspiegel 17.01.1861
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