La fabrication de la bière et
l'art de la dégustation au Québec
Depuis le milieu des années 1980, " ça brasses-tu à votre goût au Québec! ". Aux côtés des brasseries industrielles, avec sa douzaine de microbrasseries (GMT, Boréale, Unibroue, Cheval Blanc, Lion d'Or...), dont plusieurs produits sons prisés dans le monde, et la croissance rapide des brouepubs (une quinzaine actuellement), le Québec peut désormais s'afficher parmi les territoires brassicoles du monde --surtout pour la qualité de sa bière. Présentement, dans les bars de la province, les clients peuvent déguster quelque 200 bières différentes, servies en bouteille ou en fût, fabriquées ici (incluant les bières vendus exclusivement dans les brouebups). Mais pour fabriquer la bière, il faut apprendre l'art et la science brassicole. Les Laboratoires Maska, à Saint-Hyacinthe, font oeuvre de pionnier dans ce domaine en offrant à qui veut apprendre des cours avancés sur le brassage de la bière. Plus étonnant encore, le nombre d'américains et d'européens inscrits à leurs cours ne cesse d'augmenter.
Au Québec, on ne fait pas que fabriquer la bière: on s'y intéresse par goût et raffinement; on la déguste. Annuellement, trois festivals d'envergures lancent une invitation à tous ces gens (le Mondial de la bière, le Festibière de Chambly et le Festival des microbrasseries); deux revues nous en parlent régulièrement (BièreMag et Ça brasse au Québec) et l'Ordre de Saint-Arnould regroupe les plus passionnés et donne une série de conférences sur la bière; plusieurs sites Internet sont de véritables petits bijoux d'informations et de rencontres, notamment le magnifique site des Brasseurs d'idées (www.broue.com) sur lequel on peut se joindre, en téléchargeant un logiciel, à une dégustation en ligne (http://www.st-arnould.com/Degustation.htm). Bref, un nombre croissant de gens s'intéressent à la bière et suivent le thème avancé par Mario D'Eer: "Boire moins : boire mieux!". En réalité, déguster les bières s'avère une chose simple (qui exige cependant de la pratique, du temps, des connaissances), accessible à tous. C'est le mandat que s'est donné Québière en offrant une série d'ateliers sur l'art et la dégustation de la bière.
Cours avancé sur le brassage (Laboratoires Maska)*
Ce programme de formation sur la bière est d'une durée de 40 heures et se donne sur cinq jours consécutifs, à Saint-Hyacinthe, aux laboratoires Maska. Il faut donc une certaine disponibilité de la part des participants. La formation est offerte en anglais ou en français et le nombre de participants est limité à plus ou moins 10 personnes (de façon à répondre aux besoins de tous les participants). Le prix du cours est de 545$ (626,88$ incluant les taxes).
Tout le monde peut s'inscrire au cours, aucun préalable n'est requis. Par expérience, toutefois, disons que plus vous en connaissez sur le sujet plus vous allez retirer de satisfaction de ce cours. Personnellement, après avoir suivit ce cours, je recommande de connaître la base de la fabrication de la bière et quelques règles concernant l'art de la dégustation. Lisez donc le récent livre de Mario D'Eer (Ales, lagers et lambics), buvez quelques bières et vous obtiendrez davantage de satisfaction que si vous êtes néophyte ou que vous méconnaissez tout sur la bière.
Les participants reçoivent des documents de travail dont un cahier spiralisé de base (200 pages), écrits et compilés par les deux enseignants et maîtres brasseurs: Pierre Meunier et Michel Gauthier. Ces deux hommes n'en sont pas à leurs premiers faits d'armes. Pierre Meunier posséde plus de quarante années d'expérience dans le domaine brassicole, dont 36 pour les brasseries Molson et O'Keefe. Plusieurs brouepubs et microbrasseries le consultent régulièrement. À lui seul, Pierre est une banque d'anecdotes et d'histoires brassicoles de toutes sortes! Quant à Michel Gauthier, il a travaillé durant 22 ans chez Labatt et il a développé des cours de formation professionnelle dans le domaine du brassage et de la fermentation de levure pour CINTECH AA et pour différentes brasseries.
Le cours permet aux participants de jeter un regard complet sur le brassage de la bière, portant sur des connaissances pratiques et théoriques, allant de généralités, de l'étude des matières premières (eau, orge et malt, succédanés, houblon...), jusqu'aux différentes phases du brassage de la bière (très détaillées). Plusieurs observations sont faites en laboratoire (analyse du moût en cours de fermentation, de la bière en maturation). Pour plusieurs, le cours de chimie au secondaire est loin derrière eux; les mathématiques aussi lorsque vient le temps de calculer le rendement de la cuve-filtre, de l'amertume de la bouilloire à houblonnage, etc.
Le matin de la première journée, les participants assistent à un brassage maison d'une bière à partir de malt régulier et de malt de spécialité. On suivra l'évolution tout au long de la semaine. Le cours est axé autant sur la théorie que sur la pratique. C'est d'ailleurs de cette façon que l'on comprend l'importance d'une bonne ou d'une mauvaise mouture du malt -étape qui, en lecture, semble superficiel, mais qui, en pratique, est déterminante quant au résultat final. Par moment, c'est très théorique et disons-le, scientifique, notamment la partie du cours concernant la fermentation et la propagation de levure --trop avancé pour les débutants, pas assez complet pour les experts. Bref, un cours obligatoire pour ceux et celles qui souhaitent partir un brouepub.
Une des parties fortes du cours demeure cependant la grande disponibilité des enseignants (avant le début du cours, pendant le cours ou après le cours), et la qualité des réponses données. Aussi, dans un athmosphère de détente que se le tout se termine le cours. Les participants sont amenés à déguster à l'aveugle des bières, à chercher à les identifier et à découvrir les bières comportant un défaut (où les maîtres on volontairement créé un défaut) et, sommum de l'expérience, à goûter à la bière qui avait été fabriquée en début de semaine. Disons, pour la forme, que cette bière ne sera pas classée cette année par Michael Jackson!
En primeur pour BièreMag, les Laboratoires Maska annonce un nouveau cours de brassage différent du cours avancé pour l'automne 1999. Suite à la demande des participants, un cours traitant les points critiques de la fabrication de la bière sera donné : Que faire et ne pas faire lorsque vous brassez votre bière (durée approximative : 5 jours). Les principaux thèmes abordés seront : la gestion saine de la levure, la stabilité non-biologique de la bière, le nettoyage et la sanitation, les contaminations microbiologiques, etc., avec plusieurs analyses et expériences en laboratoire. C'est à suivre!
Ateliers de Québière**
Les ateliers de Québière s'adressent davantage aux gens qui veulent acquérir une expertise de la dégustation des bières et non nécessairement ceux et celles qui veulent la fabriquer. Les professeurs, Mario D'Eer et Alain Geoffroy, sont connus du milieu de la dégustation et comme auteurs, entre autres, dans BièreMag. On les rencontre lors des grands événements ici et ailleurs, notamment lors du Mondial des bières (juin, Montréal), du Festibière de Chambly (septembre, Chambly) ou du Festival des Microbrasseries (avril, Montréal). Leur curriculum vitae dans ce domaine n'est plus à faire.
En plus d'offrir différentes activités, dont l'atelier " Les épousailles bières-fromages ", trois cours sont offerts tant en Europe qu'au Québec: un Cours d'initiation à la dégustation des bières ainsi que La Maîtrise de la bière I et II.
Tous les cours vous offrent un cahier de notes et d'exercises, de la matière théorique ainsi que des ateliers pratiques (exercises de dégustation). Le tout est donné dans une ambiance décontractée, joviale où personne n'a peur d'être ridiculisée en posant une question personnelle.
Cours d'initiation à la dégustation des bières. D'une durée de 4 heures, ce cours (35$) est vraiment l'ABC de la dégustation de la bière et démystifie ce grand art. Au sommaire : théorie sur les matières premières, classification des bières, principes de base de la dégustation. Lors d'ateliers, les participants devront identifier les arômes et les saveurs de différentes bières. Ce cours est offert au grand public sur une base régulière dans les villes de Hull, de Montréal et de Québec -généralement, une fois par mois à Montréal (Chambly) et à Québec. Aucun frais de déplacement dans un rayon de 250 km de Montréal. Cependant, il est possible d'organiser des cours particuliers pour les groupes, un minimum de 20 personnes est alors requis ou la somme de 700$.
La Maîtrise de la bière I. Le cours (275$ ou 313,38$ incluant les taxes) se donne en 8 ateliers de 3 heures et se veut une formation complète sur la dégustation, style de bière par style de bière. Des bières rares et exclusives sont dégustées lors de la formation pratique. Les 4 premiers ateliers traitent plus particulièrement des techniques de brassage et de fermentation, de l'histoire générale de la bière et des grands styles de bière (Abbaye, Trappistes, Lagers, Ales, Lambics...), des notions de flaveurs et de perceptions sensorielles, etc. Les 4 autres ateliers concernent une cinquantaine de styles spécifiques de bières.
La Maîtrise de la bière II. Ce cours (275$ ou 313,38$ incluant les taxes) se veut la suite de Maîtrise de la bière I et se compose de 7 ateliers de 3 heures. Le contenu se divise en trois principales parties : " Expérimentation et recherche " (connaissance des facteurs influant le goût de la bière), " Animation et formation " (portant sur la formation des enseignants) et " Communication et marketing " (spécifique au vocabulaire de la bière, au lexique, bref., au langage de bière sous toutes ses formes : poétiques, imagées, scientifiques...).
Les cours Maîtrise de la bière I et II sont offerts une fois par année et les dates sont déterminées par la suite.
En guise de conclusion, disons qu'actuellement, l'amateur de bière en a plein les gobelets: lecture, conférence, cours, association, dégustation, festival, etc., --de quoi alimenter son cerveau davantage que sa soif! Cependnat, il reste à souhaiter que les brasseurs fabriqueront des produits digne des nouveaux consommateurs de bières du Québec. Alors que les brasseries industrielles s'intéressent aux bières de dégustation et en produisent de très ordinaires (pensons à la 50 Cream Ale, à la Boomerang), certaines microbrasseries ont déjà montré une tendance à la fabrication de bières désinvoltes et quelques brouepubs brassent de la bière médiocre. " Après le beau temps, dit la maxime, vient la pluie ". Et n'oublions pas que c'est le consommateur, au bout du compte, qui dicte ses lois aux brasseurs --tant que le consommateur osera s'affirmer en pleine connaissance