L'Affreux Bouquineur Père Verre 6
"J'ai soulevé les couvertures et je lui ai coupé le pénis"
Lorena Bobbitt, 29 ans, récemment engagée par le FBI pour travailler à la Maison Blanche.
"Crisse de folle!"
John Wayne Bobbitt, une seconde avant la dissociation fatale
"Toute ma vie, j'ai vécu dans un trou"
Bilbo le Hobbit, en thérapie chez Yung
"Je rend hommage à Bobinette qui a conservé le sourire tout au long des mille émissions, parce qu'il faut être une sainte pour ne pas pleurer, la main dans le cul durant vingt ans".
Le spectre de la main brune de Bobino qui erre à Radio-Canada
Après que l'homme eut marché sur la lune, en 1969 (69, chiffre très cochon), de quoi Père Verre pourrait-il parler au juste: de la sexualité des astronautes dans l'espace; de l'enquête Winter qui affirme que 30% des prêtres de Terre-Neuve sont homosexuels (juste ça!); de l'explication du mystère du ronronnement du minet en 1972 par Remmers et Gauthier: "le ronronnement résulte de l'activation intermittente laryngée intrinsèque, qui se manifeste par des séries d'électromyographiques, très régulières et stéréotypées, intervenant 20 à 30 fois par seconde" (on n'a pas besoin d'une explication pas comprenable pour voir un chat starter son moteur quand on sort le canne de bouffe ou qu'on le flatte proche des organes génitaux); de la grande histoire de la cravate de François Chaille aux Éditions Flammarion (qué cé que tu veux que ça nous crisse de lire un livre de 178 pages sur les cravates pis d'apprendre que la cravate symbolise le pénis). Père Verre pourrait aussi enquêter pour savoir si la femme terroriste opère de la même manière que l'homme terroriste ou que le travesti terroriste? Je pourrais consacrer également une page ou deux à l'art d'observer les filles (le "girl watching"); coter la femelle de façon professionnelle (X points pour les jambes, les tetons; gros cul, petit cul, cul de poule, etc.) En 1967, l'Association d'observateurs de filles de Montréal comptait 500 membres et il existe toujours -- l'American Society of Girl Watchers (20 000 membres). N'ayez crainte, je vais me retenir, parler d'horreur et de fantastique mais avec une petite goutte de sexe.
Côté revues et livres
Pour les collectionneurs, et non pour son contenu, la revue Le Courrier du patrimoine (automne 1997) consacre quelques pages aux timbres dits "terreurs". La revue est publiée par la Fondation CRB et par la Société canadienne des postes. Pour s'abonner, écrivez à: Courrier du Patrimoine, Société canadienne des postes, Antigonish NS, B2G 2R8. La revue est bilingue et gratuite (je pense qu'il faut être prof ou bibliothécaire ou je ne sais quoi encore), comporte différents articles sur le patrimoine et est publiée quatre fois l'an. Le numéro d'automne 97, traite, par le biais des timbres canadiens, du surnaturel (Dracula, loups-garous, fantômes, vampires, Frankenstein, etc.) et offre en prime un super poster couleur de tous ces beaux timbres horrifiques.
Toujours pour les ramasseux de gugus de tout ce qui concerne le fantastique satanique, le spécial "Elle crée le mal: la psychiatrie détruit la religion" de la revue publiée par Citizens Commission on Human Rights (en bref, la secte Dianétique) est tout à fait hilarant -- même si ces twits se prennent au sérieux (l'adresse pour se procurer la revue est: Citizens Commission on Human Rights International, 6362 Hollywood Boulevard, Suite B, Los Angeles, CA 90028; et le téléphone pour les riches: 213-467-4242). Freud et Pavlov y passent un mauvais quart d'heure!
Y'a quand même des belles images concernant l'iconographie satanique et le mal dans ce monde. Mise en garde toutefois si vous êtes du genre influençable, peu critique et naïf. Faudrait quand même pas que Père Verre vous convertisse à cette bande de cons.
Déception pour le premier des deux guides touristiques (avec cartes et photographies) de dernière heure: Pays littéraire du Québec , de Denise Pérusse, Éditions de l'Hexagone et VLB, 1998, 386 p. (quelque 30$). C'est un guide très sommaire, pour ne pas dire superficiel, des lieux d'écrivains: Gabrielle Roy, Gaston Miron, Gilles Vigneault.... C'est pas dans ce livre de mes deux que l'on va découvrir quand se réunissent les trippeux de poésie nelliganienne au cimetière Côtes-des-Neiges. La boîte aux vers est ailleurs... L'auteure n'a pas tout couvert le Québec: l'Abitibi est ignoré, et Suzanne Jacob, et Raoûl Duguay, et Roy Dupuis, et Gilder Roy et Raymond Baudoin des bleus poudres. Bref, un livre à ne pas acheter.
Le deuxième guide, pour les morbides et macabres lecteurs, écrit par Michael Kerrigan, Who Lies Where , 1998, Raincoast Books, 400 p. (quelque 20$), vous livre les sites des sépultures de grandes célébrités. Les sites sont limités cependant à l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande et le Pays de Galles. Je suis peut-être con, mais c'est là que j'ai appris que les cendres de Bram Stoker (auteur du comte Dracula) sont à Londres. Aussi, presque toute la famille d'auteurs Godwin-Wollstonecraft-Shelley dont Mary Shelley, auteur de Frankenstein , sise près du cimetière de l'église St-Peter (Bournemouth). Excellent. Ça, c'est un guide touristique de bon goût.
Déception encore pour le premier de deux livres d'études. La Vie dans le monde du surnaturel , de Karen Farrington (Édition Celiv, 1997, 192 p.), qui traite un peu de tout, brièvement, sans référence, avec ici et là des informations erronées. De nombreux sujets sujets à controverses, notamment de la sorcellerie et des sorcières dans l'histoire, Alexe Sanders, Aleister Crowley, loups-garous, vampires et autres bestioles chères à Horrifique . J'accorde un 2 sur 10 (2 seulement pour les illustrations). Si j'en parle c'est surtout pour éviter que les lecteurs s'en procurent une copie (40$). Plus sérieux, celui dont la préface est signé Desmond Morris (l'anthropologue contemporain anglais qui a écrit la célèbre série L'homme nu , Le singe nu , Tout le monde tout nu ...) : Les Dragons: histoire, mythes et représentations , de Karl Shuker (Éditions Solar, 1997, 120 p. 25$). Papier glacé, couleur, il demeure un bon outil de référence, passant des vouivres aux gargouilles, jusqu'au dragon-serpent et "baleine-reptile" habitant (dans l'imaginaire) le Canada. Le livre contient également une superbe carte situant les dragons dans le monde. Sur 10, 7 ou 8.
Côté sorcières
À propos de sorcières, le meilleur livre traitant des sorcières contemporaines du Canada demeure celui de Kevin Marron, Witches Pagans & Magic in the New Age (Seal Books, 1989, 230 p.); mon coup de coeur sentimental va cependant à Michelet, La Sorcière (Garnier Flammarion, 1966, 310 p.). Si seulement les productions, au cinéma, pouvaient être d'aussi grande qualité... Si on pouvait lire et voir ce qu'on lit, par exemple, La Petite Fadette , adaptation du roman de George Sand, film de série B, où, je dois l'avouer, j'ai pleuré, les amis. À la fin du film j'ai voulu planter des graines de tournesol dans le jardin de ma mère. Toutefois, ce film est rarement diffusé à la télévision (je l'ai vu une fois en 15 ans), autant, dirais-je, que le film Häxan (les Sorcières ), censuré durant un demi-siècle. Ce film de Benjamin Christensen, datant de 1921, embobiné en pellicule brune et jaune, est une pièce de musée. À la fin du film muet et sous-titré, on y présente quelques tortures de l'Inquisition. Un film historique, pour collectionneur; un film qui mérite ce qu'il mérite, donc en 1999, mérite surtout d'être classé dans une belle bibliothèque, à l'abri du lecteur vidéo.
Mais les années se suivent et se ressemblent, pour ne pas dire qu'à chaque automne on a droit à un film de sorcière, et le dernier film de sorcières qui avaient du bon sens faisait référence à la conspiration de Salem: La Chasse aux sorcières . Si vous voulez voir à l'oeuvre des petites menteuses ou si vous avez des adolescentes à la maison vous comprendrez mieux leur trip de "KidPower".
Amour et Magie (Practical Magic ) est maintenant disponible en vidéocassette, mais c'est encore une fois une histoire de pitoune au pouvoir magique provenant de Disney -- quoique les pitounes sont assez jolies. Le moins pire des films de ce genre-là, ces dernières années, a été Magie Noire (The Craft ); le pire, à moins que vous ne soyez pédophiles et que vous tripez (tripotez?!) sur les filles dans les couvents, Les Jeunes sorcières . Absolument pas crédible, ni épeurant, ni cochon. À ce prix-là, j'aime mieux me taper Les Jaretières de Salem et Anapleinlesbras , une version porno amateur d'Acabradabra , et qui sait, pourquoi pas, l'an prochain: Monica: l'ensorcelleuse aux cigares de culbas .
Côté bières du mal
Je me dis toujours: "PV, avant d'aller louer une vidéocassette, va donc chercher d'la bière" (parce qu'on a 18 ans + pis y'a d'la boisson!). À la société des alcools, on vend une Belzébuth (France) avec un diable folklorique, presque coquin. Il ne faut pas s'attendre à frissonner. Les bières dites du "diable", telle la célèbre Old Nick, une ale anglaise brassée par Young's; la Lucifer (bière belge, en l'honneur du livre, au même titre, de l'écrivain hollandais Joost Van Den Vondel) et du même pays, la Bière du diable, brassée par Van Der Linden, représentent toujours le diable avec des cornes, une queue de dragon, des ailes de chauves-souris, etc., et tient une fourchette Red Lobster au-dessus d'un immense charcoal. DD a d'lair un peu naïf mais que veux-tu, dans les veillées t'avale ce qu'on te donne à boire.
Au Québec, Unibroue, dont les bières sont vendues dans les accomodations et les épiceries, fabrique trois produits aux étiquettes maléfiques: la Maudite (illustrant une scène de Chasse-galerie, avec un diable gouvernant le canot); l'Eau Bénite, illustrant un diable sortit tout droit d'une galère de la marine lors de la Deuxième Guerre Mondiale ou d'une prison du nord de Montréal; la Trois Pistoles (avec le légendaire Cheval noir de Satan qui a construit une trentaine d'églises dans le Bas St-Laurent; crisse qu'y était efficace l'étalon!). Attention toutefois à cette dernière bière qui, en plus d'être riche et fortement alcoolisée (9%), a un p'tit arrière goût de chocolat et de melasse. Une coupelle de Trois Pistoles avec des chips au barbecue, ça pourrait chier malsale le lendemain.
Si vous recherchez un trippe de bières plus morbide encore prenez votre basou et roulez jusque dans les Laurentides, au gros crisse de fret, pour boire à La Diable, une jeune microbrasserie près du Mont Tremblant; ou encore, prenez l'avion et allez en France boire une bière artisanale: la Loup-garou (une brune brassée par le Chant du loup; je me demande si cette bière existe toujours...). L'étiquette, jaune et noire, est quétaine mais le prix du voyage vous donnera des frissons plus que les minettes en chaleur. Faute de tout cela, une Gargouille rousse de la Brasserie aux 4 Temps fera l'affaire (épicerie, dépanneur).
Côté Jardin
Parlant de la bestiole poilue, pas la minette mais le lupus, saviez-vous que le film Le loup-garou de France est basé sur l'histoire de Cendrillon? En psychanalyse on découvre que Cinderella était une sorcière puiqu'elle portait une pantouffle de vaire (peau de poil d'un animal que plus tard Walt Disney a modifié pour "verre" et en a fait des souliers en plexiglass); qu'elle marchait la nuit dans la cendre; qu'elle boîtait au retour du party (parce qu'il lui manquait un soulier); qu'elle a jeté un sort (même racine que sorcière) au prince (il devient amoureux d'elle, une traînée du village, au premier regard); qu'elle est la seule dans tout le village à porter des 6 (faut vraiment prendre les enfants pour des cons). Dans le film, sur la tour Eiffel (don des USA aux Français), représentant l'immense pénis du libertinage, le jeune héros saute en bungee (le bungee symbolise le désir de péter le cordon ombilical, de devenir adulte, donc de fourrer), sauve la fille et reste avec un soulier dans la main... Le mec tombe aussitôt amoureux de la nana et pour ce qui est du poil, pas de problème, on apprend plus tard que c'est une Française et qu'en plus c'est une loup-garou suicidaire (Freud en aurait plein les dessous de bras). Je ne dévoilerai pas la fin, sauf une des 100 variantes de Cendrillon où la jeune fille meurt lorsque son tampon se transforme en citrouille.
C'est fini, vous pouvez retourner jouer à Zelda. Comme le disait Paul et Paul avant d'être Ding et Dong: "Dehors mon public dehors" ou version argot "Allez vous faire foute (foot)". Ça sonne à la porte. C'est un ami français qui vit une situation difficile -- le genre de téteux qui occupe un métier passionnant mais qui est pauvre comme une crotte de bouc. Il est chasseur de primes de yéti (big foot, la pognez-vous celle de tout à l'heure?) et il est complètement désespéré depuis que le Kazakhstan et le Népal ont adopté une loi interdisant la chasse à l'abominable homme des neiges. Les quelques rares fresques réprésentant le yéti l'affuble d'un gros pénis, très proéminent. Disons aussi qu'une des jobs du yéti ("snowjob") consiste à kidnapper les femmes du villages (méchant fantasme, mes jolies). Bon, ça recommence... à la prochaine les picotines et les picolos.