PETIT GUIDE SCEPTIQUE
Textes tirés du site des Sceptiques du Québec
et rassemblés par
Daniel Coulombe
Table des matières
08. La Moitié des Québécois croient au paranormal!
13. Esprit sceptique, qui es-tu ?
32. Petite histoire du Défi sceptique
Les Sceptiques du Québec
Les Sceptiques du Québec inc. est une association à but non lucratif fondée en 1987. Son principal objectif est de promouvoir la pensée critique et la rigueur scientifique dans le cadre de l’étude d’allégations de nature pseudo-scientifique, ésotérique et paranormale. La corporation compte près de 600 membres à travers le Québec dont une quarantaine de membres actifs qui sont tous des bénévoles.
Les Sceptiques du Québec ne nient pas l’existence de phénomènes insolites ou inexpliqués en regard des connaissances actuelles. Le scepticisme des Sceptiques du Québec n’est pas une prise de position, plutôt une attitude de questionnement qui vise à faire progresser la connaissance en amenant à distinguer croyance subjective, opinion plausible et connaissance établie. Mais comme une connaissance ne peut être établie que si l’on dispose de faits observables dans des conditions contrôlées, les Sceptiques du Québec ne s’en prennent pas aux conceptions métaphysiques ou religieuses en tant que telles, ils s’intéressent plutôt aux faits observables qui pourraient, par exemple, découler de ces conceptions.
Ils encouragent, dans ces domaines, les recherches rigoureuses qui suivent une méthodologie adéquate à commencer par la démonstration de l’existence des phénomènes étudiés. Les explications avancées pour rendre compte de ces phénomènes doivent être démontrées de façon convaincante. Et il revient bien évidemment à ceux qui les formulent d’en prouver la valeur. D’autre part, il est clair que toutes les hypothèses voulant expliquer un phénomène ne sont pas équivalentes. Même si elles sont cohérentes, celles qui contredisent des théories et des hypothèses qui s’appuient sur des acquis scientifiques doivent être démontrées de façon suffisamment solide pour pouvoir cohabiter avec ces acquis, à défaut d’y être intégrées.
De fait, le scepticisme des Sceptiques du Québec s’apparente au doute méthodique qui est un ingrédient essentiel au succès de la méthodologie en recherche scientifique.
Le mouvement sceptique est né en 1976 avec le Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal à un symposium de l’American Humanist Association, aux États-Unis, en réaction au déferlement d’allégations dites paranormales et pseudo-scientifiques. On compte aujourd’hui plus de 80 groupes de Sceptiques dans une trentaine de pays à travers le monde. Tous les membres qui œuvrent au sein de l’association des Sceptiques du Québec le font bénévolement. Les fonds, amassés principalement grâce aux cartes de membres, au magazine, aux soirées-conférences et aux dons, servent à financer nos activités et à produire notre magazine d’information.
Quelques activités des Sceptiques du Québec
Dix fois par année, le 13 de chaque mois, plus d'une soixantaine de Sceptiques se réunissent pour discuter, débattre, apprendre et échanger sur les prétentions du paranormal et des pseudo-sciences... Tous sont bienvenus, membres ou non, et surtout, "croyants" ou pas!
À chaque année, les Sceptiques du Québec votent sur deux prix qui seront attribués à une personnalité du monde médiatique ayant fait preuve d'esprit critique ou d'une crédulité hors du commun.
Depuis cinq ans maintenant, les Sceptiques du Québec se mesurent aux astrologues et aux voyants en faisant des prédictions. Pour cela, nous ne faisons appel ni aux étoiles, ni à une boule de cristal, ni au tarot, ni à de prétendus dons de voyance. Nous nous fions simplement à notre bon jugement ou encore au hasard. Cette démarche a pris la forme d'un concours de prédictions annuel.
Pendant les deux premières années du Concours (1995 et 1996), les prédictions étaient faites par des personnes assistant à nos soirées; elles avaient trait à toutes sortes d'événements (catastrophiques, sportifs, artistiques, politiques, économiques, etc) de par le monde. Trouvant notre taux de succès trop bon après chacune de ces deux années (voir Taux de succès), nous avons décidé pour le Concours de 1997 d'éliminer de nos prédictions les événements sportifs, artistiques et politiques et d'axer nos oracles sur des événements nettement imprévisibles (séismes, inondations, attentats, chutes boursières, accidents aériens, etc.). Au bout de l'année, jugeant encore une fois notre taux de succès trop bon, nous avons pris la décision de confier nos prochaines prédictions au hasard. Ainsi, pour le Concours de 1998, chaque participant produisait une prédiction en lançant trois fléchettes sur autant de cibles. La première cible déterminait l'événement, la deuxième le lieu dans le monde et la troisième le moment dans l'année. Malgré cela, nous n'avons pu diminuer significativement notre taux de succès... Hasard ou non, environ un tiers de nos prédictions se réalisent.
Qu'à cela ne tienne, pour le Concours de 1999, nous avons répété l'expérience avec le hasard. Mais cette fois, au lieu d'un jeu de fléchettes, c'est l'ordinateur qui a fait le travail au moyen d'un programme qui combinait aléatoirement événement, lieu et date pour établir la prédiction de chaque personne inscrite.
Taux de succès
Le taux de réussite de nos prédictions a été de:
35% en 1995;
30% en 1996;
31% en 1997;
29% en 1998 (avec des prédictions aléatoires faites avec un jeu de fléchettes)
39% en 1999 (avec des prédictions aléatoires faites sur ordinateur).

Nous défions les astrologues et les voyants de faire mieux que nous. Quel taux de succès ont-ils? Il est difficile de le dire, puisqu'ils ne dressent jamais en fin d'année le bilan de leurs prédictions annuelles. Pourtant, ils n'hésitent pas à claironner dans les médias leurs belles prédictions au début de chaque année... Quand donc auront-ils le courage et l'honnêteté de faire leur bilan et de le publier?
Si un devin prétend faire mieux que nous grâce à ses dons ou aux astres et qu'il est en mesure de le prouver, il est alors admissible à notre Défi Sceptique qui offre un prix allant jusqu'à 250 000$ à toute personne capable d'apporter, par exemple, la preuve de l'existence d'un don de divination ou du bien-fondé de l'astrologie. Nous attendons impatiemment sa candidature... Nous avons hâte d'être confondus par des faits et des données irréfutables!
Vérification et bilan
Tous peuvent vérifier l'existence de nos prédictions avant leur réalisation : comme les astrologues au début de chaque année, nous publions la liste complète de nos prédictions, soit sur notre site (depuis cette année), soit dans notre magazine Le Québec Sceptique. Et à la fin de chaque année, au contraire des devins, nous publions le bilan de nos prédictions (voir plus bas).
Chaque année, le bilan de nos prédictions attire l'attention de la presse écrite, de la radio et de la télévision (voir par exemple: La Presse, 4 janvier 1998, p. A3; Le Journal de Montréal, 14 décembre 1998, p. 2; La Presse, 2 janvier 1999, p. A10; La Presse, 14 décembre 1999, p. A24; Le Devoir, 16 décembre 1999, Chronique de Jean Dion).
Bilan des prédictions de 1998
Nombre total de prédictions aléatoires faites au jeu de fléchettes: 102.
Nombre de prédictions réalisées: 30.
Taux de succès: 29%.
On peut consulter le détail des prédictions qui se sont réalisées en 1998.
L'analyse complète des prédictions de 1998 est disponible pour quiconque en fait la demande à Marco Bélanger. Elle vous sera alors envoyée par courrier électronique sous la forme d'un document MICROSOFT WORD 1997.
Bibliothèque Sceptique
En plus du site des Sceptiques (www.sceptiques.qc.ca), et de la revue Le Québec Sceptique, voici une liste de livres (les sujets traités sont indiqués) qui pourront faciliter votre esprit critique.
Henri Broch, Au coeur de l'extraordinaire, L'Horizon Chimérique, Bordeaux, 1994.
Acupuncture - Apparitions miraculeuses - Astro-archéologie - Astrologie - Atlantide - Bigfoot - Combustion humaine spontanée - Geller (Uri) - Glozel- Homéopathie - Hominidé congélé - Huile miraculeuse - Île de Paques (les statues de) - Iridologie - Lévitation - Loch Ness (monstre du) - Malédiction du pharaon Toutankhamon - Marche sur le feu - Mémoire de l'eau - Nazca (les pictogrammes de) - Parapsychologie - Perceptions extra-sensorielles - Possession diabolique - Psychokinésie - Pyramides - Radiesthésie - Rhine (J.B.) - Spiritisme - Stonehenge - Télékinésie – Télépathie
Marco Bélanger, Sceptique ascendant sceptique, Stanké, Montréal, 1999.
Les fameux 90% inutilisé du cerveau - An 2000 - Analyse de prédictions astrologiques - Analyse de performances d'astrologues - Anecdotes historiques portant sur la divination - Astrologie - Calendrier (origine du) - Coïncidences troublantes entre les présidents Kennedy et Lincoln - Code secret de la Bible - Code universel de la bonne aventure - Concours de prédictions des Sceptiques du Québec - Crop circles - Divination - Effet placebo - Fin du monde - Fraudes de devins - Homéopathie - Loch Ness (monstre du) - Numérologie - Paralysie du sommeil - Pictogrammes dans les champs de blé - Prédictions - Prémonition littéraire du naufrage du Titanic - Prophéties frauduleuses - Prophéties de Malachie - Prophéties de Nostradamus - Thérapies alternatives – Voyance
Pascal Forget, Y croyez-vous?, Stanké, Montréal, 1999.
Acupuncture - Charlatanisme - Cristaux - Crop circles - Extra-terrestres - Faux souvenirs (phénomène des) - Fées de Conan Doyle - Geller (Uri) - Homéopathie - Loch Ness (monstre du) - Marche sur le feu - Monstre du lac Memphrémagog - Nouvel âge - Ouija - OVNI - Paranormal - Pictogrammes dans les champs de blé - Pizzalogie - Pseudo-sciences - Roswell - Spiritisme - Télékinésie - Télépathie - Thérapies alternatives - Ufologie - Voyance - X-files.
Henri Broch, Le Paranormal, Seuil, Paris, 1989.
Atlantide - Aura - Biorythme - Cosmonaute maya de Palenque - Kirlian (effet) - Parapsychologie - Pensée critique - Plantes télépathes - Prémonition - Psychokinèse - Suaire de Turin – Télépathie.
Gérard Majax, Les faiseurs de miracles, Michel Lafon, Paris, 1992.
Apparition d'huile sainte - Cagliostro - Charmeurs de cordes - Chirurgie à mains nues - Comte de Saint-Germain - Doyle (Conan) - Ectoplasmes - Geller (Uri) - Lévitation - Maisons hantées - Matérialisation - Mesmer - Raspoutine - Tables tournantes - Télékinésie - Transcommunication des morts - Transmutation du plomb en or.
Gérard Majax, Gare aux gourous, Arléa, 1996.
Apparition d'un esprit - Chirurgie à mains nues - Décorporation - Extraterrestres - Huile miraculeuses - Insensibilité à la chaleur - Lévitation - Maîtrise de la douleur - Matérialisation - Prédiction - Radiesthésie - Vision extra-rétinienne.
Marc Hallet, Les sciences parallèles, Espaces de Libertés, Bruxelles, 1992.
Alchimie - Aura - Bible et soucoupes volantes - Catastrophisme - Charroux (Robert) - Comte de Saint-Germain - Constructions sur la Lune - Daniken (Erich von) - Démonologie - Extraterrestres - Flammarion (Camille) - Fluide vital - Geller (Uri) - Kirlian (effet) - Matin des magiciens (Le) -Matérialisation - Nautilus (expérience du) - OVNI - Parapsychologie - Plantes (vie émotionnelle) - Prémonition - Prophéties de Nostradamus - Prophéties de Malachie - Pyramidologie - Rampa (Lobsang) - Rhine (J.B.) - Ron Hubbard - Sorcellerie - Spiritisme - Télépathie - Vélikovski (Immanuel) - Voyance – Yogis.
Marc Hallet, Quand les scientifiques déraillent, Éditions Labor, Bruxelles, 1999.
Crop Circles
- Extraterrestres - Fraudes scientifiques - Fusion nucléaire à froid - Homéopathie - OVNI - Paraspsychologie - Pyramidologie - Rayons N - Régression hypnotique - Rhines (J.B.) - UmmitesAlain Cuniot, Incroyable... mais faux!, L'Horizon Chimérique, Bordeaux, 1989.
Astrologie - Instinctothérapie - Maisons hantées - Morphopsychologie - Numérologie - Parapsychologie - Psychokinèse - Télékinésie – Voyance.
La moitié des Québécois croient au paranormal!
Extrait du Québec Sceptique no 22, page 5, juin 1992.
par
|
Croyez-vous en |
"Oui" et "probablement oui" |
"Non" et "probablement non" |
|
1) Télépathie |
66 % |
27 % |
|
2) Extraterrestres |
41 % |
48 % |
|
3) Vies antérieures |
41 % |
47 % |
|
4) Clairvoyance |
51 % |
41 % |
|
5) Fantômes |
38 % |
54 % |
|
6) Astrologie |
45 % |
46 % |
|
7) Homéopathie |
42 % |
25 % |
|
8) évolution |
61 % |
27 % |
L'automne dernier, vingt-deux membres de notre groupe ont interrogé par téléphone 445 Québécois pour connaître leur opinion sur les phénomènes paranormaux.
De ce sondage, il ressort entre autres que 66 % des personnes interrogées croient à la télépathie, 51 % à la clairvoyance, 45 % à l'astrologie et 41 % à la visite d'extraterrestres. On constate une fois de plus que les femmes croient davantage à l'astrologie que les hommes... et le contraire en ce qui a trait aux extraterrestres. Quant à l'homéopathie, ce sont les gens les plus scolarisés qui sont les plus crédules ! En outre, il apparaît que près du quart des répondants rejetteraient la théorie scientifique de l'évolution... Le sondage semble également indiquer que la "crédulité" serait quatre fois plus répandue dans la région de Québec qu'au Lac Saint-Jean.
L'échantillon de 445 personnes permet idéalement d'estimer une proportion inconnue avec une erreur inférieure à 4,6 % au moins dix-neuf fois sur vingt. Lors de ce sondage, 1 472 personnes ont été jointes par téléphone, mais à peine 30 % ont accepté de répondre à toutes nos questions.
Nous devons l'idée de réaliser ce sondage à Jean Ouellette; celui-ci a par la suite piloté l'ensemble du dossier. La méthodologie et les questions posées ont été préparées en étroite collaboration avec Alain Bouchard, sociologue et historien des religions de l'Université Laval.
|
Croyez-vous en... |
Oui |
Probablement |
Ne sait pas |
Probablement pas |
Non |
|
1) Télépathie |
43 % |
23 % |
7 % |
9 % |
18 % |
|
2) Extraterrestres |
24 % |
17 % |
11 % |
7 % |
41 % |
|
3) Vies antérieures |
24 % |
17 % |
12 % |
9 % |
38 % |
|
4) Clairvoyance |
27 % |
24 % |
8 % |
9 % |
32 % |
|
5) Fantômes |
24 % |
14 % |
8 % |
9 % |
45 % |
|
6) Astrologie |
25 % |
20 % |
9 % |
12 % |
34 % |
|
7) Homéopathie |
25 % |
17 % |
33 % |
7 % |
18 % |
|
8) évolution |
41 % |
20 % |
12 % |
5 % |
22 % |
Tel que rapporté dans Le Québec sceptique de mars dernier (pages 8 et 9), les huit premières questions visaient à déterminer si l'individu interrogé estimait que :
1) certaines personnes peuvent communiquer avec d'autres par le pouvoir de leur pensée ;
2) les extraterrestres ont déjà visité la Terre et laissé des traces ;
3) certaines personnes peuvent revivre des vies antérieures sous hypnose ;
4) certaines personnes peuvent, avec le pouvoir de leur esprit, connaître le passé et prédire
le futur ;
5) l'esprit de personnes décédées peut se manifester en certains lieux ;
6) la position des étoiles et des planètes à la naissance peut affecter la vie des gens ;
7) les produits homéopathiques ont un effet direct positif sur la maladie ;
8) l'être humain et le singe ont un ancêtre commun.
À chacune de ces questions, un choix de cinq réponses était offert : "oui", "probablement", "ne sait pas", "probablement pas" et "non".
Une neuvième question était posée afin de savoir si le répondant estimait que la science "fait plus de mal que de bien", "du bien et du mal" ou "plus de bien que de mal".
Nous demandions également à chaque participant son âge, son niveau de scolarité et le domaine d'études, sa langue d'usage, son sexe et la région où il habite.
Comme c'est toujours le cas lors d'un sondage d'opinion, l'échantillon obtenu présentait de légères distorsions par rapport à la population réelle (notamment pour les variables sexe, âge et langue). Ainsi, l'échantillon comprenait 56,4 % de femmes alors que, chez les Québécois âgés de 16 ans et plus, la proportion réelle de femmes est de 51,7 % (selon les estimations officielles de Statistiques Canada pour 1991). De même, certaines catégories d'âges étaient légèrement sur-représentées par rapport à leur importance réelle dans la population.
Toutefois, en pondérant adéquatement les résultats, il a été possible de corriger ces distorsions. Les calculs ont été effectués par Greg Erwin (informaticien) et ont mené aux résultats présentés dans le tableau ci-dessus.
Quant à l'attitude à l'égard de la science (question 9), 8 % des gens estiment que celle-ci fait plus de mal que de bien, 43 % qu'elle fait du bien et du mal et 39 % qu'elle fait plus de bien que de mal.
1°) Les sept premières questions (portant sur les principaux phénomènes paranormaux) permettent de dégager un constat : plus on croit à l'un de ces phénomènes, plus on est porté à croire aux autres. Ainsi, parmi les gens qui reconaissent la télépathie, 52 % croient aux fantômes, alors que parmi ceux qui ne l'admettent pas, la proportion des "croyants aux fantômes" tombe à 8 % seulement *. De même, plus on croit à l'astrologie, plus on a tendance à croire à la clairvoyance ; plus on croit aux extraterrestres, plus on a tendance à croire aux vies antérieures, etc.
Ce phénomène se manifeste dans tous les cas sans exception. En caricaturant à peine, on peut donc conclure que, grosso modo, les Québécois ont tendance à reconnaître "en bloc" (ou à rejeter "en bloc") l'ensemble du phénomène paranormal.
2°) L'opinion des Québécois au sujet de l'évolution (question 8) n'est pas significativement corrélée avec celle concernant le paranormal (questions 1 à 7). Il ressort toutefois que plus ils sont jeunes et scolarisés, plus les répondants admettent volontiers que l'homme et le singe ont un ancêtre commun. Ainsi, 67 % des "34 ans et moins" reconnaissent l'évolution alors que cette proportion n'est que de 51 % chez les "55 ans et plus". Soixante-sept pour cent des gens ayant fait des études collégiales ou universitaires admettent l'évolution alors que cette proportion n'est que de 55 % chez ceux qui n'ont fait que des études primaires ou secondaires.
Il convient ici de souligner que l'âge et le degré de scolarité sont fortement liés (c.-à-d. que les plus jeunes sont généralement plus scolarisés) et que, à scolarité égale, l'opinion sur l'évolution dépend beaucoup moins de l'âge qu'il ne paraît à première vue. En fait, chez les gens qui possèdent une formation de niveaux collégial ou universitaire, l'attitude face à l'évolution ne dépend plus de l'âge. La dépendance subsiste cependant chez les moins instruits.
3°) L'opinion des répondants au sujet de la télépathie ne dépend ni de leur âge ni de leur scolarité. En ce qui concerne la visite d'extraterrestres, les vies antérieures, la clairvoyance et les fantômes, les plus jeunes sont plus crédules que leurs aînés. Pour l'astrologie, la tendance est inversée : ce sont les aînés qui sont les plus crédules. Cette influence de l'âge sur l'opinion est, encore une fois, beaucoup plus forte chez ceux qui sont moins scolarisés. L'éducation semble amoindrir l'effet des ans...
Face à l'homéopathie, toutefois, l'âge ne joue plus mais, paradoxalement, ce sont les plus instruits qui y croient leplus !
4°) Ceux qui croient au paranormal ont davantage tendance que les autres à avoir une attitude plutôt négative face à la science (question 9). En revanche, ceux qui reconnaissent l'évolution (et ceux qui sont plus scolarisés) ont une opinion plus favorable de la science. Par exemple, 43 % des Québécois qui reconnaissent la théorie de l'évolution sont d'avis que la science fait plus de bien que de mal. Par contre, pour ceux qui croient à l'astrologie, cette proportion tombe à 33 %.
5°) Les femmes croient plus à l'astrologie alors que les hommes croient davantage aux extraterrestres. Ce fait était déjà connu (voir le Québec sceptique, numéro 16-17, pages 7 à 11), il est intéressant de le trouver à nouveau confirmé : 50 % des femmes croient à l'astrologie contre 38 % des hommes, alors que 51 % de ces derniers croient aux extraterrestres contre 37 % des femmes. Peut-on conclure que les hommes préfèrent le fantastique "dur" et que les femmes sont plus attirées par le fantastique "doux" ?
6°) Les hommes sont un peu plus enclins que les femmes (67 % contre 57 %) à admettre le fait de l'évolution. Cette différence est vraisemblablement explicable par le fait que ceux-ci sont encore en moyenne légèrement plus scolarisés. Par contre, en ce qui a trait à la télépathie, aux vies antérieures, à la clairvoyance, aux fantômes et à l'homéopathie, il n'y a pas de différence significative entre les opinions des hommes et celles des femmes.
7°) Aucune différence significative entre les opinions des anglophones et celles des francophones n'a pu être constatée lors du sondage.
8°) En ce qui concerne l'influence du domaine d'études sur la crédulité des gens, l'analyse des données a été rendue difficile en raison de la trop grande fragmentation de l'échantillon (certaines catégories n'étant représentées que par quelques individus).
Greg Erwin a toutefois poussé plus loins son analyse en imaginant un paramètre commode qui permet de mesurer le degré de "crédulité globale" de chaque individu. Il suffit de donner un point à chaque réponse "oui" ou "probablement" aux questions 1 à 7 et un point supplémentaire pour une réponse "non" ou "probablement non" à la question 8 (pour un total possible de 8 points). Plus le score est élevé, plus l'individu est considéré comme "crédule".
Voici donc la moyenne obtenue par les représentants de chaque secteur professionnel selon l'ordre croissant de "crédulité globale" :
• informatique 3,2
• langues et lettres 3,2
• enseignement 3,4
• architecture et génie 3,4
• sciences pures 3,6
• administration, finance et secrétariat 3,8
• médecine 3,9
• sciences humaines 3,9
• biologie 4,2
• santé (autre que médecine) 4,2
• arts et musique 4,3
De même, on peut établir la classification suivante en fonction des régions de la province :
• Lac Saint-Jean 1,1
• Thetford Mines 2,5
• Gaspésie 2,7
• Sherbrooke 3,2
• Outaouais 3,4
• île de Montréal 3,8
• banlieue de Montréal 4,3
• Québec et banlieue 4,4
Monsieur Pierre Couillard, professeur de biologie à l'Université de Montréal, a pris l'heureuse initiative de soumettre le questionnaire du sondage à 167 de ses étudiants. Comme ce fut le cas lors de l'analyse des résultats du sondage principal, les réponses aux questions 1 à 7 se sont avérées fermement corrélées : c'est-à-dire que plus un individu est crédule face à un phénomène paranormal, plus il a tendance à croire à tous les autres.
Parmi les étudiants de monsieur Couillard, les filles apparaissent nettement plus crédules que les garçons. Par exemple, 34 % de celles-ci ont déclaré croire à l'astrologie alors que seulement 8 % des garçons sont de cet avis. Un contraste tout aussi remarquable entre filles et garçons se répète à chacune des sept premières questions (sauf à la question 2... qui porte sur les extraterrestres).
D'une manière générale, les étudiants sont à peine moins crédules que le reste de la population face au paranormal (question 1 à 7). Ainsi :
Croient en étudiants population
• télépathie 59 % 66 %
• extraterrestres 34 % 41 %
• vies antérieures 33 % 41 %
• clairvoyance 49 % 51 %
• fantômes 43 % 38 %
• astrologie 21 % 45 %
• homéopathie 47 % 42 %
Notons que parmi ces écarts, seul celui concernant l'astrologie est statistiquement significatif Ä tous les autres se situent à l'intérieur des fluctuations "normales" dues au hasard. Ils ne permettent donc pas de conclure que les opinions des étudiants sont réellement différentes de celles de la population en général.
Soulignons au passage que les étudiants de biologie reconnaissent (heureusement !) massivement la théorie de l'évolution.
Étant donné que l'un des principaux objectifs des Sceptiques du Québec est de promouvoir la pensée rationnelle et l'esprit critique face au paranormal, ce sondage d'opinion nous rappelle à quel point nous avons du pain sur la planche.
Esprit sceptique, qui es-tu ?
Extrait du Québec Sceptique no 25, page 13, printemps 1993.
Par
La croyance au paranormal existe depuis les débuts de l'humanité. Elle a essentiellement servi à expliquer le pourquoi des choses. À mesure que les connaissances réelles ont avancé, le paranormal a reculé. Mais, même si l'on ne croit plus que les orages soient dus à la colère du dieu Thor, nombreux sont ceux qui croient encore que les planètes dirigent nos destinées. Qu'en est-il?
Le grille-pain.
Qui ne se sert pas quotidiennement d'un grille-pain ? J'en ai acheté un il y a cinq ans ; il fonctionne toujours... et tous les jours. J'imagine que plusieurs brevets de grille-pain ont été étudiés, que l'un d'eux a été choisi et perfectionné. Mon appareil fonctionne depuis des années et on me l'a vendu avec une garantie d'un an. Tout cela pour la bagatelle de 19,95 $.
Vous allez me dire que c'est banal, que l'on peut aller n'importe où et acheter n'importe quel grille-pain et qu'il fonctionnera aussi bien, avec la même garantie, et à un prix équivalent. Bien entendu, vous avez raison !
Mais qu'en est-il maintenant du paranormal ?
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le paranormal ne fonctionne pas aussi bien -- malgré les prétentions de certains. Même après des décennies de recherche, personne n'a réussi à prouver, hors de tout doute raisonnable, l'existence d'une faculté paranormale, l'effet des planètes sur notre vie, la visite d'extraterrestres ou quoi d'autres encore !
Malheureusement, en matière de paranormal, rien n'a été prouvé.
Et, contrairement au grille-pain, le paranormal coûte généralement beaucoup plus cher une seule séance chez un clairvoyant peut facilement s'élever à 50 $ et n'offre aucune garantie de satisfaction.
Évidemment, me direz-vous, on ne demande pas autant d'efficacité au paranormal qu'à un grille-pain.
Et pourtant... Lorsqu'on examine les prétentions des "médiums", on réalise que ce qu'ils prennent pour du paranormal n'est en rien authentique. Ils clameront, par exemple, avoir prédit tel événement, mais ils oublieront les dizaines, voire les centaines d'affirmations erronées.
Par ailleurs, la précision dont ils font si souvent état ne se vérifie à peu près jamais. Comme l'a maintes fois rapporté mon confrère Claude Lafleur, les clairvoyants ont le talent extraordinaire... de prédire le passé ! Quant à l'avenir, c'est une tout autre histoire(1).
Ce qu'ils prennent en fait pour de la voyance n'en est pas. Pourtant, ils sont souvent capables d'impressionner le commun des mortels au moyen d'affirmations extraordinaires. Voilà qui s'explique aisément puisque c'est de la sorte que tout "bon" voyant réussit à gagner sa vie. Toutefois, l'étude rétrospective de ses prédictions nous permet de lever le voile de l'illusion et de découvrir qu'"y a rien là".
Parmi les milliers de personnes qui prétendent détenir des pouvoirs, aucune n'a été capable de nous faire une démonstration convaincante ! Voilà qui est frustrant... et pour le moins révélateur, selon nous.
Qu'importe ! Des milliers d'entre eux, sur simple rendez-vous et en échange d'une somme d'argent, prétendent sans gêne vous révéler l'avenir...
Oh, bien sûr, dans de nombreux livres, dans les journaux, à la télé et à la radio, on rapporte les prétendus exploits des "médiums". On n'hésite pas à les interroger, à les écouter, mais on oublie toujours de vérifier si leurs affirmations passées se sont révélées vraies ! On en parle, on parle beaucoup du paranormal, mais on ne cherche pas à savoir s'il y a quelque chose d'authentique dans toutes ces prétentions.
Mais nous, les Sceptiques, ne sommes pas intéressés à parler du paranormal, nous voulons le voir ! Nous désirons trouver quelqu'un qui nous apportera la preuve de quelque chose de paranormal. Si cela devait arriver, ce serait un événement extraordinaire pour l'humanité : enfin l'on saurait que...! [N.D.L.R.: c'est à la une du Québec Sceptique que nous en ferions état !!!]
Entre-temps, nous tentons de démasquer les pratiques des charlatans. Il faut dire que lorsqu'on fréquente le milieu du paranormal, on réalise rapidement qu'il y en a un très grand nombre. C'est d'ailleurs ce que rapportent beaucoup de "croyants" et de "médiums" ; voilà justement le point sur lequel tous s'entendent.
L'objet de nos recherches.
Au Québec, il y aurait à l'heure actuelle des milliers de personnes qui prétendent connaître l'avenir, qui croient faire des voyages astraux, qui pensent entrevoir votre état d'âme et votre santé, qui seraient en relation avec des entités extraterrestres... et j'en passe !
Nous, Sceptiques, aimerions que l'une d'entre elles nous en fasse la preuve -- seulement une!
Toutefois, afin d'éviter de nous faire manipuler ou d'être victimes de nos impressions, nous exigeons qu'une telle démonstration soit faite selon un protocole d'expérimentation scientifique convenu à l'avance entre nous et la personne qui désire nous faire une démonstration.
Pourquoi s'en tenir à la méthode scientifique ? Pourquoi ne pas tout simplement voir par soi-même de quoi il s'agit, comme le fond tant de "croyants" ? "Il n'y a qu'à consulter telle astrologue, vous verrez, elle est extraordinaire", nous affirme-t-on si souvent.
Nous, nous tenons à la méthode scientifique parce qu'elle n'a rien de sorcier; comme l’explique Raymond Chevalier, c'est la méthode que tous nous appliquons dans notre quotidien et, surtout, c'est la meilleure façon de distinguer ce qui est vrai et de ce qui est faux.
En effet, nous devrions tous savoir depuis longtemps que nul ne peut se fier à ses sens pour appréhender la réalité. Il n'y a qu'à voir comment un magicien parvient si facilement à nous berner. Ainsi, celui-ci peut aisément scier en deux une femme, puis la recoller, sans même laisser la moindre égratignure ! Quel exploit "paranormal" ! C'est du moins ce que des centaines de spectateurs croiront voir en même temps. Hé non, ils ne sont pas tous fous, drogués, et quoi d'autres ; ils ont vu une femme se faire couper en deux ! Mais était-ce vraiment ce qui s'est produit ? se demandera un sceptique...
C'est pourquoi, dans le cadre d'une véritable démonstration d'un phénomène paranormal, nous tenons à développer un protocole d'expérimentation en étroite collaboration avec le ou la "médium". Il s'agit d'une tâche très délicate et qui demande parfois des mois de travail.
Éducation populaire.
En plus de mettre à l'épreuve les supposés détenteurs de pouvoirs paranormaux, nous tentons dans la mesure de nos ressources de diffuser le fruit des recherches et des connaissances sceptiques. Il faut savoir que nous faisons partie d'un réseau mondial de sceptiques et que, depuis des décennies, des centaines de travaux ont permis d'expliquer de nombreux phénomènes prétendument paranormaux.
Pour renseigner le public, nous avons notre bulletin, nos soupers publics et nos conférences. Presque chaque semaine, un Sceptique passe à la radio ou à la télévision, ou un article parle de nous.
En promulguant de la sorte la démarche sceptique, nous voudrions encourager les gens à penser davantage d'une manière rationnelle.
Trop souvent, le public tombe dans les griffes d'exploiteurs. Il y a des sommes considérables et des espoirs importants qui sont investis chaque année dans le paranormal. Au Québec, cette "industrie" atteindrait aisément quelques millions de dollars annuellement.
Pensez à tous les objets vendus en rapport avec le paranormal : livres, cristaux, encens, porte-bonheur, musique, etc. Pensez à tous les cours offerts : balancer votre énergie, voir les auras, apprendre à léviter, etc. Pensez à toutes les réunions publiques, aux salons de l'ésotérisme, aux salons du Nouvel Âge, de l'occultisme et à toutes les autres réunions moins prestigieuses. Tout cela, et bien plus, sans que personne n'ait amené un élément de preuve !
Notons que, en regard des milliers de gens qui font de l'argent avec le paranormal, les Sceptiques sont finalement les seuls à ne pas en faire. En effet, nous sommes tous bénévoles et nous n'avons aucun intérêt financier à pourfendre le paranormal.
Nous sommes une jeune et petite organisation dont le dévouement est toutefois très grand. Quelques-uns de nos membres vont jusqu'à consacrer 25 heures par semaine pour cette cause à laquelle ils croient.
Pourquoi être sceptique ?
Pourquoi consacre-t-on bénévolement tant d'énergie et de temps au scepticisme ? En fait, chacun des membres du groupe a ses propres raisons. En voici quelques-unes qui sont parfois évoquées.
En premier lieu, parce que le paranormal intéresse chacun d'entre nous. À sa manière, on cherche à être mieux informé.
Parce que l'on veut savoir où est la vérité. "Est-ce vrai ce que l'on nous rapporte dans les livres ? Est-ce vrai que l'on a prouvé tel phénomène ?" Chaque Sceptique se pose ce genre de questions et cherche à trouver des réponses.
Parce que les Sceptiques sont des gens sympathiques et que nous nous amusons bien ensemble. En effet, le groupe est formé de gens qui sont, pour la plupart, passionnés et qui aiment rire. C'est l'un des milieux où l'on côtoie des personnes de toutes les formations.
Parce que certains d'entre nous ont le sentiment d'être utiles à la société en faisant croître l'esprit rationnel. Plusieurs sont troublés par l'omniprésence du paranormal dans le quotidien, et nous nous inquiétons que l'on en fasse cas si peu souvent.
Parce que nous désirons apporter un certain réconfort à ceux et celles à qui le paranormal a fait du tort. Le paranormal n'est pas aussi inoffensif qu'on le croit souvent. Il n'y a qu'à penser aux "Médecins du ciel" -- ces médiums sur l'incitation desquels de nombreuses personnes ont
abandonné leur maison, ont quitté leurs proches et leur travail. Pire, on rapporte qu'au moins une personne a perdu la santé et une autre est décédée à la suite de leur fréquentation (voir le QS #24, décembre 1992, p. 12-16).
La philosophie du groupe
Les Sceptiques se veulent des gens tolérants à l'égard des croyances d'autrui. Généralement, une personne arrive dans le groupe avec son bagage de croyances et de noncroyances. "J'ai toujours pensé que la graphologie était une science... alors que l'astrologie n'est évidemment que de la foutaise..." Ne nous leurrons pas : nous sommes à l'image de la société.
Ce qui nous distingue, c'est un désir de cheminer vers une meilleure connaissance de la réalité. Si nous sommes plus tolérants face aux "crédules", nous avons tendance à l'être moins vis-à-vis de ceux qui les exploitent.
Rêve contre scepticisme.
Un reproche que l'on nous fait parfois est que la pensée sceptique empêcherait les gens de rêver librement. On nous dit qu'il n'y a rien de mal à lire son horoscope, à fréquenter un "médium" qui communique avec l'au-delà, etc. Après tout, cela ajoute de la fantaisie dans notre existence...
Mais jusqu'où peut-on aller dans nos fantaisies ? Je me souviens, entre autres, de cette dame qui s'inquiétait de voir son mari dépenser 175 $ par semaine pour une consultation en channeling et qui appréhendait beaucoup la fin de semaine intensive de son mari avec la médium... au coût de 2000 $ ! Je repense aussi à cette psychologue troublée parce que l'on lui avait apparemment jeté un sort. Elle avait beau ne pas y croire, elle nous a quand même téléphoné afin d'être rassurée...
Pensons à tous ceux et celles qui fondent leur vie sur le rêve -- l'horoscope, la loterie, ou toute la gamme des superstitions -- au lieu d'assumer leur destinée. C'est bien de rêver -- et même essentiel -- mais il est aussi capital de faire la différence entre le rêve et la réalité.
En fait, la recherche de la vérité ne s'oppose pas au rêve ; au contraire même, elle le stimule. Ainsi, depuis le début de l'humanité, l'homme a rêvé de voler. Aujourd'hui nous volons, non grâce à la lévitation mais en avion. La juste compréhension du fonctionnement de la nature permet aussi de réparer divers membres du corps, de sauver des vies, d'aller vers les planètes, etc.
Pour terminer, j'aimerais vous raconter une petite anecdote, pour bien montrer que le scepticisme et les Sceptiques ne s'opposent d'aucune façon au rêve et à la fantaisie. L'année dernière, j'ai
participé à une confrontation à la radio. Un des "opposants" était visiblement dérangé par notre esprit rationnel. Pour lui, nous étions des "empêcheurs de rêver".
De plus en plus mécontent, il a fini par nous dire que nous bloquions l'imaginaire, que nous détruisions le rêve. J'ai reçu cette accusation avec un franc sourire puisque... je gagne ma vie comme artiste peintre ! C'est ainsi que je peins des lutins, des fées, des enfants qui flottent dans le cosmos en lisant des bandes dessinées... Somme toute, je gagne ma vie en rêvant !
Et je ne suis pas un cas unique, loin de là. Rappelons Isaac Asimov, qui est à la fois l'un des plus grands vulgarisateurs scientifiques et l'un des maîtres incontestés de la science-fiction. Il était en outre un ardent promoteur de l'esprit rationnel et du scepticisme, ce qui ne l'a pas empêché d'imaginer des personnages ayant des dons paranormaux...
notes
(1)
Voir : "Les prédictions 1974 de Mario de Sabato", QS #16/17, mars 1991, p. 13-17 ; "Nostradamus : irakien-là !", QS #18, mai 1991, p. 8-11 ; "Nostradamus 1999 : facile de réécrire l'histoire, QS #19, septembre 1991, p. 16-17 ; "Andrée d'Amour : l'exemple d'une astrologue québécoise", QS #19, septembre 1991, p. 18-20 ; "Six trucs utilisés par tous les astrologues", QS #19, septembre 1991, p. 21-22 ; "Les prévisions 1991 de Marcel Charland", QS #21, mars 1992, p. 28-31 ; "Les destinées du Québec et du Canada selon l'astrologue Huguette Hirsig" et "Madame Hirsig n'avait pas entrevu...", QS #23, septembre 1992, p. 36-39 ; "Encore les fausses prophéties de François Payotte", QS #24, décembre 1992, p. 19-21.
Observer le monde avec scepticisme
Extrait du Québec Sceptique no 25, page 20, printemps 1993.
Par
L'être humain est imparfait. Nos sens aussi sont imparfaits. Ils peuvent déformer, atténuer, occulter ou amplifier la réalité qui nous entoure de façon marquée ou imperceptible. Le robinet qui fuit nous apparaît souvent comme un tintamarre intolérable, tandis que nous ne remarquons presque pas le bruit des voitures qui circulent près de nous dans la rue.
Nous entendons souvent la sonnerie du téléphone lorsque nous sommes sous la douche, ce que nos proches s'empressent de nier : ils n'ont rien entendu... Une route qui semble mouillée vue de l'horizon s'avère bien souvent sèche lorsque l'on y parvient. Est-il vraiment possible de se fier à nos sens ?
Ce que nous appelons "mémoire" est beaucoup plus que le rappel de ce que nos sens nous ont permis de percevoir. Lorsque l'on interroge différents témoins d'un même événement, on trouve des variations énormes d'une personne à l'autre. Des faits sont retranchés, des détails sont ajoutés.
Lors d'une expérience, on a demandé à des témoins s'ils avaient remarqué une voiture rouge qui était passée sur le lieu d'un accident juste après qu'il soit survenu. La plupart ont répondu non avec raison, puisqu'aucune voiture rouge n'était passée. Lorsqu'ils furent interrogés à nouveau quelques jours plus tard cependant, plusieurs ont mentionné la voiture rouge(1)!
La question originale leur avait laissé croire qu'une telle voiture devait faire partie de la scène de l'événement et leur imagination l'a tout simplement insérée dans leur souvenir. Notre mémoire nous trompe par interprétation, sélection, déformation et ajout. Est-il vraiment possible de se fier à sa mémoire ?
Heureusement, dans les événements courants de la vie quotidienne, nos sens et l'expérience que nous accumulons depuis notre naissance nous permettent une assez juste appréciation de la réalité. J'affirme que je ne fais aucune erreur lorsque vient le temps de distinguer un poulet d'un cheval. L'expérience acquise nous permet par exemple de reconnaître avec certitude un objet comme étant une automobile même s'il s'agit d'un modèle et d'une couleur jamais vus auparavant ! Devant les objets nouveaux, nous sommes moins perspicaces : les gens de ma génération ont tous bien rigolé quand on leur a présenté le premier four à micro-ondes en leur disant que ce machin pouvait cuire de façon invisible...
Dès que le phénomène qui nous intéresse est étrange, nouveau ou extraordinaire, l'expérience ne joue plus. On doit alors faire preuve de circonspection. Ainsi, si je prétends qu'il
a plu hier, on peut raisonnablement croire mon évaluation de la situation, puisque l'expérience nous a enseigné qu'il arrive assez fréquemment qu'il pleuve, particulièrement au Québec...
Cependant, si quelqu'un prétend qu'il a vu une vache voler près de l'autoroute, notre expérience conteste énergiquement cet énoncé parce que notre connaissance des vaches est assez complète, bien établie et que le vol ne fait pas partie de leurs caractéristiques reconnues !
On remettra ainsi en question son évaluation du fait qu'il s'agissait vraiment d'une vache, ou du fait qu'elle ait vraiment volé. Mais si quelqu'un parle de "soucoupes volantes" ou des pouvoirs de son esprit, comment le critiquer sans aucune expérience ? Connaissant les limites de ses sens, comme des nôtres d'ailleurs, est-il sage de se fier à son témoignage simplement parce qu'il semble honnête et qu'il est convaincu de la validité de ses propos ? Rappelons-nous qu'à un moment donné, toute la population de la planète était convaincue que la Terre était plate...
Y a-t-il donc une façon d'être sûr de ce que l'on perçoit ? Existe-t-il une méthode pour évaluer si ce que l'on nous dit est vrai ou non ? De quelles ressources disposons-nous pour évaluer les dires de tous ceux qui nous promettent la santé, la paix intérieure, un regard sur notre avenir ou un contact avec les morts ?
La méthode scientifique : une méthode de mesure.
La méthode scientifique est née du besoin d'établir certaines choses comme étant vraies. C'est essentiellement une méthode qui mesure un objet ou un phénomène selon une façon qui peut être reproduite. La reproductibilité est ici capitale. Les mêmes causes doivent donner les mêmes effets ! Personne ne se satisferait d'une ampoule qui ne s'allume qu'à l'occasion, d'une voiture qui peut se déplacer de temps en temps, d'un ordinateur qui donne une réponse différente à chaque fois que 2 + 2 lui est présenté.
Cette méthode a permis d'établir certains principes, certaines lois qui régissent le monde qui nous entoure. Nous avons ainsi pu établir que les objets tombent généralement vers le bas, qu'un bloc de granit ne flotte jamais sur l'eau, qu'un oeuf cuit en trois minutes dans l'eau bouillante, etc...
La méthode scientifique n'est pas abstraite et confinée aux universités ou aux grandes industries. Tous nous l'appliquons dans notre quotidien ! Vous avez vous-même établi de façon scientifique la quantité de lait et de sucre qui convient dans un café, par exemple. Vous avez établi et reproduit souvent l'expérience : pour une tasse de café, votre quantité de sucre et de lait produit toujours le même résultat, c'est-à-dire un café à votre goût ! Et vous avez bénéficié des recherches effectuées pour produire une cafetière qui fonctionne bien, elle-même alimentée par de l'électricité qui est toujours efficace, etc...
La méthode scientifique est peu exigeante. En fait, ses seuls préalables sont l'intégrité et l'honnêteté. On ne doit pas chercher à fausser les résultats d'une recherche ou à tromper ceux à qui on les communique. De plus, tout protocole expérimental doit être élaboré avec le souci d'éviter les erreurs possibles. Finalement, on doit abandonner de bonne foi les théories prouvées fausses -- c'est là l'essence de l'évolution des connaissances !
Mais la bonne foi et l'honnêteté ne sont pas tout. Il est essentiel d'éliminer les erreurs de perception, les déformations et les interprétations hâtives ou mal étayées. On doit comparer nos conclusions à celles d'autres personnes indépendantes, les revérifier, mesurer leur impact sur les disciplines connexes. Finalement, on doit vérifier ses conclusions en les confrontant à la réalité.
Ainsi, si une étude préparée avec minutie par des savants de renom vous démontre qu'il est impossible qu'un oiseau puisse voler, la réalité exige que cette étude soit rejetée... C'est là l'essentiel de la méthode scientifique, la base de la science et de la technologie actuelle.
Tout phénomène présenté comme véridique ou scientifique doit ainsi absolument répondre à cinq critères incontournables :
1 -- La logique et la validité.
Il semble évident que l'on ne devrait accepter que les raisonnements logiques. Comment peut-on clairement déterminer qu'un raisonnement est logique ? On peut le faire assez aisément en posant certaines questions.
Quelles sont les prémisses et les preuves ? Sont-elles valides ?
Le raisonnement doit avoir des bases solides. Les faits ou événements rapportés doivent être réels, mesurables, observables. On doit bien analyser les énoncés et les preuves présentées avant d'accepter le raisonnement qui en découle. Voici quelques exemples.
Quelques livres ont tenté de démontrer qu'une région était le lieu de phénomènes mystérieux par la présentation d'une série d'accidents et disparitions étranges. Des investigateurs sérieux ont analysé chacun des faits présentés pour constater que :
En conclusion, il n'y a pas de triangle mystérieux(2)!
On prétend souvent que tel objet ou telle thérapie rééquilibre l'énergie du corps et aide à éliminer les toxines de l'organisme... Qui a prouvé que nous avions une énergie vitale ? Et qu'elle peut se déséquilibrer ? Quelles sont ces toxines, d'où viennent-elles et où disparaissent-elles ?
Les preuves apportées sont-elles suffisantes ?
La preuve apportée doit être à la hauteur de la prétention présentée. Ainsi, si je dis qu'il a plu hier, rares sont ceux qui me demanderont une preuve. Cependant, si je prétends posséder le billet gagnant de la loterie, Loto-Québec exigera de le voir avant de me donner mon prix ! De plus, le fardeau de la preuve repose sur le prétendant : on n'a jamais à prouver que quelqu'un a tort c'est à lui de prouver qu'il a raison ! Voici quelques exemples types d'affirmations pour lesquelles les preuves sont absentes ou insuffisantes.
En analysant les témoignages de personnes "mortes" puis "ressuscitées", on a échafaudé une théorie de ce qui survient lorsque l'on meurt : passage d'un long tunnel, rencontre d'un être de lumière, vision de certains proches précédemment décédés, etc... Toutefois, les auteurs "oublient" ceci :
Bref, des gens nous racontent une expérience traumatisante qu'ils ont vécue, avec plusieurs détails que l'on retrouve aussi chez d'autres patients dont le coeur n'a pas cessé de battre ! Et alors(3)?
On n'a jamais présenté une seule preuve de l'existence d'un animal extraordinaire dans ce lac d'Écosse. Chaque "preuve" présentée s'est révélée décevante ou simplement frauduleuse. Plusieurs personnes jurent cependant croire fermement avoir aperçu l'ombre d'un monstre hypothétique (4)...
Si oui, où est-il ? Où sont tous ceux qui l'ont rencontré ?
Particulièrement difficiles à cerner, ces phénomènes... Ils ne se manifestent pas lorsque des témoins sceptiques sont présents (c'est dû aux fameuses ondes négatives) où lorsque des mesures sont prises. Lorsque des caméras et des microphones sont présents, ou bien les phénomènes sont absents, ou alors on découvre une fraude ou une tricherie ! Où sont les preuves(5)?
Les témoignages présentés sont-ils valides ?
Rappelez-vous que tout témoignage présenté en preuve doit tenir compte de la faillibilité de nos sens. L'expérience passée du témoin ne peut être retenue comme étayant sa capacité à évaluer le phénomène rapporté. La renommée d'une personne ou son sérieux ne peuvent garantir la fiabilité de ses sens... Au mieux, cela peut aider à écarter les possibilités de fraude.
Il faut toujours chercher à corroborer, recouper, valider et trouver des preuves tangibles. Plus le nombre de témoins "fiables" est élevé, plus on peut se fier aux témoignages s'ils concordent.
Doit-on accepter la citation d'une "autorité" ?
On présente souvent le témoignage d'une personnalité comme donnant un poids certain à une théorie ou un produit. La renommée d'une personne n'en fait pas nécessairement une autorité reconnue dans tous les domaines. Cela est toutefois acceptable si les conditions suivantes sont respectées.
a) L'autorité présentée doit être bien identifiée. Par exemple, on ne peut accepter : "Le gouvernement me l'a confirmé !" Qui au gouvernement ? Quel est son titre, son poste ? Quelles y sont ses charges et responsabilités ?
b) La personne doit faire autorité dans le domaine concerné. Le sirop pour la toux recommandé par l'entraîneur d'une équipe de hockey m'importe peu. Celui recommandé par mon pharmacien et mon médecin m'intéresse au plus haut point.
c) Un consensus doit exister dans le domaine concerné. Ainsi, l'opinion d'un dentiste sur une pâte dentifrice n'est pas recevable si elle va à l'encontre de celle défendue par l'Association Dentaire Canadienne ! En paranormal, les appels à l'autorité sont toujours irrecevables, car il n'y a pas d'autorité ni de consensus dans ce domaine ! Des témoignages non étayés sont peu suffisants pour valider une prétention extraordinaire.
La conclusion est-elle inéluctable ?
Si les preuves présentées sont vérifiables, les prémisses clairement démontrées et les témoignages recevables, la conclusion n'est pas nécessairement valide ! Pour qu'elle le soit, elle doit découler directement des preuves présentées et il ne doit pas exister d'autres conclusions possibles. S'il existe une autre façon d'interpréter les données et d'arriver à une conclusion, différente, on doit poursuivre la recherche pour déterminer laquelle est la bonne. Voici quelques exemples de conclusions prématurées.
-- Son énergie interne est mieux équilibrée puisqu'il dort mieux... (Est-ce la seule façon d'expliquer un meilleur sommeil ?)
-- Ses toxines sont éliminées, il a moins de boutons... (A-t-on prouvé que les boutons étaient causés par des toxines ?)
-- Le shampooing X est meilleur puisqu'il mousse plus... (A-t-on démontré que plus de mousse nettoyait mieux ?)
Supposons que j'ai passé trois mois en forêt à observer les corbeaux. Je peux conclure sur la base de mes observations que tous les corbeaux que j'ai observés étaient noirs. Je ne peux cependant pas affirmer que tous les corbeaux sont noirs, puisque je n'ai pas vu tous les corbeaux de la planète ! Pas plus que je ne peux garantir qu'il n'en existe pas un, quelque part, qui soit blanc !
L'anecdote suivante montre bien qu'une conclusion tirée trop rapidement est incomplète et risque d'être erronée... Quatre hommes visitent l'Australie pour la première fois. En voyageant par train, ils aperçoivent le profil d'un mouton noir qui broute. Le premier homme en conclut que
les moutons australiens sont noirs. Le second prétend que tout ce que l'on peut conclure est que certains moutons australiens sont noirs. Le troisième objecte que la seule conclusion possible est qu'en Australie, au moins un mouton est noir ! Le quatrième homme, un sceptique, conclut : il existe en Australie au moins un mouton dont au moins un des côtés est noir !
2 -- La falsifiabilité
La falsifiabilité d'une théorie est l'aspect le moins connu de la méthode scientifique. C'est un principe tellement évident et tellement simple que l'on a tendance à l'oublier :
Tout énoncé doit être falsifiable, c'est-à-dire qu'il doit exister au moins une façon de prouver qu'il est faux.
Nous sommes tellement préoccupés par la façon de prouver qu'une chose est vraie que nous oublions de vérifier s'il est possible de démontrer qu'elle est fausse. S'il n'est pas possible d'invalider une théorie ou un énoncé, c'est qu'il sera toujours vrai ! Or, rien n'est toujours vrai...
Revenons par exemple au monstre du loch Ness. On n'a jamais eu une seule preuve de son existence, toutefois plusieurs tiennent cette existence pour vraie. Mais alors, comment pourrait-on prouver qu'elle est fausse ? C'est impossible : il n'existe aucune façon de démontrer que le monstre n'existe pas ! L'existence du monstre ne peut donc pas être acceptée sans preuve, sinon elle devient absolument vraie -- infalsifiable...
Falsifiabilité ne veut pas dire vérité. Si je dis que tous les oiseaux sont jaunes, je fais un énoncé falsifiable. Vous pouvez en effet trouver un oiseau qui n'est pas jaune pour démontrer que mon énoncé est faux, ce qui n'est pas très difficile... Cela reste quand même un énoncé recevable, bien que de toute évidence faux.
Voici quelques exemples d'énoncés infalsifiables :
Ces énoncés ne sont pas forcément faux. On n'a tout simplement aucune façon de les vérifier. Ceux qui font ces affirmations doivent prouver leurs dires avec des preuves tangibles, mesurables, acceptables. Le fardeau de la preuve est sur eux.
3 -- La réplicabilité.
Comme on l'a déjà vu, nos sens sont faillibles. Pour éviter les erreurs et éliminer les coïncidences, il est nécessaire de reprendre la même mesure ou de refaire la même expérience plusieurs fois. Ainsi, si je prédis correctement le prochain lancer d'un dé, il est prématuré de conclure à mes pouvoirs de clairvoyance. Si je peux le refaire 25 fois de suite sans me tromper, j'ai un brillant avenir devant moi !
Chacun applique d'ailleurs cette règle de façon instinctive :
Ces exemples tirés de la vie quotidienne montrent qu'il est bien normal de chercher à contre-vérifier les informations. Personne ne peut accuser de manque de confiance en soi ou de mauvaise foi celui qui relit sa liste d'épicerie une dernière fois avant de se diriger vers le comptoir-caisse...
La nécessité de reprendre plusieurs fois les mêmes tests est fondamentale, même si elle semble parfois superflue. Avant le décollage, un pilote d'avion fait et refait des vérifications de routine qui peuvent paraître inutiles. Qui est prêt à voler avec un pilote qui ne fait pas ces tests ?
Certains croient que la réplicabilité exige qu'un phénomène puisse être reproduit sur demande, à volonté. Ce n'est pas le cas. Les volcanologues, par exemple, affinent leur "modèle" théorique décrivant les éruptions à chaque nouveau volcan qu'ils étudient. On ne leur demande pas pour autant d'être en mesure de provoquer une éruption sur commande ! De même, si chaque relation sexuelle n'entraîne pas une grossesse, on ne remet pas en question la certitude que c'est comme cela que l'être humain se reproduit...
Toute expérience qui ne peut être reproduite doit être considérée d'emblée comme une coïncidence. Le coup de chance du médium lors de prédictions n'est pas une preuve tangible qu'il est clairvoyant. Cela prouve seulement que nul ne peut se tromper à 100 % des essais !
4 -- L'exhaustivité.
On requiert d'une théorie ou d'une affirmation qu'elle soit exhaustive. L'exhaustivité exige que toutes les données disponibles soient prises en compte pour tirer des conclusions. Plusieurs théories font fi du critère d'exhaustivité.
Pleine lune et accouchements.
Des médecins montréalais, curieux de vérifier l'adage selon lequel il y a plus d'accouchements les nuits de pleine lune, ont évalué le nombre moyen d'accouchements les soirs en question et lors des soirs sans pleine lune, et noté la phase lunaire lors des nuits "tranquilles" et lors des nuits "achalandées". Leur conclusion : il n'y a aucune corrélation entre les phases lunaires et le nombre d'accouchements ! Si certaines anecdotes "prouvent" que la pleine lune augmente ce nombre, une étude de toute l'information les contredit(6)!
Biorythme.
Les tenants du biorythme présentent une pléthore d'événements dramatiques survenus alors que les individus concernés étaient à des jours "critiques" de leur biorythme. Ils passent sous silence les millions de jours "critiques" où rien n'est arrivé et les événements survenus pendant des jours "au beau fixe". En analysant les biorythmes des joueurs des Blue Jays de Toronto, un "bioscientifique" a tenté de prédire les victoires lors de matchs de fin de saison. Ses résultats furent égaux au hasard (7).
Publicité subliminale.
On ressasse régulièrement la "démonstration" faite dans les années cinquante à l'effet que l'insertion d'images imperceptibles dans un film pouvait augmenter de façon dramatique les ventes de boissons gazeuses et de maïs soufflé dans les cinémas. Pourquoi ne mentionne-ton pas que jamais personne n'a réussi à reproduire ce supposé phénomène ? Pourquoi ne dit-on jamais que l'auteur de la fameuse étude, M. James Vicary, a confessé lui-même en 1962 avoir monté l'affaire de toutes pièces (8).
Présence extraterrestre dans notre passé.
Von Daniken est cet auteur rendu célèbre par sa présentation d'une peinture précolombienne présentant un homme aux commandes d'un "vaisseau spatial". Il prétend que les archéologues sont désemparés devant ce phénomène. Pourtant, des archéologues sérieux ont bel et bien présenté l'illustration en question avec une explication très claire : elle symbolise la mort d'un homme et son retour à la terre d'où rejaillit la vie... Pourquoi Von Daniken passe-t-il cela sous silence(9)?
Invincibilité
Certains médiums disent être "imperméables" à la chaleur et prétendent le prouver en faisant couler sur leurs mains un métal liquéfié par la chaleur ou en marchant sur des tisons ardents. Plusieurs physiciens se sont penchés sur le problème et ont reproduit ces phénomènes à volonté.
Dans le premier cas, la chaleur du métal en fusion entraîne l'évaporation de l'humidité de la peau, y formant alors une couche isolante. Dans le second cas, l'isolation due aux cendres et la faible conductivité du bois expliquent facilement la "prouesse". Nul besoin de pouvoirs paranormaux ! Aucun de ces médiums ne peut manipuler impunément de l'eau bouillante ou mettre le pied sur une plaque chauffante de cuisinière. Par contre, en se léchant les doigts, n'importe qui peut éteindre une chandelle en pressant légèrement la mèche ou appuyer rapidement sur un fer à repasser brûlant pour en vérifier la température (10)!
Traces d'atterrissage d'ovnis.
Les botanistes savent depuis des dizaines d'années que certains champignons souterrains peuvent faire mourir la végétation de surface en forme de ronds ou de cercles de plusieurs mètres de diamètre. Pourquoi mettre ces connaissances de côté pour interpréter un cercle de végétation "brûlée" comme étant une trace d'atterrissage(11)?
5 -- La cohérence.
Les prétentions des charlatans contredisent souvent leurs actes et vice versa. On a maintes fois démontré que des sourciers sont incapables de localiser des conduites d'eau sous quelques pouces de terre alors qu'ils affirmaient pouvoir le faire aisément (12) Aucun astrologue ne peut distinguer un meurtrier en série d'un prix Nobel de la paix à partir de sa carte du ciel(13). Les médiums prétendant voir une "aura" spirituelle autour de chaque personne sont incapables de réussir un test élémentaire pour le démontrer (14)
On parle ici soit d'incohérence, soit d'incapacité de produire les résultats que l'on promet. Dans le domaine pratique, ces incohérences rejaillissent rapidement. Ainsi, on a dû convenir que le milieu du cycle menstruel n'est pas une période d'infertilité, bébé oblige... Face à des prétentions paranormales qui ne se réalisent jamais, combien d'incohérences sont nécessaires pour que l'on abandonne les prétentions ? On doit mesurer les prétentions paranormales à la lumière de leur cohérence.
Conclusion.
En appliquant la méthode scientifique, il est possible de comprendre l'Univers tel qu'il est vraiment, par-delà nos sens limités. Elle permet aussi de transcender nos émotions et nos désirs pour rationaliser le monde qui nous entoure. La méthode scientifique n'est pas une mode ou une
autre façon de voir les choses. Elle est la seule façon fiable, reproductible et cohérente de mesurer la réalité.
Appliquer la méthode scientifique à la vie de tous les jours est relativement simple. Cela demande cependant un petit effort pour mettre en doute nos perceptions et questionner les informations qu'on nous présente comme des vérités établies et démontrées. En appliquant les critères que nous avons décrits, il est possible d'évaluer avec assez de précision la confiance qu'on peut mettre dans ce que l'on nous dit. Le scepticisme, c'est cela.
Être sceptique, c'est avoir un esprit ouvert, mais non crédule. Un sceptique est quelqu'un de curieux, qui veut comprendre. Il est ouvert à tout ce qui l'entoure. Il ne nie rien à priori, mais n'accepte rien d'emblée, sans preuve. Il pose des questions et évalue les réponses qu'il obtient. Il croit que dans la majorité des cas, la réalité suffit à expliquer les phénomènes "étranges" et les coïncidences que nous rencontrons presque quotidiennement autour de nous. Il croit en l'intelligence et sait qu'il est souvent sage de remettre son jugement à plus tard lorsqu'il sent qu'il n'a pas en main toutes les informations nécessaires...
notes
(1)L'expérience dont il est ici question est, entre autres, relatée par Elizabeth E. Loftus dans Eyewitness Testimony, publié au Harvard University Press en 1979. Cet ouvrage désamorce les prétentions que peuvent avoir les témoins d'un événement.
(2)Voir Larry Kusche, The Bermuda Triangle -- Solved, Prometheus Books, 1980 ; Jules Metz, La vérité sur le triangle des Bermudes, Robert Laffont, 1988. Voir aussi les Québec sceptique #10, mars 1989, p. 14, et #24, décembre 1992, p. 25.
(3)Voir : Henri Broch, Au coeur de l'extra-ordinaire, L'horizon chimérique, et Paul Kurtz, The Transcendental Temptation, Prometheus Books. Voir aussi l'article de Susan Blackmore, "Expériences au seuil de la mort", à paraître dans le QS #26.
(4)Voir : Ronald Binns, The Loch Ness Mystery Solved, Prometheus Books.
(5)Voir : James E. Alcock, Parapsychologie : Science ou Magie ?, Flammarion, 1981.
(6)Voir : Christian Hausser, Richard Bornais et Sylvie Bornais, "L'influence du cycle lunaire sur les accouchements", L'Union médicale du Canada, juillet 1985 ; I.W. Kelly, James Rotton & Roger Culver, "The Moon Was Full and Nothing Happened", Skeptical Inquirer, hiver 1985/86. Aussi, "Worldwide Disasters and Moon Phase", Skeptical Inquirer, printemps 1990, p. 298-301.
(7)Voir : Anthony Wheeler, "Biological Cycles and Rhythms Vs. Biothythms", Skeptical Inquirer, automne 1990, p. 75-82.
(8)Voir : Bernand Demers, "Le subliminal : de l'information à la désinformation", QS #23, septembre 1992, p. 26-29 ; "The Cargo-Cult Science of Subliminal Persuasion", "Subliminal Perception : Facts and Fallacies" et "Subliminal Tapes : How to Get the Message Across", Skeptical Inquirer, printemps 1992, p. 260 à 287.
(9)Voir : William H. Stiebing jr, Ancient Astronauts, Cosmic Collisions and Other Popular Theories About Man's Past (Atlantis, Pyramids, Noah's Ark...), Prometheus Books, 1984, 215 pages.
(10)Voir : "Mind-Over-Matter Cults Play with Fire", Skeptical Inquirer, hiver 1985/86, p. 182 ; "Firewalking and physics", Skeptical Inquirer, printemps 1986, p. 384-386 ; "Firewalking", Skeptical Inquirer, hiver 1986/87, p. 134-135 ; "Science Walks the Hot Coals", Skeptical Inquirer, automne 1990, p. 28.
(11)Voir : Philip J. Klass, UFOs : The Public Deceived, Prometheus Books, 198?, 308 pages ; Joe Nickell & John F. Fischer, "The Crop-Circle Phenomonon", Skeptical Inquirer, hiver 1992, p. 136-149.
(12)Voir le chapitre 13 de l'ouvrage de James Randi, Flim-Flam! (Psychics, ESP, Unicorns and other Delusions), Prometheus Books, 1982, 345 pages.
(13)Voir : "Astrologue, confieriez-vous vos enfants à...?", QS #20, janvier 1992, p. 4.
(14)Voir : Robert W. Loftin, "Auras : Searching For the Light", Skeptical Inquirer, été 1990, p. 403-409 ; Geoffrey Dean, "Psysiological Explanation of Human "auras"", Skeptical Inquirer, été 1991, p. 402-403.
Êtes-vous vulnérable?
Extrait du Québec Sceptique no 28, page 39, hiver 1994.
source:
Il est important de connaître ces mouvements mieux connus sous le nom de "cultes". Les gens ne recherchent généralement pas un culte : les cultes recrutent leurs nouveaux membres de façon active.
Les gens se font habituellement recruter parce que :
Lorsqu'on voyage et qu'on est seul, on est plus susceptible à l'attrait d'un groupe. Apprenez à poser des questions.
Si le groupe est vraiment aussi merveilleux qu'il en a l'air, on devrait pouvoir répondre à toutes vos questions. Faites attention aux réponses vagues ou encore aux groupes qui exercent sur vous des pressions du genre "tous les autres le font, fais-le donc !".
Une fois que vous avez démontré un intérêt, vous êtes un sujet idéal pour leurs techniques de recrutement.
Techniques de réforme de la pensée
Isolement : on diminue la perception de la réalité en séparant la personne de la société et de schèmes de référence rationnels.
Pression des membres du groupe : on supprime les doutes et la résistance à des idées nouvelles en exploitant le besoin naturel d'appartenance.
Bombardement d'amour : on crée un sens de la famille et d'appartenance par les embrassades, les baisers, les caresses et les flatteries.
Culpabilité : on renforce les promesses d'un salut éternel en exagérant l'abomination du style de vie antérieur.
Peur : on maintient la loyauté et l'obéissance au groupe par des avertissements de répercussions spirituelles ou physiques graves si on ne se conforme pas aux normes et à l'idéologie du groupe.
Désinhibition : on détruit les mécanismes de défense en provoquant chez la recrue un comportement enfantin ou régressif.
Fatigue : on accroît la désorientation et la vulnérabilité en prolongeant l'activité physique et mentale.
Disparition de l'intimité : on réduit la capacité d'évaluer le groupe de façon logique en empêchant la personne recrutée d'être seule.
Rappelez-vous.
Placé dans les circonstances voulues,
n'importe qui est vulnérable. Cela peut vous arriver.Ceux qui se sentent à l'abri de ce genre de choses ne font que se rendre plus vulnérables. Il faut se souvenir que cette "agression" est dirigée vers les émotions et non vers l'intelligence. On doit savoir que les deux grands principes de base de la coercition psychologique sont :
1) Si on peut forcer une personne à se comporter comme on veut qu'elle se comporte, on peut lui faire croire ce qu'on veut qu'elle croie.
2) Des changements soudains et draconiens de l'environnement peuvent amener une plus grande suggestibilité, ainsi que des changements draconiens des attitudes et des valeurs.
Petite histoire du Défi sceptique
Extrait du Québec Sceptique no 35, page 16, automne 1995.
par
En 1989, grâce à M. Jacques Theodor qui endossait le prix, les Sceptiques du Québec étaient en mesure d’offrir 100 000 $ au premier qui leur apporterait la preuve d’un phénomène paranormal. Personne ne s’attendait vraiment à ce que tout ce que le Québec compte d’astrologues, numérologues, parapsychologues, voyants, etc., se rue en foule du jour au lendemain, preuves en main, pour venir empocher le prix. Mais jusqu’à ce jour, il y a tout de même eu 58 personnes qui nous ont contactés. Parmi celles-ci, 32 ont fait l’objet d’un entretien téléphonique approfondi (souvent de plus d’une heure !) pour essayer de préciser leurs prétentions, 16 ont fait l’objet d’un prétest et 3 ont fait l’objet d’une expérience officielle avec, en jeu, une bourse de 1000 $, dans les deux premiers cas, et de 10 000 $ dans le dernier cas.
La première à relever le Défi fut Mme Katalin Fitos. Mme Fitos prétendait que des extraterrestres répondaient aux questions qu’elle leur posait. Hélas pour Mme Fitos, lors de l’expérience qu’elle tentait avec nous, le 21 mars 1991, les extraterrestres demeurèrent obstinément muets. Et les Sceptiques purent conserver le prix de 1000 $ qu’ils avaient mis en jeu à ce moment-là. (Vous pourrez lire le compte-rendu qu’en faisait Marc Aras dans le Québec sceptique, no 18.)
L’année suivante, le 22 juin 1992, ce fut au tour d’une astrologue, Mme Agathe Vir Landriault, à venir tenter sa chance. Celle-ci prétendait que les thèmes astrologiques qu’elle produisait étaient non pas un recueil de gentilles banalités applicables un peu à tout le monde, mais bien une série de propositions spécifiques qui seraient reconnues par tous ceux à qui elles s’adressaient. Peut-être pas à 100 %, mais, disons, mieux que le hasard. Pour avoir droit à la première tranche du prix, qui était toujours de 1000 $ à l’époque, il fut convenu que Mme Vir Landriault devait obtenir un résultat ayant moins d’une chance sur 1000 d’être imputable au hasard. Hélas, deux fois hélas pour Mme Vir Landriault, le résultat qu’elle obtint pouvait être obtenu par hasard aussi souvent qu’une fois sur sept, selon les savants calculs de notre confrère Denis Labelle. Et il fallut rempocher à nouveau notre prix. Pas moyen de le donner ! (Donald Gilbert, Denis Labelle et Claude Lafleur ont fait le compte-rendu de cette expérience dans le Québec sceptique, no 23.)
Vers la fin de cette même année 1992, nouveau rebondissement. M. Theodor double son prix et le porte à 1 000 000 FF, soit plus de 250 000 $CAN ! Entre temps, j’y vais de ma modeste contribution en offrant de porter le prix de l’étape québécoise à 10 000 $ au lieu de 1000. (Voir
l’article de Donald Gilbert à ce sujet dans le Québec sceptique, no 24.) Le tout permit de relancer le Défi dans les médias en insistant encore davantage sur l’étonnante discrétion de tous ceux qui
prétendent avoir des pouvoirs paranormaux et qui ne daignent même pas nous en faire une petite démonstration. Peut-être qu’avec un prix de 250 000 $ sortiront-ils de leur tanière ?
Celle qui franchit l’étape du prétest pour devenir notre troisième candidate officielle fut la numérologue Ginette Veilleux, qui prétendait pouvoir déterminer, à partir des nom, prénom et date de naissance d’un individu, combien celui-ci avait de frères ou soeurs. Pour mériter la bourse de 10 000 $, Mme Veilleux devait réussir mieux qu’une chance sur 10 000 en appariant au moins 7 sujets sur 12 avec leur nombre de frères et soeurs. Hélas, trois fois hélas pour Mme Veilleux, lors du dévoilement des résultats, qui eut lieu le 23 mai 1993, elle n’obtint qu’une seule bonne réponse sur 12 ! Même si quelqu’un avait fait les appariements au hasard, il aurait eu 9 chance sur 10 de faire mieux que Mme Veilleux ! Pas très convaincant donc. Et toujours pas moyen de donner ce foutu prix ! (Vous pourrez lire le compte-rendu qu’en faisait Denis Labelle dans le Québec sceptique, no 27.)
Juste après cette expérience avec Ginette Veilleux, nous avons été soudainement inondés de candidats. Environ une vingtaine, en l’espace d’une semaine, à la suite du compte-rendu qu’en faisait le Journal de Montréal. Mais c’est surtout, je pense, la mention du prix de 250 000 $ qui a frappé l’imagination.
Pour contenir cette horde de nouveaux postulants, nous décidâmes de faire passer un prétest aux différents candidats qui se présenteraient. Il faut savoir que l’expérience avec Agathe Vir Landriault avait nécessité plusieurs centaines d’heures de préparation aux membres du comité d’investigation de l’époque, formé de Denis Labelle, Donald Gilbert, Jacques Marion, Gérard Punter et moi-même. Plus le temps qu’y a consacré notre "cinéaste" Denys Desjardins. En soumettant les candidats à un pré-test, nous voulions alléger un peu la procédure de vérification en éliminant d’emblée les prétentions qui n’avaient aucun fondement à leur face même. Puisque pour mériter la première tranche de 10 000 $, les candidats devaient réussir "mieux qu’une chance sur 10 000", il fut convenu que pour réussir le prétest et montrer le sérieux de leurs prétentions, les candidats devaient au moins faire "mieux qu’une chance sur 100". Sinon, pas la peine de tester pour "une chance sur 10 000".
Depuis l’instauration de ce pré-test, nous avons vu défiler près d’une quarantaine de candidats. Certains d’entre eux, après une heure ou deux de discussion au téléphone, ont finalement décidé de ne pas tenter l’expérience. D’autres attendirent de voir le protocole expérimental écrit que nous leur soumettions avant de faire faux bond, voyant sans doute qu’ils ne réussiraient pas le pré-test. D’autres enfin sont venus, bravement, ont vu, ont essayé mais aucun n’a réussi à franchir cette première étape. Parmi ces derniers, quelques-uns acceptaient de passer le pré-test à condition que leur nom ne soit pas divulgué. Ce que nous avons accepté dans trois cas.
Dans tout ce lot de candidats, il m’a semblé que bien peu croyaient vraiment détenir la preuve d’un pourvoir paranormal. La plupart n’avaient même pas songé à vérifier eux-mêmes leurs prétentions. Et ils étaient tout surpris de voir à quel point ça pouvait être facile. On emploie souvent l’expression "protocole expérimental" ou "protocole scientifique" quand on parle de nos tests. En fait, je trouve que ce sont de bien grands mots pour rien, compte tenu de leur trivialité dans la plupart des cas. Vous pourrez lire dans le prochain numéro du Québec Sceptique quelques exemples des protocoles proposés. Vous verrez alors comme ils ne sont pas sorciers.
On peut regretter, bien sûr, l’absence, depuis deux ans, de candidats ayant franchi l’étape du pré-test. Mais cela dépend, je pense, de la façon dont on conçoit le Défi. Pour moi, le but est surtout de rappeler au grand public que nous n’avons pas la moindre preuve d’un phénomène paranormal. Le fait que, après toutes ces années, personne n’ait été capable de relever avec succès notre Défi, finit par donner l’étrange impression que, probablement, personne n’avait rien à prouver au départ ! C’est ça qu’on essaye de publiciser le plus possible.
Et tant qu’on ne nous présentera pas ce soupçon de preuve que nous réclamons depuis maintenant six ans, eh ! bien je pense que cela nous donne un bon argument à servir à ceux qui nous demandent parfois pourquoi on est sceptiques...