Opus 9
Opéra fantastique (vestu)
ACTE 1
l'oiselier et ses cages
ou le poète de la division
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la scène est noire
d'apparence vide
opaque
on entend le chant des tourterelles tristes
apparaît une mince lame lunée
en crescendo
progressivement s'ajoutent douze lames
à la treizième
le timbre de l'horloge sonne minuit
jusqu'à la vingt-huitième lame lunée
la lune et l'horloge se fondent en une image
des couleurs flots bleus
en travers une fenêtre
teintent une mansarde
où l'on voit d'abord
un bouquin sur une table de chevet
puis un lit où le poète sursaute
après l'orage
l'éclairage est soleil fin d'après-midi
le sol pierreux battu par le vent
le vol des feuilles mortes
dépouilles aux teintes chardonnay et gamay
le ciel
tamisé par un voile crème
le poète
vêtu gothique
transgresse
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1. Fatalité
est-ce le crépuscule
qui s'étend
aux confins des bleuissements
est-ce l'aurore
qui se lève marine
sur des dunes mirages
j'ignore encore
j'ignore toujours
ce qui annonce
le début ou la fin du jour
j'ignore l'emprise
de la mort sur la vie
de la mort sur l'amour
du dieu-soleil
sur la richesse
et la sécheresse
un éclair jaillit du ciel
une forte odeur de vomi
se dégage du lit
d'un oeil craintif
je survole
la chambre d'amis
aucune présence terrestre
aucune présence céleste
la nuit est orageuse la nuit est orageuse la femme enceinte criait
un second éclair s'abat dans les douleurs de l'accouchement
sur un chêne centenaire la nuit était orageuse
l'éclair illumine qui s'écrase sur
l'immense ombre des cieux les fils électriques
comme une mer équinoixe les branches d'énormes vagues alguées
mère en course perpétuelle du saule pleureur fouettant la cyprine d'un voilier
devenue phosphorescente menées par la bourrasque navire oublié parmi les récifs pointus
flagellant frappant la fenêtre sirène castratrice aux longs cheveux
cicatrisant la chair dixis dixis dixis
l'enfant vint au monde
un troisième éclair aux côtés d'une présence noire
jaillit du ciel le lait de la mère se congela
et sous l'averse qui tombe et des pics verdâtres déchirèrent
j'entends ses mamelles écumées
j'entends d'étranges murmures
des gémissements
je regarde je suis
ce qui ne finit pas
la trace de feu que l'éclair a laissée
de façon effrontée
elle danse la sorcière
en compagnie des crapauds et des larves
et des vipères
2. L'oiselier
J'arrive de nulle part
...et les feuilles passent
Le vent d'automne s'arrêtera
peut-être
qui sait
je ne sais quand
ni pour quelles raisons
ni pour quelles saisons
Les feuilles passent...
du visible à l'invisible
Le poète transgresse son insaisissable intérieur
l'écriture d'une musique frémissante
sans témoignage
Alors que la création se déhanche sur le pont en réparation
J'arrive de nulle part
et les pinsons chantent
Et les pinsons chantent
"détruisons le monde"
"détruisons les néons mauves"
Les passants évitent l'oiselier
au visage miroir émacié
Évitant d'inviter l'hôte de la course du soleil
J'arrive de nulle part
Les vampires habitent pourtant ici de toute part
Boivent dans des calices ornés de rubis d'émeraudes
Consomment du pain azyme imbibé de sang
* * *
Près de la cage dorée des oiseaux
Le poète reconnaît un air d'école
Un pinson dans sa métamorphose chante:
"Je suis une cage d'oiseau
Une cage d'os
Avec un oiseau
L'oiseau dans sa cage d'os
C'est la mort qui fait son nid"
Le charognard pince le Caïn du poète
et la blessure profonde n'est que douleur infinie
Et le poète chante "C'est frais dehors...
C'est magnifique de voir la nature mourir ainsi"
Le poète cherche à transmettre aux passants
le placenta des influences créatrices
déposées dans la cendre pascale
la délivrance de l'enfance avec un long cordon ombilical
L'enfance qui suce le sang de son doigt
s'attache inlassablement au plaisir
dénoue la liberté corporelle
Le poète est pris d'étourdissements
de déséquilibres
"L'univers en expansion est une banane mauve...
Nous sommes les enfants domestiqués des étoiles..."
Enfin le poète comprend le langage des oiseaux
Enfin il entre dans le laboratoire de l'incompréhension...
dans la cage du monde passager
3. La Société des poètes de la division
La meute d'adolescents à queue leu leu
passe le portail du cimetière
sans autre meneuse que cette loi verte et or
"Il n'y a aucune loi en poésie
maudit
même pas une émanant de Dieu"
Près du calvaire près d'une triptyque gothique
vêtus de noir s'abreuvant de vins et de bières
récitant des vers tirés d'oeuvres
mis à l'index par l'Église
par l’État séculier
les jeunes poètes
placés un derrière l'autre se suivent
sont violents et maudits
faibles sensibles romantiques et inutiles
comme les lys des marécages
Au pied des urnes en granit en koinè en langues mortes
les p'tits maudits façonnent les vers
comme un croque-mort façonnerait le marbre des stèles
"L'art pour l'art" maudits parnassiens
"Péter pour le pet villonnais" moses de poète
Maudite acide Raôul le trompettiste
La société des poètes cherche à saisir
à la taverne ou au cimetière
au dépotoir comme au bordel
l'industrie de la marginalisation
le socialisme de la désillusion
* * *
Parmi les ruelles puantes d'itinérants littéraires
sur le toit des institutions endormies
ils récitent les stances de thèmes décadents
ce qui les console de l'amertume du temps
ce qui adoucit leur guerre à l'intérieur
"Naître publié!"
Voilà le drame intemporel des minus
* * *
Voilà le vaisseau Noir!
Lu et entendu
le vaisseau d'Amérique qui pèse sur l’Amérique déchue larmoyante
* * *
Un poète d'une quelconque Louisiane
arrache avec ses dents la tête du coq en l'honneur de Satie...
4. L'envoûtement
"Restons dans la noirceur
et n'ouvrons plus les yeux"
"Restons dans la noirceur
et n'ouvrons plus les yeux"
Le corps a sa raison d'être
le corps percé et transpercé de pierres précieuses
La forte odeur d'éther envahit la tour du Seigneur
où tout est incolore dans ce clair-obscur
où les organes virtuels flottent dans le formol
Voilà la poésie tonique
le poème éther
maquillage de l'ostensible pensée
Le corps n'est plus qu'un symbole de souffrances
ultime contact de l'esprit
Il entend les battements du coeur
On n’écoute que la circulation sanguine
qui coule et passe dans les artères
et le bruit des turbines d'une centrale
Martyrisé
concentré
le poète plonge dans un rêve sylvestre
Et les racines des vignes profondes s'animent comme des seringues
injectant le noble cépage dans ses veines
Une toupie argentée perfore sa côte
moulure divine
pour y planter une rose
Un goût de terre salive sa bouche
Égratigne l'émail des canines jusqu'au nerf
Le poète murmure entrecoupé de spasmes et de soupirs
"Restons dans la noirceur
et n'ouvrons plus les yeux"
* * *
Un rhésus excité arrête de faire le singe
spontanément dans sa cage
et s'interroge à ces mots
rédige sur le métal
d'étranges phrases à l'aide d'une rhode
"ton...s ...an la noirceur des yeux"
"Restons dans... noir...s ...es yeux"
ACTE 2
passions
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dans le cimetière
les cippes et les monuments flottent
roulis
des anges sous l'abat-jour bleu
dont le cercle devient une lucarne
un troisième oeil
des mains au dos
dans le marbre mou plat
marbre crème et pierre grise
iconographie
licornes fées nymphes
c'est l'aurore persistante
tout se passe à la lumière noire
une ligne orangée et rougeâtre
l'épée coupe l'horizon
au centre est sis un calvaire
élevé
au-dessus du poète
un christ avec une tête d'âne
qui tient dans sa main droite une trompette
un christ ascenseur
incessamment se balance
un christ attaché à une corde qui sent le pendu
le poisson et le ver
de cinq siècles
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5. Bloody
night
je suis incompris ici
parce que le monde est ainsi
light
et le vent siffle avec Dieu
me balance sur la balançoire
et l'hémoglobine du souffle de vie
réanime le brasier
en moi l'essence de la forêt
simplement exister pour y croire
une simple kermesse transitoire
et dans le vase scié
je bois le sang
du dragon absent
père sanguinaire
et mon odorat se développe
l'haleine fétide et incandescente
combien d'amis se sont pendus
combien long le cordon perdu
qui sépare le mur du paralysé
l'albinos qui se brûle la peau
de l'esclave enchaîné
menotté à saisir le graal rêvé
les cierges de cire s'éteignent c'est l'éclipse lunaire les fanaux aveuglent
les foetus baignent le nid enneigé de l'aigle
dans le liquide nourricier
le delirium tremens
s'empare du réseau jumeaux non identiques
les pendus se bercent reniant le créateur une vitre illuminée d'un building
attachés aux pylônes présences maudites montre une pute buvant à l'empire
le cycle de la lune au-dessus du tabernacle une rousse qui concasse avec ses crocs
clignote des pygargues ivoire les glaçons de Titus
passage des règnes solstices des cintres d'artifice
milliardaire transalpin
lumière diaphane
lupus érythémateux
c'est l'éclipse lunaire baignade de la menstruée
et la vampe se peaufine dans une maremme artificielle
faciès et luxure du père Luici
dédale de la substance vitale
le miroir de chambre se brise
la rose se fane
une nuée de pétales est parachutée
recouvre la scène
une volée de mouches
s'élève de la terre en serpentin
6. Sylvia de l'eau rose
Sous un ciel laiteux
tapis de papiers d'or qui tourbillonnent
L'enfant aux yeux noirs danse en cercle
autour de six chandelles factices
près du marais cinabre
Sylvia de l'Eau rose gémit
Erofeuthère! Erofeuthère! Erofeuthère!
La fillette serre une clef dans son poing
et frappe sa poitrine à fréquence régulière
Erofeuthère! Erofeuthère! Erofeuthère!
Natasha grignote des biscuits
aux formes de clochettes et de pattes d'ours
laisse les miettes au carcajou
La vieille dame à l'aide d'un thyrse
indique l'est l'ouest le sud et le nord
Erofeutère! La fillette tranche le cou de l'oie
Et le sang gicle sur sa robe anniversaire
* * *
Natasha observe la scène depuis l'iris d'un aigle
Les bambins apparaissent jaunes panoramiques
Le petit homme court aux côtés de Sylvia
Le petit homme au t-shirt taillé dans la peau d'un poisson
À l'attaque de la proie
à l'approche de ses serres
il chute et soulève une motte de terre
Son genou saigne sous le ciel bleu
S'hatan cherche à le pousser aux limites du fjord
* * *
La rivière aux parcours sinueux
avec ses pierres recouvertes d'algues vertes
respire la vie embrouillée
7. La hantise
Revenez mélodies de tout l'univers
écouter la pluie se heurter aux fougères
l'enregistrement numérique des spores
Bougez comme les chandelles
dansez sous l'hydromel
Écoutez l'être en possession d'amour magique
Où du regard chaque fois
en conjonction
se posent un soleil et une lune
Où dehors tout respire le benjoin de Siam
maintenant
même les voix de la pluie heurtant les plantes vasculaires
Écoutez l'étrange gémissement émergeant d'ailes
Sylvia danse
Ève de glaise sous l'averse
voilant l'éclat des astres
* * *
Elle porte un coeur d'hirondelle
Dans sa chaumière elle panse les poignets du poète
tout est ficelle
Sous le toit de marguerites et de pivoines
Où l'intérieur est parfumé de fruits mûrs concoctés
Sylvia endort le mal
uniquement lui redonne sommeil
Cheveux et yeux ébène
se mirent dans ses reflets
le souvenir d'un enfant
qui baigne dans l'eau salée
flottant en croix
inversé et glacé
Un suicide onirique conservé dans une nappe de pétrole
bleue de tendresse
8. Fea
"Rien n'est exclusif ni le fruit ni la fleur"
Je me dirige
me guide au bruit de ses gourmettes
Mon amie la poétesse au parfum de santal
qui croit que rien n'est exclusif
ni le fruit ni la fleur
Mon amie la liberté et le mystère
que je visite en signe de recueillement
Sous la voûte
nous passons à la fornication
au sous-sol d'une maison délabrée
où jadis nous fîmes un pacte de sang
romantisme d'une enfance froide et programmée
génétique
une pièce cimentée abandonnée éclairée de cierges votifs
où sur les murs s'affiche le visage d'Élisabeth Bathory
Mon amie Christine porte des vêtements déchirés
empruntés aux défunts pairs
qu'elle a trempés dans le sang d'animaux
d’oiseaux
aigle pinson oie mouette corneille
Mon amie qu'on surnomme Fea
"Le vampire demeure ton chien" me chuchote-t-elle
en m'embrassant le cou
mordillant mon lobe gauche
"Tous les monastères sont murés de vampes
des menstruations d'Aphrodite
Tous les enfants torturent un jour les bestioles
vers vipères crapauds mouches
et le luxe d'une libellule dévoreuse de têtards et de mouches
Alors que les plus sages s'attaquent aux nouveau-nés"
* * *
Ma blonde amie est insomniaque
En classe
les rayons de lumière la pâlissent
aux côtés de l'âme soeur Sylvia au teint de plein air
ACTE 3
le projet des animaux
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le dernier croissant est transparent
c'est la pleine lune
indigo
la chambre vacille
sur un tapis de feuilles pers
stagnantes
le lit repose sur quatre obélisques
sculptés de motifs floraux d'un quincailler
les oreillers se moulent aux stèles
la couverture de loups est cousue de symboles
on découvre des étagères
sous le jeu des lumières bleutées
et des figurines
Luici Fea Natasha Sylvia Alexandra Christine
avec des animaux et des bestioles vivants
la fenêtre est devenue une tonnelle
des rosiers séchés l'ornent
en perspective
l'horloge de grand-mère fait des tic-tac
au-dessus du lit
des crucifix
que l'on a peints sur des toiles et des murs blancs
des crucifix avec un oiseau différent sur chaque croix
des symboles d’incompréhension véritable
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9. Carnaval en blanc
Voici le bal des difformes palatins
des mannequins manchots et des erratiques boîteux
Le bal folâtre des travestis au loup de velours blanc
Dans la grisaille le cri de l'hypercocorico papaple
en travers des rires exhilarants extatiques
des accoutrés bizarrement grotesques
Dans la grisaille les intestins avariés et les raisins
et la braguette du comptable
entre les pomponnettes de la députée
Les couillons placés sur les tournebroches
méchoui dansant au son harmonieux des flatulences
des fétides qui sentent tout et ne ressentent rien
* * *
Croire ce que l'on veut comme une lune de sang d'été
L'ours clown au masque d'homme
m'apporte un gâteau à la crème fouettée
rond blanc comme l'hostie de Charlemagne
* * *
Il n'y a que le fou migrateur
espèce de trouvère innocent en échasses
contre l'autorité et les affamés marmiteux compendieux
C'est le carnaval d'automne des déviés en liberté
Et la marmotte ressuscitée sur le terrain du carambouilleur
s'enferme dans son trou
* * *
Le code secret est révélé dans le poisson sur un céphalopode d'évêque
l'eau s'ajoute au vin
incompréhension du message venant du coq en crosse
Les animaux et les insectes servent d'exemple
le bourdon et la tarte à la crème
utiles qu'aux pataphysiciens
comme la lune gâteau et les bougies soleil
aux anniversaires politiques
* * *
Je ne suis plus responsable de ma création
Les animaux sont des modèles de chair et d'os
De la fenêtre je vois toujours le mal
et dans mes songes je vole comme l'oiseau
l'ours cherche à me déchiqueter
et les esprits féeriques sont en attente de saisir
une main
outil de l'esprit
un pied
outil du corps
un membre qui enfreint l'espace
l’espace réservé aux couvertures agnelines
10. Exorcisme
Sur la scène sis un immense pentagramme
pointé vers l'Orient
du haut des balcons pourprés
illuminé de cire vierge
accompagné des pupilles de marionnettes ventriloques
* * *
Je suis l'être et le dieu racorni
vade retro science casuistique
Je ne figure plus dans cette humanité réelle séante
cartilage d'étoiles filantes
Je me vois me voir vu du miroir
le médius ciselé par l'aigrette
écrire seulement lorsque l'auteur se présente à soi
J'imagine ce géant tenant Sibylle
tenant l'atome tenant le secret tenant le vide plein
et pourtant il n'y a personne à la représentation
et pourtant tous recherchent l'émotion et le triomphe
même Alexandra l'ange ictérique
involution et saburre des mortels vivant dans le rêve
Qu'il sorte de moi comme un ballet d'esprits
exorcisme de la panique
exode de l'animal parti des airs
* * *
À l'entracte
la pantomime trébuche sur le tréteau
à la hauteur des poupées des jouets manipulateurs
il implore aussitôt les gargouilles et diablesses présentes
sculptées dans le plâtre du passé
* * *
L'être obéit à la voix des différentes consciences
Se pourrait-il que la création ne soit qu'opératoire
modelée d'esprits et d'âmes
anima sans modifier la substance molle
Où tous les individus à jeu de rôle changent de vie
Seuls l'auteur et le spectateur qui assistent à la prestance
sortent du rêve imaginé par le créateur imaginaire d'imagination
Ricanement des fées qui s'amusent à jouer à l'esprit Oui-oui
Vous toutes qui souhaitez un nom à vos nons
...le non-réel gruge comme un riche devant un gibet de lapin
par ignorance connaissance ou magie
le nabot le chercheur et l'illusionniste figurent dans le projet...
11. Le souffle inversé
j'entends les pas de Luici
transportés par le vent
le temps d'une image
je sens l'odeur saline du temps
j'entends ce qui s'approche du large
j'entends le tic-tac du souffle
depuis ma cellule ciam
diapositives de mes vaisseaux
j'entends le glissement des neuvaines
m'exorciser avec cette eau chimère
me retirer le pouvoir des mots
le regard sur la pierre
recroquevillé
sous d'ardoises poussières
l'aile repliée
dans l'ombre projetée des barreaux
les mouettes piaillent
avec une pierre d'emeril
j'écris pour me lire
une prison de toiles d'émeri
rien d'exotique ni de latino
le nickname de la marraine Natasha
aux miroirs de mânes
occupée par le roi des rimes de Rio
tout circule en suspension tout circule en suspension les mouettes à capuchon
l'ouïe l'odorat la vision échappent des piaillements
observe par la porte les ongles crissent le tableau
une blatte se pointe un homme en noir
le souvenir d'une tranche marbrée observe par la porte
sur sa carapace le garçon en blanc la mémoire se vide
des larves qui dévorent qui ignore ce langage l'esprit s'échappe du cerveau
le corps du visiteur nocturne c'est la nuit du corridor les artères communiquent avec les veines
scènes accélérées le tunnel du crépitement carroussel des animaux
vitesse de meurtrissures c'est si répété
et le coeur compacté de sang
tout circule en suspension éclate au-dessus de la terre
molécules le gisant de griotte compose
j'écrase l'insecte chaque fois qu'un ver s'éloigne
il vit dans son jus il le ramène en lui
il vit comme jamais
j'entends
le chuchotement des lecteurs
l'antimot des vers
le sortilège de Sylvia
l'inversion
d'une direction
qui n'allait nulle part
venait de quelque part