LES GRIFFES DE CTHUKLUHU

Le vidéoclip : juste du sexe, de la violence

pis de la religion

 

L'importance de la musique chez l'adolescent n'est plus à démontrer. L’ado écoute la musique qui fait chier ses parents et ses profs. C’est prouver! Les vidéoclips sont donc, en quelque sorte, les dignes représentants de ce média où on observe, en fort pourcentage, la présence de la violence et de la sexualité, l'attribution de rôles sociaux, l'influence du phénomène religieux et du genre fantastique.

Le vidéoclip, tout comme l'engouement du genre fantastique, apparaît dans les années 1980 (1981 Much Music et 1986 Musique Plus), comme technique de consommation de masse de l'industrie du disque et, sous le couvert de la publicité, notamment par la succession d'image, l'harmonie entre l'image et le rythme de la chanson, et surtout le flash. En fait, ces réseaux sont, sous le déguisement, des entreprises publicitaires, dont la cible est l'individu âgé entre 12-35 ans (les moins de 18 ans sont les plus grands consommateurs de disques). Ces canaux de télévision avec leurs publicités ciblés entre les présentations des vidéoclips, les vidéoclips, les entrevues d'artistes (des gens marginaux), etc., ont une grande influence sur la mode et la quête identitaire des adolescents --a titre d'exemple récent, la mode skeater. Un skeater, en hiver, c’est quéqu’un qui ne veut pas dire le mot " planche à neige " parce que ça fait trop gay, trop tapette.

Bon revenons à notre vidéoclip. Ce dernier est construit selon les auto-références que l'on nomme parataxe: des référents culturels issus de films, de bande dessinées, de livres, d'actualité auquel on peut faire des parallèle avec des événements réels, qui ont eu lieu. Pour les cons, ceux qui n’ont pas encore compris ce que c’est un parataxe, les Simpson, South Park et Ned et son Triton en font plein.

Également, comme dans bien des publicités, l'image du vidéoclip séduit, l'image surprend, l'image choque, et surtout, l'image n'est pas en lien avec le thème ou les paroles de la chanson. Autrement dit, ça ressemble aux couvertures de livre de SF de J’ai Lu –aucun rapport avec le texte.

Au tournant des années 1990, deux études menées par un professeur de l'Université Laval avait démontré la dimension sexuelle et sexiste dans les vidéoclips. Chaque étude révélait approximativement les mêmes statistiques: 60% des vidéos ont pour contenu la sexualité (pulsions ou sensations); 45% les célébrations et 53% la violence et le crime. Lorsqu'on sait que 93% des vidéoclips sont des portraits inhabituels de la réalité, c'est-à-dire, des abstractions visuelles, on peut facilement imaginer que l'adolescent vit davantage dans le fantasme que dans la réalité (Je bande, donc je suis). Aussi, un vidéo sur quatre, renferme une symbolique exploîtant la relation sexuelle et le plaisir du sexe. En plus d'être fortement sexiste, les vidéos mettent en évidence des filles âgées entre 18 et 25 ans. Ces dernières sont issues d'un milieu fortuné et portent des vêtements provoquants. Dans 70% des cas, les gestes posés par ces filles ont une connotation sexuelle ou érotique.

En 1997, une étude d'Alain Bouchard* a cherché à montré tout l'aspect religieux contenu dans le vidéoclip. À la base, la musique est souvent inscrit dans une dimension religieuse: les pochettes de CD (Bad Religion, Slayer avec Seasons in the Abyss, Deicide avec Legion), les titres de chanson (Lucifer de Kevin Parent), de l'album (Seventh son of seventh son d'Iron Maiden), le nom du groupe (Madona, Testament, Abba, Nirvana). Selon l'étude de Bouchard, 38% des vidéoclips ont une imagerie religieuse, que l'on peut regrouper en trois principales catégories: symbolique, images sans lien avec les paroles, images en lien avec les paroles. Ma conclusion est plus irritante : quand c’est rendu qu’il faut utiliser le religieux pour les vidéoclips, on est rendu pauvre pas à peu près.

Selon Bouchard, la plupart des vidéoclips présente une symbolique religieuse: croix, gospel, ange, symbole, prête... se retrouvent souvent parmi les scènes présentées sous forme de flash. D'autres vidéos sont de véritables croisades (ceux de KLF); un combat contre la conspiration du mal ou encore ont une consonnance chrétienne en raison des croyances de la vedette, notamment Michel Jackson (depuis son enfance jusqu'en 1990, il était témoins de Jéhovah). Son oeuvre vidéo-clip transparaît des valeurs du mouvement: images paradisiaques, aux couleurs des dépliants de la Tour de Garde, aculture ou mondialisation des cultures, abolitions du racisme...

Mais, le plus souvent, dans les vidéoclips, on cherche à montrer les points négatifs de la religion traditionnelle (le catholicisme) --c'est le "Losing my religion" (j'ai perdu la tête). Madona en est le porte-parole officiel et l'ensemble de ses vidéoclips, semblable aux paraboles des Évangiles, rassemblés, présentent un streaptise de la star: pygmophilie (Like a Preacher), lesbiennisme (Rain), sado-maso, etc.. Madona est obsédée par le péché, dénonce surtout la morale sexuelle dépassée par l'Église et clame tout haut: "Je vis ma religion à moi". Ses vidéoclips discréditent la religion officielle et fait la promotion de la religion individuelle. Elle n’a donc aucun mérite. Chier sur l’Église, y’a rien de plus facile.

Ce qui m’amène à dire, en grande conclusion, que les vidéoclips sont de la merde pour adolescents merdiques. Et que le pire, c’est que les adolescents aiment ça. Ben, mangez-en d’la....!

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