Prison Blanche
Auteur:Bufangelie
Email:[email protected]
R�sum�:Aucun
Note de l'auteur:Aucune
Disclaimer:Ce site est un site sans but lucratif qui regroupe des oeuvres sur les personnages du Buffyverse et du Angelverse. Les auteurs �crivent uniquement pour leur plaisir. Tous les droits reviennent � Joss Whedon, Mutant Company, Fox, UPN...
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Je suis prisonni�re de ces 4 murs blancs qui m'enferment, qui me d�truisent, qui me tuent. Lentement, mais surement. Un jour, ces murs finiront par m'avoir. Tous les jours, ces hommes en uniforme blancs viennent, ils m'examinent. Ils prennent des notes. Beaucoup de notes. Ensuite ils vont discuter avec leurs coll�gues. Je suis trop loin pour entendre, attach�e sur mon lit, mais quelques bribes de leur conversation parviennent jusqu'� mes oreilles.
"Elle s'est invent� un monde", "elle est folle"... Ces mots reviennent si souvent. Mais ils ont tort. Oui, ces pseudos-m�decins ont tort. Ils ne savent rien. Rien de la v�rit� que cache la nuit, rien des horreurs que camouflent le noir. Moi je sais. Moi je les ai v�cues. Tous ces monstres, ces d�mons, ces b�tes. Et tous ces humains qui sont plus monstrueux que les monstres. Les d�mons se contentent de tuer, les humains d�truisent les vies.
Non, ils ne connaissent rien. Et quand quelqu'un tente de leur montrer la v�rit�, de leur ouvrir les yeux, ils les referment aussit�t. Et ils nous qualifient de fous, de d�rang�s. Ils nous attachent et nous gardent enferm�s dans ces 4 murs blancs qui nous rendent v�ritablement fous. Ils nous font douter. Ils s�ment la confusion dans nos cerveaux. Et si c'�tait eux qui avaient raison? Si rien de tout �a n'avait r�ellement exist�? Peut-�tre que c'est moi, apr�s tout. Peut-�tre que j'ai r�ellement invent� toute cette histoire pour �chapper � la r�alit�, qui se montre parfois si cruelle.
Je vois ces images, je ressens ces �motions. Sont-elles fausses? Sortent-elles de mon imagination? Les pens�es s'entrechoquent dans ma t�te. Je veux les chasser, mais elles refusent de me quitter. Elles sont en moi. Elles sont moi.
Ma m�re entre dans ma chambre blanche. Elle s'approche et prend ma main. Comme chaque fois. Elle me d�visage, n'arrivant toujours pas � croire que sa ch�re petite fille soit folle. Elle ne comprend pas. M�me si mes yeux lui crient la v�rit�, elle ne voit rien. Elle refuse de voir. J'ai envie de crier, mais ma voix refuse de se faire entendre. Depuis que je suis ici, les sons refusent obstin�ment de sortir de ma gorge s�che. Je ne veux plus parler, personne ne m'�coute. M�me ma m�re ne m'entend plus. Comme tous les autres, elle ferme les yeux.
Ils me donnent des pillules, croyant que �a me fera oublier mon autre vie. Et quand ils me permettent de sortir de ma chambre, je me prom�ne des heures durant. Pendant ces promenades, je me souviens des sensations. Des odeurs, des bruits. Des couleurs. Je sens la brise sur moi. Elle me soulage. Je regarde autour, et je me souviens. Je me souviens d'eux. Je n'ai que ma m�moire pour me souvenir. Ils m'ont pris tout ce que j'avais. Les photos, les objets. Malgr� tout, je les revois. Je revois Willow. Je revois Alex, ou bien Giles. Je leur en veux, et pourtant je leur pardonne. Je leur pardonne de les avoir laiss�s m'amener. Je les regrette. Ils me manquent. Tout me manque. Les combats, la force, les rires, les secrets, les r�unions... De toute cette vie, il ne me reste que mes souvenirs. Qui s'estompent lentement, r�sulat des trop nombreuses heures d'enfermement.
Et apr�s mes ballades, je suis � nouveau prisonni�re, regrettant d�j� ma libert�.
La porte s'ouvre, laissant entrer un rectangle de lumi�re. Il est tard. Recroquevill�e dans un coin, serrant mes genoux contre moi, j'attends que l'inconnue parle. Je ne le regarde pas. Mais sa voix quand il prononce mon nom... Si tendre, si rassurante, si famili�re. Un dr�le de sentiment, un vieux frisson me parcourt l'�chine. C'est lui, il est l�. Il est venu me sauver, comme il me l'avait promis. Les larmes embuant mon regard, je l�ve lentement les yeux. Il me regarde, et je sens que je lui fais peur. Ce que je suis devenue, une pauvre petite fille effray�e, lui fait peur. Malgr� tout, il s'approche et se penche � mon niveau. Il prend ma main, mais la retire aussit�t quand je sursaute � son contact. Il y a si longtemps que personne ne m'a touch�... Il regarde dans mes yeux. Il le voit. Il voit que je ne suis pas folle. Je suis toujours moi. Je suis toujours sa Tueuse, et il est mon vampire. Il lit en moi, il est le seul qui ose le faire. Il voit les horreurs que j'ai subi, il voit la confusion qui me hante. Il me tend � nouveau la main, sans me toucher. Je le d�visage, puis prend ses doigts. Il les serre. Si fort que j'en ai mal. Il se rel�ve et je l'imite. Mes jambes sont faibles, trop faibles. Je tombe, mais il me rattrape. Ses yeux sombres plongent dans les miens, aussi verts que dans le pass�. Il me sourit et ouvre la porte, sortant la t�te pour regarder dans le couloir. Il n'y a personne. Il sort, et je le suis. Je le suivrais n'importe o�. Je souris en voyant le garde assomm� inconscient par terre. C'est bien mon Angel.
Nous courons dans les couloirs et je ris. Oui, je ris comme une folle. C'est si bon de se sentir libre pour le vrai. Il m'entra�ne jusqu'� une fen�tre et me fait signe de sortir. Je m'ex�cute et je me fige une fois � l'ext�rieur. Ils sont l�, ils sont tous l�. Et mes pens�es cessent de s'entrechoquer. Ils sont r�els. Je ne les ai pas imagin�. Angel me rejoint et sourit, heureux de me voir heureuse. Je le serre fort contre moi, ne sachant pas comment le remercier. Il m'a rendu ma libert�. Il embrasse mon front et ce simple contact me ram�ne � la vie. Il m'a sorti de ma prison blanche.
Je le savais; ces m�decins avaient tort, je n'ai rien imagin�s...