Un peu sur moi ...
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Son rêve : Avant-goût
Les rêves existent.
  Qu’est ce qui nous fait apprécier un rêve ? Le fait que ce rêve soit beau ? Bien sûr ! Mais ce rêve, sera-t-il aussi beau dans ce livre? Vous vous posez sans doute la question.
  Un beau rêve, c’est volatile. On l’aime quand on le vit, mais un beau rêve ne supporte pas d’être connu. Il a peur et il se dessèche. Sa carcasse reste là, mais son âme, cette âme qui le rendait si beau, s’est envolée dans les poussières d’étoiles qui nous les font rêver la nuit.
  Si je faisais un livre sur des beaux rêves, on s’endormirait à la première page. Et si j’avais à l’écrire, ce ne serait pas un beau rêve ! C’est pourquoi je vais raconter des rêves... Des rêves inusités.
  Un beau rêve, c’est trop beau... À un point tel qu’en les racontant, ces rêves nous semblent banals. Ils ne le sont pas réellement, mais il faut le vivre. C’est le vivre qui nous le rend si agréable. Par l’intervalle d’une feuille de papier, je n’ai pas la prétention de pouvoir vous faire vivre pleinement un beau rêve. C’est ainsi qu’ils sont faits. Ils se dessèchent lorsqu’on les écrit, ils paraissent banals et la nature en profite. Avez-vous déjà remarqué à quel point il est difficile de se souvenir d’un beau rêve lorsque nous nous éveillons ? C’est l’intervention phénoménale de la vie. Elle nous fait oublier ces rêves pour ne pas qu’on les trouve banals justement. Elle nous les fait oublier pour que nous ayons un souvenir épar de ceux-ci. Et ces rêves nous laissent une bonne pensée, un sentiment de bien-être. Voici la preuve que les sentiments jouent un rôle indispensable pour l’événement créé dans le beau rêve :
 
 
Nous possédons deux cerveaux entièrement indépendants. L’hémisphère droit et l’hémisphère gauche. Chacun aurait son esprit particulier. Le cerveau gauche travaillerait en analysant tout en chiffres. Le cerveau droit travaillerait en analysant tout en formes (On pourrait aussi dire : le premier fonctionne en numérique et le second en analogique.) Sur une information identique, l’analyse est différente et peut déboucher sur une conclusion complètement opposée. Il faut pourtant que les deux se mettent en accord sinon on risque de graves troubles psychiques. Il n’y aurait que la nuit que l’hémisphère droit-conseilleur-inconscient pourrait donner son avis par l’entremise des rêves au gauche-réalisateur-conscient. Un peu comme si, dans un couple, une femme intuitive glissait furtivement son opinion au mari très matérialiste. […]
   
Extrait de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu par Bernard Werber.

  Voyez-vous ? Si je devais écrire un livre sur de beaux rêves, je ne devrais faire fonctionner que la partie droite de mon cerveau, ce qui est impossible pour moi, je crois…
Revenons à l’éveil. Paf ! Un beau rêve interrompu par le réveille-matin. Tout se suit. Premièrement on tente de le continuer en se rendormant, mais nous savons que c’est peine perdue, il est presque déjà parti. Faute de moyens pour s’assommer, on s’invente une fin selon notre humeur. Deuxièmement, on se lève. Le rêve est souvent déjà très loin dans l’espace à ce moment. Certains rêves chanceux peuvent se frayer un fin chemin olfactif dans notre mémoire. Ce qui me compliquerait encore plus la tâche en écrivant ces rêves «banals» : je devrais m’en rappeler ce qui n’est  pas chose courante chez moi.
J’avais parlé plus haut que les rêves de desséchaient et partaient dans les poussières d’étoiles qui nous les font rêver la nuit. Ce n’était pas pour faire poétique. Vous allez comprendre :

 
[…] Selon le professeur Theillard, ce cerveau droit intuitif aurait un autre don. Celui de se brancher sur ce qu’il nomme la noosphère. La noosphère (aussi baptisé Grand Inconscient Collectif par Carl Jung) serait une sorte de grand nuage encerclant la planète comme l’atmosphère ou la ionosphère. Ce nuage immatériel serait composé de tous les inconscients humains émis par les cerveaux droits. Cela constituerait comme un grand Esprit Immanent, l’Esprit humain global, ce que Bergson appelle Dieu. La nuit, notre cerveau droit aurait la capacité d’aller puiser dans ce magma noosphérique la pensée globale composée de l’addition de toutes les émissions de cerveau droit des humains. Un peu comme si notre hémisphère inconscient savait se brancher sur la longueur d’onde radio où se trouvent les vraies informations primordiales. C’est ainsi que nous croyons imaginer ou inventer des choses alors qu’en fait c’est notre cerveau droit qui va les piocher là-haut. Comme notre cerveau gauche écoute bien notre cerveau droit, l’information passe et débouche sur une idée qui peut se concrétiser par une œuvre. […]
   Extrait de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu par Bernard Werber

  Je ne parlerai pas seulement de cauchemars mais de tous ces rêves «Bizarres» que le commun des mortels est capable de facilement se souvenir. Ces rêves sont souvent sans queue ni tête, donc ne vous concentrez pas sur les passages mystérieux, ils le sont. Videz-vous de votre cerveau avant de lire ce livre. Ne réfléchissez pas, laissez-vous bercer par le rythme des mots, fouillez dans votre tiroir de sentiments et touchez au spécimens que vous avez en banque; vous comprendrez donc plus facilement.
  Vous remarquerez que j’utilise beaucoup le personnage masculin. Ce propos n’est pas sexiste, c’est seulement qu’il est plus facile pour moi de me mettre dans la peau d’un garçon. Je ne désirerais pas émettre de fausses impressions féminines.
  Veuillez également noter que j’utilise le terme «chapitre» pour séparer mes idées. Il est important de le mentionner puisque, vous le verrez, la plupart des chapitres ne couvrent qu’une page. Les chapitres de romans sont beaucoup plus élaborés et méritent beaucoup plus le terme de «chapitre» que les miens. Or, dans Le petit Larousse illustré 2000, au mot chapitre, on peut lire :
 
CHAPITRE n.m. (du latin capitulum). 1. Division d’un livre, d’un traité, d’un code, etc. […]
  Le chapitre n’est donc qu’une manière de diviser des idées écrites et ne spécifie pas si nous avons affaire à une grande ou une petite division. Je suis donc parfaitement dans mon droit.
  Ce livre est en fait un recueil de petits récits assez courts dont il faut s’imprégner rapidement.
Mise en contexte
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