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RAPPORT FINAL DE L'ATELIER
« L’ECONOMIE SOLIDAIRE : ENJEUX ET PERSPECTIVES ».
Alger, les 15 et 16 juin 2002.

Les 15 et 16 juin 2002, sous le haut patronage de Monsieur le Ministre de la Solidarité Nationale et de l’Action Sociale, un atelier portant sur les pratiques de l’économie solidaire a été organisé à Alger par les associations « Mouvement Ecologique Algérien (MEA) » et l’Association Nationale de Volontariat « Touiza » en collaboration avec le CRIC – Centro regionale d’intervento per la cooperazione (Italie). L’atelier fait partie intégrante du projet « MED 2000 » coordonné par CRIC/DECEP et co-financé par l’Union Européenne et le Ministère des Affaires Etrangères italien. 

L’ouverture de l’atelier s’est faite à 9h30 et a été rehaussée par la présence du représentant de Monsieur le Ministre de la Solidarité Nationale, du DG de la CNAC, du représentant du CRIC, du Président du MEA et du Secrétaire Général de l’Association Touiza, ainsi que par celle des invités et des participants étrangers (italiens, français, espagnols, tunisiens) et nationaux.

Monsieur le Professeur SEKKAL Zohir, Président du MEA coorganisateur de l’Atelier, a pris le premier la parole en saluant tout d’abord l’ensemble des participants pour avoir répondu à l’appel et en remerciant les individus et organisations qui ont soutenu l’initiative, notamment le CRIC grâce à qui la réalisation de cette rencontre au sud du bassin méditerranéen en terre d’Algérie a été possible.

Il développera le processus par lequel est passée l’idée de cette rencontre pour aboutir à sa réalisation, et des efforts déployés par les organisateurs, entre autres le CRIC, MEA et Touiza. Il s’excusera du changement du lieu de la rencontre initialement prévu à l’hôtel El-Djazair, pour des raisons incontrôlées de dernière minute.

Il rappellera brièvement l’importance du thème retenu d’Economie Solidaire et des impacts attendus. Il remerciera les sponsors pour leur aide matérielle concrète en invitant l’assistance à profiter pleinement des travaux de l’atelier.
Après une rapide description des activités de chacune des associations concernées (MEA, Touiza et CRIC), il passera la parole à M. SAHLI, vice-Président de Touiza, chargé des activités de développement Solidaire,  pour présenter le programme des deux journées de travail.    

Il développera les objectifs assignés à l’atelier, de l’expérience des pays du bassin de la Méditerranée à travers les ONGs participantes. Il  s’étalera largement sur l’expérience vécue et acquise par Touiza dans le cadre de ses actions sur le terrain et à travers les projets qu’elle anime. Il tardera sur la problématique de l’économie solidaire et ses différentes facettes. Il insistera sur l’intérêt de ces journées d’étude pour permettre de recueillir un certain nombre d’éléments constitutifs pour aider à l’élaboration de projets à faire financer par les institutions internationales (PNUD, UE, institutions diverses, ONGs, etc…).

Monsieur SEKKAL a remercié le Directeur Général de la CNAC pour sa présence à cette ouverture. Il a présenté Monsieur Torino PERNA, Président du Parc National d’Aspromonte et co-fondateur du CRIC- Centre régional d’intervention pour la coopération de Reggio Calabria, Italie du Sud.

Monsieur Torino PERNA : Le CRIC est une ONG créée au sud de l’Italie (Calabre) en 1980. Le CRIC a acquis une grande expérience en déployant des efforts avec l’objectif de valoriser toutes les ressources possibles et de confronter les expériences de la Méditerranée dans un souci d’intérêt mutuel.

Il se basera essentiellement sur le programme Med-2000 qui a créé une certaine dynamique de rapprochement entre différents partenaires dans la Méditerranée autour du thème Economie- Ethique-Environnement. Le projet se déroule sur trois ans et fut initié en l’an 2000. Plusieurs activités d’information et de promotion de nouvelles pratiques sociales (économie solidaire, finance éthique, commerce équitable, etc.) sont en cours dans 8 pays de la Méditerranée. Le projet bénéficie du soutien de l’Union Européenne et du Ministère italien des Affaires étrangères. Les thèmes traités sont très actuels, tant au Nord, au Sud qu’à l’Est de l’Europe, comme en témoigneront d’autres intervenants. 

L’apport et la volonté du CRIC est de renouer les liens avec la société civile de la Méditerranée de la meilleure façon possible, afin de tisser un certain nombre de relations sur la base de la valorisation des ressources humaines. Pour cela, le CRIC essaie de promouvoir une meilleure connaissance des acteurs qui oeuvrent dans la Méditerranée pour soutenir les économies locales, sauvegarder l’environnement, etc. 

Il met en exergue les acquis des Parcs Nationaux, et du succès du séminaire MEDPARK qui s’est déroulé en juillet 2001 en Aspromonte sur le rôle des parcs et des aires protégées pour un futur durable en Méditerranée, en insistant sur le fait que ces structures devraient d’avantage jouer le role de laboratoires d’innovation sociale et devenir des exemples de partenariat entre secteur public, privé et acteurs de la société civiles (associations, ONG, coopératives, etc.). Il cite certains cas de bonnes pratiques en cours au Parc d’Aspromonte.

Il aborde enfin l’intérêt d’ouvrir une réflexion commune sur les modalités d’intégration du Maghreb dans la vision euro-méditerranéenne et de permettre de catalyser de nouvelles énergies.

La parole est donnée ensuite à M. ATTATFA, cadre supérieur et représentant de M. le Ministre de la Solidarité Nationale qui rappellera l’intérêt, les analyses et la démarche de la Conférence nationale contre la pauvreté placée sous le patronage du Président de la République. Il citera la démarche du processus de lutte contre l’exclusion et la pauvreté. Celle-ci a atteint des niveaux alarmants un peu partout sur le territoire algérien et un nombre très important de communes (la majeure partie des communes du pays) est concerné par cette situation. Des solutions doivent être apportées à ces problèmes et la participation du mouvement associatif est l’une des meilleures solutions à encourager afin de seconder l’intervention de l’administration qui supporte de  très lourdes actions dans le domaine. L’intérêt de cet atelier qui entre dans cette logique est important. Il faut relever le défi qui se  pose à nous afin de participer à l’élaboration et l’enrichissement d’un plan de développement et de lutte contre la pauvreté sur une période de 05 ans, pour essayer d’enrayer ou du moins limiter l’expansion des poches de pauvreté. 

Ceci pourra se faire notamment par :
? La mise en place de la décentralisation du pouvoir de décision ;
? l’expression de la solidarité par des aides aux personnes vulnérables ;
? la promotion du partenariat ;
? le développement du micro-crédit et de la micro-finance ;
? le développement du programme du logement social ;
? la formation de soutien aux jeunes ;
? le programme de soutien à la santé et l’hygiène publique, ect…

Ces différents programmes de soutien viennent appuyer les programmes nationaux de développement et  les stratégies locales.

La mise en place de programmes sectoriels au niveau des zones pilotes touchées par le terrorisme et l’exclusion (BENTALHA, Relizane, Remka, quartiers planteurs de la ville d’Orna, et d’autres localités à Oum El Bouaghi et Souk Ahras.

Abondant dans le même sens, M. SAHLI a fait une petite lecture rapide du programme dégagé par le rapport national sur la pauvreté.

M. le DG de la CNAC AIT BLKACEM, intervient pour saisir cette occasion pour rappeler son engagement et son expérience comme militant associatif. Il aborde la prise en charge par la CNAC de la gestion du volet de garantie et des risque liés au programme micro-crédit. C’est un dispositif de garantie institutionnel des micro-crédits, visant à assurer une bonne exécution du programme micro-crédit et une meilleure adhésion des banques. Il s’excusera de ne pas pouvoir rester pour assister aux travaux de l’atelier. 

M. BELAIDI : Histoire du mouvement associatif algérien et début de l’expérience de l’Economie solidaire. Il développe les concepts de l’économie solidaire et les différentes expériences en Algérie, notamment celle de l’association Touiza. Il s’étend largement sur les concepts d’économie sociale, de la coopération, du mouvement mutualiste et des rapports des ONGs réclamant l’Economie Solidaire avec la tutelle et l’administration, les conflits et les libéralisations progressives du mouvement associatif et son ancrage avec les réformes politiques et économiques.

Dans ce contexte, le mouvement associatif se base essentiellement sur les principes de la primauté de l’homme, le changement des rapports sociaux et la non lucrativité des activités. Un rappel rapide de la genèse du mouvement associatif mondial et en Algérie.

Il donne quelques détails sur le projet de la banque mutualiste de Touiza en promettant plus de détail pendant la deuxième journée, en commentant les démarches et tracasseries administratives auprès de toutes les administrations concernées par le projet, ainsi que les lourdeurs bureaucratiques et les difficultés réglementaires pour une telle action du mouvement associatif.

Il cite  l’exemple de  la CNMA (mutualité Agricole) avec laquelle Touiza a tenté de faciliter l’accès de son projet mais dont la tentative s’est soldée par un échec.

Le mouvement associatif est très important à travers tout le monde. L’Algérie qui est en proie à des difficultés énormes et de tout type ne doit pas continuer à marginaliser ce secteur qui peut être d’un grand apport. Seulement, l’Etat doit faire un effort pour faciliter l’activité du mouvement associatif notamment en accordant des facilités fiscales et parafiscales et faciliter l’émergence d’associations.

M. PERNA : L’expérience italienne en matière d’Economie Solidaire a eu des apports assez satisfaisants de lutte contre le chômage, la délinquance, le sous-emploi, etc…
  
Pour une situation assez semblable à celle d’Algérie, l’Italie est caractérisée par une économie informelle tout aussi développée qui est un champs assez propice pour une frange importante de la jeunesse n’ayant pas acquis un grand niveau de formation susceptible de lui assurer un emploi formel.

Ainsi, certains indicateurs économiques entendus durant cette matinée rappellent ceux de certaines parties du sud d’Italie qui sont aussi sous-développées. Ces dernières années 300.000 dollars ont été destinés au développement de cette région du sud d’Italie pour enrayer le chômage.  Les politiciens ont eu recours à des experts en développement pour garantir une approche de proximité. Il citera des cas concrets de mesures pour prendre en charge les difficultés et l’intervention de l’économie solidaire dans la solution  des problèmes. Les aspects de protection de l’environnement et de lutte contre les incendies de forêts sont des exemples frappant, comme les incendies des USA (90000 ha), d’Australie (12000 ha) etc… L’intérêt de protéger les parcours et les forêts doit se concrétiser dans une  nouvelle vision et démarche de développement intégrant la participation des populations de proximité. C’est une application des nouvelles approches de gestion participative appliquée actuellement dans tous les projets de développement incluant tous les acteurs possibles. 

Il est intéressant d’évoquer ici la notion de responsabilité sociale et de l’intérêt des échanges d’expériences entre le nord et le sud.

12h00 : M. KERBOUA A.  Il est expert auprès de l’Union Européenne est intervenu sur la notion d’économie solidaire. Dans son intervention, il insiste surtout sur la mise à niveau de l’économie par rapport au marché mondial et à la concurrence (la mondialisation de l’économie). Il a mis l’accent énormément sur la notion de performance et d’obligation de résultats économiquement acceptables.

A l’issue de cette intervention, le débat a été ouvert :

M. BENDAOUD de l’AEB s’est insurgé contre l’application abusive du terme assistanat, en indiquant que les mesures sociales de l’Etat ou autres partenaires sont nécessaires pour la population. Il a relevé, à son sens, une absence d’utilisation du terme de la rentabilisation sociale et une sorte de rejet de l’économie solidaire publique. Il trouve enfin que toute la notion d’économie solidaire est en réalité un retour au système socialiste par d’autres voies.

M. BELLAL (ANSEJ) a insisté sur le fait que l’économie solidaire de proximité nécessite impérativement des partenaires à un niveau local. Dans ce cas, il souligne l’absence des communes comme entrepreneurs publics dans le cadre de tout projet solidaire. Cette absence ne peut être que limitative du succès de ces projets.

Pour M. GASMI (Touiza), qui se reconnaît comme profane, les notions d’économie et de développement sont liées particulièrement à la logique d’emploi et de chômage. Il s’est demandé quelles pourraient être les propositions et les recommandations concrètes pour lutter contre ce problème de chômage à travers les projets de développement solidaire. Il s’est demandé également sur le mode de relance de l’agriculture et l’économie rurales paysannes, dans une question adressée à M. SAHLI.

M. Chikh BENDADA (Béchar) trouve que les notions de projet mutuel de développement solidaire, notion d’utilité publique et tous les termes d’économie solidaire sont assez éloquentes, mais est-ce que cela est possible actuellement en Algérie. En effet, pour lui, les lois ne seraient pas en inadéquation avec cela ? Qu’en est-il de la réalité sur le terrain ?

Monsieur PERNA estime qu’il faut réaliser des diagnostics économiques sans complaisance. Il cite des exemples de parcs, où l’Etat décide de l’instauration de parcs sans la participation réelle de la population locale, d’où l’échec est presque certain. L’Etat décide et les résultats escomptés ne seront pas atteints.

Madame SEDAOUI : Il a été commenté de forts taux de chômage en Algérie et en Italie.  A-t-on pris en considération l’économie informelle ? 

12h45 : Réponses.

M. BELAIDI : fait une remarque sur l’intervention de M. KERBOUA en indiquant réellement l’économie solidaire n’est pas très performante par rapport au système économique traditionnel, mais pour lui il n’y a pas d’antinomie entre les deux concepts, parce que dans ce cas on réfléchit par rapport à la répartition du profit autrement plus équitable. Il a décelé un certain pessimisme de la part de Monsieur KERBOUA quant à l’intervention du mouvement associatif dans cette problématique.

Par rapport au Tiers Secteur, il dira que c’est un domaine qui a pris ces dernières de plus en plus de l’ampleur et à l’air de s’installer fortement partout dans le monde et cela même dans les pays développés. Citant l’exemple de la France, il apparaît que plus de 800.000 emplois sont assurés par l’Economie Solidaire, ce qui constitue pour beaucoup un exemple évident pour affirmer que c’est une réelle alternative entre le collectivisme aberrant et le capitalisme sauvage. En France, l’Economie solidaire a depuis longtemps été institutionnalisée à un tel point qu’il existe un Secrétariat à l’Economie Solidaire. Si c’est le cas pour la France  et d’autres pays développés, qu’en est-il pour l’Algérie et d’autres pays en voie de développement ? Là, on a matière à débat.

En voulant donner un exemple pratique  organisé dans le cadre d’économie solidaire et à quel niveau peut intervenir le mouvement associatif, il citera rapidement l’expérience de micro-crédit de l’association Touiza et promettra plus de détails pour le lendemain avec l’expérience de micro-crédit et surtout du projet de la MADES (Mutuelle Algérienne de Développement et d’Economie Solidaire). 

Par rapport au chômage, il n’y a pas une organisation de la société civile spécialement pour ça, mais tous placent ce problème au cœur de la problématique de la pauvreté et de l’exclusion.

PERNA : intervient sur la problématique de l’intervention de l’Etat dans le domaine de la production de biens ou services commun Vs la privatisation et la notion de performance qui commence à poser de sérieux problèmes et des contradictions flagrantes.

L’exemple de la lutte contre les incendies de forêt en est le meilleur exemple. L’Etat paie des montant faramineux rien que pour les avions de lutte contre les incendies. Dans le domaine de repeuplement, c’est le même problème. L’Etat paie jusqu’à l’équivalent de 15.000 DA pour la replantation d’un arbre par an !! Ce sont des opérations qui ont été toutes accordées au secteur privé avec des coûts exorbitants et avec des résultats pas toujours évidents. La société civile est la solution  si on a un nouveau type de relations avec le pouvoir local. 

Ici, il approfondira la notion d’entrepreneur public qui devra s’occuper des biens communautaires en général ; la société civile est la mieux placée pour intervenir sur plusieurs problèmes touchant la communauté, c’est l’exemple des forêts et leur préservation, le ramassage des déchets, la santé, etc… L’intervention de la société civile est beaucoup plus efficace pour un budget de loin moindre que celui occasionné par l’intervention d’un entrepreneur privé.

Alors, la question se pose. Quelle type de privatisation voudrait-on pour la gestion de ces aspects ? La grande erreur serait l’absence de contrôle et d’éthique.   

Par rapport à la question de Monsieur BENDADA, la création de parcs à travers tout le monde a été toujours autoritaire sans tenir compte de la population locale. En effet, la population ne veut pas entendre parler de parc; en Europe, il s’agit de chasse et de pêche, et dans les pays en voie de développement, il s’agira de ramassage de fruits, de coupe du bois de chauffe, etc…

La conception d’un parc en Italie d’uen manière autoritaire a vu le refus de 20 mairies qui voulaient sortir de l’aire du parc. Il a fallu beaucoup de travail de sensibilisation, l’apparition de nouveaux créneaux porteurs comme le tourisme écologique et culturel, la chasse contrôlée et écologique, etc… qui ont fait qu’il y a eu l’adhésion des populations locales, d’où l’appel actuel de 15 mairies supplémentaires voulant adhérer à l’aire du parc.     

M. KERBOUA : En réponse à la remarque de Monsieur BELAIDI, il fera remarquer qu’il n’a fait allusion ni écrite ni orale à une quelconque opposition entre l’économie solidaire et la performance. Par contre, l’économie marchande ne reconnaît que les performants. Cela n’empêche aucunement la société civile de s’approprier de cette notion  de performance et l’utilisation rationnelle des moyens. En fait, il n’y a aucun pessimisme par rapport à l’intervention du mouvement associatif et l’utilité de l’économie solidaire. Au contraire, l’économie solidaire est tout à fait la solution idéale pour sortir de la crise.Il y a tout un lien à créer entre démocratie et organisation de la société. 

Par rapport à la remarque de Monsieur BENDAOUD quant à une certaine pudeur pour l’utilisation du terme de socialisme remplacé par l’économie solidaire, il dira que le terme socialisme n’est plus porteur et il faudrait se mettre à terme avec les concepts référentiels politiquement et socialement corrects (pour ce qui est de la société algérienne).

Monsieur BENDAOUD : Est-ce qu’un simple changement de concepts assurera quand même le succès ?

Tout un débat s’en est suivi sur cette questio,n notamment les domaines d’intervention de l’Etat à travers les administrations, les lourdeurs bureaucratiques, l’émergence du mouvement associatif et de la société civile jeune en Algérie, etc…

Monsieur SAHLI a invité les participants à un recentrage des débats autour de l’économie solidaire. Pour lui, la problématique esquissée découle d’un échec de l’approche administrative centralisée génératrice de passe-droit, de corruption, etc… D’un autre côté, la glorification de l’investissement privé et sa généralisation dans certaines régions du mondes, n’ont pas donné des résultats très satisfaisants. Les deux approches ont failli et les gens cherchent une autre alternative.

Il y a eu l’introduction de cette notion d’économie solidaire un peu partout dans le monde. Il faut rappeler que cette forme d’organisation solidaire a toujours existé sous des formes différentes. Elle a seulement été institutionnalisée et a pris des formes plus économiques et administrativement applicables.

Là où ça a réussit, il y a eu émergence d’un contre-pouvoir et un minimum d’organisation locale et de démocratie locale.

Maintenant, si on veut introduire cette économie solidaire, il faut bien mettre en avant garde l’idée de création de richesse d’efficacité et non de distribution de rente sociale et d’assistanat. Ce dernier aspect est un autre domaine réservé à d’autres formes d’organisation publiques ou privées, et s’il s’agit de la société civile, ça sera les ONG chargées d’aide humanitaire.

Maintenant, en Algérie, il faut réfléchir sur les meilleures formes pour investir ce domaine d’économie solidaire. Est-ce qu’il tombera dans les lourdeurs administratives et la bureaucratie, ou dans la facilité et l’économie informelle ? Il faut également penser comment faciliter le mieux possible l’intervention du mouvement associatif dans cette problématique. La réglementation est déjà le premier aspect à viser. L’Association Touiza et toutes les autres associations qui recrutent sont par exemples assujetties au même taux de charges patronales sur les salaires que n’importe quelle autre entreprise purement économique et lucrative.
 
Monsieur BELAIDI, il existe un sérieux problème de réglementation, d’éthique et d’organisation dans tout le secteur d’économie solidaire. L’exemple de l’ANSEJ est le plus frappant. L’existence d’un vide réglementaire a laissé des espaces pour pratiques malsaines et la persistance de l’échec. Ainsi, plusieurs coopératives ont profité de ces vides pour vendre le matériel et ne plus honorer les engagements tenus.

Du point de vue d’autres pratiques possibles d’économie solidaire, le micro-crédit et le crédit-bail sont confrontés à toute une logique d’informel légal et d’informel illégal, notamment par rapport à l’intervention du mouvement associatif, ce qui rend cette intervention assez difficile.

Par rapport à l’utilité sociale et publique des mutuelles, Monsieur BENDADA a exprimé le souhait de voir ce statut plus facilement octroyé aux vrais intervenants dans le domaine. En ce qui concerne l’expérience de la mutuelle de Touiza  (MADES), il s’interroge sur les motifs de refus du Conseil de la Monnaie et du Crédit, mais d’un autre côté se questionne sur l’opportunité de lancer une telle opération lourde alors que le mouvement associatif n’est pas bien contrôlé !!

Monsieur MAKHOUKH, consultant de Touiza sur les questions environnementales, a trouvé ce que disait monsieur PERNA quant à la démocratisation de la société et la décentralisation des pouvoirs et de la fiscalité assez importants  pour le développement local et celui de l’économie solidaire. En Algérie, par exemple, les municipalités ne touchent qu’une partie de leurs recettes. En France, une mairie peut même accorder un prêt à une association alors qu’en Algérie, l’APC (commune) n’a même pas son budget total de fonctionnement. Pour cela, il ne faut trop accabler les communes malgré qu’une faiblesse réelle de fonctionnement et d’organisation est décelée.

Une conclusion rapide a été esquissée avec un résumé de ce qui a été dit et a invité les gens à la pause déjeuner. La reprise des travaux a été fixée pour 15h00.

15h10 : Session d’Après-midi. Modérateur Monsieur PERNA.

Un bref rappel des travaux de la matinée avant de présenter Madame Monia MENAI de la Fondation ATLAS (Tunisie).

15h15 : Madame Monia MENAI

Mme MENAI est représentante de la Fondation ATLAS de Tunisie (fondation pour l’auto- développement et la solidarité). Dans son intervention, elle rappelle les salutations de M. ABROUGUI pour les participants à l’ateliers et ses excuses pour n’avoir pas pu assister personnellement aux travaux. Elle donnera brièvement les caractéristiques de son ONG qui travaille principalement sur la protection de la nature et de l’environnement. Elle vise non seulement la protection des ressources pour une exploitation durable mais également le développement des partenariats. 

Cette ONG est agréée par le Ministère de l’Environnement et la Banque tunisienne de solidarité. Elle participe également activement au développement du micro-crédit en Tunisie. Pour obtenir cet agrément, plusieurs critères sont examinés à la procédure d’attribution, à savoir l’historique et le sérieux de l’association, organisation de l’ONG et son impact notamment en ce qui concerne la promotion des PME/PMI et l’artisanat.

La demande d’attribution est introduite auprès des services du Ministère des Finances. La demande est très bien renseignée et doit comporter un certain nombre d’éléments clefs, tels la consistance de l’ONG, le niveau de développement, le caractère social, l’état des moyens d’intervention, son intégration et sa structuration,  la population concernée, etc…

Les conditions d’octroi des prêts à la population concernée sont assez souples, un taux d’intérêt de l’ordre de 5%, durée de remboursement étudiée. Le prêt  peut aller jusqu’à 1300 US$/ Le schéma général semble intéressant malgré la démarche administrative d’octroi et de suivi. Les prêts sont accordés pour l’acquisition des équipement set comme fonds de roulements pour l’acquisition de la matière première. 

En Tunisie, le nombre d’ONG intervenant dans le micro-crédit est de 43 dont 5 anciennes structures et expérimentées. Le micro-crédit concernent ainsi 21.000 prêts accordés entre 1999 et 2002. Le taux de remboursement tourne autour de 80%.

La répartition par activité montre que c’est l’agriculture qui vient en tête avec 31%, le commerce de l’ordre de 28, l’artisanat avec un peu plus de 66%.

L’impact au niveau de l’amélioration des conditions de vie est de l’ordre de 6,4% !!

15h30 : M. Eric VAN MONKHOVEN.

M. Eric a fait un historique de l’économie solidaire en Europe. La construction de cette économie a été longue et difficile dans un environnement plutôt libéra.l  Pour lui, il y a trois types d’économies : économie marchande, économie non marchande et une troisième entre les deux ou l’économie sociale qui emprunte les meilleurs outils des deux précédentes. Pas de libéralisme sauvage ni une bureaucratie paralysante et corruptrice.

En Europe, cette économie solidaire regroupe plus de 200.000 entreprises avec plus de 10% d’emploi. Dans cette mouvance 500.000 ONGs travaillent en réseau et touchent 30% de la population de la planète.

Le champs d’économie solidaire ne se limite pas seulement aux associations, mutuelles et autres coopératives. D’autres formes naissent régulièrement : entreprises sociales en Italie, cuisine solidaire en Amérique latine, etc…

Les ONGs sont très actives pour la généralisation de cette forme d’organisation et plusieurs réunions mondiales ont eu lieu : une première à Lima en 1997, une seconde au Québec et il est prévu une troisième à Dakar en 2005.

C’est une tentative de réévaluation de l’économie et des rapports de la société actuelle. Il faut créer un dialogue et créer un partenariat pour promouvoir même un pluralisme de visions. Cette idée de pluralisme (plusieurs formes de voir l’économie solidaire) facilitera la prise en charge des problèmes mondiaux de pauvreté, les conflits, l’environnement, etc…

15h35 : Monsieur PERNA fait une introduction au concept de Commerce Equitable (Fair Trade):  c’est une chose différente du marché mondial traditionnel fondé sur la maximisation du profit. C’est l’objet de la communication de Monsieur DAL FIUME.

15h40 : DAL FIUME « Commerce équitable ».   Commence par des excuses quant à la traduction erronée de « fair trade » par Foire Commerciale. Il faut lire sur son intervention plutôt Commerce équitable que  Foire Commerciale.

En cette matinée, il y a eu beaucoup de commentaires sur les notions de performance. Il  est complètement d’accord sur la performance, mais à son avis ce n’est pas la chose la plus essentielle, mais plutôt les règles et les critères de mesure des performances. La performance économique est un grand problème mais c’est l’exploitation des ressources et leur durabilité qui constituent les critères les plus importants pour mesurer  la performance.

Les notions de chômage et d’échange inégaux ont été également commentées. En ce qui concerne le chômage, citons l’intervention injuste du commerce international en rapport à deux produits : le cacao et le café.

Une nouvelle législation européenne en matière de graisses végétales dans la fabrication de chocolat a privé des milliers de familles en Afrique d’une manne provenant de l’exportation du cacao.

Pour le café, nous avons remarqué une évolution décroissante des prix internationaux du café jusqu’à 20% du prix d’avant 5 ans. La tendance à la baisse est toujours persistante. Ce constat ne dépend pas de la nature ni du destin, mais plutôt de considérations économiques (règles du marché). L’augmentation irrationnelle des superficies cafetières mondiales  notamment grâce à l’implantation de l’investissement occidental a contribué largement à la baisse des cours sur le marché mondial pour tout le monde. Seulement 60 millions de producteurs de café d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine sont en train d’être ruinés. C’est l’histoire de la destruction de l’économie rurale et des autres filières dans les pays exportateurs.

Ceci a causé un chômage rural d’une ampleur importante, un exode rural, l’apparition de bidonvilles et les conditions de vie précaires, l’augmentation de la criminalité, etc… Cette situation doit s’améliorer. Un outil principal : il faut chercher un mode d’échange plus équitable. C’est la notion de commerce équitable.

Le commerce équitable ne provient pas seulement d’un désir de faire du bien, d’améliorer les choses sommairement, mais plutôt d’une vision où le manque d’autonomie, la pauvreté, l’immigration, le terrorisme, etc.. contribuent à l’instabilité du monde entier. Il faut supprimer l’échange inégal et oeuvrer pour plus d’équité, d’indépendance, de bonnes relations entre les pays, il faut carrément changer les règles du commerce international, surtout celles des échanges !

Cette notion n’est pas très récente. Au contraire, elle a commencé à se développer il y a quelques 40 ans, dans les années 60, non seulement dans les pays producteurs du Sud mais également chez les groupes de consommateurs du Nord. 

En effet, le plus grand travail s’est fait plutôt dans les pays importateurs. De l’autre côté, les choses se mettent en place plus difficilement mais d’une manière progressive.  Ce n’est pas seulement une question de manque d’argent mais également d’instruction, de culture, d’organisation, etc…

Toutes les institutions commencent à parler maintenant de la redistribution des profits et de la préservation des intérêts des producteurs des zones pauvres.

Cette tendance a donné naissance à toute une structure et une sorte de marché parallèle avec un label bien spécifique : commerce équitable .

Cas de CTM-Altro Mercado. :
C’est une entreprise de plus de 60 employés avec un réseau de relais : les boutiques du monde qui sont près de 300. AU début, en 1987, la structure fonctionnait surtout avec des volontaires qui ont ensuite créé leurs propres associations et coopératives. On a abouti à un consortium assez important, qui paie normalement ses impôts et qui participe à configurer le marché selon une logique bien à lui.

Comment a-t-on abouti à cela ? 

C’est tout d’abord un très grand travail de sensibilisation et un règlement interne bien clair avec quelques principes fondateurs : 
- privilégier une relation directe avec le producteur : sauter tous les intermédiaires ;
- communautés de petits producteurs, des milliers d’agriculteurs en consortium,
- prix équitables qui facilitent la commercialisation chez les occidentaux et chez les producteurs (prix fixes et transparents à long terme) ;
- préfinancement, payer 50% des prix des produits à l’avance.

Par rapport au marché global, cette expérience est toujours assez insignifiante mais on se considère comme des leaders (pionniers). Un chiffre d’affaire de plus de 20 millions $, beaucoup de travail, des magasins du monde, et une constante progression : telles sont les caractéristiques de  cette organisation.

Maintenant, elle est considérée comme une riche démarche qui vise à préserver une économie plurielle, multi - fonctionnelle pour avoir un monde moinns « désertique » que l’actuel.

16h10 : Bruno NERI : Remerciements pour l’invitation reçue. Il tient à affirmer qu’il a été agréablement surpris par le niveau des débats. Il fera deux interventions : une première sur la Banque Ethique (en remplacement du Président Fabio SALVATO qui n’a pas pu se déplacer à cause du passeport et qui salue tout le monde). Ensuite il parlera d’ETIMOS, structure italienne de micro-crédit dans les pays du Sud dont il est le directeur. 

BANQUE ETHIQUE :
  
Avant de commencer, il a tenu à faire quelques commentaires sur ce qui a été dit pendant la matinée. L’expérience des pays du nord dans cette économie solidaire s’est fondée totalement sur un principe d’éducation, d’une  part le consommateur, de l’autre le producteur. Ces dernières années, il existe toute une philosophie de paix derrière cette notion. Avant de se lancer dans les grandes théories économiques, c’est à partir du changement qu’on peut opérer par rapport à sa propre manière d’être que vient le démarrage. La finance éthique est basée donc sur des principes philosophiques : paix, valorisation des talents personnels, respect réciproque, etc …
 

La Banque Ethique est née, en Italie, à la fin des années 90 avec des principes de la promotion de la paix, commerce équitable, agriculture biologique, etc…

Elle est fondée sur une épargne responsable pour valoriser le bien commun au lieu de maximiser le profit.

Les différents acteurs de ces mouvements des années 60 ont trouvé dans cette forme une manière de faire valoir leurs engagements. La banque s’est construite sur la base des expériences précédentes de commerce équitable, de micro-crédit, etc… Elle s’appelait auparavant CTM (groupement de coopératives et de mutuelles déjà totalisant plus de 25.000.000 Euros de prêts qui correspondent à l’épargne des acteurs sociaux confié à ses mutuelles). En 1994, ces mutuelles et coopératives avaient décidé de fusionner et de constituer une banque-association. En Italie, ce type de banque nécessite un capital de départ de 6 millions d’Euros, et il a fallu quatre autres années pour que la banque éthique puisse exister et reconnue comme telle par la Banque centrale. Aujourd’hui, elle englobe :
? 18500 membres dont 2500 personnes morales ;
? 12.500.000 Euros de capital social. En 4 ans, le capital social a doublé.
? 150 millions d’Euros en épargne.
? La banque a réinvesti en économie solidaire 75 millions d’Euros.
? A travers ce système, création de 4500 emplois.

Pour avoir accès au crédit étique :
? Ecrire une demande ;
? Réaliser un plan économique (une étude technico-économique) ;
? Etre conforme aux critères (respect conditions de travail, impact social du projet, impact sur l’environnement, etc…). Donc, ce ne sont pas des critères seulement économiques mais également sociales.
L’autre aspect de ce mécanisme est la transparence. C’est-à-dire l’argent de l’épargne sera exactement investi comme le veulent les épargnants. Ainsi, actuellement, 56% veulent investir en crédits sociaux, 4% en environnement, 1% en culture et promotion de la société civile, 12% en santé et 27% en divers. La banque indique clairement où est investi l’argent des épargnants. En plus, la banque s’impose des principes moraux pour ses propres investissements. Il existe également une solidarité participative des partenaires locaux notamment pour la réduction maximale des coûts d’investissement surtout en infrastructure.

L’autre aspect est l’approche territoriale. La banque crée des groupes locaux constitués de membres locaux et personnes connues pour examiner les dossiers à financer, ce qui implique une participation directe de la population locale  dans la gestion des fonds..

Cas d’ETIMOS :
Etimos est un consortium de plusieurs partenaires mondiaux, d’ONG, de coopératives sociales, associations, etc.. avec un objectif de promouvoir la notion de banque populaire. Il a été crée en 1989 pour intervenir dans le domaine d’économie solidaire. Il a été un des principaux créateurs de la Banque Ethique italienne. Etimos a entamé son intervention sur le domaine du micro-crédit, surtout pour les gens non bancables, et as lancé un programme de micro-crédit avec plusieurs partenaires du sud (Amérique Latine, Asie et Afrique). 
 
 

17h10 : Benoît BERGER : Expérience française.

Monsieur Benoît BERGER a travaillé sur la micro-finance en Europe au cours de ces dix dernières années. Actuellement, il travaille sur un système de notation des organismes de micro-finance. 

Au cours de cette journée, il peut conclure qu’il y a beaucoup de points de ressemblances entre les expériences de France, Italie, Maroc, Tunisie et Algérie et pratiquement toutes autres expériences au niveau mondiale. Ainsi, un livre « banquiers du monde » vient d’être édité sur la base d’une enquête de IWED Association en 1994-1995.

L’intervention de la micro-fiance est basée sur la notion de la pauvreté. En France, par exemple, il existe 1 million d’RMIstes, 5 millions de personnes dans les minimas sociaux et plus d’1 million d’interdits bancaires. Comment intervenir pour aider ces gens. La micro-finance a été préconisé  comme solution. Les 3 métiers financiers connus sont : prêter, investir et caution – garanties. Dans le cas de ces personnes non bancables et démunis, il y a une grande divergence : il faut que ça soit rentable et il faut quand même créer une économie solidaire. Là est toute la problématique. Tout un système a été établi en France pour cibler ses personnes en difficulté. L’Algérie a intérêt également à développer ce système de micro-crédits mais dans quelles conditions ? L’un des risques majeurs est de se laisser piéger par la divergence susmentionnée.

Le micro-crédit doit être rentable, équilibré ou self sustainable. Du point de vue économie solidaire, c’est un nouveau type de liens sociaux et d’échange.

La famille du micro-crédit est extrêmement influencée par les approches anglosaxones (rentabilité). Ce modèle est hyperlibéral et présente des dangers certains à se comporter vis-à-vis des projets socio-économiques des régions pauvres comme de réels banquiers ce qui limiterait l’accès d’une grande frange de la population en pauvreté à ces financements. 

Le banquier a peur. Notre objectif est d’instaurer la confiance. Et d’accepter de rpendre des risques  L’intervention des banquiers est vraiment difficile dans ce domaine. Il faut essayer de lancer fortement la société civile en appui ou même avec des expériences carrément indépendantes des banques. En même temps, il est nécessaire de mobiliser des fonds publics comme fonds de garanties.

En plus, le micro-crédit ne consiste pas seulement à prêter  mais également d’accueil, de formation, de conseil, de suivi pendant l’année ou les deux années d’exécution du projet. La prise en charge de ces aspects est très coûteuse et grève fortement le projet et sa réussite.

Ici, il est possible de réaliser d’importantes économies et passer par exemple de 100% à20% de coûts. On est pas forcément l’accueil, le formateur, ect…
 

Quelques observations :
1- Rapports entre les institutions entre les institutions de micro-finance, Etat et banques très clairs et bien fluides.
Avoir un statut clair et favorable. Il faut absolument créer un lobby pour l’agrément désiré (trouver une entaille dans le droit pour s’y installer) ; faire cette activité au sein de la vie associative et non au sein des institutions financières. Mais il s’agit quand même de renforcer  les liens  entre les deux institutions pour la caution de garantie de telle ou telle association.
2- Construire et conserver les liens avec les institutions financières. Il ne faut pas négliger les circuits de fonctionnement et faire intervenir les pouvoirs publics et les organismes internationaux pour permettre la séparation entre les fonctions de prêteur et d’accompagnateur (autres fonds d’autres bailleurs : fonds perdus).
3- Le taux d’intérêt : Ne pas hésiter à pratiquer des  taux d’intérêt assez élevés.  Il n’est pas choquant qu’il soit supérieur au taux  commercial. Exemple des  moneylanders (shark) en Irlande, prêteurs indépendants réalisant des prêts à 70% d’intérêt.

Il a été commenté ce matin un taux de 2%. Comment est-ce possible avec un tel au dessus du coût de production ? On passe en dessous du système !

Si on est installé dans les quartiers publics pauvres, il est judicieux d’essayer de couvrir le maximum des charges et d’en externaliser une certaine partie, notamment par l’intervention de l’Etat. On aurait ainsi une institution micro-finance pas très rentable mais acceptable à cause de ses impacts sociaux.

17h45 : Débats.

M. BELAIDI :Remarque d’ordre général, 1/ comment obtient-t-on des bourgeois aux pays de l’est seulement avec du micro-crédit ? 2/ Existe-t-il une économie solidaire pour les pays développés et une autres pour les pays en développement ?

Mme BOURI Dahbia (économiste et consultante) :  1/ concernant l’entaille dans la réglementation. Deux écoles : laisser faire le terrain puis légiférer ou faire une loi  sur le micro-crédit. Cette loi existe au Maroc et en Tunisie. Elle n’existe pas en Algérie.  2/ On associe souvent le micro-crédit aux femmes qui remboursent mieux. Ça rentre également dans le côté émancipation des femmes et leur intégration économique. Y a-t-il eu des études sur cet aspect.

SAHLI : Par rapport à la séparation  entre les fonctions de prêteur et d’accompagnateur-formateur, il pense que l’inverse est plutôt vrai, et qu’on doit s’investir dans l’accompagnement, suivi et formation. C’est le cas du programme de l’Association Touiza.

Réponses :

GRANGER : en ce qui concerne la bourgeoisie des pays de l’Est. Effectivement,  ça peut être le cas, notamment dans des économies dévastées et corrompues où il est possible même avec un système de micro-crédit à taux d’intérêt trop élevé, on ne favorise que les activités extrêmement rentables et à rotation rapide. 

Si cela persiste (corruption) et ce ne sont que les mêmes personnes qui ont accès au micro-crédit, il est possible en quelques années seulement de créer « une bourgeoisie d’affaires ». Ici, le rôle de l’Etat régulateur apparaît clairement notamment avec un bon système d’imposition.

Concernant l’intervention de Madame BOURI, il n’y a pas de préférence pour une loi de micro-crédit avant ou après une expérience réelle de terrain, mais il est plus judicieux de partir d’une petite expérience illégale de micro-crédit et essayer de tirer les leçons et de capitaliser.

NERI : les premières expériences de micro-crédit ont bien eu lieu dans les pays en voie de développement. Ex. tontines en Afrique et d’autres en Amérique Latine.

Quant à la création de la banque éthique, il ne faut pas comptabiliser seulement 4 à 5 ans pour l’émergence mais les 20 années d’avant où le mouvement associatif a commencé à bouger.

ETIMOS a fait l’évaluation de son programme micro-crédit. Il s’agit surtout de l’amélioration du niveau de vie, l’éducation des enfants et la prise de conscience des femmes et leurs organisation. Leur impact doit être cerné d’une manière très étudiée et l’évaluation doit prendre en compte divers indicateurs et pas seulement celuide la rentabilité économique de l’activité soutenue, mais également tous les impacts sociaux et environnementaux.

M. BELLAL : ANSEJ. Les problèmes sont liés au développement du marché. Egalement, l’aspect managérial, formation à la gestion des micro-entreprises, l’esprit d’entrepreneurs constituent un manque contribuant largement à l’échec commenté de ces entreprises et des crédits afférents.

Monsieur Granger : voudrait préciser que pour l’ANSEJ, il est évident que la sensibilisation, la formation et le suivi constituent des aspects très importants. Cela peut garantir le succès de ces entreprises. Mais « il ne faut pas quand même s’attendre à des miracles pour que tout le monde puisse créer son entreprise dans le système économique ».

M. Bruno NERI :  Concernant le développement du marché pour les projets soutenus dans le cadre de l’économie solidaire, il faut bien admettre que la demande existe et d’une manière importante. De surcroît, cette demande n’est pas satisfaite. En économie solidaire, de quel marché s’agit-il ? Généralement  c’est le marché local qui est visé et non celui de l’exportation.

Giorgio DAL FIUME : Pour développer l’économie solidaire, il faut un long travail et sur plusieurs fronts. Même en Europe, cela n’a pas été facile.  L’ouverture du premier magasin du monde a été en 1963. C’est une vision politique également. 

Commerce équitable  +
Finances solidaires  +
Réseaux d’échanges non monétaires +
Services de proximité 
=  Economie solidaire

La clôture de la séance a été faite 
 
 
 
 
 
 

Deuxième journée 16/06/2002 :

Session matinale : Modérateur Eric VAN MONCKHOVEN.
En cette matinée, il va y avoir l’intervention de Monsieur SAHLi pour l’expérience d’une association en Algérie, sur le micro-crédit et certaines autres pratiques de l’économie sociale, et ensuite celles des institutions spécialement créées pour soutenir le micro-crédit en Algérie. Nous allons voir deux approches différentes :  associative et publique.

09h40 :  SAHLI Zoubir. L’expérience de Touiza.

M. SAHLI a fait un long rappel du processus historique par lequel est passé le pays après l’indépendance du point de vue socio-économique et politique. En résumé, l’Algérie a choisi un modèle de développement basé sur la planification centralisée. Cette approche, comme partout dans le monde, a permis aux algériens d’avoir beaucoup d’acquis sociologiques et même économiques. Ce modèle fonctionnait très bien tant que la rente pétrolière masquait les énormes défaillances du système. Cet état de fait a duré pendant presque 3 décennies. Tout était centralisé. Pas d’initiatives indépendantes, l’absence de notion de performance et de résultats, le laisser aller causé par le collectivisme, etc…Un état d’esprit d’assistanat et du « tout prêt » de la part de l’Etat et de ses institutions avait fini créer une situation inhibitrice de toute initiative et  dont les effets sont toujours ressentis actuellement. 

La crise pétrolière de 1983-1986 a fini par mettre à nu le système de gouvernement algérien et les problèmes ont commencé à apparaître. Le reste de l’histoire est connu par tout le monde.

La participation de la société civile à la solution des problèmes a été très difficile, parce que le mouvement associatif est très mal structuré et organisé (dépendant de l’Etat et attendant ses directives), l’université absente (très peu d’études universitaires ou d’enquêtes participatives pour la détermination des besoins prioritaires) et un laisser aller de la part de la population (très marqué par un esprit individualiste exogène à la société et qui s’installe progressivement mais très fortement). 

Toutes les actions du mouvement associatif ont été très difficiles à concrétiser. Au niveau de l’association Touiza, de nombreuses difficultés ont été rencontrées. Elles sont d’ordre culturel, structurel et économiques. Pour cela, il ne faut pas se lancer de n’importe quelle manière, mais développer des modèles adaptés à la réalité du terrain et à la sociologie locale.  

Le peu de travail de proximité réalisé en Algérie par l’université et la société civile, démontrant une faible capacité d’écoute sur le terrain. Il est primordial de renforcer les aspects de proximité, formation, des capacités locales, etc… Tout un travail d’accompagnement de la société civile devra être fait.

M. SAHLI n’est pas d’accord avec le fait de la nécessité de beaucoup de temps, parce qu’il estime « que c’est mûr » et que c’est le temps pour que tout s’y mette et « aille au charbon ». Malheureusement, le monde associatif est très faible malgré le fait d’existence de près de 60.000 associations.

Pour revenir à l’association, l’orateur renverra à la communication et s’excuse pour avoir trop de temps pour expliquer bien la problématique d’un point rétrospectif et perspectif. 

10h10 : Mme SEDAOUI : Dynamique Micro-crédit.  

Dans la dynamique entreprise par l’Etat pour la relance de l’activité économique et la pise en charge des besoins sociaux notamment par l’investissement productif, un schéma directeur a été élaboré de telle manière à favoriser d’une manière optimale l’investissement. La création de l’APSI a été décidée pour les grands projets d’investissements dépassant les 4.000.000 DA. Celle de l’ANSEJ est venue pour prendre en charge des projets d’investissement de moindre importance mais quand même d’une certaine taille (entre 350.000 et 4.000.000 DA). Ces projets nécessitent toujours un apport personnel ne pouvant être inférieur à de 100.000 DA qui reste une grosse somme pour la majeure partie des chômeurs. Cela faisait dire à certains que ces dispositifs sont destinés aux riches et « aux ayant droits ». 

C’est pour cela qu’a été créée le dispositif micro-crédit pour des investissements ne  dépassant guère les 350.000 DA, accordés en matériels et fournitures sur présentation de factures proforma. Le dispositif a été confié à l’Agence de Développement Social.  Il est  basé sur l’intervention des DEJ (délégués d’emploi des jeunes, actuellement directeurs d’emploi) qui font l’accueil et l’orientation des porteurs de projet ainsi que le montage financier. Le cas échéant, ils délivrent l’attestation de conformité qui ouvre droit aux porteurs de bénéficier des crédits bancaires. 

Les banques, sur la base du certificat de conformité, octroient  le crédit au montant indiqué sur les factures proforma. Le taux d’intérêt a été fixé à 2%. La différence est prise en charge par un autre partenaire : La direction générale du Trésor.

Le DEJ réalise également le suivi. Il essaiera de se baser sur le mouvement associatif local pour le ciblage des bénéficiaires et pour le travail de sensibilisation, de suivi et de même de cautionnement si c’est possible. Néanmoins, une très faible implication du mouvement associatif a été notée.

En cas de non remboursement interviendra un troisième partenaire : le fonds de garantie (FGRMC). En réalité, ce fonds intervient dès l’accord du projet pour les modalités pratiques de garantie des crédits. Il doit être régulièrement informé sur le cours des remboursements.

Les banques constituent le dernier partenaire. Pour le moment, seule la Banque Nationale a accepté de chapoter l’opération mciro-crédit et ce depuis 1999. Elle en a réalisé environ 7000 crédits. Pour les crédits concernant l’agro-pastoral, la Banque El-Khalifa a conventionné en 2001 pour la prise en charge de la gestion bancaire du fonds. Elle en a réalisé plus de 2400 crédits. Seuls quelques projets ont été réalisés sur ses propres fonds. 

Les problèmes rencontrés résident dans la persistance de l’esprit d’assistanat, la faiblesse d’implantation du réseau El-Khalifa et la très grande rigueur financière imposée notamment par la BNA pour l’accord des dossiers, ce qui a freiné un peu la cadence des réalisations.

Sur toutes les demandes de financement reçues (dossiers  ficelés et déposés au niveau des banques), seules 10% ont été satisfaites.

10h35 :  M. MANSOUR : Fonds de garantie des risques sur le programme micro-crédit de l’ADS.
Le fonds de garantie est venu renforcer le programme du micro-crédit afin de faciliter l’intervention des banques. Le micro-crédit est une opération qui devra toucher tous les jeunes de plus de 18 ans, sans revenus et ayant un projet avec une qualification ou une expérience en rapport avec le projet, pour un montant de moins de 350.000 Da et pour une durée de remboursement allant d’une (1) à cinq (5) années. Les intérêts sont de l’ordre de 2%. Le reste est pris en charge par le Trésor, en tant que bonification. Le porteur du projet doit participer à hauteur de 10% du montant du projet.  Lorsque le dossier déposé au niveau des DEJ est accepté (décision de conformité) et trouvera un écho favorable auprès de la banque, le fonds interviendra pour entamer les procédures d’adhésion des bénéficiaires au fonds. 

Ce fonds a été mis en place dès 2000. Il puise ses ressources principalement du trésor et de du capital des établissements bancaires adhérents (BNA et KHALIFA). Il prélèvera par la suite des pourcentages des porteurs de projets et des institutions bancaires adhérentes en droit d’adhésion, polices et primes d’assurance. Il pourra en outre placer et fructifier son capital et bénéficier des intérêts. Le fonds est mis à la disposition du CNAC (caisse Nationale d’Allocation Chômage)pour l’administrer. A ces fonds, peuvent s’ajouter toute autre source de financement autorisée sous forme de legs, dons, etc…

10h50 : M. BELLAL (l’expérience de l’ANSEJ).
 
La mondialisation et la globalisation ainsi que la signature des accords internationaux ont mis à nu la faiblesse de tout le système économique algérien et particulièrement de ses entreprises. Une phase de stagnation des investissement voir de désinvestissement a causé l’aggravation des problèmes socio-économiques déjà vécus.  Le plus grand d’entre eux, est bien sûr celui du chômage qui engendre un processus de paupérisation.

Dès le passage de la période critique de la fin de la décennie des 80 et le début des années 90, l’Etat a placé entre ses préoccupations prioritaires la prise en charge du problème de chômage notamment celui des jeunes qui constituent plus de 70% de la population.

Ainsi, et dans ce cadre, l’ANSEJ a été créée en 1996. Son objectif était de favoriser la lutte contre le chômage des jeunes par l’investissement et la création des micro-entreprises.  Ce  dispositif présente trois caractéristiques :
simplicité ;  transparence et souplesse.
 
Simple, parce que la seule structure en charge du dossier est l’ANSEJ. La délivrance de l’attestation d’éligibilité ouvrant droit au dispositif se fait par ses services. 

Transparents parce que les critères d’éligibilités sont très clairs : de 19 à 35 ans d’âge, en chômage, avec une formation ou profil en rapport avec le projet présenté.

Souple parce que la démarche est assez facile pour passer la première étape. Le promoteur du projet n’a affaire qu’à un seul chargé d’études avec lequel toute la démarche est finalisée.

Dans une deuxième phase, après l’accord du projet, la procédure devra être continuée avec une institution financière du choix du candidat.

D’autres facilités sont offertes aux jeunes notamment des facilités fiscales et parafiscales, des bonifications de crédits ainsi qu’une couverture de garantie pour l’accès aux crédits bancaires.

Pour ce faire, l’ANSEJ s’est offerte les missions suivantes :

? Information : Une part très importante pour assurer le soutien et le conseil ainsi que l’accompagnement des porteurs de projets et des chômeurs.
? Partenariat : Notamment  avec toutes institutions locales et régionale publiques et parapubliques par rapport au développement et la garantie des marchés pour ces micro-entreprises nouvellement installées. Le marché est l’un des plus importants problèmes rencontrés. Exemples accords signés avec OPGI, SONELGAZ, CEDX avec les PTT,  avec  les entreprises publiques, etc…
? L’accompagnement et le suivi. Ce volet à lui seul représente 60 à 70% du temps de travail de l’ANSEJ. 
? La formation, notamment dans le domaine de la gestion des entreprises afin d’augmenter les chances de réussite des projets.

Evaluation : l’ANSEJ a mûri le dispositif de création des micro-entreprises. Il a été confronté à d’énormes problèmes, notamment en ce qui concerne la planification. Par la suite, la procédure a été entièrement maîtrisée La micro-entreprise a été érigée en concept grâce à  l’intervention de l’ANSEJ. 

Actuellement, il est accordé une attention particulière au suivi  pour avoir la réussite du dispositif pour un développement durable et intégré, pour une insertion économique et lutte contre la pauvreté.

En conclusion, le dispositif de l’ANSEJ est l’expression concrète des incitations visant la mise en place des investissements de proximité. C’est un instrument efficace de développement solidaire.

Pause café.

11h35 : Repris es travaux. M. RADJRADJ, représentant BNA.

L’exposant a repris la participation de la BNA (Banque Nationale d’Algérie) dans le financement du dispositif micro-crédit et les difficultés rencontrées. Dans ses recommandations, il est utile de faire ressortir son souhait pour élargir la participation d’autres banques au financement du micro-crédit, de créer même des institutions financières spécialisées de micro-crédit , mais surtout de renforcer l’ADS en tant qu’interface unique des banques pour le programme micro-crédit !!!. 
 

11h45 : Vincent GARCES, CERAI (Centre d’études Rurales et Agricoles Internationales). Projet de création d’une banque éthique.

Le CERAI est surtout spécialisé dans l’aspect du développement rural. Son expérience sur le terrain l’a conduit forcément à la conclusion de devoir investir le champs des finances solidaires. Pour cela, un projet de création d’une banque éthique a été préparé  et qui va être exposé ici.

La banque traditionnelle finance les entreprises sur la base essentielle du profit attendu. Elle ne finance que très rarement le tiers secteur. Elle gère des millions de dépôts d’épargne pour des personnes qui ne savent ni à quoi ni à qui sert leur argent. Pourquoi donc une banque éthique ? C’est pour financer les entreprises éthiques et socialement acceptables. Elle finance également le tiers secteur auquel elle veut donner une indépendance par rapport aux donateurs traditionnels, dont le dons tardent énormément à venir. Finalement, elle gère les dépôts de ses épargnants d’une manière très transparente leur accordant le droit de savoir ou de dicter où va leur argent et à qui (accordé avec de stricts critères sociaux, éthiques et écologiques).

Cette expérience de la banque éthique n’est pas nouvelle en soi. Il y a plusieurs expériences antérieures : 
? Grammeen bank (Bangla-desh) ;
? Triodos Bank (Hollande, Belgique, Royaume Uni) ;
? Southsore (Etats-Unis) ;
? Banca etica (Italie) ;
? Ökobank (Allemagne) ;
? Etc…

Ainsi, ce projet se dirige principalement :

1/ au secteur de l’Economie solidaire en Espagne qui est assez important :
? à plus de 26.000 entreprises sociales dont un peu de 21000 coopératives ;
? un chiffre d’affaire de 33 millions d’euros ;
? plus de 400.000 emploi (c’est le secteur qui a le plus créé d’emploi pendant les 6 dernières années).
2/ aux ONGs sociales :
? à plus de 11.000  ONGs à caractère social (dont 47% créées dans les années 90) ;
? 4,3 milliards Euros de valeur ajoutée ;
? 1,35 millions de personnes impliquées dont 284.000 de salairés.
3/ aux épargnants consciencieux qui veulent travailler avec une banque:
? prête leur argent selon leurs valeurs et leurs croyances ;
? sans chercher une rentabilité extrême de n’importe quelle manière ;
? qui est quand même efficace et économique.

Le projet constitue donc une expérience qui se veut d’offrir une banque universelle (qui offre tous les services pour tous les clients), au service de l’éthique de l’économie sociale et de l’écologie dans une vision  d’une société dans laquelle n’importe quelle énitiave soit sociale avant.

Elle se propose de financer des projets :
? Environnementaux ;
? De coopération sociale ;
? De culture et société civile ;
? Commerce équitable et solidaire ;
? De coopération internationale etc….

Le financement est destiné:
- aux activités productives  (l’offre)
- de consommation (la demande)
- aux activités hypothécaires.

Nous allons commencer par une phase de collecte de fonds de la part :
? des entrepreneurs de l’économie solidaire qui travaillent et participent déjà à la conception du projet de la banque ;
? des prestataires qui ont des projets à financer ;
? des épargnants.
Pour cela, il est envisagé d’installer une succursale franchisée dans chaque grande ville d’Espagne et de faire des stages de formation de 3 à 6 mois pour les personnes s’occupant des franchises, en se basant sur les nouvelles technologies sans pour autant négliger l’aspect de contact humain.

Il est proposé aux associés partenaires de souscrire pour 25 Euros chacun. Les ONGs qui ont du personnel doivent payer 25 Euros pour chaque contrat en cours. Il sera procédé ensuite à la signature de la déclaration de principe pour être une personne juridique selon l’article 3 des statuts. Un formulaire d’adhésion d’une centaine de questions doit être rempli minutieusement révisées par le conseil d’éthique. Ce formulaire doit être actualisé périodiquement, pour plus de transparence et d’éthique.

Les partenaires associés peuvent acheter des parts sociales quelques mois avant le début des activités sur la base d’un dossier informatif et contractuel. Les participation sont garanties à 100%.

Ils peuvent par la suite s’organiser en groupes locaux d’appui à la banque pour pouvoir élargir les bases et atteindre les niveaux que le groupe promoteur ne peut pas atteindre. Ils participeront à faciliter l’accès au processus d’autres associés, d’améliorer la collecte des fonds pour le capital social et enrichissent la diversité sociale du projet. 

Le calendrier proposé pour commencer :

2002-2003 : collecte des fonds et développement du projet ;
2003 : demande des autorisation et début des activités.

12h15 :  Gianni PENABENE. Expérience de REVES.

Après les salutations, il s’estime heureux d’être en Algérie dans le cadre de cet atelier.  REVES est le réseau européen des villes et régions pour l’Economie sociale. Ce projet vise à réunir tous les acteurs qui interviennent dans la problématique de l’économie solidaire au niveau local.

Le projet est présent dans 100 territoires et régions européennes. Il a été crée à partir de 1996 et déjà plusieurs projets ont été lancés.

1/ Welfare municipal et emploi : réalisé en 15 villes européennes  

2/ Leonardo Interface : avec l’objectif de développer de nouveaux profils professionnels dans le cadre de partenariat avec l’autorité locale 
 
3/ Leonardo International : S’agit d’un programme d’échanges d’outils et de coopération pour le développement local à travers les nouvelles technologies.

4/ Ecos-Ouverture : Transforme des ons en un réseau d’entreprises pour le développement des capacités des femmes dans le tiers secteur.

5/ TEELA : agir localement pour l’emploi. C’est un programme qui veut appliquer les lignes directrices de l’Union Européenne en matière de développement de l’emploi local. En Europe, il existe plus de 100.000 agences d’emplois. Cela est estimé comme une perte par dispersion des efforts et des ressources. L’expérience a été tentée pour mettre en commun les moyens afin d’agir efficacement pour le développement local. 

Pour devenir membre de REVES, il faut :
? remplir un formulaire ;
? payer les cotisations annuelles.

Actuellement, REVES est en train de chercher des partenaires au sud de la Méditerranée pour la constitution d’un réseau REVES Méditerranéen.
 

12h30 : Débats.

M. CADI MEA. L’intervention de M. SAHLI a été plutôt un diagnostic que des propositions. En ce qui concerne le PNDA, quels sont les outils à mettre en œuvre pour l’évaluer ? L’Université doit intervenir également pour identifier les indicateurs pour l’évaluation et la correction de l’exécution du plan. Quelle est la position des institutions publiques envers les associations dans le domaine de l’économie solidaire ?

M. NAIT HAMOUD (Touiza) estime  que la situation n’est pas encore mûre par rapport à l’intervention du mouvement associatif dans le domaine de l’économie solidaire.

M. HAMIDOUCHE. Concernant l’ADS, l’Etat est omniprésent. C’est vrai. Est-ce que cette présence est utile ?

Mme Monia MENAI (Tunisie) : Par rapport à SAHLI, quelles sont les activités financées par Touiza dans le cadre de l’octroi des micro-crédits ?

M. BELAIDI pour PENSABENE : qui a été à l’origine de la création du réseau REVES ? Qui peut adhérer ?

M. SEKKAL Zoheir, aux institutions bancaires : Pourquoi il y a beaucoup de personnes qui ne remboursent pas ?

BENDADA Chikh à l’ADS : Dans vos recommandations formulées, vous demandez d’autres facilités fiscales et parafiscales ce qui revient à dire une autre forme d’assistanat décriée quelque part auparavant ? Pour SAHLI, par rapport aux difficultés avec le monde rural, est-ce qu’il n’y a pas finalement une erreur parce qu’il n’y a pas un travail  d’accompagnement pour la population cible ?

M. CADI : Aux intervenants, comment vous voyez la coopération nord-sud pour le développement des approches ? Comment peut se faire le transvasement des connaissances entre le sud et le nord ?

Mme HATTABI, SONATRACH, Vous n’êtes pas là pour donner des recettes, mais en Algérie nous n’avons pas de traditions en économie sociale ? Comment est-ce possible de développer alors ce secteur ?

M. GASMI : Il remercie tous ceux qui ont bien voulu témoigner de leurs expériences. Concernant l’intervention sur le micro-crédit, sur 70938 dossiers, seulement 6957 ont été retenus. Il y a un grand enthousiasme pais très peu de réponses ? Est-ce que tous les projets s’intègrent dans un plan de développement national ?

Réponses :

M. SAHLI : Jusqu’à maintenant, il y a eu tout au long des réformes un réelle marginalisation du monde rural ces 30 dernières années. A chaque fois, qu’il y a eu des problèmes, on applique des réformes pour calmer les esprits mas on n’a jamais engagé une véritable réforme.

En ce qui concerne le PNDA, l’université a été toujours exclue que ce soit pour la conception ou pour autre chose. Même si l’université aurait été impliquée, elle n’a pas les capacités de le prendre en charge !! En ce qui concerne le PNDA proprement dit, il est très intéressant du point de vue aide matérielle qu’il apporte aux concernés, mais du point de vue stratégique, il pêche par beaucoup d’insuffisances.

Pour ce qui est du mouvement associatif, il faut reconnaître que le mouvement associatif en Algérie reste encore très faible. Il y a seulement quelques associations qui ont émergé du lot, et qui sont en train de faire un travail considérable. Les autres sont dans une phase d’apprentissage. Beaucoup d’associations ont une présence symbolique et d’autres sont considérées comme des associations consommatrices de budgets sans une réelle activité en contrepartie. Ce sont malheureusement les associations qui bénéficient le plus de l’aide de l’administration.

L’association Touiza, par exemple, a réalisé de nombreuses petites actions de développement et d’animation des jeunes et depuis longtemps. Maintenant, Touiza est sollicitée pour des actions plus importantes  notamment à l’est du pays mais ce travail semble assez important pour Touiza et il faudrait peut être que des associations se mobilisent pour un travail en commun.

Concernant la réflexion de M. NAIT HAMOUD, au contraire, le moment est très propice pour la multiplication de plusieurs expériences associatives d’économie solidaire, même si l’esprit d’assistanat persiste d’une manière importante, et même si la réglementation en vigueur ne permet une telle implication.

Mme SEDAOUI :  Concernant l’omniprésence de l’administration, monsieur SAHLI vient de répondre en partie notamment en relevant la faiblesse du mouvement associatif algérien. « La nature a horreur du vide ». Pour le projet que chapote l’ADS, les principaux bailleurs de fonds ont essayé de toutes les manières de susciter l’intérêt des associations pour qu’elles y interviennent, non seulement pour le micro-crédit mais également pour le développement communautaire. Même les associations activant en milieux agro-pastorales ont été sollicitées pour le volet micro-crédit agro-pastoral mais elles ont également décliné l’invitation. Pourquoi l’ADS a été créé ? La Banque Mondiale a exigé des associations mais elles étaient inexistantes. Cet état de faits a conduit les concepteurs du projet a la création d’un organisme para-public pour la prise en charge du projet et des fonds disponible et d’éviter qu’ils soient perdus pour l’Algérie.

Le non remboursement a été commenté déjà pour les crédits de Touiza alors qu’elle est considéré plutôt un organisme semi-privé.  Pour l’ADS qui est plutôt un organisme public, les raisons invoquées par Touiza, à savoir rente, Baïlik public à ne pas rembourser, mentalité d’assistés, faible protection légale, etc… sont exactement valables dans ce cas également.

M. RADJRADJ : Les causes de non remboursement sont à rechercher dans la situation sociale de la population et dans l’absence des mesures coercitives.

En ce qui concerne les dossiers, 17000 dossiers seulement ont été déposés au niveau de la BNA. De ces dossiers, 12000 ont été examinés et sanctionnés soit positivement soit négativement. 

Mme SEDAOUI voit que le dispositif pêche par deux faiblesses :
? en amont, il existe un manque flagrant d’accompagnement ;
? le système de garantie, qui ne rassure pas les banques.

M. PENSABENE  : l’origine du réseau REVES. Lors d’un séminaire en Italie a été décidée la création d’un réseau contre l’exclusion sociale des villes. Le projet a été conçu pour que chaque ville européenne qui a développé des partenariats avec les acteurs locaux de l’économie sociale (société civile organisée) puisse adhérer. Aucune candidature n’est acceptée si les deux parties (autorité locales/acteurs de l’économie sociale) ne sont pas présentes. Cette approche vise à élargir la démocratie active avec la participation de la société civile locale et les localités dans la gestion de leurs affaires courantes. Ces villes, ou des fois des régions, militent chacune pour des problématiques spécifiques. En effet, il existe des réalités de terrain différentes d’une région à une autre. 

Dans un monde globalisé, il est essentiel de faire des relations entre ces différents territoires et de travailler en réseau pour la solution de ces problèmes. 

Maintenant, en  prévision de la création de la zone de libre échange méditerranéen en 2010, il est prévu d’élargir le réseau aux villes et ONG du sud de la Méditerranée.

REVES travaille pour promouvoir un développement local dans 17 domaines définis dans le Livre Blanc de Jacques DELORS :
? services aux personnes ;
? services au logement ;
? services à la culture ;
? services au tourisme ;
? services à l’environnement ;
? etc…

A partir de cet appel d’offre, il espère amorcer une collaboration novatrice entre tous les participants à l’atelier. Dans cette perspective, REVES a deux rendez-vous importants :
? en octobre 2002 à Prague pour l’élargissement du réseau à l’Europe Occidentale ;
? en automne 2003 à Tétouan (Maroc) dans la perspective d’élargissement aux pays du sud de la Méditerranée.

BELAIDI : Les banques ont demandé la création d’une institution spécialisée pour le micro-crédit, en fait, pour se débarrasser d’un créneau gênant. C’est la même recommandation de la conférence sur la pauvreté. 

En ce qui concerne la participation des associations au développement, il ne s’agit pas d’aller au développement mais plutôt de créer des associations de développement, parce que les associations qui existent déjà sont parfaitement légales et activent dans le cadre d’un objet social défini dans les statuts et de ce fait elles sont de développement ou non et ne peuvent le devenir tout simplement.

Reprise des travaux. Session Après – Midi : Modérateur SAHLI Zoubir.

M. SAHLI a souhaité la bienvenue à Madame Annie TAKARLI de l’Ambassade de France qui a bien voulu assister aux travaux de l’atelier

BELAIDI : Dispositif de la MADES de l’Association Touiza. 
Dans son intervention, M. BELAIDI essaiera de situer le projet dans le cadre de l’activité de Touiza, les étapes par lesquelles est passé le projet, et où en-est-il aujourd’hui ?
En commençant par une présentation de Touiza, qui en fait a des racines lointaines dans un autre organisme du début de l’indépendance et ui a activé jusqu’en 1978 : les Jeunes Travailleurs Volontaires Algériens. Leur activité principale était celle de l’animation des jeunes à travers les chantiers de volontariat et d’autres activités d’animation dans un objectif d’éducation à la citoyenneté. 

Le refus des JTVA d’intégrer l’UNJA en 1975, organisation de masse des jeunes officiellement rattachée  au FLN seul partir sur la scène politique, lui a valu les pires désagréments avant de geler complètement les activités en 1978.

A la lumière de la nouvelle constitution de 1989, et la libération du champs politique et associatif, les membres fondateurs des JTVA se sont réunis de nouveaux et ont créé Touiza (mot dont la signification est entraide et solidarité)  pour ressusciter une vielle tradition d’économie solidaire par de nouvelles formes d’application. Entre ces nouvelles formes d’intervention, et outre les chantiers de travail volontaire, il a été inclu le champs de l’économie solidaire principalement à travers le micor-crédit.

L’Association Touiza a commencé les premières expériences de micro-crédit en 1995. En parallèle, il y a eu un projet de création de deux pépinières d’entreprises pour appuyer le dispositif à côté de la participation des associations et des groupes locaux de Touiza. La formule utilisée a été de recourir au leasing du matériel et équipements qui sera cédé à la fin au bénéficiaire pour contourner le problème d’illégalité d’accorder des crédits pour tout organisme qui n’est agréé par le Conseil de la Monnaie et du Crédit.

En atteignant un certain volume d’activités en micro-crédits, et avec la signature d’un important accord pour l’exécution d’un projet avec le PNUD, pour le développement des petits élevages en milieu rural sous la formule de crédits, deux projets simultanés ont vu le jour. Le premier projet, objet de cette intervention, est celui de la création de MADES a repris toute son importance. En effet, le projet était en gestation depuis plusieurs années.

En même temps (début 1999), un autre projet très important a été proposé par le PNUD pour l’instauration d’un projet de micro-finance : Microstart projet similaire à ceux lancés au Bangladesh, au Maroc et dans régions du Monde. 
En prévision du lancement du projet PNUD, de développement des petites unités d’élevage, il a été jugé plus rationnel de domicilier le fonds destiné au micro-crédit dans une banque ou plus précisément une mutuelle avec les mêmes objectifs sociaux que le projet de Touiza. C’est pour cela que la CNMA a été ciblée. Cette caisse a exigé une rémunération de 2% seulement pour le dépôt de l’argent de Touiza dans un compte et de débloquer les crédits à la demande de Touiza. La CNMA préviendra Touiza en cas de non remboursement pour gérer les rappels et les contentieux s’il y a lieu. Cette prestation a été jugée assez faible pour mériter les 2% et les négociations ont échoué pour une simple domiciliation d’un compte courant pour l’élevage. 

Cet échec a poussé les gens de Touiza à envisager la création d’une institution financière propre à l’association. C’est comme ça qu’est née l’idée de la création de la MADES au courant de 1998. Ce projet connaîtra des difficultés énormes pour voir le jour : péripéties d’une expérience du mouvement associatif !

Le projet a été ficelé en profitant d’une ouverture dans la loi sur la monnaie et le crédit, notamment à travers l’article 220, qui accorde la possibilité à des organismes non lucratifs de pratiquer le crédit après une autorisation express du Ministère des Finances et du Conseil de la Monnaie et du Crédit.

Le dossier nécessaire a été transmis selon les modalités exigées par les textes, en faisant intervenir à plusieurs reprises les ministres de la solidarité successifs, d’autres personnalités politiques acquises à l’intervention du mouvement associatif  en économie solidaire, mais en vain. Au cours de la Conférence sur la pauvreté, il a été demandé à l’association Touiza de défendre le projet mais cela n’a pas encore abouti. Depuis un peu plus de trois que le projet a été présenté, l’association n’a pas encore réussi à avoir l’agrément.   
 
Le deuxième projet est microstart. Le PNUD a proposé la CNEP pour le dépôt du fonds destiné au projet Microstart dans un compte CNEP, parce que selon l’expert elle est beaucoup plus viable et opérationnelle au niveau du territoire national à travers un nombre plus élevé d’agences. La part qui devait revenir à la CNEP a été estimée entre 2 à 5%, pour un taux d’intérêt global de 27%. Les crédits d’un montant assez faible doivent être accordés avec une caution solidaire obligatoire de 5 bénéficiaires. S’i1 ne rembourse pas, par exemple, les 4 autres doivent user de tout leur poids pour qu’il rembourse ou ils doivent rembourser à sa place. Ceci sont les conditions d’application du projet pour la première année avec la réalisation d’au moins 1000 crédits avec un taux de remboursement de 95% au bout de la première année. Etape nécessaire pour passer à la deuxième année avec d’autres spécifications. Dans une contre étude, Touiza a proposé des corrections pour une exécution plus acceptable dans les conditions algériennes, qui pour le moment ne sont pas assez désastreuses pour que les gens acceptent de telles conditions de crédit. Aucune suite n’a été reçue depuis 2 ans.

13h50 : Eric VAN MONcKHOVEN : MED-2000.
 Le projet Med-2000, pour un développement durable vise l’instauration d’un nouveau partenariat Euro- méditerranéen. Nous sommes une petite association qui a obtenu un financement de l’Union Européenne et du Ministère des Affaires Etrangères italien pour mettre ensemble et en contact différents acteurs méditerranéens, afin de comprendre les réalités dans lesquelles ils opèrent.

Le projet s’articule autour de :
A/ La communication et contacts à travers les séminaires régionaux pour approfondir les thèmes avec les acteurs spécifiques. Trois séminaires ont été prévus :

1/ Malte 2000, ayant pour thème « Ethique et économie de développement en Méditerranée ». Les conclusions ont insisté sur l’approfondissement du travail sur les axes de l’Agenda 21 et dans les lignes de la convention de lutte contre la désertification, le commerce éthique, les finances éthiques, le milieu rural et l’approche interculturelle.

2/ Le deuxième a été organisé en 2001 sur le rôle des parcs nationaux en Méditerranée : centres d’innovations sociales.

3/ Sera organisé au mois de janvier 2003 en Sicile, sur les religions par rapport aux défis de la mondialisation (églises, immigration, etc…).

B/ Les groupes territoriaux méditerranéens avec comme objectifs :
? d’avoir une idée détaillée de la carte d’économie sociale en Méditerranée, de ses acteurs ; 
? de savoir ce qui est en train d’être réalisé un peu partout en Méditerranée ;
? de permettre à ces acteur un parcours d’auto-formation avec du matériel pédagogique adapté ;
? organiser une étape de la caravane de la solidarité (voyager dans 8 pays de la Méditerranée).

C/ Aider les groupes territoriaux à aller plus loin dans ce domaine avec le lancement d’expériences de boutiques éthiques, centres d’information , etc… (selon les spécificités de chaque région). Exemple, à Malte, il y a eu une ouverture depuis déjà deux ans d’une boutique de commerce éthique. Cet atelier d’Alger rentre aussi dans le cadre du projet.

Pour nous, il est impératif et opportun, à travers cette occasion qui nous est donnée maintenant, d’identifier un groupe territorial, des projets en commun, de lancer la mise en réseau, des programmes de formation et d’autres actions jugées nécessaires sur la base du partenariat proposé par la partie algérienne.

16h00 : Débats.

M. KACI. Remercie les participants. A M. BELAIDI, Que veut dire parcours du combattant pour le projet MADES ? Est-ce que c’est un concurrent de la CNMA ? Eventuellement, des oppositions d’organisations socio-professionnelles ? Touiza ne va-t-elle pas s’engouffrer dans des problèmes sans fin ? Pourquoi Touiza n’a pas le statut d’intérêt public ? A M. Eric, comment gèrent les Associations leur budget et finances ?

M. BELAIDI : L’organisation qui va naître pour le micro-crédit sera totalement indépendante. Elle ne risque pas d’alourdir les activités de Touiza. Au contraire, elle va la débarrasser d’une activité assez complexe. D’autre part, elle n’interviendra pas seulement en agriculture mais dans tous les domaines. Elle ne peut pas être en concurrence avec la CNMA, parce qu’elle ne sera pas une mutuelle. En plus, on prêtera beaucoup plus cher (le taux d’intérêt prévu sera entre 15 et 17%), peut être à cause de plus de services. Et finalement, l’ampleur des besoins est tellement importante que le marché accueillera tout le monde.

En ce qui concerne la notion d’utilité publique, touiza n’a pas milité pour cet aspect, mais cela n’existe pas encore. Il n’y aucun dispositif pour y accéder, ni les avantages à recevoir.

M. Eric : la gestion des associations est une  gestion assez classique. Elles sont de plus en plus assimilées à des entreprises, ce qui exige une comptabilité très rigoureuse mais propre à chacune en fonction des législations nationales.

M. SEKKAL : En attendant que cette forme d’organisation de Touiza soit acceptée, est-ce qu’il n’y a pas une forme pour intervenir ?  Qu’est-ce qui justifie la grande différence entre les taux d’intérêt de :l’organisation prévue et celui du marché ?

M. BELAIDI : Nous avons cherché des formules notamment avec les institutions proches de l’économie sociale, mais ça était un échec. Les banques ne marcheront jamais dans ce processus même s’il y a un fonds de garantie. Touiza continuera à procéder tout simplement comme elle est en train de faire, c’est-à-dire en marge de la légalité, en espérant qu’un jour l’administration entérinera une situation  de  fait, en espérant que d’autres partenaires sociaux se joignent à cette démarche pour renforcer le besoin.

Le taux d’intérêt est estimé faible même à 17% par rapport aux crédits à court terme surtout pour les crédits qui se dirigent aux gens non bancables. El-Amana au Maroc pratique un taux d’intérêt de 40% ; la Graming Bank également de 40%. L’expert du PNUD pour le projet Microstart a proposé 27%. Touiza a fait le maximum pour baisser  ce taux à 17%. En dessous, de ce taux il est pratiquement impossible d’activer.

M. le Président de l’Association des Ressources Humaines : Par rapport au problème de garantie des crédits, est-ce qu’il n’y a pas une tendance à ce que les choses évoluent ? Pour réduire les risques, ne faut-il pas viser une autre population cible : femmes et jeunes ?

BELAIDI : Le candidat, dans le programme Touiza, doit être présenté par un parrain crédible ce qui constitue une sorte de caution morale. En plus, il doit signer un contrat notarié. Finalement,  l’objet du crédit ne peut être la propriété du bénéficiaire qu’en cas de finalisation de paiement (leasing).

Quant au changement de la population cible, on le fait mais il n’y a pas de bénéficiaires femmes en général, notamment en milieu rural. Une exception est signalée pour les femmes intellectuelles.

SEKKAL : Est-ce que vous accordez de l’argent en liquide ?

Achour, chef de projet Touiza pour le micro-crédit urbain : On ne délivre ni de l’argent ni de chèque au nom des bénéficiaires. Le financement se fait soit en équipements directement soit par chèque au nom du fournisseur.

KACI : Que représentent les projets des ONG par rapport à ce que fait l’Etat ? Est-ce qu’on peut les considérer comme un modèle ? Sont-ils des projets dans des zones marginales ou sont-ils des projets étudiés pour des régions spécifiques ?

M. BELAIDI : c’est vrai que l’apport d’un projet comme celui de Touiza est insignifiant dans un premier temps par rapport à ce que fait l’Etat.Du point de vue impact futur et possibilités d’ouvrir une nouvelle voie, ce qui est en train de se faire par les ONG est considérable malgré l’insignifiance actuelle de leurs actions.

Pour ce qui est de la répartition des projets de Touiza, la première région concernée par les prêts est celle de Blida. Vient ensuite loin derrière la région de Tizi-Ouzou et d’autres wilayas telles que Alger, Boumerdès, Tipaza,  Béjaïa, Bouira, Médéa, ect…

Cette limitation volontaire au centre notamment dans la région de Blida, vient de la disponibilité d’un partenariat solide avec des associations locales et de la facilité de réaliser le suivi par rapport à l’éloignement et le coût de l’opération qui est conséquent. 

16h40 : Monsieur SEKKAL présente  ses remerciements pour tous les organismes qui ont participé au sponsoring de l’Atelier notamment  GEMA, CAAR, BNA, SONELGAZ, ANSEJ, CNAC, CENEA, etc… Il remercie les intervenants qui ont apporté leurs expériences pour l’enrichissement des travaux de l’atelier.

Monsieur Eric : voudrait conclure avec des ouvertures pour le futur. C’est vrai que le lancement d’expériences de l’économie solidaire est difficile, mais les efforts aboutiront sûrement. Ça a été le cas en Italie, par exemple, où il a fallu plusieurs décennies pour que ces projets aboutissent. Elles correspondent à des nécessités concrètes.

De notre côté, on est disposé à travailler avec tout le monde. Le plus important reste le processus de relations humaines qu’on met en place. On espère quand même que ce ne sera qu’une étape et qu’il y aura une suite très prochainement, à travers par exemple la constitution d'un Groupe territorial Med2000 permanent en Algérie.

M.SEKKAL Nous réitérons nos remerciements à tous les participants et aux représentants des différentes institutions et associations.
 
 

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