VALERIA BRUNI TEDESCHI
FANS PAGE
Interviste
Tratte da giornali e siti web
STRANIERA IN PATRIA tratta dal sito www.cinema.it
Intervista in francese tenuta a Cannes per La parola amore esiste (Mots d'amour)
Pur essendo nata a Torino Valeria Bruni Tedeschi riassume in sé alcuni tratti tipici dellattrice francese, tanto da avere vinto addirittura il Premio Cesar come migliore speranza femminile nel 1994 per il film Le persone normali non hanno nulla di eccezionale. Tutto questo quando in Italia era ancora sconosciuta al grande pubblico, perché non aveva ancora interpretato al fianco di Nanni Moretti La seconda volta per la regia di Mimmo Calopresti. Adesso la rivediamo nel nuovo film di Calopresti intitolato La parola amore esiste al fianco di Fabrizio Bentivoglio e di Gerard Dépardieu, dove interpreta il ruolo di una donna pazza per amore.
Nonostante la sua nascita italiana, lei vive in Francia e praticamente è stata adottata da questo paese. Cè però qualcuno con cui le piacerebbe in particolare lavorare in Italia?
Io credo di stare lavorando comunque abbastanza in Italia. Non ho aspettative particolari, non ci sono nomi con i quali vorrei assolutamente fare un film. Vorrei solo continuare a fare cose che per me abbiano senso e non lasciarmi andare a lavorare in film che mi facciano perdere la voglia di fare questo mestiere. La mia lotta sta nel continuare nellavere uningenuità con la quale accompagnare lamore e lentusiasmo per il lavoro che faccio. E per questo che è importante fare le scelte giuste e girare pellicole che ti interessano e commettere degli errori può essere davvero molto, ma molto pericoloso. A parte il fatto che è deprimente, ma può anche portarti via tutta la voglia che hai di fare del cinema. Io, infatti, vorrei fare del cinema per tutta la vita.
In che maniera e quanto è stata segnata dallandare a vivere a Parigi?
Lasciare il proprio paese è sempre un trauma. E stato indubbiamente un fatto che ha cambiato per sempre la mia vita. Per questo il primo film che ho girato con Calopresti La seconda volta è stato così importante. Mi ha, infatti, permesso di riappropriarmi della mia lingua, della mia città, di sentirla come mia e non come qualcosa che mi aveva "estraniato". Nulla però può guarire una ferita vecchia di più di venti anni. Si dice che è un po il ruolo dellarte, della filosofia, della letteratura, della scrittura quello di formulare le cose in modo di permettere alle persone di comprendere i propri problemi. Per me è il cinema ad avermi consentito un importante se non fondamentale confronto con me stessa. Sia come interprete che come spettatrice sono riuscita a risolvere le mie divisioni più intime e profonde ed è questo che io domando al mio lavoro: riuscire a capire me stessa e i miei problemi.
Lei ha studiato con Patrice Chéreau, poi ha girato un film con lui adesso sta per farne un altro ancora. Che tipo di esperienza è stata studiare e lavorare con un mostro sacro del cinema francese e europeo?
Da Patrice ho imparato che una ripresa è una cosa talmente decisiva da contare più della vita, che - anzi - è la vita stessa. Ho quasi limpressione come se in tutti questi anni avessi aspettato di lavorare ancora insieme a lui. Come se dieci anni avessero costituito una lunga attesa per tornare a fare un film con lui. Dopo Hotel de France che ha visto il mio esordio nel 1987 ora girerò un film intitolato Ceux qui mamaint prendront le train che racconta la giornata di un funerale come catarsi collettiva per un gruppo di amici.
Lei ha anche girato recentemente un film noir con Claude Chabrol
E intitolato Il colore della menzogna ed è ispirato a dei fatti di cronaca avvenuti in Bretagna che hanno visto una bambina viene coinvolta in un crimine. Io sono un commissario che conduce linchiesta. Nel cast cè anche Sandrine Bonnaire.
Nellultimo film La parola amore esiste lei interpreta un altro ruolo femminile molto complicato, che vive lamore in maniera conflittuale. Le assomiglia molto questo personaggio?
Non cè nulla che non mi appartenga in tutti i personaggi che faccio. Sono sempre io in qualche maniera nelle donne che porto sullo schermo. Io sono come un disegnatore che facendo uno schizzo, accentua alcuni tratti rispetto ad altri. Personalmente non considero lamore necessariamente come qualcosa di conflittuale. So bene, però, che la ricerca dellamore porta anche a temerlo in qualche maniera.
Tra Francia e Italia lei ha girato più di venti film. Molte volte lei è stata diretta da registi di sesso femminile come Fabienne Ferreira-Barbosa e Diane Kurys. Che differenza cè nellessere diretti da una donna piuttosto che da un uomo per uninterprete come lei?
Con le donne mi sento più rilassata e posso instaurare con loro un rapporto di confidenza e di tenerezza. Con gli uomini sono più diffidente. Viviamo ancora in un cinema prevalentemente maschile. Cè sempre un rapporto affettivo con un regista che con un uomo può diventare complicato. Con il tempo sono riuscita a stabilire dei grandi rapporti di amicizia con registi che sono uomini tranquilli, vivaci e sani.
Interview
pour le film "Mots d'amour",
de Mimmo Calopresti. Juillet 98
Question - Que raconte Mots
d'amour ?
Valeria Bruni-Tedeschi - Ce n'est pas un film spectaculaire.
Disons que le spectaculaire est dans les sentiments. C'est un
film sur la façon dont les gens, et plus particulièrement les
femmes, parlent d'amour. Comment elles parlent d'amour parce
qu'elles ont peur de le vivre. Et quand il faut le vivre, elles
s'enfuient, elles n'ont pas le courage. Elles ont besoin de
l'analyser. Voilà, c'est un film sur le langage qui vient autour
de l'amour, et aussi le besoin de le vivre.
Q - Comment vous définiriez cette femme
d'une trentaine d'années que vous interprétez dans ce film ?
VBT - Mimmo, pendant le tournage, me donnait une définition
d'Angela : "Angela est une artiste des névroses".
C'est une femme qui n'a pas d'activité, qui n'a pas de
profession, mais qui a mis en ordre ses névroses de telle façon
que ça en devient presque une oeuvre d'art. Elle a élaboré ses
névroses, et qui en a fait une religion un petit peu. Voilà.
C'est l'artiste des névroses.
Q - A un moment donné du film, elle se
retrouve face son psychanalyste. Il lui dit que si elle veut
partir, elle peut partir. C'est rare pour un analyste de dire ça
?
VBT - Je ne sais pas si c'est si rare que ça. Je pense que ça
arrive beaucoup plus souvent qu'on ne le pense. Je pense qu'il
arrive beaucoup, beaucoup de choses en psychanalyse, et dans les
thérapies en général. Et cela peut être une forme de
thérapie que de dire à son patient qu'il ne vient plus. Et je
pense que c'est la pointe émotionnelle du film au moment où
Angela dit qu'lle ne veut plus revenir et qu'elle a quelqu'un en
face d'elle qui lui dit "D'accord, tu ne viens plus".
Q - Et le film bascule à ce moment-là ?
VTB - Oui, là, il y a le danger qui arrive. Et ce danger là, il
est présent durant toute la deuxième partie du film. Le danger
de la solitude, de quelqu'un qui est abandonné.
Q - Gérard Depardieu fait une apparition
dans ce film. Comment s'est-il retrouvé dans cette aventure ?
VBT - Au départ, il avait lu le synopsis. Et il pensait
coproduire le film. Et puis, cela ne s'est pas fait pour plein de
raisons de production. Mais il se trouve qu'ils sont restés amis
[avec Mimmo Calopresti]. Alors ce n'était plsu un producteur,
mais il s'est défini lui-même un "pousseur". Donc, il
a continué, même s'il n'était plus dans la production, de
donner de son énergie pour le film., pour que le film existe. Et
voilà, il a donc joué dedans.
Q - Est-ce que c'est agréable de jouer en
italien, qui est votre langue maternelle ?
VBT - Oui, c'est agréable, et en même temps c'est difficile
pour moi. Car c'est une langue maternelle, et donc la langue la
plus proche et la plus intime pour moi. Mais en même temps,
c'est une langue où je me sens très impudique, où je me sens
comme quand je parle en famille, donc ce n'est pas une langue de
société. Ce qui fait que je me sens maladroite, impudique et
très fragile. Plus fragile que quand je parle en français.
Q - En ce qui concerne le film, vous n'avez
pas été que comédienne. Vous avez aussi contribué au
scénario ?
VBT - Oui, un petit peu. Je n'ai pas été scénariste sur le
film. Mais c'est vrai que j'étais à côté de Mimmo pendant
toute la genèse du film, pendant toute la formation du
scénario, à l'écriture du scénario. J'étais témoin, un
petit peu. Et en étant témoin, j'avais envie de temps en temps
de donner des petits bouts de dialogue ou des idées. Donc
voilà, j'ai un petit peu aidé.
Q - Pourquoi ce film vous tient-il autant à
coeur, pourquoi souhaitez-vous qu'il y ait un maximum de
spectateurs qui aillent le voir ? Est-ce qu'il y a à
l'intérieur des choses qui vous sont personnelles qui
apparaissent ?
VBT - Je n'ai que des choses personnelles à donner dans mes
films. Je n'ai rien d'autre que ma personne, avec tout ce que
j'ai à l'intérieur. Mais si j'y tiens beaucoup, c'est parce que
c'est le deuxième film d'un auteur. C'est une sujet très
différent du précédent où il traitait du terrorisme. Mais, à
la fois, on sent que c'est le même metteur en scène, et c'est
un metteur en scène qui fait des films qui ne ressemblent à
rien d'autre. Pour moi, c'est ça un auteur. C'est un film qui
aime la poésie, et c'est très rare, et une grande intelligence
et de la délicatesse. C'est les raisons pour lesquelles je le
défends.
Q - En ce qui concerne votre travail de
comédienne, vous avez débuté avec Patrice Chéreau ?
VBT - Oui, enfin, j'avais commencé un petit peu avant. J'avais
pris des cours. J'ai toujours pris beaucoup de cours dans tout ce
que j'ai fait, j'adore aller à l'école. Donc, j'avais pris des
cours de théâtre. Et puis ensuite, j'ai fait l'école de
Patrice Chéreau.
Q - Comment travaillez-vous finalement ?
VBT - Ce que j'ai compris, jusqu'à maintenant, c'est que déjà,
ce qui est important pour moi, c'est de savoir que je ne sais
rien, que je ne sais pas comment on travaille. Et que je ne sais
toujours pas ce que je suis en train de faire exactement. Et pour
chaque film, j'ai besoin de trouver une méthode propre à ce
film-là. Donc, en fait, mon travail, c'est de rechercher comment
je vais travailler. C'est un peu ça mon travail : chercher le
chemin. Et après, en chemin, en fait, c'est un peu comme si le
travail découlait de ça, de cette recherche, d'une méthode
pour chaque film.
Q - Par exemple, pour le prochain film de Claude
Chabrol [La couleur du
mensonge], vous êtes commissaire de police. Etes-vous allée
dans un commissariat pour voir comment travaillaient les
inspecteurs ou pas du tout ?
VBT - Non, j'ai fait des choses, mais ce ne sont pas des choses
extraordinaires. J'ai rencontré un commissaire de police femme.
Mais ça, disons, c'est le minimum syndical. C'est juste prendre
des informations juste pour pouvoir ne pas être complètement
ignorant. Mais ce n'était pas ça le fond de mon travail.
Q - Le moment le plus important, c'est quand
vous comprenez, vous accaparez le personnage qu'a voulu le
metteur en scène ?
VBT - Le moment le plus important pour moi, c'est le moment où
je comprends que je suis dans la bonne direction, sur la bonne
route. Et c'est dans le regard du metteur en scène que je
comprends qu'on va dans la même direction.
Q - Qu'est-ce qui vous a donné envie de
faire du cinéma ?
VBT- J'ai toujours beaucoup aimé la littérature. J'étais plus
dans l'étude des mots. Et puis, un jour, au lieu des les
étudier, j'ai eu envie de les vivre. Et de les vivre devant les
autres. Et c'est cette confrontation de moi avec les autres dont
j'ai eu besoin. C'était un peu pour arrêter d'être seule. Je
me sentais très seule en étudiant.
Pour l'instant, vous faites votre chemin de
comédienne. Est-ce que vous imaginez un jour devenir soit
scénariste, soit metteur en scène ?
VBT - Oui, ça me passe par la tête, par exemple, d'écrire, de
diriger d'autres comédiens. Mais j'ai très, très peur... Mon
métier de comédienne me rend très joyeuse. Donc, ça, je le
sais. Si un moment, je trouve d'autres choses sur mon chemin, je
les ferai. Mais j'ai très peur, là, de dire "Je vais faire
film". J'ai très peur de ça, parce que je ne m'en sens pas
vraiment capable.