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Nouvelle page 1
Mon Avis :
Medal of Honor semble être devenu un
rendez-vous annuel pour Electronic Arts. En déplaçant le thêatre des opérations
dans le Pacifique, la série prend une nouvelle dimension. L'aventure est
toujours aussi intense, dotée d'une réalisation solide, mais également
toujours aussi scriptée. C'est un parti-pris conscient de la part des développeurs.
A vous de l'accepter en tant que joueur, c'est la condition pour réellement
apprécier un jeu souvent très spectaculaire.
En détail :
Après deux opus sur PlayStation et un sur PlayStation 2 l'année dernière,
Medal of Honor : Rising Sun est le quatrième épisode de la série sur une
console Sony et il faut reconnaître que le gameplay n'a globablement pas changé
d'un iota et c'est d'ailleurs là que réside la principale faiblesse du jeu.
Si, comme moi, vous suivez la saga depuis ses débuts, vous allez retrouver vos
marques immédiatement aussi bien en terme de maniabilité, qu'en terme de
progression. Ce n'est pas foncièrement une mauvaise chose car le soft demeure
très prenant et il convient de ne pas faire de procés inutile aux développeurs.
Toutefois, EA Games Los Angeles aurait pu insuffler un peu de nouveauté en
s'inspirant du gameplay très ouvert d'un Halo : Combat Evolved par exemple.
Cependant, le soft offre toutefois quelques nouveautés bienvenues. Tout
d'abord, le théatre des opérations a été déplacé vers le Pacifique. Vous
ferez ainsi une petite visite à Pearl Harbor, Manille, Guadalcanal et
Singapour. L'année dernière, la première mission nous faisait revivre le Débarquement
Alliés, cette année ce sera Pearl Harbor. L'ambiance est tout aussi
spectaculaire, voire électrisante mais contrairement au Débarquement qui
proposait du pur FPS avec une relative liberté d'entreprise, la première
mission de Rising Sun nous offre une forme de Rail Shooting, un peu comme ce que
l'on peut voir dans certaines missions de 007 : Agent Under Fire . C'est donc
extrêmement scripté et linéaire. En gros, il suffit d'avancer jusqu'au pont
du destroyer pour mettre la main sur une mitrailleuse lourde et abattre des
vagues de Zéros. C'est un peu dommage, toutefois l'ambiance étant véritablement
explosive, il est difficile de ne pas se laisser immerger malgré tout. Mais,
d'une certaine manière, cette ouverture très directive stigmatise un peu le défaut
du jeu, qui sera récurrent tout au long de l'aventure.
Toujours au chapitre des nouveautés, Rising Sun annonce le retour des modes
multijoueurs, présents dans les versions PS One mais curieusement absents de
Frontline l'année dernière. Cela dit, ne vous attendez pas à retrouver
quelque chose d'aussi complet qu'un TimeSplitters 2 . Ici, ce sera du deathmatch
ou du team deathmatch jouable jusqu'à quatre simultanément. Sympathique mais
rien de vraiment transcendant non plus. En revanche, beaucoup plus intéressant,
Rising Sun comprend également un mode 2 joueurs coopératif. Et là, ça change
tout car le jeu prend une nouvelle dimension. D'autant que le moteur 3D ne
souffre pas beaucoup : les graphismes gardent quasiment le même niveau de détails
et les chutes de frame-rate sont assez rares et jamais pénalisantes. D'une
certaine manière, le mode coop est réellement le point fort de la nouvelle
production de EA Games Los Angeles. D'autant que, sur PlayStation 2, hormis
TimeSplitters et TimeSplitters 2 qui offraient du coopératif (dans un contexte
fun et moins sérieux), il manquait un FPS à l'ambiance réaliste offrant ce
genre de plaisir. Bref, c'est maintenant chose faite ! Enfin, Rising Sun offre
également un mode online, jouable jusqu'à 4 joueurs.
En terme de gameplay, comme je le disais, on retrouve
une mécanique strictement identique aux précédents volets. Il y a toujours
quelques parti-pris très audacieux comme les réactions de son avatar, par
rapport à ce qui se fait habituellement dans les FPS. On se sent lourd,
terriblement lourd dans Medal of Honor : Rising Sun (tout comme dans les autres
d'ailleurs). On se déplace très lentement, les sauts sont ridiculement courts.
S'accroupir, se remettre debout, semblent être des efforts au-delà des capacités
de son personnage. Il s'agit là d'une décision réellement ambitieuse, car
pour ceux qui ne connaissent pas la série, ce changement est véritablement déroutant
au début. Mais, au bout du compte, on réalise qu'effectivement, on ne se déplace
pas aisément avec un barda sur le dos et qu'on ne grimpe pas une échelle aussi
rapidement que l'on monte un escalier et, enfin, on ne peut pas sauter un
obstacle qui arrive au niveau de sa taille.
La structure des missions (qui sont au nombre de huit divisées en deux ou trois
sous-sections chacune) nous fait remplir différents objectifs qui justifieront
la progression. Vous serez parfois seul et parfois accompagné par une petite
escouade de soldats. Le point fort de la série a toujours été de proposer une
véritable ambiance. Il faut bien comprendre que l'immersion dans un jeu n'est
envisageable que si il place le joueur dans une situation suffisamment intense
pour que tous ses sens soient monopolisés. C'est la condition nécessaire pour
"perdre pied" avec la réalité. Les Medal of Honor , même à l'ère
PlayStation, ont toujours été capable de cette prouesse et il ont souvent
offert quelques scènes d'anthologie qui resteront longtemps gravées dans les mémoires
des joueurs. Il y a malheureusement quelques éléments qui viennent relativiser
l'excellence du concept et du jeu en général.
D'une part, comme je le disais plus haut, la condition indispensable à suivre
pour pouvoir profiter de cette dose d'émotions et de sensations : il faut jouer
le jeu et se laisser entraîner là où les développeurs ont voulu nous
emmener, sans jamais s'écarter du chemin tracé car le programme ne le permet
pas. D'autre part, Rising Sun est un jeu qui utilise énormément de scripts,
c'est à dire que de nombreuses scènes se déroulent telles quelles parce que
l'équipe de EA Games Los Angeles a prévu qu'elle se dérouleraient de cette façon.
C'est la seule solution possible pour que le Zéro s'écrase sur le pont,
exactement au moment où vous arrivez sur celui-ci ou pour qu'une embarcation se
fasse volatiliser par un obus. Si, en tant que joueur, vous êtes conscient de
cela et que vous l'acceptez implicitement alors l'ensemble des événements
semblent se dérouler de manière naturelle. Par contre, si par hasard ou par
curiosité, vous vous écartez un peu trop du chemin tracé par les développeurs,
vous serez immédiatement confronté à l'envers du décors, avec une certaine désillusion.
D'une certaine manière, on assiste à l'accomplissement d'un scénario sur
lequel on a finalement peu d'emprise. Un sentiment quelque peu désagréable
dans un jeu vidéo, interactif par essence.
Et c'est justement là, lorsqu'on arrive à cette
conclusion, que l'on assiste au grand paradoxe de la série Medal of Honor et
donc à celui de Rising Sun . Le jeu reste extraordinairement prenant, extrêmement
intense et propose une immersion à nulle autre pareille. Ce n'est pas pour rien
que cette série fait partie de l'une des meilleures de son genre. En prenant
pour cadre le Pacifique, Rising Sun propose quelques très belles ambiances de
jungle, environnement inédit qui apporte beaucoup en terme d'atmosphère parce
qu'il reste encore peu usité dans les jeux vidéo. On retrouve également
d'intense combats de rues dans des décors urbains ainsi que des missions
d'infiltration... etc. L'IA légendaire de la série est toujours d'actualité
ici. Les soldats adverses ont donc souvent des réactions terriblement cohérentes
qui, dès le mode Normal, vous surprendront aisément. Cela dit, et comme
d'habitude serais-je tenté de dire, on retrouve les classiques aberrations :
soldat bloqué dans un mur, soldat qui vous charge alors que vous lui avez envoyé
une décharge de shotgun... etc. Heureusement, cela n'arrive pas fréquemment.
Si les épisodes PlayStation utilisaient le Quake 2
Engine , depuis son passage sur PlayStation 2, c'est le moteur de Quake 3 qui
est à l'honneur. Graphiquement, Rising Sun est tout à fait convaincant, avec
des décors fournis en détails et des personnages modélisés avec beaucoup de
soin. On pourra regretter des textures manquant sans doute un peu de finesse
mais, l'ensemble reste toutefois d'un niveau très correct. La capacité
d'affichage de la console permet de profiter d'une profondeur de champ
importante (assez impressionnante d'ailleurs durant l'attaque de Pearl Harbor)
et offre du coup des environnements vastes pour le regard. Les phases de tir au
fusil à lunette se révèlent de ce fait encore plus excitantes. Evoquons également
les nombreux effets de fumée ou de brume, particulièrement réussis, qui
viennent enrichir une atmosphère déjà bien mises en valeur par les jeux
d'ombres et de lumières. Une réalisation qui assure et en met plein la vue en
somme, mais aussi plein les oreilles grâce à une bande-sonore toujours aussi
magistrale, avec des musiques orchestrales tantôt héroïques et tantôt
dramatiques, et des voix françaises et japonaises irréprochables. Le tout est
encodé en Dolby Surround Pro-Logic 2 avec beaucoup de soin (labellisation THX
oblige). L'animation assure, malgré quelques ralentissements çà-et-là.
Conclusion :
Medal of Honor : Rising Sun reste malgré tout une expérience
formidable pour tout amateur de FPS. D'une part, la réalisation dans son
ensemble demeure très convaincante. D'autre part, l'ambiance de guerre est
formidablement reproduite (notamment grâce aux sons), elle aide à rentrer dans
le jeu et à rester captivé. Enfin, l'aspect scripté et linéaire du
cheminement, s'il peut paraître agaçant, a surtout permis aux développeurs de
créer exactement toutes les situations qu'ils voulaient, réglées au millimètre
près. Certaines scènes paraissent donc étonnamment réalistes et immersives.
Il y a donc très peu de libertés offertes, tous les joueurs vivront exactement
les mêmes actions, mais quelles actions ! Une bonne partie du plaisir de Rising
Sun repose ainsi sur sa mise en scène. En bref, rien de bien nouveau à trouver
ici, mais une aventure captivante et des sensations fortes. Rien que pour ça,
le jeu vaut le détour !
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Note : 16/20
+ Vivez la guerre de Pearl Harbor
comme si vous y etiez
+Un bon scénario
+ Un tres bon son
- ( j'ai rien trouvé, dsl)
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