Pourquoi cette soirée ? Pourquoi Haïti ? Pourquoi, pourquoi...

Les rapports humains sont contraints ou se laissent contraindre par la dictature de l'argent, encore et toujours sous des rapports qui unissent les hommes par l'objet, la chose. Chose qui a tellement de valeur, que l'idée arrive à dominer l'existence de tous les êtres vivants. Qu'est-ce que l'argent ? En clair, c'est du papier auquel l'homme a décidé de joindre l'abstraction. Cette abstraction a permis de définir les rapports aux choses, et les hommes en sont fous. Fous de se laisser berner par la permanence des objets, d'une définition des conditions de vie par la matérialité. Le confort, le bonheur, le bien-être fait d'objets prêts à nous faire perdre la tête tant que nous les désirons. L'espèce humaine va-t-elle continuer à se perdre ?

Pas de retour en arrière. Nous ne sommes pas ce genre d'arriérés. Allons de l'avant, allons vers ce que nous voulons tous : la liberté !

Alors, comme cela commence par « aller à la rencontre » et, connaissant ici l'aveuglement dont sont sujets les coeurs des hommes et des femmes, nous voulons permettre l'éveil à l'implication de tous dans les actes qu'ils et elles posent au cours leur existence. Nous le savons bien, nous qui survivons dans un état dit d'abondance, que l'être humain est réduit à l'état chose. Rares sont ceux qui se trouvent en état d'acteur. L'isolement, l'indifférence et l'ignorance de soi et de l'autre tuent.

Un débat sur les liens qui unissent les personnes vivant en Haïti et celles de Bruxelles va susciter des réactions vives comme : « Vous ne pouvez pas comparer ! », « Vous ne pouvez pas faire ce lien ! », « Tout est différent ! » Ils auront certainement raison sur beaucoup de points, mais il faudra faire raisonner en eux « ce qu'il ne faut surtout pas voir », c'est-à-dire notre misère humaine, celle dont nous faisons presque tous preuve au quotidien. Est-il si difficile de s'ouvrir à l'autre sans liens idéologiques ? Comment peut-on encore croire que « la vie est ainsi faite ». Le système social auquel nous appartenons est répressif et contrôlant. Quelle est notre marge de manoeuvre, faut-il toujours s'en remettre à celui qui « sait mieux que soi » ? Comment se fait-il que les faits ne soient pas vus comme tels ? Pourquoi faut-il y ajouter une explication morale ou idéologique. Pour s'en défendre ? Ce qui se passe dans le monde et aussi chez nous est le résultat des actions des hommes et des femmes, jour après jour.

Comment faire pour permettre la confiance envers le changement possible ? C'est une question des plus actuelle.

Nous savons que les organisations humanitaires et les aides sociales sont sensées améliorer les conditions d'existence, pourtant elles permettent le renforcement de la dictature. Les lois et règlements sont sensés cadrer les comportement pour améliorer l'entente entre les hommes, or ils servent à réprimer et contrôler. Croire qu'un seul homme, ou quelques hommes, peuvent « sauver le monde » est une idée qui nous mène à chaque fois plus vers notre propre enfermement. Il nous faudrait tous apprendre à diriger sa vie et croire en sa propre capacité de changement. D'autant plus aujourd'hui. Car l'idée court pour le moment (et elle est paralysante au point de faire de chacun de nous un objet) que nous ne pouvons rien faire seul. C'est là la force du système, celle de nous faire croire que nous ne sommes rien.

En fin de « conte » qu'est-ce que la liberté ? Y a t'il une seule définition ? Pour nous, il ne s'agit pas de savoir ce qu'est la liberté en général, mais ce qui permettra à toute personne de vivre sa liberté comme elle l'entend. Il ne faut pas chercher à diriger les autres, mais à les laisser libres de faire ce qu'ils ont décidé de faire.

Notre possibilité de choisir nos libertés individuelles n'est pas permise ici, comme ailleurs. C'est « l'intérêt général » qui compte et vous savez peut-être comme nous ce qu'est cet « intérêt général »... ce n'est pas le peuple qui en décide. La force de la sociale démocratie est précisément de nous faire croire le contraire : à savoir que nous nous serions battus pour que quelqu'un pense pour nous, à notre place. Aujourd'hui, il est temps de devenir adulte ! A Bruxelles, il faut encore se battre pour avoir un logement ! C'est scandaleux ! En Haïti, il faut encore se battre pour survivre ! C'est innommable ! Et les dirigeants ? Qu'en font-ils ? Et ceux qui veulent le pouvoir, qu'en feraient-ils ? Et nous qu'en ferions-nous ?

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