CONFERENCE DE PRESSE DU 24 JUIN 2003
PAR DEVOIR D'HUMANITE ENVERS LES « EXCLUS » !
L'Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg (ALMK) poursuit cet objectif principal : reloger les personnes/familles qui occupent des logements inadaptés tant à leur revenu qu'à leur composition familiale et les personnes/familles qui se sont vus signifiés un renon ou qui occupent des logements (déclarés ou non) insalubres.
Notre conférence de presse contient deux objets.
Premier objet, le cas dramatique d'une famille (une femme seule avec deux enfants) qui malgré 1/ l'ancienneté de sa candidature (plus de 3 ans) ; 2/un jugement la condamnant à l'expulsion (fin juillet) et 3/ la proposition de 3 logements que la société de logements sociaux, « Le Logement Molenbeekois », lui a envoyée, ne s'est vue attribuée (12 juin 2003) aucun des logements sociaux choisis. D'après les renseignements dont nous disposons, les 3 logements proposés ont été attribués à des candidats à la «mutation ». Si le critère de la «mutation » confère effectivement aux locataires sociaux occupant un logement inadapté une «priorité absolue », la société peut toutefois «déroger » à cette règle pour des «cas individuels » aux «circonstances exceptionnelles et urgentes». Or telle n'a pas été, à notre grand étonnement et malheureusement, l'initiative du « Le Logement Molenbeekois » !(1)
Nous ne pouvons ainsi pas comprendre comment une société de logements sociaux en un temps de réelle « crise locative » à Bruxelles - puisse ainsi privilégier une famille assurée de disposer d'un « toit » et apparemment - « déconsidérer » une famille qu'un jugement condamne à « déguerpir » de son « toit » ! De plus, eu égard au fait que cette famille émarge du CPAS et eu égard aux montants de loyer prohibitifs du secteur locatif privé(2), « Le Logement Molenbeekois » n'était pas dupe que l'unique recours pour cette famille était (est) celui de disposer d'un logement social et que le lui refuser, c'est dès lors la confiner de facto dans le désarroi social le plus total ! Tel est bien et malheureusement le cas aujourd'hui : la seule possibilité qui s'offre à la famille est celle de s'exiler en dehors de la Région Bruxelloise vers des « cieux » aux loyers beaucoup plus « cléments » ! Exil forcé ? C'est précisément ce que ni la famille ni l'ALMK ne peuvent tolérer !
Ce n'est enfin pas la première fois que l'ALMK est confrontée à une telle « surdité » de la société concernée. En ce sens, le drame de cette famille n'est qu'un « exemple » parmi bien d'autres !
Ce sont donc ces raisons majeures qui nous ont conduit à demander à deux responsables du « Le Logement Molenbeekois » de nous recevoir le jour même de cette conférence de presse (à 10 h 30') afin que nous puissions sérieusement discuter de «l'avenir » de cette candidature et d'éviter ainsi le «pire ».
Second objet. D'une part, nous pensons que certaines « priorités » actuelles dans le secteur locatif social ne sont plus « adaptées » face au contexte bruxellois actuel :
1/ Pourquoi ou au nom de quoi des candidats à la « mutation » (il convient de le dire : des « privilégiés » par rapport à l'immense majorité de personnes qui ne dispose pas de logement social et dont le seul recours est précisément le logement social) bénéficieraient-ils d'une « priorité absolue » ?(3) ;
2/ Comment maintenir ce critère de priorité (2 points) : « la personne qui quitte un logement insalubre qu'elle habite depuis plus deux ans » , alors que nous savons qu'un logement déclaré insalubre par les pouvoirs communaux doit être évacué le plus rapidement possible ? ;
3/ Enfin, le « saturnisme » concerne-t-il encore ! - beaucoup de famille ?(4)).
D'autre part, nous désirons afin d'éviter les éventuels « abus » et dans les limites des « quotas » prévus par l'arrêté - que la prérogative actuelle de la société de déroger aux règles d'attribution soit fondée sur un « dossier » introduit par le candidat-locataire lui-même avec l'obligation, pour la société (et le délégué social), de répondre (positivement ou négativement) d'une manière argumentée et rigoureuse à cette demande de dérogation.
NOUS DEMANDONS DONC D'UNE PART, QUE LA FAMILLE SOIT RELOGEEE IMMEDIATEMENT PAR « LE LOGEMENT MOLENBEEKOIS » ET D'AUTRE PART, QUE LE GOUVERNEMENT BRUXELLOIS ADAPTE REELLEMENT LES « PRIORITES » ET LES POSSIBILITES DE « DEROGATION » ACTUELLES AU CONTEXTE DE « CRISE LOCATIVE» D'AUJOURD'HUI.
1. Un manque d'initiative que la société répète à l'endroit d'autres familles (non-locataires sociaux) qui ont vécu ou vivent le même drame que la famille en question.
2. Un logement adapté pour la famille (3 chambres), à Bruxelles, coûte plus de 700 euros !
3. Il convient, bien entendu, ici, de distinguer les demandes de « mutation » vers un logement social « plus grand » et les demandes de « mutation » vers un logement « plus petit ». Si les premières sont répandues, les secondes sont, par contre, très rares ! D'où notre question : combien de locataires sociaux en temps de « crise locative » - occupent-ils des logements sur-adaptés ?
4. A ce jour, nous n'avons rencontré aucun candidat-locataire disposant de cette « priorité ».