De: "jerome duvivier"

Objet: SYNDICAT DES LOCATAIRES CONFERENCE DE PRESSE

JEUDI 2 OCTOBRE à 9 heures 30

Date: Mon, 29 Sep 2003 21:14:20 +0000

 

Schaerbeek, le 29 septembre 2003

 

 

Prière d'insérer s.v.p.

 

De: Jérôme Duvivier

Syndicat des Locataires

 

Invitation :

 

Conférence de presse,

action sur la place communale de Schaerbeek

 

Ce jeudi 2 octobre, à 9 heures et demie nous irons dénoncer la situation d'une réfugiée, mère de cinq enfants qui s'est fait expulser ce 4 septembre 2003 de son logement et qui ne sait toujours pas où loger décemment. Ci-dessous, vous trouverez le récit de son parcours pour la recherche d'un logement, événements dramatiques qui ne sont hélas pas isolé.

 

Nous invitons partenaires, amis et citoyens à soutenir cette interpellation au moyen de leurs témoignages, de leur présence, de leur soutien.

 

Nous invitons les journalistes à rendre compte de cette situation douloureuse.

 

Une action surprise sera organisée...

 

Où : Place Collignon à Schaerbeek

 

Quand : ce jeudi 2 octobre à 9 heures 30

 

Une mère, cinq enfants, c’est la rentrée, et ils se retrouvent à la rue?

 

Madame Stancu est une réfugiée roumaine qui demande sa régularisation depuis 1994. Madame Stancu n'a pas de revenus et elle n’a droit à aucune aide sociale. Madame Stancu s'est retrouvée ce jeudi 4 septembre à la rue avec ses cinq enfants.

 

Patrick 12 ans, Patricia 10 ans, Jean-Luc 9 ans, Dolfi 2 ans et Sacha 3 mois et demi ont été expulsés de leur logement, les enfants de madame Stancu ont effectué la rentrée à la rue.

 

Pourtant, son dossier de régularisation est exemplaire, elle s’est créée de nombreuses attaches en Belgique, ses enfants vont régulièrement à l’école, elle suit des cours de français. Et comme elle ne peut pas accepter de travail rémunéré malgré ses besoins financiers, elle a décidé d’aider les autres et collabore au sein d'associations comme ATD Quart Monde Belgique.

 

Mais qui lui a donné ce bel exemple de solidarité ?

 

Le CPAS ?

 

Il ne lui a proposé aucune solution pour son logement. A l'heure actuelle, il est considéré comme incompétent au vu du fait qu’elle est en demande de régularisation.

 

La commune ?

 

Malgré nos efforts pour alerter les services communaux de l'urgence de la situation, celle-ci nous a renvoyés vers le CPAS. Celui-ci nous renvoyant à la commune, qui nous a dis de nous adresser au cabinet du Secrétaire au Logement de la région de Bruxelles-Capitale. Celui-ci nous a renvoyé vers le CIRE et la commune de Schaerbeek à nouveau. Le CIRE s'est déclaré incapable d'intervenir, faute de moyens adéquats. A la consultation du bourgmestre, on nous propose d'inscrire madame au logement social, alors que son statut ne lui permet pas d'y avoir droit (sic), et on nous invite à demander un logement communal à l’échevin du logement qui répond peut après que tous les logements communaux sont occupés.

 

Dans le jargon, on appelle ça un lancé de patate chaude.

 

Fin de l’histoire ?

 

Madame Stancu est donc expulsée ce jeudi 4 septembre 2003 et elle et ses enfants dorment dans une voiture pendant plus d’une semaine, avant de trouver une solution de fortune qui ne durera peut-être pas bien longtemps et qui ne convient pas vraiment à ses besoins : une chambre commune pour elle et ses cinq enfants.

 

En somme les seules structures d'accueil prévues sont les centres pour réfugiés et les maisons d’accueils. En ce qui concerne le centre pour réfugiés, madame Stancu est très clair, elle n'ira pas là. Pourquoi ? Parce que madame Stancu est fière de ses enfants, qui ont une très belle scolarité et qu'elle veut qu'ils continuent celle-ci. Parce que madame Stancu s'est intégré dans la vie de son quartier et travaille bénévolement chez ATD Quart Monde, en attendant d'être régularisée et en attendant de pouvoir trouver un travail rémunéré. Parce que madame Stancu sait que si elle retourne dans un centre pour étrangers, tout son effort d'intégration sera réduit en vain. Parce qu'elle redoute que ce soit la première porte de sortie vers l'exil. Parce qu'elle veut autre chose pour ses enfants que ce qui est arrivé à son premier fils, en Roumanie, il est mort faute de soins suite à un refus des médecins de le soigner pour des raisons ethniques. Aurait-elle fait tant de sacrifices en vain ?

 

En ce qui concerne les maisons d'accueil, la plupart n'acceptent que les personnes qui ont une garantie financière comme le CPAS, mais madame Stancu n'a même pas droit à cette aide. De plus, ces structures, même si elles lui étaient accessibles, sont complètements dépassés par les demandes?

 

Travailleurs sociaux, amis et éducateurs ont cherché des solutions mais hélas, rien n'est prévu pour madame Stancu, comme pour de nombreux réfugiés dans sa situation. Nous dénonçons cette situation et nous souhaitons obtenir rapidement une solution pour madame Stancu et ses cinq enfants qui lui permet de continuer son intégration au sein de son tissu social. Nous interpellons également les politiques et les citoyens sur la situation dramatique du logement des réfugiés, ces fantômes administratifs que l’ont se grade bien d’accueillir comme les lois de l'hospitalité le réclament c'est-à-dire avec générosité, bonté et respect.

 

En somme, nous demandons :

 

Au CPAS : de proposer une solution de logement pour les personnes résidants sur le territoire de la commune, surtout dans les cas d'urgences comme les expulsions.

 

A la commune : de dégager les moyens pour répondre à ce type de situations d’urgences, et que l’on définisse clairement qui est responsable du logement des étrangers résidants dans la commune.

 

A la région : de proposer une solution globale au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale pour les étrangers qui se trouvent dans ce type de situation d’urgence.

 

Aux citoyens, partenaires et journalistes : d'ouvrir les yeux sur la situation dramatique du marché locatif et de l’immense problème du logement des sans-papiers et des sans-droits

 

Enfin nous exigeons à tous les niveaux qu'il n'y ait plus d’expulsion sans relogement.

 

Pour le Syndicat des Locataires,

Jérôme Duvivier

 

Des précisions ? Une question ?

N'hésitez pas à nous contacter :

 

Par téléphone : au 02/240.80.39 ou au

Par fax : au 02/524.18.16

Par e-mail : [email protected]

 

D'avance nous remercions les associations et collectifs qui nous soutiennent dans cette action.

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