Coalition musulmane pour la protection des droits et libertés

 

 

 

RECOMMANDATIONS POUR PALLIER LES DÉFICIENCES DE LA LUTTE CONTRE LA DISCRIMINATION ENVERS LES MUSULMANES ET LES MUSULMANS DU QUÉBEC ET DU CANADA

 

 

Document réalisé suite aux conclusions d’une recherche réalisée par l’INRS Université du Québec à Montréal s’intitulant «  les défis de l’intégration des personnes de confession musulmane » dans le cadre du conseil en sciences humaines du Canada : CRSH

 

 

 

Table des matières

 

I. RECOMMENDATIONS AU NIVEAU PROVINCIAL

1.1. Recommandations destinées au ministère des Relations avec le Citoyen et de l’Immigration   

1.2. Recommandations destinées au ministère de la Santé et des services sociaux                          

1.3. Recommandations destinées au ministère de l’éducation du Québec                               

1.4. Recommandations Destinées à la commission des droits de la personne et des drois de la jeunesse.        

 

II. RECOMMANDATIONS AU NIVEAU FÉDÉRAL;

 

2.1. Recommandations destinées au gouvernement fédéral

2.2. Recommandations destinées à la Commission canadienne des droits de la personne             

 

I. Recommandations AU NIVEAU provincial

 

1.1. Recommandations destinées au ministère des Relations avec le Citoyen et de l’Immigration

 

1.1.1. Recommandations quant à l’éducation interculturelle et à l’éducation à la citoyenneté

 

 

Considérant que l’éducation joue un rôle de premier plan dans la construction d’une société québécoise plus inclusive et ouverte à la diversité ethnoculturelle et religieuse;

 

Considérant le manque d’information d’un grand nombre des membres de la communauté musulmane au sujet de la culture légale au Québec et au Canada en général et des droits et libertés en particulier;

 

Considérant que la perpétuation des préjugés courants à l’égard de l’islam et des musulmanes et musulmans n’est pas de nature à favoriser leur pleine intégration citoyenne à la société québécoise;

 

Considérant par ailleurs que le Québec a fait un choix politique clair en augmentant l’immigration de francophones qualifiés de l’Afrique du nord et que leur formation à la citoyenneté souffre de plusieurs lacunes vu que la grande majorité d’entre eux ne fréquentent pas les Centres d'orientation et de formation des immigrants;

 

Conformément au mandat du MRCI de veiller au rapprochement entre le gouvernement du Québec et les membres des communautés culturelles et d’accentuer les efforts de dialogue interculturel en vue d’assurer le partage de valeurs communes et de mettre à profit la richesse de la communauté musulmane;

 

Tout en réaffirmant la volonté des organismes membres de notre Coalition d’assumer leur responsabilité en matière d’éducation interculturelle et d’éducation à la citoyenneté, la Coalition recommande:

 

Que soit instauré un programme permanent de sensibilisation du personnel des institutions publiques et parapubliques, scolaires, de sûreté, de justice et des services sociaux aux multiples formes de la diversité culturelle et religieuse, en étroite collaboration avec notre Coalition;

 

Que, dans le cadre du Programme de soutien à la participation citoyenne, le MRCI finance des projets d’éducation interculturelle et d’éducation à la citoyenneté afin de sensibiliser, d’une part, la communauté musulmane à la culture légale et politique au Québec et, d’autre part, l’ensemble de la société aux vraies valeurs et coutumes des musulmanes et musulmans;

 

Que les différentes institutions de l’État fassent la promotion de la diversité ethnoculturelle et religieuse et que, conformément à la Loi 90, les employeurs privés soient davantage sensibilisés et encouragés par des initiatives concrètes à considérer comme prioritaire la formation à la gestion de la diversité culturelle et religieuse afin qu’ils mettent sur pied des programmes de sensibilisation et d’accès à l’égalité en emploi.

 

 

1.1.2. Recommandations quant à l’accès à l’égalité en emploi

 

 

Considérant que l’équité en emploi est  un impératif d’intérêt économique permettant de tirer pleinement avantage des compétences disponibles que de justice sociale garantissant la pleine participation citoyenne et le développement du potentiel des musulmanes et des musulmans;

 

Considérant que le bilan de 3 ans d’application de la loi 143 sera établi en 2004 et que l’État, en plus de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, doit veiller au respect de l’application de cette loi;

 

Considérant que la discrimination en emploi à l’égard des musulmanes et des musulmans perdure de façon insidieuse et ouverte malgré les prescriptions légales qui l’interdisent et que cette exclusion a des impacts psychologiques et financiers considérables sur les personnes discriminées et sur leurs familles;

 

Considérant, par ailleurs, que des obstacles importants sont toujours posés aux professionnels qualifiés membres des minorités visibles par différents Ordres professionnels comme ceux des médecins et des ingénieurs;

 

Pour pallier les faiblesses en matière d’accès à l’égalité en emploi et traduire dans les faits l’égalité de droit, la Coalition recommande:

 

Que soient renforcés le cadre législatif et les règles d'imputabilité des hauts fonctionnaires chargés de veiller au respect des objectifs numériques de recrutement, de formation et de promotion des membres des minorités culturelles dans la fonction publique et dans les secteurs para et péri publics pour toutes les catégories d’emploi, de même que les mécanismes de suivi et de contrôle;

Que soient adoptées, dans les meilleurs délais, des mesures de redressement pour assurer une meilleure représentation de toutes les minorités culturelles dans les organismes visés par la loi provinciale sur l’accès à l’égalité en emploi;

Qu’une commission parlementaire soit chargée de réexaminer le Code professionnel pour réduire les obstacles à l'accès à certaines professions par les membres des minorités culturelles;

Que soient harmonisés les critères d'équivalence des diplômes étrangers appliqués par le MRCI, par le MÉQ et par les institutions éducatives québécoises et que les employeurs privés soient mieux informés sur ces critères afin de respecter davantage ces équivalences;

Que soit créé un comité permanent de suivi annuel du recrutement, de la formation et de la promotion des membres des minorités visibles, particulièrement pour les secteurs de l’enseignement, de la fonction publique et des services sociaux et de santé.

 

 

 

1.1.3. Recommandations quant aux questions des droits et de la justice

 

 

Considérant que la CDPDJ est la garante des droits des citoyens contre la discrimination et vu le manque de moyens dont elle dispose pour s’acquitter plus efficacement de sa lourde tâche;

Considérant l’inexistence d’une unité spéciale au sein des différents corps policiers pour les crimes haineux et l’absence de critères précis de définition de tels crimes contrairement à la situation prévalant dans d’autres provinces canadiennes;

Pour pallier les faiblesses en matière de droits et de justice, la Coalition recommande:

Que le gouvernement accorde à la CDPDJ davantage de pouvoirs en matière de droits sociaux et économiques et lui octroie les ressources humaines et les moyens financiers adéquats pour l'exercice de son mandat, particulièrement pour accélérer l'examen des plaintes pour discrimination et assurer le suivi annuel et proactif de l’implantation de la loi 143 en fonction des pouvoirs qui lui sont conférés;

Que soit mise sur pied une unité de lutte contre les crimes haineux au Service de police de la Ville de Montréal et à la Sûreté du Québec et que soient mises à profit les expériences d'autres corps de police canadiens en matière de classification de ces crimes, de motifs de plainte et de leurs suivis;

Que soit créé un comité de suivi des décisions des tribunaux de droits de la personne en matière de discrimination.

 

1.1.4. Recommandations quant au respect de la liberté de religion

 

 

Considérant la croissance démographique constante de la population musulmane au Québec et son droit de disposer de lieux de prière accessibles et respectant sa dignité;

 

Considérant d’autre part les effets préjudiciables de certaines mesures en matière d’établissement de lieux de culte dans les zones urbaines et le besoin urgent d’harmoniser des règlements municipaux dans les arrondissements de la nouvelle ville de Montréal;

 

Pour mieux faire respecter le droit à la liberté de religion, la Coalition recommande:

 

Que soit abolie la pratique discriminatoire actuelle de refus de lieux de culte musulmans dans les zones résidentielles et les centres-villes et que soient harmonisés avec célérité les règlements municipaux de zonage afin de faciliter la constitution des dossiers de demande d'ouverture de lieux de culte dans la nouvelle Ville de Montréal et dans les autres municipalités du Québec;

 

Que soient prises en compte les dates des fêtes religieuses pour les groupes religieux minoritaires du Québec dans l'élaboration d’horaires d'examens, et ce, par toutes les institutions scolaires;

 

Que les municipalités et le gouvernement prennent les mesures nécessaires pour pallier le manque d'espace alloué aux musulmanes et musulmans dans les cimetières afin de réduire les coûts exorbitants que pareille lacune engendre.

 

 

1.1.5. Recommandations quant à la participation politique

 

 

Considérant que la présente Coalition regroupe plusieurs associations musulmanes;

Considérant notre volonté de participer de manière plus active sur la scène politique québécoise et le besoin de nommer, à ce titre, des musulmanes et musulmans en collaboration avec notre Coalition;

 

Considérant par ailleurs que la compétence et la crédibilité sont essentielles en matière de représentativité;

 

Pour renforcer la participation citoyenne et politique de la communauté musulmane, la Coalition recommande:

 

Que notre Coalition soit consultée sur les questions touchant la communauté musulmane, y compris en matière de recours à des personnes ressources et de nomination d’individus devant refléter les réalités vécues par les musulmanes et musulmans et défendre leurs intérêts au sein de comités aviseurs des ministères.

 

 

 

 

1.2. Recommandations destinées au ministère de la Santé et des services sociaux

 

 

1.2.1. Recommandations relatives aux services sociaux et de santé

 

 

Considérant le manque d’information des membres de la communauté musulmane quant à la nature des services offerts en matière sociale, familiale et conjugale et au contexte légal régissant de tels secteurs;

 

Considérant la nécessité pour les intervenantes et intervenants des services sociaux et de santé d'être au fait de certaines spécificités de nature religieuse et culturelle touchant les malades et autres bénéficiaires musulman(e)s;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Que les services relevant du MSSS et du MSP mettent sur pied, en collaboration avec des personnes ressources désignées par notre Coalition, un programme de sensibilisation et d'explication – destiné à la communauté musulmane – du contexte légal relatif à la violence conjugale, aux difficultés des jeunes et à d'autres problèmes sociaux, et des services offerts en la matière;

 

Que ces mêmes services donnent à leur personnel une formation adéquate, avec la participation de personnes ressources désignées par notre Coalition, pour la prise en compte de spécificités religieuses et culturelles dans le traitement, l'accompagnement et le soutien nécessaires à des musulmanes et musulmans malades, en perte d'autonomie, en soins palliatifs; aux femmes et enfants victimes de violence; aux jeunes en difficultés ou délinquants;

 

Que les services sociaux et de santé aient recours à des personnes ressources musulmanes désignées par notre Coalition relativement aux questions de prescriptions alimentaires, d'offre de soins palliatifs, d’autopsies et d’inhumations.

 

 

1.2.2. Recommandations relativement au travail de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ)

 

 

Considérant que des cas problématiques impliquant des enfants musulmans dans des familles d’accueil auraient pu être réglés de manière plus souple;

 

Considérant que malgré des efforts entrepris pour sensibiliser les intervenantes et intervenants sociaux à la culture musulmane, les travailleurs sociaux manquent encore de formation en la matière;

 

Considérant le besoin de sensibiliser la communauté musulmane en vue d’augmenter les familles d’accueil musulmanes, d’expliquer les critères d’admissibilité et de vulgariser l’interprétation des lois et les interventions de la DPJ;

 

Considérant que les familles d’accueil non musulmanes ne sont pas toutes sensibilisées aux prescriptions alimentaires et à d’autres obligations religieuses de l’islam dont le non-respect porte atteinte aux droits des enfants musulmans;

 

Afin d'éviter des drames familiaux pouvant découler des interventions de la DPJ auprès de certaines familles concernées, et de travailler à rapprocher cette institution de la communauté musulmane, la Coalition recommande:

Que la DPJ mette sur pied un programme d'intervention auprès des différentes instances représentant la communauté musulmane, axé sur la vulgarisation et l'explication du contexte juridique de la protection de la jeunesse au Québec et des obligations en découlant;

Que ce programme soit étendu à toutes les régions de la province qui en sentiraient le besoin et en feraient la demande;

 

Que soit mis sur pied, en collaboration avec notre Coalition, un programme de sensibilisation à la diversité à l’intention des intervenants de la DPJ, des services sociaux, de la police et de la justice compétents en matière de protection de la jeunesse, particulièrement en ce qui a trait à certaines particularités culturelles qui devraient être prises en compte dans l'appréciation des différentes situations concrètes;

Que la DPJ collabore avec les associations musulmanes du Québec dans l'effort de sélection de familles d'accueil musulmanes sur lesquelles la DPJ pourra compter en cas de placement d'enfants musulmans;

Qu’un programme de suivi soit mis sur pied afin d’évaluer le travail accompli et de maintenir un dialogue entre la communauté musulmane et les intervenant(e)s dans le domaine des services sociaux.

 

1.3. Recommandations destinées au ministère de l’éducation du Québec

 

1.3.1. Recommandations quant au respect de la liberté de religion

 

 

Considérant que certaines institutions éducatives persistent dans leur refus d’accorder un lieu de prière sous prétexte de « laïcité »;

 

Considérant que la liberté de religion est un droit fondamental reconnu par les Chartes québécoise et canadienne des droits de la personne;

 

Considérant l’obligation légale d’accommodement raisonnable et l’Avis du Comité sur les affaires religieuses intitulé Rites et symboles religieux à l’école en date de mars 2003;

 

Considérant que les cours de natation ne sont pas obligatoires et qu’ils peuvent entrer en conflit avec des principes de modestie vestimentaire invoqués aussi bien par les garçons que les filles de religion musulmane;

 

Dans l’intérêt général et afin de ne pas gaspiller des énergies plusieurs fois sur les mêmes questions;

 

Pour pallier ces lacunes en matière d’accommodement raisonnable, la Coalition recommande:

 

Que le ministère rappelle, instamment, aux institutions leurs obligations en matière de respect de la liberté de religion et leur obligation légale d’accommodement raisonnable en matière de lieu de prière, de tenue vestimentaire et de cours de natation.

 

 

1.3.2. Recommandations quant à l’éducation interculturelle et à l’éducation à la citoyenneté

 

 

Considérant que l’incompréhension et les préjugés à l’égard de l’islam et des musulmanes et musulmans persistent de manière ouverte ou insidieuse;

 

Considérant que la participation des parents et des professionnel(le)s de foi musulmane dans le secteur de l’éducation souffre de plusieurs lacunes;

 

Tout en réitérant la responsabilité et l’engagement de la communauté musulmane et de ses instances à poursuivre le travail d’intégration et de promotion de la pleine citoyenneté;

 

Pour pallier les déficiences au regard des questions liées à l’éducation interculturelle, la Coalition recommande:

 

Que soit instauré un programme permanent de sensibilisation du personnel des institutions scolaires aux formes de la diversité culturelle et religieuse en étroite collaboration avec des personnes ressources musulmanes désignées par notre Coalition;

 

Que lesdites personnes ressources musulmanes soient invitées à offrir des activités de sensibilisation à la religion et à la culture musulmanes, organisées par le ministère, les Commissions scolaires et les Cégeps.

 

1.3.3. Recommandations quant à l’accès à l’égalité en emploi

 

 

Considérant que, malgré les dispositions législatives, la réalité du marché de l’emploi dans le secteur de l’éducation demeure marquée par la sous-représentation des membres des minorités culturelles;

 

Considérant l’ampleur de cette sous-représentation parmi le personnel des écoles, notamment dans les quartiers à forte concentration ethnique;

 

Considérant les impacts psychologiques et économiques de la discrimination sur les postulants à des postes dans le domaine de l’éducation;

 

Considérant l’impact psychologique positif sur les élèves appartenant à des minorités de voir des membres de leurs communautés parmi le corps enseignant et administratif de leurs écoles;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Que le ministère mette en œuvre une véritable volonté politique d’application de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi en veillant au respect des exigences d’une telle législation;

 

Que le ministère veille à renforcer les règles d'imputabilité des gestionnaires et des responsables des institutions éducatives en matière de recrutement et de promotion des membres des minorités visibles;

 

Que soit instauré un suivi annuel du recrutement des minorités culturelles et que des chiffres précis soient divulgués concernant le recrutement, la promotion et la rétention de ce personnel à tous les niveaux dans les rapports annuels du MEQ et de toutes les institutions éducatives;

Que soient adoptées sans délai des mesures de redressement pour assurer une meilleure représentation de toutes les communautés culturelles dans les institutions éducatives visées par la loi provinciale sur l’accès à l’égalité en emploi.

 

 

1.3.4. Recommandations quant à la présentation de l’islam, du monde musulman et des musulmanes et musulmans dans les manuels scolaires approuvés par le MEQ

 

 

Considérant que la grille du Bureau d’approbation du matériel didactique, malgré ses succès indéniables dans la réduction des stéréotypes et des biais à l’égard des minorités culturelles et visibles, ne permet pas l’élimination de la présentation ethnocentrique du contenu de certains manuels;

 

Considérant que les contributions du monde musulman à la civilisation universelle ne sont pas montrées à leur juste valeur à cause de divers mécanismes tels que l’omission totale, l’omission de la source des inventions, l’appropriation des inventions musulmanes par l’Occident;

Considérant l’impact négatif de la présentation biaisée de l’islam, du monde musulman et d’une image des musulmanes et musulmans comme étranger(e)s et immigrant(e)s nouvellement arrivé(e)s dans certains manuels, à la fois sur la perception des élèves d’origine musulmane d’eux-mêmes ainsi que sur l’attitude des autres élèves à leur égard;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Que les programmes du MEQ fassent du traitement du monde musulman une question bien spécifique et non facultative et diluée dans une problématique plus générale;

 

Que le MEQ finance des recherches sur la présentation de l’islam, du monde musulman et des musulmanes et musulmans au Québec à travers une analyse profonde des contenus des manuels scolaires québécois en vue d’identifier et d’éliminer les préjugés et les faussetés historiques et de mettre en valeur les contributions musulmanes à la civilisation universelle;

 

Que le MEQ fasse des recommandations spécifiques au sujet de la présentation de l’islam, du monde musulman et des musulmanes et musulmans au Québec en soumettant des balises très précises aux éditeurs de manuels scolaires et en ayant recours aux chercheurs qualifiés et aux personnes ressources désignées par notre Coalition;

 

Que des personnes ressources musulmanes désignées par notre Coalition soient consultées sur les questions touchant à la présentation du monde musulman et des musulmanes et musulmans du Québec dans les programmes scolaires;

 

Que davantage d’effort soit consenti pour promouvoir l’éducation interculturelle relativement à l’islam et aux musulmanes et musulmans au Québec en collaboration avec des personnes ressources désignées par notre Coalition.

 

1.4. RECOMMANDATIONS DESTINEES A LA COMMISSION DES DROITS DE LA PERSONNE ET DES DROITS DE LA JEUNESSE

 

 

1.4.1. Recommandations quant à l’obligation d’accommodement raisonnable

 

 

Considérant que certaines institutions éducatives persistent dans leur refus d’accorder un lieu de prière aux étudiantEs musulmanEs sous prétexte de « laïcité » en violation directe de la liberté de religion enracinée comme un droit fondamental dans les Chartes québécoise et canadienne des droits de la personne;

 

Considérant l’obligation légale d’accommodement raisonnable et l’Avis du Comité sur les affaires religieuses sur les Rites et symboles religieux à l’école en date de mars 2003;

 

Considérant que les cours de natation ne sont pas obligatoires et qu’ils sont en conflit avec des principes de modestie vestimentaire qui s’appliquent aussi bien aux garçons qu’aux filles;

 

Pour pallier ces lacunes en matière d’accommodement raisonnable, la Coalition recommande :

 

Que la Commission rappelle instamment aux institutions éducatives leurs obligations en matière de respect de la liberté de religion et d’accommodement raisonnable en matière de lieu de prière, de tenue vestimentaire et de cours de natation;

 

 

1.4.2. Recommandations quant à l’éducation interculturelle et à l’éducation aux droits et obligations

 

Considérant que l’éducation joue un rôle de premier plan dans la construction d’une société québécoise plus riche par sa diversité ethnoculturelle et religieuse et plus tolérante à cet égard;

 

Considérant l’incompréhension répandue de la notion de laïcité par des décideurs de certaines institutions éducatives et des journalistes;

 

Considérant le manque de connaissances approfondies des membres de la communauté musulmane au sujet de la culture légale au Québec en général et des droits et libertés en particulier;

 

Considérant d’autre part que la perpétuation des préjugés à l’égard des vraies valeurs de l’islam et des musulmanes et musulmans n’est pas de nature à favoriser une pleine intégration citoyenne des membres de la communauté musulmane au sein de la société québécoise;

 

Pour pallier les déficiences au regard des questions liées à l’éducation interculturelle et à l’éducation aux droits et obligations, la Coalition recommande:

 

Que soient promues les valeurs favorisant une plus grande inclusion des minorités ethnoculturelle et religieuses à travers une sensibilisation à l’importance des relations interculturelles harmonieuses dans une société pluraliste notamment, dans notre cas, par la diffusion de documents (livres, fascicules…) sur les musulmanes et musulmans au Québec rédigés en collaboration avec notre Coalition;

 

Que la CDPDJ mène, en collaboration avec notre Coalition et des médias communautaires, une campagne d'information sur les droits des individus face aux services de police et de sûreté dans les langues d'origine ainsi que dans les deux langues officielles et assure une large diffusion de matériel informatif sur les droits et obligations adaptés aux caractéristiques des communautés ethnoculturelles et religieuses peu familières avec la culture légale québécoise;

 

Que la CDPDJ offre un programme d'initiation à la défense des droits aux membres les plus vulnérables à la discrimination, notamment les femmes portant le foulard, en collaboration avec notre Coalition;

 

Que la CDPDJ diffuse plus largement les conclusions de ses enquêtes sur les cas de discrimination, ainsi que les décisions des tribunaux en la matière et en informe la Coalition;

 

Que la CDPDJ organise, en collaboration avec la Commission canadienne des droits de la personne, d’autres institutions publiques, des chercheurs, notre Coalition et d’autres communautés culturelles, des colloques sur la laïcité, la liberté de religion et l’accès à l’égalité en emploi pour les minorités culturelles et visibles.

 

 

1.4.3. Recommandations quant à l’emploi

 

 

Considérant que la Commission est investie de la tâche de veiller à l’application de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi;

 

Considérant que, malgré cette loi, la réalité du marché de l’emploi est encore marquée par la discrimination à l’égard des membres des minorités culturelles et visibles;

 

Considérant l’impact psychologique et économique sur les personnes victimes de discrimination et que l’emploi est le meilleur garant de l’intégration réussie et d’une pleine citoyenneté;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Que la CDPDJ adopte et recommande un programme de sensibilisation à la diversité culturelle et religieuse aux responsables de recrutement dans les organismes visés par la Loi 143, et incite davantage les employeurs publics et privés à considérer la formation à la gestion de la diversité culturelle et religieuse comme un objectif prioritaire, afin de permettre à l’économie québécoise de se prévaloir de la pleine compétence de la main-d’œuvre disponible dans toute sa diversité; 

 

Que la CDPDJ adopte une attitude plus proactive en matière d’application de la loi sur l’accès à l’égalité en emploi en exigeant des bilans annuels exhaustifs en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés en la matière;

 

Que la CDPDJ fasse des représentations afin de renforcer les règles d'imputabilité des gestionnaires et des responsables des secteurs publics, para et péri public et des organismes gouvernementaux du Québec en matière de recrutement et de promotion des membres des minorités visibles ainsi que du suivi annuel de ce recrutement;

 

Que la CDPDJ fasse des représentations au sujet des mesures de redressement suite à l’obtention des données sur les programmes d’accès à l’égalité en emploi pour assurer que les organismes visés se conforment réellement à la loi;

 

Que la CDPDJ exige que tous les organismes visés par la Loi 143 publient des rapports annuels exhaustifs concernant l’application de cette loi afin de vérifier l’atteinte des objectifs quantitatifs en matière de recrutement, de formation, et de promotion et ce pour tous les types d’emploi (cadre, administratif, de soutien…).

 

 

1.4.4. Recommandations quant à la justice

 

 

Considérant que le contexte des dernières années a mené à un ciblage sans précédant des membres de la communauté musulmane et à l’érosion de leurs droits sous le prétexte de la sûreté;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Que la CDPDJ explore, en concertation avec la Commission canadienne des droits de la personne, la Ligue des droits et libertés et les associations musulmanes, les moyens légaux de contester les lois qui portent atteinte aux droits fondamentaux des citoyennes et des citoyens, mais qui ciblent particulièrement des musulmanes et musulmans (Loi C-36 dont les clauses crépusculaires seront révisées cette année; projet de loi C-18 sur la citoyenneté et la possibilité de révocation de celle-ci );

 

 

1.4.5. Recommandations quant au suivi

 

Considérant l’importance d’assurer un suivi systématique des avis de la Commission et des décisions des tribunaux et du travail à entreprendre en collaboration avec notre Coalition;

 

Considérant que la rencontre du 15 octobre 2003 avec la Commission constitue une première et a eu pour résultat la nomination de Mme Nicole Pothier comme personne-contact avec notre communauté;

 

Tout en réitérant la responsabilité et l’engagement de notre Coalition à poursuivre le travail de collaboration avec la Commission, nous recommandons également:

 

Que la CDPDJ mette sur pied un comité de suivi des décisions des tribunaux en matière de discrimination;

 

Que la CDPDJ établisse un plan de rencontres bi-annuelles avec notre Coalition afin de faire le bilan des actions entreprises conjointement et des décisions des tribunaux et de planifier de futures actions à court, moyen et long termes.

 

 

II. RECOMMANDATIONS AU NIVEAU FÉDÉRAL

 

2.1. Recommandations destinées au gouvernement fédéral

Considérant que l’éducation et les mesures de sensibilisation favorisent la cohésion sociale et l’élimination des préjugés raciaux, culturels et religieux;

 

Considérant que les efforts déployés en matière de multiculturalisme, de rapprochement interculturel et de lutte à la discrimination concernent peu les musulmanes et musulmans;

Considérant que les musulmanes et musulmans canadiens subissent un certain ostracisme et diverses formes de discrimination et d’islamophobie au sein de la société, notamment par des médias;

 

Considérant que la discrimination en emploi affecte certaines minorités, y compris les musulmanes et musulmans, qui restent largement sous-représentés dans la fonction publique et les secteurs parapublics et péri publics;

 

Considérant la fragilisation des membres de la communauté musulmane suite aux lois et mesures de sûreté prises dans la foulée des événements du 11 septembre 2001, tant au Canada qu’ailleurs, ce qui a pour effet d’altérer considérablement leur perception et leur pratique de la pleine citoyenneté;

 

Tout en réitérant la responsabilité et l’engagement de la communauté musulmane à poursuivre le travail d’intégration et de promotion de la pleine citoyenneté;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Qu’un engagement politique soit clairement affirmé par les plus hautes instances législatives et gouvernementales fédérales pour dénoncer toutes les formes de discrimination dont sont l’objet les individus musulmans et que cette prise de position soit relayée à tous les niveaux hiérarchiques des appareils étatiques;

 

Qu’il y ait une réaffirmation ferme et sans équivoque, se traduisant dans les pratiques gouvernementales, de la pleine citoyenneté et des droits et devoirs y afférant pour les citoyen(ne)s et résident(e)s musulman(e)s du Canada;

 

Que des instructions sans équivoque soient données aux agences et services chargés de la sûreté et de l’immigration pour leur rappeler le strict respect de la Charte canadienne des droits, sans discrimination ni zèle préjudiciables aux membres de la communauté musulmane;

 

Qu’une analyse critique sérieuse et transparente soit menée sous l’égide de la Commission canadienne des droits de la personne pour exposer les effets sur les libertés et droits publics fondamentaux, particulièrement concernant les membres de la communauté musulmane:

 

·  Des lois, règlements et politiques de sûreté, de justice, de police et d’immigration mises en œuvre depuis les événements du 11 septembre 2001, notamment en ce qui a trait à la présomption d’innocence et au plein accès pour la défense à tous les éléments de preuve et pièces de dossiers incriminants;

 

·              Du risque d’abus dans le retrait de la citoyenneté canadienne;

 

·              Du pouvoir discrétionnaire des juges et autres décideurs;

 

·              Des modes de sélection, de nomination des juges d’immigration et du degré 

           de leur respect des règles de procédure.

 

Que soit retirée la Loi antiterroriste;

 

Que le Canada, en tant que signataire de la Convention internationale contre la torture, respecte cet engagement en ne déportant plus des personnes ni accepter leur déportation par les États-Unis vers des pays connus pour la pratique de la torture;

 

Que toute erreur ou abus des services de sûreté, y compris la GRC, le SCRS ou toute autre institution gouvernementale, donne lieu à une reconnaissance et que l'imputabilité de l'agent et de l'institution responsables de l'erreur ou de l'abus soit admise;

 

Que des mesures précises soient prises pour assurer une protection consulaire et juridique efficace des musulmanes et musulmans durant les voyages et les séjours entrepris à l’extérieur du pays, particulièrement aux États-Unis d’Amérique;

 

Que soit assuré le droit d'appel pour les revendicateurs du statut de réfugié tel que prévu par la Loi sur l’immigration;

 

Que le Canada renonce à l'Entente sur les tiers-pays sûrs avec les États-Unis et cesse les renvois de revendicateurs du statut de réfugié vers les États-Unis sans avoir la certitude qu'ils ne seront pas détenus et pourront revenir faire leur demande au poste frontalier à la date prévue;

 

Que le gouvernement accorde à la Commission canadienne des droits de la personne davantage de moyens financiers et l’expertise humaine nécessaires pour bien s’acquitter de sa tâche;

 

Que les programmes du Multiculturalisme soient élargis en faveur de la communauté musulmane en vue d’assurer une meilleure sensibilisation à la culture musulmane et lutter plus efficacement contre l’islamophobie et l’exclusion;

 

Que soit financé un programme de formation et de sensibilisation à la diversité culturelle et religieuse, y compris en ce qui concerne l’islam et les musulmanes et musulmans, pour le grand public et auprès des services de sûreté, de la magistrature et des juges d’immigration en collaboration avec notre Coalition;

 

Que Patrimoine Canada finance la publication et la diffusion de documents (livres, fascicules…) sur les musulmanes et musulmans du Canada afin de démystifier certains préjugés concernant la communauté musulmane au Canada;

 

Que des décisions concrètes soient prises afin de réduire la sous-représentation des membres de la communauté musulmane dans les emplois politiques, administratifs et techniques relevant du gouvernement fédéral et de ses agences, y compris dans les services de sûreté, d’immigration, de la diplomatie et de la défense nationale;

 

Que soit mis sur pied un comité de surveillance accrue du respect de la clause de l'Obligation contractuelle incluse dans le programme fédéral d'accès à l'égalité en emploi;

 

Qu’un canal de concertation entre les instances fédérales et notre Coalition soit instauré afin d’assurer un suivi des mesures relevant du gouvernement du Canada.

 

2.2. Recommandations destinées à la Commission canadienne des droits de la personne

 

2.2.1. Recommandations quant à l’éducation aux droits et obligations et à l’éducation interculturelle

 

Considérant le rôle fondamental de l’éducation dans la construction d’une société plus riche par sa diversité ethnoculturelle et religieuse et plus tolérante à cet égard;

 

Considérant la prédominance de certains préjugés à l’égard de l’islam et des musulmanes et musulmans, ce qui n’est pas de nature à favoriser une pleine intégration citoyenne des membres de la communauté musulmane au sein de la société canadienne;

 

Considérant le manque d’information d’un grand nombre de membres de la communauté musulmane au sujet de la culture légale au Canada, en particulier des droits et libertés enracinés dans la Charte canadienne des droits et libertés;

 

Pour pallier les déficiences au regard des questions liées à l’éducation interculturelle, la Coalition recommande:

 

Que la CCDP fasse davantage de promotion des valeurs favorisant une plus grande inclusion des minorités ethnoculturelles et religieuses à travers une sensibilisation à l’importance des relations interculturelles harmonieuses dans une société pluraliste;

 

Que la CCDP mène, en collaboration avec notre Coalition et des médias communautaires musulmans, une campagne d'information auprès de la communauté musulmane sur les droits des individus face aux lois adoptées dans la foulée du 11 septembre et aux services de police et de sûreté dans les langues d'origine ainsi que dans les deux langues officielles;

 

Que la CCDP assure une large diffusion d’un matériel informatif sur les droits auprès des personnes musulmanes peu familières avec la culture légale canadienne;

 

Que la CCDP offre un programme d'initiation à la défense des droits aux membres les plus vulnérables à la discrimination, notamment les femmes portant le foulard, en collaboration avec notre Coalition;

 

Que la CCDP diffuse plus largement son guide Place pour tous sur les accommodements raisonnables en milieu de travail, les conclusions de ses enquêtes sur les cas de discrimination et les décisions des tribunaux et en informe la Coalition;

Que la CCDP, en collaboration avec la CDPDJ, des organismes publics, notre Coalition et d’autres communautés, organise des colloques sur la discrimination en emploi, la laïcité, la liberté de religion et les lois de sûreté adoptées dans la foulée du 11 septembre 2001.

 

2.2.2. Recommandations quant à l’emploi

 

Considérant que la CCDP est investie de la tâche de veiller à l’application de la Loi fédérale relative à l’accès à l’égalité en emploi;

 

Considérant que, malgré cette loi, la réalité du marché de l’emploi est encore marquée par la sous-représentation des membres des minorités culturelles et visibles dans le secteur public;

 

Considérant l’impact psychologique et économique de la discrimination en emploi sur les victimes et leurs familles, et l’importance de l’emploi comme garant de l’intégration sociale et de la pleine citoyenneté;

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

 

Que la Commission adopte et impose aux responsables de recrutement dans les organismes visés par la loi fédérale sur l’accès à l’égalité en emploi un programme de formation à la diversité culturelle et religieuse et les incite davantage à considérer la formation à la gestion de la diversité culturelle et religieuse comme un objectif prioritaire;

 

Que la Commission veille au renforcement des règles d'imputabilité des gestionnaires et des responsables des secteurs public et parapublic et des organismes gouvernementaux en matière de recrutement, de promotion et de rétention des membres des minorités culturelles et visibles pour tous les types d’emploi;

 

Que la Commission impose instamment des mesures de redressement suite à l’obtention des données sur les résultats des programmes d’accès à l’égalité en emploi pour assurer une meilleure représentation de toutes les minorités visibles dans les organismes visés et fasse un suivi actif de ce recrutement;

 

Que la Commission exige que tous les employeurs visés par la Loi fédérale sur l’accès à l’égalité en emploi publient des rapports annuels exhaustifs détaillant le recrutement, la formation, la promotion et la rétention des membres des minorités visibles pour tous les types d’emploi afin de vérifier le degré réel d’atteinte des objectifs quantitatifs à cet égard.

 

2.2.3. Recommandations quant à la justice

 

Considérant que le contexte des dernières années a mené à un ciblage sans précédant des membres de la communauté musulmane et à l’érosion de leurs droits sous le prétexte de la sûreté;

 

Considérant les lois adoptées (ex. Loi C-36 dont les clauses crépusculaires seront révisées cette année) et celles en voie d’adoption (ex. projet de loi C-18 sur la citoyenneté et la possibilité de révocation de celle-ci);

 

Pour pallier ces déficiences, la Coalition recommande:

Que la Commission explore, en concertation avec la CDPDJ, les groupes de défense des droits de la personne, le Barreau et notre Coalition, les moyens légaux de contester les lois qui portent atteinte aux droits fondamentaux des citoyennes et citoyens, mais qui ciblent particulièrement des musulmanes et des musulmans.

 

2.2.4. Recommandations quant au suivi

 

Considérant l’importance d’assurer un suivi systématique des décisions de la Commission et du travail à entreprendre en collaboration avec notre Coalition;

Tout en réitérant la responsabilité et l’engagement de notre Coalition à entreprendre et à maintenir un travail sérieux de collaboration avec la Commission;

 

La Coalition recommande également:

 

Que la Commission mette sur pied un comité de suivi des décisions des tribunaux en matière de discrimination et de profilage racial et tienne la Coalition informée à ce sujet;

 

Que la Commission établisse un plan de rencontres bi-annuelles avec notre Coalition afin de faire le bilan des actions entreprises conjointement et des décisions des tribunaux concernant des plaintes et de planifier de futures actions à court, moyen et long termes.

 

 

 

 

 

 

 


 
 
 
 

 

 


 
 
 
 
 

Hosted by www.Geocities.ws

1