Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont achevé lundi leurs réunions de printemps sur une appréciation relativement optimiste de la conjoncture mondiale, d'autant que des progrès importants ont été réalisés sur le règlement des crises turque et argentine.Tout en reconnaissant que l'économie mondiale était dans une phase de fort ralentissement, les ministres des finances des pays industrialisés et les responsables des deux organisations internationales ont affirmé qu'elle serait de courte durée et que la croissance devrait repartir d'ici la fin de l'année.Mais les divergences sur les meilleurs moyens de la faire repartir ont été mises sous le boisseau tant lors des réunions du FMI et de la Banque mondiale que lors de la rencontre samedi des ministres des finances des sept pays les plus industrialisés (G7).Avant le début des réunions la semaine dernière, les Américains et les responsables du FMI avaient enjoint la Banque centrale européenne (BCE) de baisser ses taux pour participer à l'effort général de relance. Ces appels sont absents des déclarations finales des réunions, qui se sont tenues à Washington.Sur le Japon, les appels à des réformes structurelles pour dynamiser l'économie du pays sont également restés très tempérés alors qu'un nouveau gouvernement vient d'arriver au pouvoir à Tokyo.Au sujet des Etats-Unis, tous ont salué la politique de baisse agressive des taux et estimé que les mesures fiscales proposées par le président Bush "apporteraient un soutien nécessaire à la relance de la croissance".Les ministres ont appelé le FMI à faire plus pour prévenir les crises financières dans le monde, et la banque mondiale à développer ses initiatives en faveur des pays les plus pauvres.Contrairement à l'année dernière, la réunion n'a pas été perturbée par les opposants à la mondialisation, qui ont réuni moins de 200 personnes dimanche.la Turquie s'est vu accorder une rallonge supplémentaire de 10 milliards de dollars pour soutenir son plan de lutte contre la crise financière, et l'Argentine a reçu le blanc-seing du FMI sur ses nouvelles mesures pour diminuer son déficit budgétaire.Reste que le constat dressé par la BM reste sombre. Dans l'ensemble du monde, le nombre de personnes vivant sous le seuil d'extrême pauvreté (moins d'un dollar par jour) a légèrement diminué en nombre absolu de 1,276 milliard à 1,175 milliard pendant les années 90, sur une population mondiale de 6 milliards d'habitants.La BM, dont la tâche première est la lutte contre la pauvreté, a appelé "à une action urgente à l'échelon mondial pour aider un nombre plus important de pays à atteindre les objectifs fixés pour le développement international".Ceux-ci, fixés par les Nations Unies, sont de réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes vivant en situation d'extrême pauvreté, de scolariser tous les enfants en école primaire, de faire baisser le taux de mortalité infantile des 2/3 et le taux de mortalité des mères à l'accouchement des 3/4.Le ministre des Finances britannique et le ministre français de l'économie Laurent Fabius ont appelé à une initiative internationale pour lutter contre le sida dans les pays pauvres. L'appui des Etats-Unis à une telle initiative devrait être rapidement confirmé pour que les fonds nécessaires puissent être débloqués.