Rapport de service relatif à mes conditions de travail depuis mon arrivée au CMP
2 novembre 2004
Je, soussignée Isabelle BAUDRON, infirmière au CMP de C., déclare les faits suivants relatifs à mes conditions de travail au CMP :
Un contexte relationnel difficile s'est installé deux semaines après mon arrivée au CMP. La première semaine s'était bien passée, quand j'ai été soudainement mise au banc de l'équipe, les gens s'étant donnés le mot pour ne plus m'adresser la parole, se comportant comme si je n'existais pas, et ne répondre à mes questions qu'en fournissant le minimum d'information. Ne comprenant pas ce qui se passait, j'ai demandé à Madame D. le pourquoi de la chose alors qu'elle venait de me dire "Tu n'as qu'à chercher" alors que je lui demandais comment accéder au programme DAPPSY sur l'ordinateur. Elle m'a répondu que je n'avais pas l'esprit d'équipe parce que j'avais posé mes vacances sans regarder si mes collègues travaillaient à ce moment là. Sa réponse m'a étonnée car nous avions eu deux jours auparavant une réunion avec la surveillante à ce sujet, et celle-ci m'avait indiqué les périodes auxquelles prendre mes vacances. De plus, restant dans la région, j'avais dit çà mes collègues que si un jour posait problème, je pouvais revenir travailler ce jour-là.
Je m'en suis alors ouverte à ma surveillante Mme B., ce qui n'a rien changé. Ensuite j'ai tenté d'obtenir une réponse de Madame G., qui m'a conseillé d'en parler en réunion.
J'ai tenté de le faire le jour même mais alors que je commençais à parler, Madame C. m'a interrompue en prétendant savoir ce que je disais, et a formulé une déclaration ne correspondant pas à ce que je voulais dire. J'ai tenté ensuite de reprendre ce que je voulais dire, mais elle m'a interrompue, me menaçant de sa "furie" (?). Une autre infirmière du CAP de V., A. X (je ne connais pas son nom) m'a ordonné de me taire, disant qu'il n'y avait jamais eu de problème avant mon arrivée.
Depuis, hormis les conversations entre mes collègues dont je suis exclue, j'évolue dans un silence permanent.
Je me suis trouvée constamment en butte à des limites posées dans le cadre de mon travail :
- déficit informationnel relatif aux gens dont j'étais censée m'occuper en reprenant la suite de l'infirmière que je remplace : j'ai du reprendre tous les dossiers pour savoir de qui je devais m'occuper exactement, ce qui m'a value d'être accusée de "faire de l'investigation".
- impossibilité de voir les patients que je suis à la maison de retraite et au longs séjours hors de la visite réglementaire mensuelle du lundi à 14 h 30,
- interdiction de prendre en compte les demandes de la surveillante du service "Long Séjour" (rencontre avec l'équipe dans le cadre de l'hospitalisation d'un patient atteint de la maladie d'Alzheimer afin d'amener à une meilleure compréhension de cette maladie par le personnel, et à une relation plus sereine avec ce patient),
- transmission d'informations parcellaires ou contradictoires concernant les différents documents administratifs à remplir, exemples :
durant ma première semaine de travail, Madame G. m'a transmis une partie des informations avant de partir en congé, me disant que mes collègues me fourniraient le reste (celles relatives aux différent document du dossier de soin). Par la suite, la plupart des questions que je posais amenaient la réponse "Mais on te l'a déjà dit, tu n'écoutes pas ce qu'on te dit, tu ne retiens rien." J'ai demandé un document écrit récapitulant l'ensemble des documents administratifs à remplir en fonction des différentes tâches afin de pouvoir les retenir plus facilement et éviter d'importuner mes collègues, mais il n'en existait pas. La surveillante, Madame B., arrivée dans le service 15 jours avant moi, ignorait tout de ces documents et n'a pu me fournir aucune information.
Une semaine après mon arrivée, le mercredi, la veille des consultations du médecin le Dr G., comme je n'avais pas d'entretien avec des patients, Madame G. m'a dit que je devrai le lendemain rester au bureau de la secrétaire qui était en vacances, et donner au médecin les dossiers des patients qu'il devait recevoir au fur et à mesure où ils arriveraient.
Le lendemain matin, je suis restée à ce bureau en arrivant, puis n'ayant rien à y faire, j'ai fini par rejoindre mes collègues dans la salle de réunion. Après son premier rendez-vous, le Dr G. est venu demander pourquoi les dossiers des patients qu'il devait recevoir n'avaient pas été rassemblés dans l'armoire de son bureau avec une feuille dactylographiée contenant la liste des patients, comme cela se faisait d'habitude, ce que j'ignorais. Madame G. a alors répondu :"C'est notre petite Isabelle qui a oublié de le faire." Or je ne pouvais pas oublier de faire une tâche dont je ne connaissais pas l'existence et sur laquelle aucune information ne m'avait été donnée.
J'ignore pour quelles raisons, mes collègues m'ont affirmé que la maison de retraite de l'hôpital de C. où nous intervenons était un établissement privé. J'ai tenu cette affirmation pour exacte jusqu'au jour où je suis tombée par hasard sur le bulletin de la maison de retraite du mois de juin dernier, faisant état du fait que l'établissement dépend de l'hôpital de C. dont elle fait partie. Je n'ai pas mis en doute ce qu'elles me disaient, ni cherché à vérifier, j'ai vu ce document à la maison de retraite, et je n'ai pu alors que constater que ce qui m'avait été dit ne correspondait pas aux faits.
- entretiens avec les patients interrompus par des appels téléphoniques de ma surveillante s'inquiétant de ma santé quand ils dépassent une heure (deux patients parmi ceux que je suis restent généralement une heure 15)
- interdiction de noter les comptes-rendus de réunion hors du cahier de consigne (?),
- limites posées à ce que je rencontre un patient non autonome suite à la demande de sa tutrice de l'aider à s'autonomiser afin qu'il puisse apprendre à vivre seul chez lui et éviter une hospitalisation, dans l'éventualité de la disparition de sa mère, âgée de 93 ans. Madame B. m'a apporté le dossier de ce patient afin que je constate les projets qui avaient été déjà faits pour lui, projets qui dataient de 1998, et m'a dit que tout avait déjà été essayé et qu'il était inutile de tenter quoi que ce soit d'autre.
- surveillance constante de mon travail par mes collègues, interprétations de mes faits et gestes en termes de fautes,
- reproches basés non sur des fautes réelles ayant provoqués des préjudices effectifs et démontrables, mais sur des procès d'intention, des affirmations non fondées, etc.
- dramatisation d'événements qui me sont attribués, bien que je n'aie rien à y voir (disparition du dossier mentionné plus haut, puis sa réapparition, disparition de 2 ramettes de papier machine).
- accusation de vouloir attaquer en justice une infirmière qui m'a précédée au CMP, que je ne connais pas, que je n'ai jamais vue, et qui ne m'a strictement rien fait.
Mes interventions dans le cadre du CMP auprès des patients dont j'avais la charge des suivis entraînaient souvent la question suivante de la part de ma surveillante: "Est-ce que c'est bien ton travail ?" sans qu'aucune réponse claire ne me soit jamais donnée sur ce en quoi consiste celui-ci, sinon que je suis censée m'abstenir de toute initiative en la circonstance. Le seul "travail" qui semble être attendu de moi consiste à passer le plus clair de mon temps dans la salle de réunion à boire du café, fumer des cigarettes en servant d'auditoire à des conversations la plupart du temps d'ordre personnel.. Ce passe-temps, dont la légitimité ni l'utilité ne pose manifestement question à personne, n'entre pas dans le contrat de travail pour lequel j'ai été employée. Il ne correspond pas non plus aux directives que m'a données le médecin chef du service, le Dr B., peu de temps après mon arrivée, qui consistent :
- d'une part à démédicaliser les relations avec les patients (remplacer l'approche soignante techniciste par un mode de relation plus humain reconnaissant la personne dans son "originalité")
- et d'autre part à favoriser leur acceptation au sein de la population, afin de diminuer un pourcentage des hospitalisations provoqué par une intolérance de cette population à l'égard de gens suivis au CMP, et son incapacité à entrer en relation avec des gens non conformes à leurs propres critères. Ce rejet du tissu social étant un des facteurs de l'isolement dont souffrent alors les patients, il conditionne négativement leur pathologie et leur comportement.
En ce qui concerne la lourde atmosphère de suspicion qui s'est instaurée au CMP depuis la disparition, puis la réapparition du dossier mentionné plus haut, atmosphère qui m'a été attribuée, je tiens à préciser les points suivants : je n'ai pas concentré toute mon énergie à me mêler du travail de mes collègues, je ne les ai pas remises sans cesse en question, je ne les ai pas empêchées de travailler, je ne suis pas intervenue dans le suivi des patients dont elles sont responsables, je ne me suis pas occupée de leurs déplacements, ni du contenu de leurs agendas, que je n'ai jamais consultés, je ne les ai pas accusées de faire disparaître des dossiers ni de dérober quoi que ce soit, je n'ai pas tenté de les intimider ni de faire pression sur elles, etc. Il me paraîtrait donc plus cohérent en la circonstance de ne pas inverser les rôles en matière de suspicion.
Je suis absolument stupéfaite devant l'état d'esprit déplorable qui règne au CMP depuis mon arrivée, n'en ayant jamais rencontré de comparable au cours de ma carrière. Je ne connaissais pas les membres de cette équipe avant d'y travailler, n'ai strictement rien à voir dans les conflits entre équipes de différentes structures, ni avec ceux ayant pu avoir lieu au sein de l'équipe du CMP avant mon arrivée. Je n'ai pas à m'y impliquer ni à structurer mon travail en fonction de ces conflits, mais des patients dont j'ai la responsabilité et dont je suis payée pour m'occuper.
Je n'ai strictement rien à reprocher à la structure du CMP, qui me semble tout à fait adaptée au travail d'infirmiers de secteur tel que nous sommes censés le réaliser, et me paraît représenter un milieu extrêmement favorisé pour ce qui est des conditions de travail, au regard de celles qui règnent en intra-hospitalier. Aussi je trouve dommage de ne pas profiter de la chance que représente ce service de pouvoir réellement faire ce travail dans de bonnes conditions.
Le Dr B. m'a également demandé de m'intégrer à l'équipe, ce que je souhaite en ce qui me concerne. Toutefois cette intégration ne dépend pas que de ma seule volonté. En raison de la durée de ce climat (2 mois maintenant depuis les deux mois et demie que je travaille au CMP), j'ai abouti à une impasse avec des collègues dont l'altération de l'humeur en ma présence semble devenue chronique sans que je sache pourquoi, ce qui me paraissait absurde.
Je n'ai compris la raison de ce climat que le 7 octobre, jour de la réunion avec Madame BO., la DSI, Madame DU., et Madame B. . Cette réunion s'est déroulée en présence de mes collègues, et Madame BO. a fait une longue énumération de points négatifs à ma charge, dont certains font l'objet de rapports de service ci-joints. Son énumération a été étayée par des confirmations verbales de mes collègues. Elle disposait d'une photocopie de nombreux rapports de dossiers infirmiers que j'avais écrits. J'ai réalisé alors que toute la surveillance dont j'avais été l'objet jusqu'ici était le résultat des consignes venant de mes supérieurs hiérarchiques, consignes que mes collègues ne faisaient qu'exécuter.
Parmi ces points, Madame DU. est intervenue pour dire qu'elle avait lu mon livre "Le Carrefour des Impasses", en ligne sur internet, qui est un document sur la psychiatrie. Elle a dit que dans la mesure où j'y faisais état d'enregistrements, il était impossible à l'équipe actuelle de me faire confiance, et elle a émis la crainte d'être enregistrée.
Je suis très étonnée des propos de Madame DU. : Quand je l'ai rencontrée pour la première fois en 2003 après mon installation comme psychothérapeute, puis en 2004, quelques temps avant de commencer à travailler au CMP, je lui ai donné des exemplaires de mon catalogue dans lequel ce livre était indiqué, ainsi que l'adresse internet à laquelle y accéder. Je lui ai donné tous les éléments lui permettant de s'informer de mes activités, et tout le temps de les consulter. C'est pourquoi présenter devant mes collègues la découverte de ce livre comme une surprise et comme un événement indépendant de ma volonté, et prétendre me sanctionner à ce sujet n'est pas honnête de sa part.
Peu après mon arrivée au CMP, j'ai remis à Madame B. une documentation relative à mon travail contenant :
- un exemplaire de mon catalogue ,
- un exemplaire de ce livre imprimé,
- un document relatif aux activités de type CATTP réalisé dans l'hôpital où je travaillais précédemment.
- des articles relatifs à la psychiatrie publiés récemment par les Etats Généraux de la psychiatrie et le mouvement "Psychiatrie Infirmière".
Je lui ai donné cette documentation pour l'équipe, à titre informationnel et documentaire. Elle ne lui était pas destinée personnellement, elle était destinée aux membres de l'équipe, à savoir mes collègues et les médecins. Il m'a semblé dans l'ordre des chose de passer par son intermédiaire, en raison de sa fonction.
C'est pourquoi la présentation qui a été faite de ce livre devant mes collègues constitue une tromperie à leur égard, ainsi que l'image jetée sur moi, qui ne correspondait pas à mes intentions.
Concernant les craintes que Madame DU. a exprimées au cours de cette réunion relativement à ce livre, je tiens à signaler que dans les écrits que j'ai publiés, les noms des gens dont il est question ont été changés, et que ces écrits ne peuvent leur porter préjudice. Je n'ai jamais été sanctionnée par l'hôpital dans lequel j'ai travaillé auparavant, et n'ai jamais reçu le moindre reproche à ce sujet. Il y a des années que ce livre est en ligne, et il n'a jamais posé problème à personne, ne contrevenant en rien à la légalité. En revanche j'ai reçu de mon ancien médecin chef, le Dr V., la permission d'y publier l'hommage qu'il a écrit sur le Dr L. à la mort de celui-ci, et Roger GENTIS m'a également envoyé un chapitre relatif à l'évolution qu'il a connue de la psychiatrie. En outre, j'ai gardé de bonnes relations avec cet établissement, et avec son chef de service actuel le Dr R., dont j'ai publié les articles de presse qu'il a fait passé ces derniers temps.
Dans la mesure où ce livre n'a rien à voir avec l'hôpital de CL, où sa rédaction est bien antérieure à mon arrivée au CMP, il ne lui porte nullement préjudice. C'est pourquoi la volonté de mes supérieurs hiérarchiques de me sanctionner à ce propos n'est fondée sur aucune faute que j'aurais commise depuis mon arrivée au CMP.
Selon Madame DU., l'existence de ce livre sape les bases d'une relation de confiance avec l'équipe du CMP. D'une part je trouve regrettable qu'il ait été ainsi présenté devant mes collègues de travail, alors qu'il leur était destiné : si quelqu'un peut parler en l'occurrence d'une rupture de la confiance, c'est moi, qui ai donné cette documentation à ma surveillante.
Après cette réunion, j'ai été prise en particulier par Mesdames BO., DU. et B., qui ont tiré de ce qui venait de ce dire auparavant un ensemble de conclusions à l'issue desquelles Madame BO. m'a dit que je devais quitter le CMP dans une semaine pour aller travailler en intra-hospitalier dans une structure d'accueil. Je lui ai dit que j'étais en résidence administrative à C. et que l'hôpital de CL était à 63 kms de chez moi, ce dont elle était au courant.
Elle m'a dit qu'elle ferait un rapport négatif sur moi, qu'elle me communiquerait une semaine plus tard, quand je lui aurai donné ma réponse vis à vis de ce qu'elle venait de me dire.
Je m'étonne à ce propos que l'existence de mon livre ne constitue pas une contre-indication similaire avec le service dans lequel Mme BO. m'a annoncé verbalement ma mutation, et me demande pourquoi ce qui parait incompatible avec le CMP lui parait compatible avec un service hospitalier.
Le lendemain, Madame B. m'a demandé de faire une liste de tous les gens que je suivais, avec la date du début et de fin de suivi, et d'indiquer les gens qui devaient être repris par mes collègues, ce que j'ai fait. Elle m'a ensuite demandé de leur téléphoner pour leur annoncer mon départ du CMP et le relais du suivi à une autre infirmière, ce que j'ai fait.
Mes collègues continuent leur surveillance constante, et le climat reste identique à ce qu'il a été auparavant.
Le lundi 12 octobre, Madame B. m'a demandé de lui remettre la clef du CMP. Je lui ai répondu que je la lui donnerais en échange d'un reçu écrit signé de sa main, et un document officiel attestant de ma mutation, n'ayant reçu à ce jour, ni vu consigné quoi que ce soit dans ce sens. Dans le cahier de consignes, seule était mentionnée la venue des cadres dans le service, sans aucune allusion à l'objet de la réunion. Aucun élément objectif n'attestait des faits qui m'étaient reprochés verbalement (disparition des ramettes, aucune trace du rapport d'incident de service mentionné sur le cahier de consigne par Madame B. lors de la "disparition" du dossier du patient, aucun rapport de service écrit contre moi, aucune sanction officielle ...)
Elle m'a présenté une feuille sur laquelle elle me demandait de lui remettre cette clef, mais n'a pas voulu inscrire le motif, disant que je le connaîtrais le lendemain. J'ai donc refusé de la lui donner, en disant que si elle précisait par écrit le motif, je la lui donnerais aussitôt. Elle m'a dit qu'elle n'était pas certaine de me revoir d'ici la fin de la semaine. Je lui ai demandé de l'écrire, mais elle a refusé. Elle a ajouté que si le CMP était cambriolé dans la nuit, elle saurait d'où cela venait. Mes collègues et l'art thérapeute, en présence des quelles s'est déroulée cette scène, se sont irritées, se disant scandalisées par mon attitude, et m'ont demandé de la donner, mais je n'ai pas tenu compte de ce qu'elles disaient. Ayant déjà été accusée de la disparition d'un dossier et de ramettes, je ne tenais pas à l'être d'une éventuelle intrusion au CMP qui aurait pu être faite avec ma clef.
Je précise que je ne suis jamais allée au CMP en dehors de la présence de l'équipe, ni de jour, ni de nuit n'ayant rien à y faire.
J'ai également demandé ce reçu à Madame B. car il aurait été le seul élément tangible attestant du fait qu'on me demandait de partir et des raisons pour lesquelles on me le demandait. Je craignais d'être accusée d'abandon de poste si ,je ne m'étais pas présentée au CMP le lundi suivant, les autres membres de l'équipe pouvant prétendre tout ignorer de la raison de mon absence.
Avant mon départ du CMP, j'ai demandé à rencontrer le médecin du travail, le Dr B., afin de l'informer de mes conditions de travail au CMP et de ma mutation. Il m'a dit qu'il connaissait ces pratiques pour les constater trop souvent en psychiatrie où elles sont monnaie courante, et utilisées pour muter les gens dans des services où personne ne veut aller travailler. Il m'a décrit les conditions de travail en milieu hospitalier sous un jour des plus sombres, faisant état du nombre alarmant d'arrêts maladie, de l'état psychique désastreux du personnel au travail, quasiment aussi médicamenté que les patients dont il s'occupe, des nombreuses interventions qu'il avait faites auprès de l'administration pour demander l'arrêt de ces pratiques, qui ont engendré une situation d'implosion des services de psychiatrie, devenus ingérables. Il a étalement fait état de groupes de pression "protégés" au sein de l'établissement, et m'a dit, concernant le comportement de mes collègues, qu'il était lié à leur crainte d'être elles-mêmes mutées à ma place dans un service d'intra hospitalier.
J'ai été moi-même gravement perturbée par ces événements, n'ayant jamais rencontré au cours de ma carrière de comportements si destructeurs et si pervers, de la part de gens dépourvus de scrupule, n'hésitant pas à commettre des actes légalement répréhensibles.
Mon médecin traitant, Madame M., alertée par mon état d'anxiété réactionnel à ces conditions de travail, m'a mise en arrêt maladie.
Précisions concernant les éléments du rapport qui m'a été remis à mon départ du CMP
1. Analyse des différents points énumérés dans ce rapport:
"Faits concernant le manquement aux règles professionnelles des infirmiers et infirmières, conformément au décret no 93-221 du 16 février 1993":
a) Avoir emmené à mon domicile des notes personnelles sur les patients: en réalité j'ai emmené chez moi mon bloc personnel de notes, plus pratique que celui fourni par le CMP. qui contenait effectivement des notes d'entretiens et également des notes personnelles
Je n'ai jamais fait usage de ces notes hors du CMP, ni ne les ai communiquées à quiconque. Je n'ai pas transgressé le secret professionnel. ni la confidentialité des entretiens que j'ai eu avec des patients au CMP. Je n'ai photocopié aucun élément de dossier interne au CMP.
Ce bloc est reste au CMP après mon départ.
b) Porter des accusations et des Jugements sur la manière de servir de mes collègues tant sur la quantité que sur la qualité de leur travail:
L'annexe 14 jointe au dossier à l'appui, est un ensemble de notes personnelles que je n'ai communiquées à personne dans le service qui ont été prises dans mes affaires et transmises à l'administration sans que j'en sois avertie. II ne s'agit nullement d'un document officiel. comme en témoigne le style familier et les nombreuses fautes: il était simplement destiné à récapituler pour moi-même les points que je comptais aborder avec mes collègues au moment où je l'ai écrit, afin de ne pas en oublier.
J'émets également dans ce document un ensemble de suggestions destinées à améliorer les prises en charge des patients et les relations au sein de l'équipe, suggestions qui témoignent de mon état d'esprit d'alors, du fait que je n'ai de grief contre personne. et que je ne demandais qu'à m'intégrer sur une base relationnelle de respect mutuel. II s'agit de points que j'avais relevés pour une incise au point avec mes collègues, dans le but d'en parler avec elles et la surveillante. Peu après mon arrivée au CMP. Mme B. a remis aux infirmières un questionnaire sur le travail, nous demandant d'y réfléchir. Ce questionnaire comportait des questions relatives au fonctionnement du service. les critiques et suggestions que nous pourrions faire, etc.. J'ai donc pris ces notes dans ce cadre, dans l'espoir qu'elles permettraient de débloquer la situation .
En ce qui concerne le document joint sur le harcèlement moral, il s'agit d'un document interne à la médecine du travail. II comporte une description des techniques utilisées dans ce cadre et des pathologies qu'elles engendrent. Ce document témoigne d'une part une institutionnalisation de ces techniques et d'autre part d'une volonté de la part des gens qui les mettent en oeuvre d'engendrer les pathologies définies.
"Faits concernant mes compétences professionnelles en lien avec le décret 2004194 du 11 février 2002, relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmière:
a) Ne pas maîtriser la démarche de soin:
Mon diplôme date de 1998, et j'ai cessé de travailler en hôpital public en 1991. Depuis, j'ai travaillé en Belgique de 2000 à 2002, et dans d'autres secteurs que le milieu hospitalier. II est vrai que je ne maîtrise pas les nouveaux concepts apparus dans le cadre des études d'infirmière, ("diagnostic infirmier", "transmissions ciblées", etc.) auxquels je n'ai pas été formée. Mme B. m'a proposé récemment de suivre un stage de formation, que j'ai accepté, ce qui me semble la solution la plus adaptée pour acquérir les notions qui me font défaut. Je n'ai jamais prétendu l'inverse, et les gens qui m'ont embauchée le savaient également. En revanche, je l'ai été sur la base des formations que j'ai suivies et du travail que j'avais réalisé auparavant, au sujet duquel j'avais joint une documentation à mon CV.
b) Psychiatrie de liaison:
- Ne pas apporter les réponses adaptées:
Dans le cas cité (annexe 3). J'ai vu l'équipe infirmière à mon arrivée, et lui ai parlé d'emblée d'établissements que je connais dans mon département, la clinique de R. et la maison de retraite de M. qui vient d'ouvrir une aile réservée aux patients déments. II est vrai que je ne l'ai pas noté sur le compte rendu.
Le patient en question est atteint d'une maladie entraînant des crises de démence transitoires: il peut être dément à certains moment, puis ne plus l'être à d'autres. Le fait est que quand je l'ai vu, il ne l'était pas. J'ai eu à ce sujet après l'entretien avec ce patient une longue conversation avec l'infirmier qui était en service, qui le connaissait personnellement, et me l'a décrit comme un vieille figure de C., beau parleur, entreprenant, théâtral et un tantinet vindicatif, ce qui correspondait exactement au personnage que je venais de voir.
J'étais dans une situation inconfortable: appelée pour un dément, je me trouve face à un homme qui parle correctement, m'abreuve de détails sur sa vie, ne semble pas avoir de troubles de mémoire, ni ancienne, ni immédiate, paraît connaître ses droits et me dit qu'il veut rentrer chez lui. D'où le fait qu'il m'avait semblé préférable de demander l'avis du Dr G., plus qualifié que moi pour se prononcer sur le devenir du patient.
Hormis les deux établissement que j'ai indiqués à l'équipe en arrivant dans le service, je ne vois pas quelle autre réponse j'étais censée formuler.
- Ne pas communiquer mon avis aux professionnels demandeurs:
Voici comment les choses se sont déroulées: Le 4/10/2004, je suis allée en psy de liaison à 11 h 30 avec l'élève, Fabienne D.. Nous sommes allées voir l'équipe en arrivant, puis la patiente. Avant de partir du service, à 12 h 30 environ, nous sommes passées au bureau des infirmières. Comme nous devions aller l'après-midi à la maison de retraite et que je ne savais pas combien de temps nous y resterions, j'ai dit à l'équipe que je ne pourrais probablement pas rédiger le compte-rendu dans la journée et ne l'apporterais que le lendemain, et j'ai demandé si cela posait problème. Elles m'ont répondu que non.
J'ai rédigé le compte rendu en revenant de la maison de retraite. Le lendemain matin, j'aurais pu effectivement le porter en médecine en arrivant et ne l'ai pas fait. A 11 heures nous avons eu une réunion, et le Dr CH. a téléphoné pour demander le compte-rendu à la fin de celle-ci. Je l'ai alors porté dans le service et suis allée le voir le Dr CH. dans son bureau. Je me suis excusée de mon retard, qui n'a pas semblé le formaliser, et nous avons eu un entretien au sujet de la patiente que j'avais vue. Je lui ai transmis également le compte rendu rédigé sur le dossier infirmier.
c) Annexe 2: Confusion anxiolytique-anti-dépresseur: J'ai fait le compte-rendu de l'entretien en fonction de ce que le patient m'avait dit, sans vérifier sur l'ordonnance, et il est vrai que j'ai des lacunes concernant les noms des médicaments, particulièrement les noms des génériques. Ceci dit, je suis surprise de voir le contenu de l'ordonnance jointe non datée: quand j'ai vu ce patient, il avait eu un changement de traitement et n'avait plus d'haldol, remplacé au mois de juillet par du solian par le Dr G.. Je ne pourrais dire de mémoire quel traitement il avait exactement, mais l'ordonnance jointe à ce rapport ne correspond pas au traitement qu'il avait quand je m'en suis occupée et la date de ce document a été effacée !!!!!!!!!!!!!!!! Voir à ce sujet mon compte-rendu (annexe 2) où ce changement est notifié.
Pour ce qui est des annotations ajoutées dans la marge "Observations médicales", elles n'ont pas été écrites par le médecin (l'écriture du médecin, sur l'ordonnance obsolète ajoutée à ce document, permet de le constater.) mais par des gens s'exprimant en son nom, qui n'ont pas jugé bon de signer.
Concernant le contenu de ces annotations, il n'infirme pas ce que j'ai écrit :ce patient dit avoir 30 euros par semaines pour gérer ses repas et ses cigarettes, ce qui, indépendamment du fait qu'il déjeune sur son lieu de travail, limite ses dépenses journalières à 4,2 euros par jour (dîner + cigarettes) vu le coût de la vie actuellement, qu'il lui soit difficile de s'en contenter n'a rien d'étonnant. Il perçoit bien une AAH ainsi que son salaire du CAT, mais n'est pas libre de disposer de son argent comme il le souhaite, en raison des limites posées par son suivi d'accompagnement: celui-ci l'accompagne à sa banque et a pour consigne de l'aider à gérer son argent en vue de la mise sous tutelle qui a été demandée par le CAT l'an dernier. II m'a informé de ces éléments le 15/9, lors de l'entretien que j'ai eu avec lui à 16 h. veille de mes congés. Le Dr G. venant à C. pour ses consultations le lendemain jeudi 16, je l'ai informé de ces éléments par téléphone le 16 au matin, et il m'a demandé de lui prendre un rendez-vous avec lui pour la semaine suivante, c'est pourquoi je suis revenue au CMP en fin de matinée pour prendre ce rendez-vous. Cette demande de mise sous tutelle, dont je n'ai pas vu trace dans se dossier médical de ce patient, m'a été apportée par ce dernier lors de l'entretien suivant, le 23/09. J'en ai fait une photocopie que j'ai transmise à son médecin.
Ce patient s'est également ouvert à moi d'une mutation dans son travail qui a eu lieu l'an dernier: alors qu'il travaillait aux cuisines, où son travail lui plaisait, il a été muté à la sous-traitance, où il était assis et avait mal au dos, et n'éprouvait aucun intérêt à ce qu'il faisait. Cette mutation lui a été présentée comme la conséquence d'une faute qu'il aurait commise, d'insuffisances dans son travail, ce qu'il a ressenti comme injuste. Il a rencontré à ce propos le médecin du travail qui lui a remis une déclaration écrite confirmant l'absence de faute de sa part.
Son refus de cette mutation a alors engendré de la part du CAT une intervention des infirmières du CMP, qui l'ont perçu comme un paranoïaque, ont évalué ses plaintes comme des symptômes et ont jugé que son comportement nécessitait une hospitalisation à CL, à laquelle elles ont procédé. Ce diagnostic a ensuite été remis en question par le médecin qui l'a vu (voir le compte-rendu infirmier), et le service où il était hospitalisé l'a renvoyé chez lui quatre jours plus tard, infirmant ainsi la dangerosité supposée de ce patient.
Ces événements ont eu des répercussions sur ce patient, chez lequel ils ont engendré une perte de confiance dans l'équipe du CMP, à. l'exception des médecins le Dr V. et le Dr G. dans lesquels il plaçait sa confiance, et un état d'anxiété permanente
En conclusion, indépendamment de sa pathologie, les plaintes qu'il émet en disant se sentir dépossédé du pouvoir de décision concernant la gestion de ses propres affaires me sont apparues fondées sur la base des éléments objectifs contenus dans son dossier et ceux qu'il m'a présentés
Décret n° 93-221 du 16 février 1993 relatif aux règles professionnelles des infirmiers et infirmières
Art. 2. L'infirmier ou l'infirmière exerce sa profession dans le respect de la vie et de la personne humaine. II respecte la dignité et l'intimité du patient et de la famille.
Art. 9. L'infirmier ou l'infirmière ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit.
Art. 21. Est interdite à l'infirmier ou à l'infirmière toute forme de compérage, notamment avec des personnes exerçant une activité médicale ou paramédicale, des pharmaciens ou des directeurs de laboratoires d'analyse de biologie médicale, des établissements de fabrication et de ventes de remèdes, d'appareils, ou de matériels ou de produits nécessaires à l'exercice de sa profession ainsi qu'avec tout établissement de soins, médico-social ou social.
Art. 26. L'infirmier ou l'infirmière agit en toute circonstance dans l'intérêt du patient.
ART. 29: II doit demander au médecin prescripteur un complément d'information chaque fois qu'il le juge utile, notamment s'il estime être insuffisamment éclairé.
L'infirmier ou l'infirmière communique au médecin prescripteur toute information en sa possession susceptible de concourir à l'établissement du diagnostic ou de permettre une meilleure adaptation du traitement en fonction de l'état de santé du patient et de son évolution.
Je dois ajouter à ce propos que le médecin ne venant au CMP qu'une fois par semaine pour ses consultations qui lui prennent la matinée et l'après-midi, s'entretenir avec lui au sujet d'un patient tient du tour de force: au cours de ces trois mois, je n'ai pu le voir qu'en catastrophe, entre deux rendez-vous ou au moment du déjeuner.
En ce qui concerne les problèmes qui surviennent au cours de suivis avec des patients donnés, il est généralement d'usage dans les services de psychiatrie d'organiser une réunion de synthèse avec les différents intervenants, afin de rassembler les différents points de vue et de mettre sur pied un projet thérapeutique. Or en trois mois, je n'ai vu aucune réunion de synthèse, aucune mise sur pied d'un projet thérapeutique quelconque, et mes demandes répétées dans ce sens se sont heurtées à des fins de non recevoir. Les dossiers des patients attestent de l'existence de synthèses et de projets thérapeutiques dans le passé, ainsi qu'en intra-hospitalier, mais je n'en ai pas vu de trace récente au CMP.
Ce vide sur le plan médical a pour conséquence que chaque infirmière exerce les suivis des patients "en électron libre", sans partenariat réel avec le médecin, lui même débordé, et privé de tout pouvoir de décision sur ses conditions de travail. Ce vide permet alors à d'autres personnes d'interférer en ses lieux et place sur le contenu des suivis:
- dans le cas du patient en question, interférence du CAT sur la prise de son traitement qui lui était préparé par le suivi d'accompagnement avant que la décision soit prise par le même CAT de les faire préparer par le pharmacien, alors que le patient connaît son traitement qu'il est d'accord pour le prendre, et qu'il est capable de le préparer seul, comme je l'ai constaté quand il est venu faire préparer son semainier au CMP à la demande du CAT. Egalement interférence du CAT dans la demande de mise sous tutelle, dont ni l'infirmière ni le médecin qui le suivent au CMP ne sont au courant.
- dans mon cas, interférences de mes collègues et de mes supérieurs administratifs sur les suivis des patients, les entretiens, etc., comme le rapport qui m'est adressé le démontre : parmi les différents points qui me sont reprochés dans ce document, aucun n'émane d'un médecin directement, y compris les annotations écrites dans la colonne "Observations médicales" des photocopies de mes comptes rendus infirmiers, mais de gens qui s'expriment en leurs noms sans les avoir consultés, et en travestissant les faits derrière des interprétations personnelles.
La question qui se pose alors est la suivante: qui dans l'équipe est le plus apte à statuer sur les diagnostics des patients que je suis, leur traitement, leur prise en charge, leur avenir, etc. ? Mes collègues et supérieurs administratifs ou le médecin qui les suit ?
Selon les textes régissant ma profession, c'est au médecin que je dois en référer, dans la mesure où lui et moi partageons la responsabilité de ces suivis, ce qui n'est pas le cas de mes collègues, responsables des patients qu'elles suivent. Jamais je ne me suis permise d'interférer dans leur travail, ni de le critiquer, ni de contrôler leurs comptes-rendus infirmiers ni n'ai mis en cause leur compétence professionnelle, etc.. Ce n'est pas mon rôle et cela n'entre pas dans mes fonctions.
La seule recherche que j'ai faite était celle concernant le nombre de gens que j'étais censée suivre à mon arrivée, dans les dossiers des patients, et ce sur l'indication d'une collègue me disant que c'était le seul moyen de le savoir.
d) Je positionne très souvent le patient en victime: cette affirmation m'a été faite par Mme DU. en référence à un document que j'ai écrit il y a plusieurs années, relatif à la psychiatrie. Certains chapitres traitent des patients, d'autres du personnel, des médecins etc. Quoi qu'il en soit, ce document n'a rien à voir avec mon travail actuel. Chacun est libre d'en penser ce qu'il veut, mais pas de me sanctionner à ce sujet, dans la mesure où il ne nuit en rien à l'établissement dans lequel je travaille.
Dans les annexes 3 et 6 citées:
Annexe 3:
J'avoue que j'ai été étonnée de voir cet homme attaché, alors qu'il faisait chaud et qu'il ne pouvait boire seul, et qu'il n'était pas agressif quand je l'ai vu. II était revendicatif connaissant ses droits et les énumérant, mais jovial, et il suffisait d'un peu de sens de l'humour pour établir avec lui une relation d'échange, ce que j'ai pu apparemment faire.
Je l'ai détaché pour qu'il puisse boire, mais quand je suis ressortie de la chambre, il était de nouveau attaché tel que je l'avais trouvé.
Annexe 6:
Le 20/07, j'ai vu pour la première fois cette patiente chez elle en compagnie de Mme G.. Elle m'a semblé peu à l'aise en notre présence, et désireuse de nous voir partir. Nous avions interrompu sa sieste et elle était dans une tenue un peu négligée.
Quand je l'ai vue au CMP le 5/08 pour son injection, elle revenait de chez le coiffeur était bien habillée, et s'est montrée plus souriante que quand je l'avais vue chez elle. Je n'ai pas émis un avis opposé à mes collègues, ce qui est une interprétation personnelle de ce qui est écrit. Idem pour ce que j'ai mis le 1/09: j'ai décrit ce que je voyais. Sa maison était mieux rangée que la fois précédente, et elle était tout aussi réticente à ma venue, et à toute suggestion que je pouvais lui faire (ne veut pas de changement de suivi, ni de traitement, ni de rendez-vous avec le psychiatre). II n'y a pas d'opposition ici entre mon point de vue et celui de mes collègues. En revanche, si j'avais marqué qu'elle débordait de voie de vivre et d'enthousiasme, et qu'elle m'avait reçue chaleureusement, nous aurions effectivement eu des avis opposés, mais je n'ai rien écrit de tel.
e) Personnes qui ne reviennent pas:
Annexe 1: Mme H:
Cette dame est venue en demandant à consulter un médecin pour un traitement médicamenteux, d'ou le fait que je l'ai orientée vers le Dr G.. Elle a accepté un entretien avec moi parce que je le lui proposais, mais n'en était pas demandeuse à son arrivée.. Elle a eu également une consultation avec le Dr G, et n'a pas honoré les rendez-vous suivants que nous lui avons fixés l'un et l'autre. Elle n'était pas demandeuse d'un suivi psychologique, mais d'un traitement pour pouvoir dormir, diminuer son anxiété et son envie de fumer. Pour ce qui est de son dossier de soin, avant de le rédiger, comme je venais d'arriver au CMP, je voulais consulter le Dr G., et adapter la suite à ce qu'il me dirait. Voyant qu'elle n'honorait pas la suite des consultations le Dr G. m'a dit que le suivi était arrêté.
Annexe 8:
Cette patiente est venue consulter sur le conseil de son médecin, après avoir longuement hésité: elle se livre peu généralement, et exprime une propension à nier ses émotions.
En fait, ce qui la préoccupait le plus et constituait la raison principale de sa venue, était la question qu'elle se posait d'un éventuelle relation héréditaire entre le suicide de son grand père et le fait qu'elle même avait des idées suicidaires, elle craignait l'existence d'une sorte de malédiction familiale, transmissible de génération en génération. Je l'ai bien évidemment détrompée à ce sujet, infirmant l'existence d'un tel facteur héréditaire, ce qui l'a grandement soulagée. (voir mon compte-rendu à ce sujet).
Quant elle m'a parlé d'idées suicidaires je lui ai conseillé de s'en ouvrir à son médecin avec qui elle avait des entretiens, et lui ai parlé de l'éventualité d'une hospitalisation, qui lui permettrait de prendre du recul, ce qui me semblait de mon devoir. Nous avons ensuite parlé de la source de ses idées, et elle est arrivée à la conclusion qu'elles n'étaient pas générées par le désir de mourir, mais par celui d'échapper à un ensemble de situations problématiques pour elles dont le poids lui était devenu insupportable (divorce, maladies familiales, inondations solitude). Dans la mesure où son travail était pour elle une source de plaisir, où elle pouvait se concentrer dessus en oubliant ses difficultés, et où elle était complètement opposée à une hospitalisation, il ne m'a pas semblé adapter de la faire hospitaliser contre son gré, son état ne le justifiant pas. son médecin la voyant en entretiens, c'était à lui, et non à moi, de prendre une telle décision.
Je lui ai énuméré les possibilités que lui offrait le CMP: suivi infirmier, consultations avec la psychologue, avec le psychiatre, possibilités qu'elle a déclinées. Elle n'était pas demandeuse d'un suivi infirmier, ni ne voulait voir de psychiatre.
En revanche, j'ai par la suite téléphoné au bureau du Dr CA. pour lui faire part du contenu de l'entretien et lui parler des idées suicidaires de sa patiente. Je ne l'ai pas eu personnellement au téléphone, mais j'ai eu une personne qui travaille avec lui, qui connaissait la patiente. et devait lui transmettre les informations. De peur d'être importune, je n'ai pas voulu rappeler moi-même le Dr CA., mais j'ai communiqué mon nom ainsi que le n° de téléphone du CMP auquel il pouvait me joindre quand il serait disponible.
J'ignore s'il m'a rappelé par la suite, car aucun appel ne m'a été transmis venant de lui. J'ai suppose que la commission lui avait été faite.
En revanche, la personne que j'ai eu au téléphone m'a demandé si j'avais reçu un document du Dr CA. pour présenter la patiente, document que cette dernière avait également mentionné en introduction à l'entretien. Or je n'ai rien vu de tel, ni avant l'arrivée de cette patiente au CMP, ni après l'entretien, son dossier ne contenant que mon compte-rendu.
Annexe 9:
La patiente dont il s'agit était sur le point de partir faire les vendanges près d'Auch.
Je l'ai reçue alors qu'elle venait de rompre avec un ami avec lequel elle vivait depuis plusieurs années. Elle était déjà venue au CMP dans le passé, avait été vue par un médecin, et avait cessé de venir d'elle-même. Elle m'a téléphoné le 21/07, proposant de me voir hors du bâtiment, dans le jardin de l'hôpital, pour une raison qu'elle n'a pas juger bon de me donner. Mme B. m'a dit que ce n'était pas possible, que je n'avais pas à céder à cette demande, et que si la patiente voulait un entretien, elle devait venir dans le bureau. Je lui ai donc transmis cette réponse, elle a dit qu'elle me retéléphonerait avant de partir, mais ne l'a pas fait.
Elle n'était pas demandeuse d'un suivi, quittant la région et les attaches qu'elle y avait (l'ami dont elle venait de se séparer).
Annexe 10:
J'ai vu ce patient quatre fois :le 22/07, le 29/07, le 05/08, et le 11/08. II a interrompu le suivi car il devait partir en vacances, puis reprendre le travail après une période assez longue d'arrêt maladie, au cours de laquelle il est venu au CMP
Annexe 11:
Personne suivie auparavant par N. G.. Elle a regretté le départ de cette dernière. Elle connaissait le CMP, et je suppose que si je ne lui avais pas convenu après le premier entretien et qu'elle avait voulu continuer un suivi infirmier, elle aurait demandé à voir une de mes collègues, qu'elle connaissait et qui la connaissaient, ce qu'elle n'a pas fait.
Annexe 12:
Cette patiente n'était pas demandeuse d'un suivi. Elle est venue accompagnée de sa mère après avoir eu une crise d'angoisser ayant besoin d'exprimer un certain nombre de choses qui étaient pour elle anxiogènes, dont la peur de la mort. Nous avons pu échanger à ce sujet, et le fait d'exprimer ce qui l'angoissait l'a soulagée, et lui a permis de prendre du recul.
Cette patiente ne venait pas consulter pour une pathologie donnée, ni n'était demandeuse d'un traitement médicamenteux. Elle venait simplement parler de sa peur de la mort, qui est inhérente à toute l'humanité et fait partie des questions existentielles auxquelles tout un chacun est confronté.
II s'agissait d'une adolescente de 16 ans, apparemment bien dans sa peau et dans sa vie, bonne élève, parlant avec distance de ce qui lui était arrivé. II n'y avait pas d'élément délirant dans son discours, rien qui puisse faire penser à une bouffée délirante ni à une entrée dans la psychose.
Je lui ai également communiqué les possibilités du CMP, mais elle ne souhaitait pas d'autre rendez-vous, paraissant satisfaite de l'entretien.
Annexe 13:
Là encore, la personne ne vient pas pour un suivi psychologique, mais dans le cadre d'un accès anxieux réactionnel à un problème professionnel dont elle a besoin de parler. A la fin de l'entretien, elle me fait signer un bon pour son service, attestant du fait qu'elle est venue consulter, et de la raison pour laquelle elle l'a fait. Ce bon a été tamponné ensuite par la secrétaire.
Je n'ai pas d'information quant à la suite, mais je suppose qu'elle dépend pour une grande part des événements qui se sont déroulés depuis dans son contexte professionnel, relativement au problème pour lequel elle venait consulter et le cas échéant quant aux décisions qu'elle aura prises par la suite concernant son orientation.
Concernant le reproche qui m'est fait ici relativement au fait que ces gens ne sont pas revenus, ce qui se produit également pour les gens vus par mes collègues, ou par les médecins, je ne comprends pas bien sur quel postulat il repose: je n'ai reçu aucune consigne en commençant mon travail au CMP sur ce point. Je pensais que la structure était au service des gens venant en entretien, qu'ils avaient le choix de revenir ou non, et d'utiliser les opportunités que le service met à leur disposition comme de ne pas le faire. Le CMP n'est pas une entreprise commerciale, nous n'avons pas de clientèle à fidéliser. Certains viennent consulter dans le cadre d'un contexte problématique donné, inhérent non à une pathologie mentale de source endogène, mais à la problématique à laquelle ils sont confrontés. Notre travail consiste alors à leur fournir des éléments permettant d'en sortir. Si nous parvenons à les y aider en leur donnant des éléments leur permettant de s'en libérer, il est alors dans l'ordre des choses qu'ils ne reviennent pas. Cela signifie alors que nous avons fait correctement et efficacement notre travail.
f) Je dépasse mon champ de compétence: référence à la demande qui m'a été faite de la part de la surveillante du V 80
Je suis allée au V 80 lors de l'entrée de Mr F. qui venait de l'hôpital de CL et était atteint de la maladie d'Alzheimer. J'y ai rencontré une aide soignante qui m'a fait part des appréhension de l'équipe à l'égard de ce patient, précédemment hospitalisé dans ce service, et qui avait été envoyé à la Ch.en raison de son comportement très agressif à l'égard de résidents, et de la difficulté du personnel à le maîtriser physiquement.
Ayant travaillé dans un établissement spécialisé dans la maladie d'Alzheimer, j'ai donné à cette aide-soignante quelques conseils pratiques pour faire baisser l'agressivité des gens atteints de cette pathologie (dévier l'attention du patient, maîtriser sa propre agressivité et sa peur, mettre de la musique qu'il aime et le faire danser, etc. ) . J'ai ensuite vu la surveillante du service, qui m'a demandé si l'équipe du CMP accepterait de faire une intervention sur cette maladie, afin de diminuer les appréhensions du personnel, dans le but d'améliorer la prise en charge de ce patient.
De retour au CMP, j'ai fait part de cette demande à Mme B., ainsi qu'au reste de l'équipe. J'ai eu à ce sujet une conversation avec l'ergothérapeute, Mme B., qui avait également travaillé auprès de patients déments, et était intéressée pour participer le cas échéant à une intervention de ce type. Mme B. a ensuite dit que ce n'était pas notre rôle. J'ai transmis sa réponse a Mme R., lui disant que je ne pouvais accéder à sa demande et que si elle souhaitait qu'elle se concrétise, elle pouvait joindre la surveillante pour organiser avec elle le contenu du travail entre équipes de structures partenaires
Je n'ai jamais envisagé de faire une intervention personnelle en dehors de l'équipe, ni n'ai cherché à le faire. Il suffit pour s'en assurer de demander à la surveillante du V 80. Je suis retournée une deuxième fois dans le service, au deuxième étage, à la demande de Mme R. pour me présenter à mon arrivée, afin que l'équipe sache que je remplaçais Mme G. J'ai demandé d'abord à Mme B., qui n'a pas émis d'objection à ce que j'y aille, et j'ai pris un café avec l'équipe présente au deuxième étage du V 80.
Cela ne me semble pas à priori dépasser mes compétences, mais être du ressort de la collaboration entre équipes de structures partenaires, comme j'en ai fait et vu faire précédemment dans l'hôpital dans lequel je travaillais (interventions dans les lycées, les maisons de retraites, etc.)
g) Je ne m'implique pas spontanément dans les taches du CMP: tri du courrier, commandes diverses:
J'arrive au travail le matin entre 9 heures moins cinq et 9 heures, généralement après mes collègues dont les voitures sont garées sur le parking. Je sais qu'elles sont passées prendre le courrier en arrivant. Je l'ai pris la première semaine qui a suivi mon embauche quand j'étais la première à arriver, durant les vacances où le personnel était moins nombreux. Je rencontrais l'élève qui était alors en stage, qui attendait au bas de l'escalier, et nous allions ensemble chercher le courrier.
Pour ce qui est du courrier arrivant au CMP à 9 heures 45, la personne qui apporte la mallette de CL l'ouvre en arrivant et distribue le courrier aux gens présents. Je suppose que si je venais de la Charité et que j'apportais cette mallette, je ferais de même.
Pour ce qui est des commandes, en trois mois, jamais une collègue n'a abordé la question avec moi. Quand j'ai demandé ou se trouvaient les bons de commandes, la secrétaire m'a montré ceux qui étaient dans son bureau (bons de commande de pharmacie), et m'a dit d'aller voir dans le bureau des infirmières pour les bons de commande des produits ménagers, ou j'en ai trouvé.
Quant il a été question ensuite de faire une commande de matériel, Mme C. a voulu la faire et a cherché un bon de commande, qu'elle n'a pas trouvé. Je suis alors allée en chercher un dans le bureau des infirmières et le lui ai donné, suite à quoi elle l'a rempli avec la femme de ménage.
En ce qui concerne la prise en charge des élèves, mes collègues ont affirmé que je n'avais rien fait avec Fabienne D. au cours de la réunion avec Mmes DU. et B. Voici la liste de ce que j'ai effectivement fait avec elle :
- le jour de son arrivée, je lui ai donné une bibliographie sur des ouvrages de référence en psychiatrie: elle est arrivé avant d'avoir abordé le programme de psychiatrie, et ignorant le sens des termes nosographiques. Je lui ai également montré les livres qui se trouvaient au CMP et qu'elle pouvait consulter,
- le 28/09/04, elle a fait avec moi le semainier de Mme A., puis a assisté à l'entretien que j'ai eu avec Mr W.,
- nous sommes allées ensemble en psychiatrie de liaison le 4/10/2004 en médecine,
- le 4/10/04 nous sommes allées ensemble à la maison de retraite, où elle a assisté à l'entretien que j'ai eu avec une patiente. Au retour, j'ai fait les comptes-rendus écrits en sa présence.
En revanche, il est vrai que pour ce qui est de l'organisation de son travail dans le cadre des éventuels contrôles qu'elle est susceptible d'avoir, je lui ai conseillé de s'adresser à mes collègues, plutôt qu'à moi, en raison de mes lacunes sur la formation actuelle: elle peut dans ce domaine m'en apprendre plus que je pourrais le faire, et j'ai d'ailleurs pris la référence d'un livre qu'elle utilisait et qui traitait entre autre, des diagnostics infirmiers: "S'entraîner aux cas concrets en psychiatrie" d'Hervé BRIZON.
Pour ce qui est des jours qui se sont écoulés après la réunion avec Mmes BO. et DU. du 07/10/04, cette élève a suivi l'exemple de mes collègues, s'abstenant de m'adresser la parole, m'ignorant et évitant de se tenir dans la même pièce que moi.
En plus des points énumérés dans ce rapport, m'ont également été reprochées une fois de plus lors de cette réunion la disparition du dossier de Mr R., puis sa réapparition, celle des ramettes de papier, et l'intention de vouloir poursuivre en justice la collègue qui me précédait au CMP.
II Questions posées par le rapport de Madame BO:
1. Patients vus en entretien:
Parmi les patients que j'ai vus en entretien au CMP, 10 avaient été suivis ou vus une fois auparavant par l'infirmière qui a quitté le CMP.
Sur ces 10, 7 étaient encore suivis à mon départ du CMP; Mr R (le patient dont le dossier avait été déplacé) habite hors secteur et a interrompu le suivi, ne souhaitant pas donner suite aux propositions qui lui ont été faites (activités CATTP avec l'ergothérapeute).
Patients que j'ai vus alors qu'ils venaient pour la première fois au CMP:
- Mme D: 19/7, 29/07, 20/09;
- Mme Bre: 20/07, 02/09 Je l'ai revue hors rendez-vous alors qu'elle venait au CMP.
- Mme H: 21/07,
- Mr L: 22/07, 29/07, 05/087 11/08
- Mme Bru: 02/08 (9 heures en psy de liaison, puis 16 h 30 au CMP) 7 05/08. Cette patiente a déménagé dans les Landes les jours qui ont suivi (mutation).
- pas de nouveaux patients entre le 02/08 et le 22/09
- Mme P: 22/09
- Melle T: 27/09
- Melle L: 28/09
- Mr F: 29/09. J'ai transmis à son médecin traitant le compte-rendu de l'entretien et j'ai reçu ce patient en faisant mes courses. Nous avons eu une longue conversation qui portait sur son inquiétude face à la désertification du village sans rapport avec les sujets qu'il avait abordés au cours de l'entretien qu'il n'a pas évoqué.
= > 9 patients: les autres étaient déjà connus du CMP., 5 jamais revenus.
Sur 19 patients vus, 11 étaient toujours suivis à mon départ du CMP. 4 ne souhaitaient pas prendre d'autres rendez-vous, étant venus pour un seul entretien. Une personne a interrompu le suivi après le départ de Mme G..
Personnes vues en psy de liaison: 7
- Juillet:
Mme P :26/7: médecine
Mr C: 27/07: médecine
Mr H: 29/07: médecine
- Août: Mme Bru: 02/08: urgences
Mr D: 02/08: urgences
- Septembre: Mme A.: 27/09: médecine
- Octobre: Mme C 04/10: médecine
=> 3 en juillet 2 en août, I en septembre, 1 en octobre.
Patients vus à la maison de retraite et au V 80: 5 personnes dont 2 vues 2 fois. - 21/7: Mme B et Mme C: MR (une déjà suivie) - 16/08: Mme B. Mme C, Mme C: MR (deux déjà vues le 21/07) - 18/08: Mr F: V 80 - 04/10: Mme X: MR te ne me souviens plus de son nom) => 2 en juillet, 4 en août, 1 en octobre.
2. Temps de travail effectif:
Juillet (15/07-31/07): 11 jours de travail effectif,: 17 entretiens, 4 VAD, 3 psy de liaison, 1 réunion
15/07: 1 entretien
16/07: 2 entretiens
19/07: 1 entretien + I VAD avec Mme G. (préparation semainier),
20/07: 2 entretiens + I VAD avec Mme G.
21/07: 2 entretiens + 2 entretiens avec personnes vues à la maison de retraite.
22/07: 1 entretien, I VAD avec Mme G. 23/07: rien.
26/07: 1 VAD (préparation semainier), 1 psy de liaison, 2 entretiens
27/07: 1 réunion, I psy de liaison, I entretien
28/07: j'ai pris mon travail à 9 heures, ayant la migraine, et en raison de l'impossibilité dans laquelle j étais de travailler (vomissements fréquents), Mme B. m'a conseillé de rentrer chez moi et j'ai pris des heures de RTT.
29/07: 2 entretiens, 1 psy de liaison 30/07: 1 entretien
___________________________________________________________________________
Août: 21 jours de travail effectif: 30 entretiens, 2 psy de liaison, 7 VAD. 4 préparations de semainiers, 3 injections IM
02/08: 3 entretiens, 2 psy de liaison, I VAD (préparation semainier)
03/08: 2 entretiens, I préparation de semainier,
04/08: réunion plannings
05/08: 1 injection intra-musculaire, 2 entretiens
06/08: 2 entretiens
09/08: 1 VAD (préparation de semainier), 1 entretien à la MR
10/08: 1 réunion, 1 préparation de semainier, 1 VAD avec Mme C., 1 entretien,
11/08: 2 entretiens
12/08: 1 RTT
13/08: 3 entretiens
16/08: 1 VAD (préparation semainier), 3 entretiens à la MR
17/08: 1 préparation de semainier, 1 entretien, 1 réunion
18/08: 1 entretien 19/08: 2 VAD avec Mme D., 1 injection IM
20/08: 2 entretiens
23/08: I VAD (préparation semainier), MR;
24/08: Entretien avec le Dr B., CL, I réunion, 1 entretien. 25/08: 1 injection IM, 2 entretiens
26/08: 1 entretien
27/08: entrevue avec Mme B., 1 entretien, récupéré 5 heures.
30/08: présentation au V 80 .
31/08: 1 préparation de semainier, 2 entretiens
_____________________________________________________________________
Septembre: 13 jours de travail effectif: 24 entretiens, 2 VAD, I psy de liaison, 2 préparation semainier, 2 inj . IM, 2 réunions
01/09: 1 entretien, 1 VAD
02/09: 2 entretiens
03/09: 1 inj. IM, 2 entretiens
06/9 => 10/09: vacances
13/09: 3 entretiens
14/09: I préparation de semainier, 1 réunion, 3 entretiens
15/09: 2 entretiens
16-17/09: CA
20/09: CA
21/09: 1 préparation de semainier, 2 entretiens, 1 réunion
22/09: 1 inj. IM, 2 entretiens
23/09: 1 VAD, 1 entretien,
24/09: rien
27/09: 1 entretiens. 1 psy de liaison
28/09: 3 entretiens, 1 réunion
29/09: 2 entretiens
30/09: maladie
___________________________________________________________________
Octobre: 8 jours de travail effectif: 8 entretiens, l psy de liaison, 0 VAD, 1 préparation de semainier, 3 réunions
1/10: maladie
04/10: 1 psy de liaison, 1 réunion, MR: 1 entretien
05/10: préparation semainier, I réunion, 2entretiens
06/10: l entretien
07/10: 1 réunion
08/10: 1 entretien
11 / 10: 1 entretien
12/101: préparation semainier, 1 réunion, 2 entretiens
13/10: rien.
14/ 10-28/10: maladie
Jours de travail effectif en trois mois: 11 + 21 + 13 + 8 = 53 jours
Contenu du travail réalisé:
- Juillet: 17 entretiens, 4 VAD, 3 psy de liaison, 1 réunion
- Août: 30 entretiens, 2 psy de liaison, 7 VAD, 4 préparations de semainier, 3
injections IM
- Septembre: 24 entretiens, 2 VAD, l psy de liaison, 2 préparation semainier, 2 inj.
IM, 2 réunions
- Octobre: 8 entretiens, 1 psy de liaison, 0 VAD,I préparation semainier, 3 réunions
= > En trois mois:
- 79 entretiens: en moyenne une heure par entretien, plus 15 mn de compte-rendu :=
79 + 191 75 = 98 heures 45 mn
13 VAD:
6 pour des préparations de semainiers: 15 mn par VAD= Ih30 + temps de rédaction des comptes-rendus: 30 mn = 2 heures - 5 VAD avec des collègues: 1/2 heure par VAD+ temps de la route: 6 heures
1 VAD d'une 1/2 heure + temps de route = 1 h + 15 mn compte rendu -IVADI heure + temps de route = 2 h + 15 mn de compte rendu
= 2heures + 6h + 1h 15 + 2 h 15= 11 h30
- 7 psy de liaison: 45 mn en moyenne: 5 heures 30 + temps de rédaction des comptes rendus: 1 heure 45 mn = 7h 15
- 6 réunions: 12 heures
- 7 préparations semainiers: 1 heure 45 mn + temps de rédaction des comptes rendus: 35 mn
= 2 h 20
- 5 inj. IM: 35 mn + temps de rédaction des comptes rendus: 35 mn = 1 h 10
=>
98 h 45 + 11 h 30+7 h 15+ 12 h + 2 h 30+ l h 10 = 133 h l5mn
La rédaction des nouveaux dossiers de soins m'a pris 9 heures. une heure en moyenne par dossier.
J'ai donc travaillé en trois mois 142 h 15 mn en 53 jours, à savoir une moyenne de 2 h 40 par jour.
Ce qui veut dire que j'ai été embauchée à temps plein au CMP de C. pour une charge de travail correspondant à un quart de temps, dans un service où ma présence n'était pas nécessaire dans le cadre du type de travail réalisé.
3. Confusion entre un fait et son interprétation:
Ce rapport énumère un certain nombre de points en les intitulants "faits". Or la confrontation aux faits ci-dessus permet de faire la différence entre les faits eux-mêmes, et leur interprétation par des observateurs extérieurs.
II m'a été reproché au cours de la réunion avec Mmes DU. et BO de borner mes comptes-rendus infirmiers à des constats, alors que je serais censée interpréter ce que me disent les patients en termes de pathologie et me limiter à cette interprétation.
II m'a été reproché également d'utiliser dans mes comptes-rendus d'observation les expressions "il me semble que", "il m'apparaît que", alors que je devrais me contenter d'affirmations.
C'est là faire abstraction du coefficient de l'observateur: quand je dis "il me semble que", je fais la différence entre le fait lui-même, et ce qui m'en apparaît, sachant que l'image que j'en ai n'est pas la réalité elle-même mais ce que j'en perçois, sachant que ni moi ni personne n'est en mesure d'appréhender les faits complètement et exactement, qu'il y aura toujours des aspects de la réalité qui nous échapperont, et que d'autres personnes peuvent avoir une observation différente de la mienne, et que différents points de vue peuvent être complémentaires sans pour autant être opposés.
Limiter mes observations à des interprétations en termes de pathologie m'apparaît reposer sur une démarche réductrice: nous sommes censés considérer les patients dans leur globalité. Or en limitant nos compte rendus à des termes de pathologie, nous réduisons les patients à leur pathologie mentale, abstraction faite du fait que certains ne viennent pas consulter pour des pathologies données, mais pour des problématiques données. D'où une tendance à voir comme des malades mentaux des gens qui ne le sont pas, et à plaquer sur tout un chacun des pathologies qu'ils n'ont pas nécessairement, pathologies qu'il appartient aux médecins de définir, et non à nous,.
Ainsi dans les points énumérés dans ce rapport, qui sont interprétés par un observateur en termes de faute, la confrontation aux faits que je décris permet de faire la différence entre ce qui s'est passe, et l'interprétation qui en est donnée. L'interprétation n'est pas inhérente aux faits eux-mêmes, elle est plaquée sur ceux-ci par la structure nerveuse de l'observateur, qui s'exprime en fonction non de son observation des faits, mais de son interprétation, alors que cet observateur n'a pas assisté à ce qui s'est passé: personne ne m'a vu prendre dans l'armoire le dossier que je suis accusée d'avoir subtilisé, personne n'a vu le moindre document attestant que j'entamerait une procédure contre une collègue, personne n'a assisté aux entretiens que j'ai eu avec les patients qui ne sont pas revenus et dont la seule possibilité qui est retenue est qu'en l'occurrence je n'aurais pas bien fait mon travail, etc... Et pourtant chacun est persuadé que j'ai fait ces choses, aucun doute n'est émis par quiconque relativement à ma culpabilité.
Autrement dit, ce rapport m'attribue cette culpabilité comme si elle m'était intrinsèque, interprète les faits en fonction de celle-ci, alors que c'est la structure nerveuse de l'observateur qui fait intervenir cette culpabilité entre moi et elle. II s'agit alors d'une fausse identification, qui ne m'engage pas moi, mais l'observateur qui me l'attribue.
4. Structure des relations au sein du CMP:
a) Rôle de la surveillante:
A mon arrivée au CMP, je me suis ouverte à Mme B. de la façon cavalière dont la femme de ménage expédiait le personnel des pièces qu'elle devait laver, et de la mauvaise grâce avec laquelle les gens présents se déplaçaient. Elle m'a répondu que ce n'était pas à moi de lui en parler, mais à elle, ce avec quoi j'étais parfaitement d'accord puisque c'était bien à elle que je venais en parler. Par la suite, le comportement de cette dame a changé, ainsi que celui de l'équipe, qui se déplaçait spontanément dans une autre pièce pour la laisser travailler, et nous avons établi des relations d'échange et de respect mutuel.
Après les échecs de mes tentatives pour améliorer les relations avec mes collègues, j'ai parlé à ma surveillante des difficultés relationnelles existantes au sein de l'équipe, pensant qu'elle pouvait jouer un rôle de médiateur comme je supposais qu'elle l'avait fait avec la femme de ménage auparavant.. Or non seulement ce n'a pas été le cas, mais elle a laissé mes collègues se comporter à mon égard comme si elles étaient mes supérieures, cautionnant les relations de domination/soumission qu'elles m'imposaient et qui n'avaient rien à voir avec leur travail dans le cadre du CMP, mais elle a également adopté le même comportement à mon égard.
Je m'étonne ici du fait que le rôle de la surveillante varie ainsi selon les individus, et que ce qui est valable pour les uns ne le soit pas pour d'autres.
En ce qui concerne les 2 fois où Mme B. m'a appelée dans son bureau, la première était pour répondre à un questionnaire qu'elle nous avait remis quelques temps auparavant nous demandant ensuite de venir y répondre et le commenter. Ce premier entretien a été cordial, et je n'ai pas souvenir de fautes qui m'auraient été reprochées à ce moment là. Elle m'a demandé de ne pas emporter chez moi mon agenda (également agenda personnel du Crédit Agricole, car à mon arrivé au CMP, il n'y en avait pas dans le service.) Je l'ai ensuite laissé au CMP.
Pour ce qui est de l'entretien suivant, qui a eu lieu le mardi 28 septembre, jour où je revenais de congé et avais retrouvé le dossier de Mr R., Mme B. a émis à ma charge un certain nombre de points:
1. Avoir noté sur mon bloc de notes le contenu de la réunion qui s'était déroulée le matin même, et avoir emporté ce bloc chez moi. Je n'avais pas auparavant la notion que c'était une faute, puisque c'était mon bloc, et je ne comprends pas pourquoi, si c'en était une, personne ne me l'a dit plus tôt. II ne me semble pas logique de me laisser commettre une faute que je ne conçois pas comme telle, puis de me reprocher ensuite de la commettre Je n'ai communiqué ces notes à personnes, n'en ai pas fait d'utilisation personnelle. Je n'ai pas transgressé le secret professionnel.
2. Avoir inventé l'orientation de Mr R vers le CATTP de Co dont personne n'était au courant: je n'ai pas pu avoir inventé cette prise en charge, parce que, quand le Dr G. l'a proposée à son client, j'ignorais tout de ce qui se faisait à Co, en raison de mon arrivée récente. Je ne pouvais donc avoir moi même proposé une activité dont j'ignorais l'existence, dans un lieu que je ne connais pas. C'était la première fois que j'entendais parler de la possibilité d'activités CATTP à Co.
3. Avoir déplacé à la demande d'un patient, le rendez-vous qu'il avait avec le Dr B., afin qu'il puisse s'y faire accompagner plutôt que de prendre le taxi, ce qui a créé un temps mort entre deux consultations.
4. Ne pas compléter immédiatement les dossiers de soins des gens que je suis: Je rédige les compte rendus des entretiens le jour même où ils ont lieu mais en ce qui concerne le dossier de soin par lui-même, j'avoue avoir besoin de plusieurs entretiens pour cerner la problématique des gens, et ce faisant, de pouvoir en rendre compte. Dans la rédaction du dossier de soin, je tiens également compte des comptes rendus du médecin, qui peuvent contenir des éléments qui m'ont échappé. C'est pourquoi cette obligation de remplir les dossiers de soins immédiatement après avoir vu un patient me semble peu réaliste.
Ceci dit, j'ai rempli tous les dossiers de soin des patients vus pour la première fois au CMP.
5. Vouloir entamer une procédure contre N. G.. Je ne la connais pas, elle ne m'a jamais rien fait, je n'ai aucune raison de lui attenter un procès. Cette affirmation est absurde.
6. Etre allée à la maison de retraite et au V 80, avoir voulu y faire une intervention indépendante de l'équipe sur la maladie d'Alzheimer. (voir plus haut)
7. Appelée en médecine pour une psy de liaison et une information concernant des structures sur le plan local pour un patient dément, ne pas avoir répondu à la demande :(voir plus haut)
8. Reproche d'avoir mis en question le diagnostic posé sur ce patient: je n'ai pas remis le diagnostic en question, n'ayant déontologiquement pas le droit en tant qu'infirmière, de poser des diagnostics, ce que seuls les médecins peuvent faire. (voir plus haut)
9. Avoir projeté de faire une VAD chez un patient que je suis après un appel téléphonique de sa tutrice me disant qu'elle cherchait quelqu'un pour l'aider à s'autonomiser. (voir plus haut).
10. Ne pas avoir rempli de bon de commande de pharmacie et de matériel depuis mon arrivée.
11. Disparition du dossier de Mr R., suspicion de l'avoir déplacé, et d'avoir volé deux ramettes: voir le rapport de service joint.
12. En niant être l'auteur de ces disparitions, vouloir accuser implicitement Myriam D. à partir du postulat selon lequel seules elle et moi pouvions subtiliser le dossier. Or ce postulat était faux: il a pu être déplacé après que je l'y ai rangé dans l'après-midi par Myriam ou Mme B., et le matin avant que le médecin ne le demande par les gens présents, dont je n'étais pas là pour dire qui ils étaient exactement (voir planning). II est possible que quelqu'un l'ait consulté et se soit trompé de compartiment en le rangeant, et que personne ne l'ait trouvé. II a pu également être enlevé de l'armoire puis remis avant que je l'y retrouve.
13. En le trouvant, j'accuserais implicitement les autres d'avoir mal cherché. Je n'accuse personne, ne n'ai pas à enquêter sur ces disparitions, ni à désigner des coupables. J'étais en congé le jour où ce dossier n'a pas été trouvé, je ne peux pas répondre de ce qu'il est devenu pendant mon absence au CMP, entre le moment où je l'ai rangé, et celui où je l'ai trouvé, le jour de ma reprise de travail.
Idem pour le papier machine dont la disparition a été constatée pendant mes vacances de septembre. Je n'ai strictement rien à voir avec cette disparition.
Mme DU. m'a dit après la réunion du 1/10 au CMP que même si je ne l'avais pas volée, j'étais coupable de ne pas avoir compati à cette disparition de ramettes. Très franchement, il m'arrive de compatir à la souffrance de gens, mais pas à des disparition d'objets que je n'ai pas constatées, qui se sont produites hors de ma présence au CMP, dont personne ne peut dire où et quand elles avaient disparu, et dont aucun document écrit n'atteste.
Mes collègues et Mme B. m'ont reproché de ne pas me sentir coupable et de ne pas avoir l'air de l'être. Je ne vois pas pourquoi j'aurais agi ainsi, puisque je n'avais rien à voir dans ces disparitions. Si je commence à me sentir coupable de toutes les fautes que je ne commets pas, ma vie va devenir rapidement invivable ! J'ai assez à faire avec mes propres lacunes sans porter le poids de celles des autres, n'ayant nulle vocation pour le rôle de bouc émissaire.
b) Exploitation d'une autre histoires de "vol":
Outre les accusations dont j'ai été l'objet dans la disparition et la réapparition du dossier de Mr R. et celle des ramettes de papier machine, il y a eu également des accusations postées a l'encontre d'une autre personne du CMP.
A mon arrivée au CMP, le bruit courait dans l'équipe que la femme de ménage volait le journal. et nous avions pour consigne de lui demander de le laisser au CMP quand elle l'emportait en partant. Je pensais que ce quotidien avait une utilité dans un cadre thérapeutique donné. Mais j'ai ensuite constaté qu'il n'en était rien, et qu'il était simplement destiné à l'équipe du CMP. La femme de ménage avait pour consigne de le jeter à la poubelle à la fin de la journée, ce qu'elle faisait.
En conséquence, en emportant le journal, elle emportait seulement un objet dépourvu d'utilité et de fonction dans le cadre du CMP, qui n'était plus "un journal" au moment où il atterrissait dans la poubelle, mais un déchet à éliminer. Ce dont il s'agissait alors n'était pas un vol, d'un acte qui aurait privé quiconque de quoi que ce soit ni engendré une perte quelconque au CMP, et cette accusation portée contre elle ne correspondait pas à son comportement.
Sachant que cette personne fait des ménages pour élever ses six enfants et n'a pas les moyens financiers, contrairement aux membres de l'équipe soignante, de s'acheter un quotidien, sachant également quelle lave gratuitement les torchons du CMP avec sa lessive personnelle depuis son arrivée au CMP sans demander de rétribution en échange à qui que ce soit, cette accusation de vol, et les comportements qu'elle a engendrés au sein de l'équipe (calomnie, méfiance, surveillance, ), m'apparaissent particulièrement injustes et malvenus.
Ces incidents ont été utilisés pour justifier, hors de sa présence, une mise à pied future de cette dame.
Cet exemple est révélateur du climat dans lequel j'ai moi-même évolué au CMP.
Dans les deux cas, les "fautes" ne reposent pas sur un préjudice effectif et démontrable commis au détriment des patients, mais sur un jeu de groupe piégé et pervers qui consiste à organiser une mise en scène destinée à justifier l'exclusion du groupe de personnes données.
Je n'ai aucun moyen d'évaluer le temps passé dans ces jeux au sein de l'équipe. En ce qui me concerne, il inclue les temps de conflits verbaux d'abord autour de la pose de mes congés et heures de récupération, ensuite le temps passé de mon coté à trouver des documents sur la base d'indications évasives ou falsifiées (document relatif aux kilométrages entre les villes censé être à coté du fax dans le bureau des infirmiers, et qui se trouve en réalité a côté de la porte, etc., changement de nom de l'icône du DAPPSY sur l'ordinateur, fausses indications sur les dossiers consultés par le médecin, etc.), le temps passé autour de la disparition du dossier de Mr R, les discussions à ce sujet, temps passé par les responsables hiérarchiques autour de mon éviction du CMP (réunions, dactylographie de rapports, photocopies, etc.) Ce à quoi il convient d'ajouter le parasitage de mon temps personnel par ces histoires, le temps passé à rédiger ce rapport, et les incidences sur ma santé (stress, migraines, arrêts maladie).
II serait édifiant d'en évaluer le coût en termes de dépenses d'argent public et d'en faire part à nos gestionnaires. Dans la mesure où cette structure de relation engendre un parasitage du travail, une destruction des individus: perte du sens éthique, inversion des notions de permis et d'interdit, perversion du rapport à la loi, perte du respect de la personne, etc., chez les gens qui l'impulsent, et des conséquences pathologiques physiques et psychiques chez les gens qui la subissent, elle est incompatible avec un contexte thérapeutique. Elle est dépourvue de légitimité dans le cadre d'un Etat de droit.
Elle enferme les individus qui y participent dans une problématique de culpabilité créée de toute pièce, autrement dit dans un processus pathologique dont nous sommes censés aider les patients à sortir. Elle me parait incompatible avec des objectifs soignants réels.
c) Bases du contrat de travail:
Avant mon embauche au CMP, je me suis présentée en 2004 quelques semaines avant le mois de juillet, faisant alors des demandes dans plusieurs établissements et dans plusieurs secteurs. J'ai eu à cette occasion un premier entretien, où la personne qui m'a reçue m'a conseillé d'envoyer ma candidature à la direction, ce que j'ai fait.
Sans réponse à cet envoi, j'ai commencé à travailler en intérim quand j'ai eu un jour un appel téléphonique de Mme BO. me disant que j'étais inscrite sur les plannings du CMP sans en avoir été informée et qui me proposait un entretien en urgence, qui eut lieu le soir même. Lors de cet entretien, elle m'a proposé un poste au CMP de C., établissant ma résidence administrative dans cette ville, poste à temps plein, ce qui impliquait pour moi que le travail que je fournirais serait proportionnel au temps pour lequel je serais payée.
I1 n'a pas été question alors de possibilité de mutation à l'hôpital de CL. J'ai été embauchée pour m'occuper des patients, et sur la base de la documentation que j'avais fournie sur mon travail antérieur.
II ne m'a nullement été dit que je travaillerais le quart de mon temps de travail, que je devrais supporter des comportements sanctionnés par les articles suivant:
* Du code du travail:
Art. L122-49: " Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa .santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.
"Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle , de mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi ou refusé de .subir les agissements définis à l 'alinéa précédent ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir relatés.
" Toute rupture du contrat de travail qui en résulterait, toute disposition ou tout acte contraire est nul de plein droit."
Art. L 122-S0: "Est passible d'une sanction disciplinaire tout salarié ayant procédé aux agissements définis à l'article L122-49 ".
Art. L 122-5I: "Il appartient au chef d'entreprise de prendre toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements visés à l'article L 122-49".
Art. L.122-52: " En cas de litige relatif à l'application des articles L 122-46 et L 122-49, le salarié concerné présente des éléments de fait laissant supposer l'existence d'un harcèlement. Au vu de ces éléments il incombe à la partie défenderesse de prouver que ses agissements ne sont pas constitutifs d'un tel harcèlement et que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement. Le Juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles".
* Du code pénal :
Art. 222-33-2: " Le fait de harceler autrui par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende."
Le document que j'ai ensuite reçu après avoir commencé à travailler, mentionne mon embauche "au secteur Nord", qui comprend plusieurs services: les CMP et l'hôpital de CL, ce qui implique que je peux également être amenée à travailler dans d'autres structures que celle de C., ce qui n'était pas précisé au départ. En revanche, j'ai reçu un document relatif à ma résidence administrative à C.. Or. si je me base sur les conditions de travail de mes collègues en résidence administrative a La Charité et travaillant à C., leur temps de route est inclus dans leur temps de travail. J'en déduis donc qu'il en est de même pour moi, ce point ne m'ayant pas été précisé.
Autrement dit, le document que j'ai reçu n'est pas similaire aux conditions de travail qui m'ont été présentées verbalement et sur la base desquelles j'ai accepté cet emploi.
En outre, il ne s'agit pas d'un contrat de travail à proprement dit. précisant les bases de mon embauches, obligations, etc., signé de moi même et de mon employeur: je n'ai rien signé ni reçu de tel. Ce qui veut dire que ces bases n'ont pas été clairement précisées au départ.
En d'autres termes, il ne s'agit pas ici d'un contrat établi sur des bases claires et évidentes, similaires pour les deux parties et agrées par elles. mais sur des bases non explicites, qui s'exercent à mon détriment Le terme généralement utilisé pour désigner ce genre d'opération est "marché de dupes".
Pour ce qui est de mes lacunes, je reconnais tout à fait qu'il existe un décalage entre ma formation, qui date de 1978, et la formation actuelle, et la nécessité de me remettre à jour en ce qui concerne les noms de médicaments.
C'est pourquoi, si vous considérez de votre côté que mon travail durant ces trois mois n'a pas été à la hauteur de vos espérances, considérant que le contrat qui nous lie repose sur un malentendu, nous pouvons y mettre un terme, ainsi qu'aux obligations qui nous lient respectivement, sans préjudice pour aucune des parties.
Si vous souhaitez continuer à travailler avec moi et que nous arrivons à un accord concernant la prise en compte de ma résidence administrative à C. et l'inclusion de mon temps de route sur mon temps de travail, conformément à ce qui m'avait été dit au départ, j'accepterai alors la mutation que vous me proposez.
Recevez, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
Copies adressées à:
Monsieur I, directeur par intérim,
Monsieur le Dr B., chef de service,
Monsieur G, DRH,
Monsieur le Dr B, médecin du travail.
Isabelle BAUDRON
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