27 f�vrier 2006
Note du webmestre :
Extrait de Les Jeux hors du temps

(...)
J'ai m�me viol� la r�gle la plus �l�mentaire pour un journaliste lors d'un �v�nement sportif. Une r�gle qu'on �nonce la plupart du temps en anglais : No cheering in the press box. Pas d'encouragements sur la tribune de presse.
C'�tait samedi. Vingt-quatre heures avant la fin des Jeux. Mon plus beau moment, celui que j'�voquerai encore quand, dans mes vieux jours, on me demandera de raconter mes premiers Jeux olympiques: la victoire de Clara Hughes dans le 5000m longue piste.
Mon plus beau moment, parce que c'�tait la course que j'attendais depuis le d�but des Jeux. J'avais parl� � Hughes avant de venir � Turin et sa d�termination � r�ussir la plus belle course de sa vie �tait palpable.
Cette fille-l� est une vraie. Elle n'avait rien, absolument rien laiss� au hasard depuis quatre ans pour arriver en Italie au sommet de sa forme et laisser sur l'anneau de l'Oval Lingotto jusqu'� la derni�re parcelle de ses �nergies.
C'est ce qu'elle a fait. Elle nous a offert un spectacle grandiose, avalant les secondes dans le dernier tour de piste pour triompher d'une triple championne olympique, Claudia Pechstein, et de la Canadienne la plus m�daill�e de l'histoire des Jeux, Cindy Klassen.
Elle l'a fait dans la souffrance, dans une asc�se que le pauvre mortel que je suis peine � imaginer. Toute cette souffrance dans un seul but: celui de savoir qu'elle s'�tait rendue au bout de ses capacit�s, qu'elle avait repouss� la limite de ses limites. Il y a quelque chose d'� la fois fou et admirable dans une telle persistance. Quelque chose d'�mouvant.
L'image que je garderai de ces Jeux, c'est celle de Clara, �tendue de tout son long au bord de la piste apr�s sa victoire, le corps secou� de sanglots. Des sanglots d'une joie pure, inalt�rable.
Si l'olympisme a besoin de mod�les, il ne pourra en trouver de plus beau.
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