11 février 2006
Clara Hughes est l'une des plus grandes, sinon la plus grande, olympienne canadienne
Le grand drame de Clara Hughes, c'est qu'elle ne passe pas assez de temps au Québec.

La patineuse de 33 ans a beau être native de Winnipeg et s'entraîner à Calgary, son port d'attache est sa maison de Glen Sutton, dans les Cantons-de-l'Est. Une maison d'où cette ancienne championne cycliste peut partir en longues randonnées à vélo - mais où, entraînement oblige, elle n'a pas mis les pieds depuis le mois d'août.
« C'est le meilleur endroit pour faire du vélo, au Canada, s'extasie-t-elle. C'est incroyable d'avoir de telles balades à côté de chez soi. Le plus grand sacrifice auquel me force ma carrière d'athlète, c'est de ne pas pouvoir vivre là où j'en ai envie la plupart du temps. »
Clara Hughes se sacrifie toutefois pour une bonne cause. À Turin, l'or est à sa portée en patinage de vitesse longue piste, entre autres au 5000 m, épreuve qu'elle a remportée lors de la Coupe du monde d'Heerenven, aux Pays Bas, en décembre. Hughes participera aussi au 1500 et au 3000 m et à la poursuite par équipe, en compagnie notamment de l'athlète de l'année au Canada en 2005, Cindy Klassen, qui sera l'une de ses principales rivales dans les épreuves individuelles.
Clara Hughes est l'une des plus grandes, sinon la plus grande, olympienne canadienne de l'histoire. Double médaillée de bronze en cyclisme aux Jeux d'Atlanta, elle est devenue en 2002 la deuxième femme et la quatrième athlète, toutes nations confondues, à monter sur le podium aux Jeux d'été et d'hiver, grâce à une médaille de bronze au 5000 m, à Salt Lake City.
Hughes a fait ses débuts en patinage de vitesse à l'âge de 16 ans. Elle a abandonné ce sport au profit du vélo l'année suivante, avant de revenir au patin il y a cinq ans. « Le cyclisme est plus difficile en matières de distance parcourue, de tactique, de chaleur extrême, de vent et d'éléments qu'on ne peut contrôler, explique-t-elle. Mais si tu es en jambes, tu vas botter le cul de tes rivales. En patinage de vitesse, tu peux être au meilleur de ta forme, mais si ta technique n'est pas à point, ta course est terminée. »
Hughes est confiante. L'automne s'est bien déroulé, avec la victoire aux Pays-Bas et une médaille d'argent sur 3000 m à la Coupe du monde de Salt Lake City. « Je suis très satisfaite. C'est la quatrième fois que je passe à travers les préparatifs olympiques, alors je savais ce que j'avais à faire et j'y suis parvenue. »
Ses objectifs à Turin ? « Tout le monde veut gagner, évidemment. Mais je veux connaître une course où je vais donner tout, absolument tout, ce que j'ai sur la piste. C'est ça, mon but. »
Hughes bénéficie du soutien de plusieurs commanditaires, parmi lesquels un avocat de Montréal, Hubert Lacroix, qui l'appuie par l'intermédiaire de la Fondation de l'athlète d'excellence du Québec. « C'est intéressant de vivre au Québec, dit Hughes. L'attitude envers le sport est tellement différente. L'intérêt qu'on lui porte est plus authentique. Dans les Cantons-de-l'Est, tout le monde semble content que je les représente partout dans le monde. C'est la première fois de ma carrière que je sens que ce que je fais est acceptable. Personne ne me demande quel est mon vrai travail. Les gens comprennent que mon métier, c'est le sport. »
une page mise en ligne par SVP
Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive