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Le tissage des tapis persans
Depuis la venue de l'�tre humain qui, � l'�ge de pierre, se v�tait de peaux et de fourrures animales, ce n'�tait qu'une question de temps avant que la laine ne soit obtenue par tonte et utilis�e aux m�mes fins. Il est probable que survint ensuite une forme rudimentaire de tissage usant de fibres tress�es dispos�es l'une � c�t� de l'autre et auxquelles s'entrecroisaient, perpendiculairement, d'autres fibres tress�es similaires. Ce n'est que plus tard que fut utilis� le noeud. Les tapis persans d'aujourd'hui sont toujours tiss�s � partir d'une technique vieille de pr�s de 3 000 ans o� le tissage et le noeud sont �galement employ�s. Des rang�es de noeuds de soie ou de laine sont ainsi attach�s � une trame g�n�ralement faite de coton. Et ce sont ces rang�es de noeuds qui constituent les poils d'un tapis persan. Les tapis Kelim sont eux fabriqu�s � partir de m�thodes plus simples et de techniques plus anciennes. Un kelim est un tapis sans noeud et ses poils sont en g�n�ral constitu�s de laine ou d'un m�lange de laine et de poils de ch�vres. Un kelim est un tapis qui peut �tre tourn� et il est si mince qu'il est souvent utilis� comme couvre-sol ou encore suspendu au mur. Il existe deux noeuds de base qui sont utilis�s dans la confection des tapis persans : il y a d'une part le noeud ghiordes ou turque, sym�trique, et le senneh ou noeud perse, qui lui est asym�trique. Le noeud turque est plus robuste que le noeud perse, mais il produit en contrepartie un tissage moins d�licat.
Le noeud turque est fort r�pandu parmi les villages (noeuds typiques aux gabehs), alors que le noeud persan, � quelques exceptions pr�s, est lui plut�t utilis� pour le tissage des tapis r�alis�s dans les villes. Les m�tiers � tisser horizontaux, toujours utilis�s dans la plupart des villages, proviennent des vieilles traditions nomades. Les tapis faits sur ces m�tiers sont davantage "grossiers", ce sans que leur beaut� ou leur long�vit� ne soient affect�es. Ce m�tier � tisser est portatif et peut facilement se d�monter, une n�cessit� � l'�poque o� les nomades devaient se d�placer lors des transhumances de leurs troupeaux. Portatif, sa dimension est restreinte, ce qui limite par le fait m�me la largeur maximale des tapis qu'on peut y produire (largeur maximale de 140 � 160 centim�tres). Un tissage beaucoup plus d�licat est possible avec l'emploi de m�tiers � tisser verticaux. Le tisserand requiert peu d'outils pour effectuer son travail : un couteau pour couper le fil une fois le noeud fait; un peigne de m�tal afin de placer et de serrer chaque rang�e de trame et de noeuds; et enfin une paire de grands ciseaux pour r�aliser les coupes finales une fois le tapis enlev� du m�tier. Cet art du tissage, de la m�me fa�on qu'il en est pour la teinture des fibres, est toujours pass� de g�n�ration en g�n�ration, chaque famille de tisserands ayant d�velopp� au fil des d�cennies sa propre technique. Si l'emploi d'enfants est chose possible dans plusieurs pays producteurs de tapis orientaux, cela est strictement interdit en Iran.
Lorsque le tissage des tapis est r�alis� dans de grandes entreprises, celui-ci est sous la supervision d'un ma�tre-tisserand qui conna�t par coeur tous les agencements possibles de couleurs et de motifs et c'est lui qui guide la confection de chacun d'entre eux en chantant � chaque �quipe ce qui doit �tre fait. Si seuls les adultes tissent en Iran, en Turquie et chez les nomades qui sillonnent toujours le Caucase, ce travail est tout d'abord effectu� par des hommes en Chine, en Inde et au Pakistan, les femmes et les enfants �tant mis � contribution pour r�aliser les derni�res retouches.
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