Florence LaBadie
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Avertissement de l'auteur: Je ne revendique pas la véracité de tous les faits rassemblés sur cette page. Entre la rareté extrême des sources fiables et les délires de Charles Foster, il m'est encore presque impossible de faire la part du vrai et du faux. Je vais continuer mes recherches... Dans les années 1910, l'une des plus grandes stars du cinéma est Florence LaBadie. Née Florence Russ le 27 avril 1988 à New York, elle est adoptée par un couple de Montréal, Joseph et Amanda LaBadie. Les LaBadie appartiennent à la haute bourgeoisie et Florence fait ses études dans un couvent. Enfant prodige, elle parle couramment très tôt le français, l'anglais et l'allemand, joue du piano et chante à ravir. Après le décès de monsieur LaBadie qui leur a laissé assez d'argent pour vivre confortablement, sa femme et sa fille s'installent à New York afin que Florence devienne actrice au théâtre. Pour commencer, elle devient le modèle de prédilection de Penrhyn Stanlaws, un artiste commercial très connu à cette époque. Un peu plus tard, soit en 1908, la jeune femme se joint à la troupe du réputé Chancey Olcott et part en tournée avec elle. En 1910, elle fait ses débuts sur les planches de New York avec un petit rôle dans The Blue Bird. La même année, Florence signe un contrat avec la Biograph qui est à l'époque le studio le plus important de New York. Elle comprend très vite qu'avec des vedettes comme Mary Pickford et Florence Lawrence, la Biograph ne peut lui donner que les miettes dédaignées par ces deux comédiennes. Quand, en 1911, un employé de la Biograph se joint à la Thanhouser, une nouvelle maison de production située à New Rochelle dans le New Jersey, Florence le suit. Elle devient vite la plus grande star de la compagnie et tourne dans des dizaines de courts-métrages. Casse-cou de nature, elle fait ses propres cascades avec plaisir et adore conduire son automobile à tombeau ouvert. Cette passion de la vitesse entraînera sa perte: en octobre 1917, elle meurt de septicémie quelques semaines après un accident de voiture. Florence n'avait que 29 ans... Plusieurs célébrités et de nombreux fans assistent aux obsèques. Florence LaBadie avait été fiancée deux fois: d'abord à Val Hush, vendeur de voitures et comédien; ensuite à Daniel Carson Goodman, un scénariste. Goodman était le passager de l'automobile lors de l'accident, mais il s'en était tiré avec des blessures mineures. À l'époque du décès de sa plus grande star, la Thanhouser n'existait déjà plus depuis quelques mois. |
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Dans le livre Stardust and Shadows, Canadians in Early Hollywood, l'auteur Charles Foster consacre un chapitre à Florence LaBadie. Certaines des choses qu'il raconte sont difficiles à croire: d'après lui, Florence aurait eu une liaison avec le président Woodrow Wilson, et un petit garçon né en 1915. L'existence de cet enfant aurait été gardée secrète par toutes les parties concernées. Un vieillard, qui était apprenti reporter en 1917, aurait raconté à Foster que les freins de l'automobile de Florence avaient été sciés... Après l'accident, qui se serait d'après Foster produit en avril 1917 plutôt qu'en août 1917 comme le disent plusieurs sources (avec un mystérieux passager qui aurait sauté de la voiture en marche), Florence et sa mère auraient disparu, leur belle demeure laissée à l'abandon... Les obsèques de Florence à New York se seraient passées dans la plus stricte intimité, sa mère était absente et aucun des amis célèbres de Florence n'était présent. Foster écrit qu'il n'a pas été capable de découvrir ce que madame LaBadie était devenue après la mort de sa fille. Dans l'épilogue de son livre, Foster affirme qu'il a découvert la vérité sur la mort de Florence quelques années avant la rédaction de son ouvrage et que c'était d'une telle énormité qu'il s'est senti obligé de tout garder pour lui... Vrai: l'accident fut causé par des freins défectueux. Vrai: pendant les dernières semaines de sa vie, Florence résidait dans un hôtel new-yorkais plutôt que dans sa belle maison en banlieue de New York. Sans doute pour être plus près de l'hôpital où elle était soignée. Des contradictions avec la biographie sur le site de la Thanhouser: d'après le site, le prénom de la mère de Florence était Amanda. D'après Foster, elle s'appelait Hélène. Le site: le père de Florence avait peut-être été avocat. Foster: monsieur LaBadie était un banquier très en vue à Montréal et comptait le futur président américain Woodrow Wilson parmi ses meilleurs amis. Gouverneur du New Jersey avant d'être élu président, Wilson, amoureux fou de Florence, se sert de son pouvoir (par exemple, il refuse à la Thanhouser des permis pour tourner en extérieurs) pour harceler la jeune actrice dont l'aversion pour lui grandit de jour en jour. Après des vacances de Noël à la Maison Blanche en 1914, Florence "n'est plus la même" et prend un congé de plusieurs mois. Gros bémol: la photo en frontispice du chapitre que Foster consacre à Florence est celle de... Fay Wray dans The Wedding March, un film de 1926. Il n'y a pas de bibliographie dans le livre de Charles Foster. Presque toutes ses sources sont des interviews que des grands du cinéma muet lui ont accordées, il serait même devenu l'ami intime de plusieurs d'entre eux: Mary Pickford, Norma Shearer, Allan Dwan (réalisateur), Sidney Olcott (comédien et réalisateur) et son épouse, Valentine Grant, Mack Sennett, Marshall Neilan (réalisateur), etc. On lui aurait confié des secrets en tête-à-tête que Foster est le premier à divulguer au grand public, et ses révélations fracassantes ne peuvent que susciter la controverse... ou le complet scepticisme, surtout au regard des nombreuses erreurs qui parsèment son livre. On peut trouver une assez longue biographie de Florence LaBadie sur cette page Web. Les autres sources: The All Movie Guide. The Internet Movie Database. Stardust and Shadows, Canadians in Early Hollywood de Charles Foster, Dundurn Press 2000. | |

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