ZOOLANDER
Cast: Ben Stiller, Owen Wilson, Christine Taylor, Will Ferrell, Jerry Stiller
Année: 2001
Studio: Paramount
Longueur: 91 minutes
Classé Général

Ce qui distingue les grands comiques des prétendants, c'est en énorme partie le "timing". Ben Stiller possède ce fameux timing, et ça fait de lui un des acteurs les plus drôles travaillant aujourd'hui. Il a bâti le plus gros de sa carrière sur des rôles de gars ordinaires à qui la chance ne sourit pas. Que ce soit dans la peau d'un désespéré amoureux dans There's Something About Mary ou dans celle d'un gendre rejeté de sa belle-famille dans Meet the Parents, il a eu l'habitude de jouer avec brillot un personnage que l'on aimait tout en riant des humiliations dont il était victime.

Avec Zoolander (même titre en v.f.), Stiller essaye quelque chose de nouveau: il crée un héros absurde, exagéré et complètement différent. Son nom est Derek Zoolander, et il est mannequin masculin professionel. Encore mieux que cela, il est le meilleur au monde. Il se dirgie justement vers son 4ème titre consécutif de Mannequin Masculin de l'Année lorsqu'il est détrôné par un nouveau concurrant, Hansell (Owen Wilson). Cela ne marque que le début des ennuis pour Zoolander, qui vite après cette défaite, se voit entraîné malgré lui dans un plan élaboré qui le poussera ultimement à assassiner le premier ministre de Malaisie. Ça vous paraît con? Eh bien ça l'est. Autant que c'est drôle.

Une des plus grandes qualités de Stiller réside justement dans sa capacité à faire passer des stupidités de façon réussie. Mettez le concept de Zoolander dans les mains de Tom Green ou de l'équipe entière derrière Dude, Where's my Car?, et on se retrouve fort possiblement avec le pire film de l'année. Mais à la commande de Stiller (qui assure également la réalisation et la co-production), Zoolander figure parmi les comédies les plus divertissantes de l'année. Et c'est fondamentalement grâce au concept même du personnage principal (qui date des Vogue Fashion Awards de 1996, où Stiller l'avait introduit dans un court sketch) que ça fonctionne aussi bien. Derek Zoolander n'est pas simplement un autre perdant. Il est un perdant avec de l'attitude. Il fait preuve d'orgueil, de fierté et de prétention, et c'est ce qui rajoute une "complexité" spéciale. La seule chose de plus drôle que quelqu'un de ridiculement pathétique est quelqu'un de ridiculement pathétique se prenant au sérieux. Stiller le saisit bien, et il utilise cela à des fins hilarantes dans Zoolander. Quelques unes des premières séquences du film, notamment l'introduction de Derek en entrevue et le gala des VH1 Awards, utilisent cette idée et elles font partie des moments les plus drôles que l'on aie pu voir sur nos écrans en 2001.

Zoolander a aussi permis à Stiller de travailler avec plusieurs de ses proches: il partage une superbe chimie avec Owen Wilson, un de ses grands amis dans la vie, en plus de donner la réplique à sa femme (Christine Taylor) et à son père (Jerry Stiller). Le grand nombre de célébrités ayant accepté des caméos les uns plus drôles que les autres (notons Cuba Gooding Jr., Billy Zane et particulièrement Winona Ryder) montre également à quel point le comédien est apprécié dans son milieu. Et ça se comprend. Il excelle à ce qu'il fait: il nous arrache de la monotonie de tous les sitcoms banaux et les comédies sans inspiration, et nous sert des productions remarquablement satisfaisantes.

Zoolander n'est pas toujours drôle, et ne se dirige pas vers le statut de classique du cinéma, mais pour un sketch étiré en long-métrage d'une heure et demie, ça change les idées et fait rire un bon coup. --RJ

 

Cote: B+

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