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| WONDER BOYS |
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| Cast: Michael Douglas, Tobey Maguire, Robert Downey Jr., Frances McDormand, Katie Holmes |
| Année:
2000 |
| Studio: Paramount |
| Longueur: 112 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
#8 - Top 10 de 2000
La vanité. Je ne crois pas qu'il y ait eu deux vedettes de Hollywood en ayant mieux démontré la signification cette année que John Travolta et Michael Douglas. Le premier pour son infâme Battlefield Earth dans lequel il a tenté de montrer à quel point lui et l'Église de Scientologie dont il fait partie étaient importants. Et puis dans le second cas, eh bien on a droit à un acteur catalogué pour un type très clair de personnage qui s'abandonne sans la moindre dose d'orgueil ou de prétention pour incarner un personnage aussi intéressant que celui de Graddy Tripp dans Wonder Boys (Des Garçons Épatants en v.f.). Il se fait intéressant de remarquer que la vanité a plus ou moins détruite la réputation d'un acteur, alors que son absence complète a fait grimper le prestige de l'autre.
Et Douglas aurait tellement eu tort de décliner le rôle de Grady, un professeur d'université d'une cinquantaine d'année. qui, après avoir écrit un roman à grand succès, vit le syndrôme de la page blanche en même temps qu'une crise de vie. Wonder Boys explore un week-end pivotant dans la vie du héros, ainsi que ses relations avec son éditeur venu en ville (Robert Downey Jr.), sa maîtresse (Frances McDormand) et deux de ses étudiants, Hannah (Katie Holmes) et particulièrement James (Tobey Maguire).
Le scénario complexe et brillant (de Steve Kloves qui a adapté le roman de Michael Chabon) d'ailleurs surtout sur les liens spéciaux qui se créent entre deux hommes spéciaux, Grady et James, tous deux étant en fait deux "wonder boys", l'un dans le passé, l'autre dans un futur rapproché. James pourrait être voué à un brillant avenir, possédant un talent indéniable, mais, tout comme son mentor, il est quelque peu confus et perdu. Et là réside majoritairement l'âme de Wonder Boys, elle s'avère profonde. Grady n'est pas un simple perdant cliché dont la vie est une suite de gaffes, mais plutôt un homme de bonne nature que la vie a amoché à certains endroits et qui tente désespérément de faire les choses correctes pour lui et pour les autres. Michael Douglas parvient à bien rendre cela, donnant rien de moins que l'une des meilleures performances de sa brillante carrière. Tobey Maguire s'avère tout aussi parfait, révélant une fois de plus des facettes encore cachées d'un grand talent d'acteur. Maguire rend James le personnage le plus mystérieux et captivant du film, et en même temps le plus étrange et incompréhensible, avec la façon subtile dont il utilise sa voix pour donner ses répliques. Tout comme Grady, James n'est pas un simple "weirdo"; il possède plusieurs façettes et est à l'intérieur très riche.
Le reste de la distribution étoile remplit son mandat plus complexe que dans la majorité des productions de cette année offrant des rôles de soutien ressemblant davantage à des décorations qu'à des éléments alimentant le récit. Frances McDormand et Katie Holmes réussissent à aller chercher un côté doux et essentiel à Graddy (et du même coup Douglas), alors que Robert Downey Jr. nous montre encore comment il gâche avec ses problèmes de drogue une carrière qui aurait pu être si grande. Son personnage ne possède peut-être pas énormément de temps à l'écran, mais il réussit certainement à amuser et à servir de complément effectif à l'histoire.
Wonder Boys est l'un de ces films où virtuellement tout fonctionne. On a à la base un scénario captivant et habilement structuré, une réalisation de Curtis Hanson (L.A. Confidential) compréhensive et efficace, une photographie remarquable (par le collaborateur habituel de Hanson, Dante Spinotti) et des acteurs tous au sommet de leur art. Et en somme une excellente chanson originale de Bob Dylan ("Things Have Changed") donnant un rythme à elle-seule aux génériques de début et de fin. Comment tout cela peut donner quoique ce soit d'autre que l'un des meilleurs films de l'année? Même un véritable wonder boy ne saurait y répondre.
Cote: A-
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