
|
| SPY GAME |
 |
| Cast:
Robert Redford, Brad Pitt, Catherine McCormack, Stephen Dillane
|
| Année:
2001 |
| Studio: Universal |
| Longueur: 125 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
Robert Redford et Brad Pitt. Les deux Golden Boys de Hollywood. L'un à son apogée, l'autre en fin de parcours. Finalement réunis dans Spy Game (Jeux d'Espionnage en v.f.), Redford et Pitt forment ensemble un duo en lequel toutes les femmes de générations différentes s'intéresseront! Mais question d'également attirer un public masculin, on a fait de leur première collaboration un film, sans se vouloir sexiste, à intérêt probablement plus masculin.
Cet intérêt masculin vient surtout de l'histoire de Spy Game et de son style énergétique. L'histoire en question? Celle de Nathan Muir (Redford), un agent de la CIA en Chine qui, à sa dernière journée avant la retraite (et oui, le cliché inévitable), apprend que son protégé, Tom Bishop (Pitt) a été capturé dans une prison à sécurité maximum, aussi en Chine, et sera exécuté le lendemain matin à 8h pour espionnage. Muir décide alors, malgré les volontés contraires de ses patrons, de tenter le tout pour le sauver. Spy Game ne relate non pas surtout de cet opération, mais plutôt de la relation qui a été formée entre les deux hommes et des boulots qu'ils ont fait ensemble. On rajoute aussi un intérêt amoureux en milieu de parcours (Catherine McCormack), mais ne bénéfécie que d'une infime fraction de la couverture accordée aux deux vedettes.
Et ça se comprend. Redford et Pitt constituent l'intérêt de la production. Spy Game ne possède pas un très bon scénario, et n'apporte rien de très créatif ou de particulièrement stressant. L'histoire est effectivement plutôt mal construite. le lien tissé entre Muir et Bishop n'approche même pas le niveau des meilleures relations présentées dans d'autres récits du genre. Ils se rencontrent, le vieux forme le jeune (beaucoup trop vite), et ils effectuent des opérations la plupart du temps sans but précis et surtout sans connection entre elles. À la base, toutes ces minutes (et la majorité des flashbacks) servent uniquement à remplir le temps. On ne profite jamais de ces retours dans le passer pour montrer pourquoi Bishop est si bon à son métier, pourquoi le lien entre lui et Nathan est vraiment si fort, ou simplement pour prendre deux petites minutes pour laisser deux personnages s'asseoir devant un café et discuter calmement.
Ce dernier reproche s'adresse également au réalisateur Tony Scott qui, comme l'a si éloquemment critiqué une journaliste de CNN, tourne chaque scène de Spy Game comme si on assistait au lancement d'un missile nucléaire. Et c'est vrai. Il reprend beaucoup la technique visuelle spectaculaire employée dans son effort précédent, l'excellent Enemy of the State, mais à un moment donné, ça en est simplement trop. Scott veut non seulement trop en mettre, mais c'est également impertinent et agaçant. Dans Enemy of the State, les coupures d'images rapides et le rythme effrainé fonctionnait à merveille parce que cela servait le film. C'était en rapport direct, alors que ce n'est pas le cas de Spy Game. Oui, ça nous empêche de regarder notre montre par ennui, mais ça nous épuise et nous exaspère également.
Les quelques scènes de flashbacks dont je me plaignais ne me dérangent parce qu'elles sont vraiment mauvaises, mais plutôt parce qu'elles ne contribuent pas au succès du film comme l'auraient fait davantage de séquences au jour présent. Dans la période actuelle, on ne voit que Redford opérer; on se contente uniquement pour Pitt de lui donner la scène d'ouverture et quelques images très rapides de lui en train de se faire tabasser après sa capture. Pourquoi ne pas mettre en scène des interrogatoires, par exemple? Scott a montré son expertise dans le domaine, réalisant probablement la meilleure interrogation que j'aie vu au grand écran dans ma vie, celle de Dennis Hopper par Christopher Walken dans True Romance en '93. Ce genre d'omission s'avère difficile à pardonner, spécialement compte tenu du talent de Scott et de la puissance supérieure de Pitt comme acteur présentement.
Les reproches s'arrêtent toutefois là. Parce que Spy Game divertit indéniablement pendant un peu plus de deux heures. Parce que l'union de Pitt et Redford constitue un moment unique du cinéma, et que c'est une joie de les voir évoluer ensemble. Parce que le film aborde, spécialement dans cette période suivant les attentats terroristes du 11 septembre dernier, des sujets brûlants d'actualité et d'importance, spécialement concernant les politiques étrangères. Parce que le film absorbe le spectateur dès ses premiers instants et ne laisse pas tomber, et même parce qu'il possède une simple et belle histoire de loyauté et d'amitié.
Mais tout cela, on n'y pense très peu. Car ce que l'on veut voir, on le voit, et on ne risque pas de le revoir. Robert et Brad ensemble. --RJ
Cote: B
Retour
|