SNOW FALLING ON CEDARS
Cast: Ethan Hawke, Youki Kudow, James Cromwell, James Rebhorn, Sam Shepard, Max Von Sydow
Année: 1999
Studio: Universal
Longueur: 127 minutes
Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants

Il suffit d'un seul très gros succès de la part d'un réalisateur pour que tout le monde veuille travailler avec lui. C'est ce qui est arrivé à Scott Hicks qui, trois ans après son petit drame acclamé - et sur-évalué - Shine, sorti de nulle part, s'est entouré d'artistes connus et réputés à travers l'industrie cinématographique. Pour suivre Shine, Hicks a décidé d'adapter le best-seller de David Guterson intitulé Snow Falling on Cedars (La Neige Tombait sur les Cèdres en v.f.). Après avoir lui même écrit le scénario (avec Ron Bass, lauréat d'un Oscar pour le script de Rain Man il y a 10 ans), Hicks a donc eu la chance d'être solidement épaulé pour la production du film.

En premier lieu, Ethan Hawke, un acteur qui ne cesse d'impressionner par ses choix de projets risqués, s'est amparé du rôle principal d'Ishmael Chambers, un reporter d'une petite ville de l'état de Washington dans les années '40. Ishmael a vécu un amour intense dans sa jeunesse avec Hatsue (Youki Kudow), une fille d'origine japonaise, et la passion ne semble toujours pas s'être dissippée, malgré le fait qu'elle l'ait quitté pour se marier avec un homme de sa race. Cet homme se voit toutefois un jour accusé de meurtre, et Ishmael, possédant possiblement des informations-clés pouvant prouver son innocence, se voit confronté à un énorme dilemme.

Se sont joints à Hawke dans la distribution de soutien des vétérans acteurs toujours en grande forme, soit James Cromwell (dans le rôle du juge), James Rebhorn (dans celui du procureur), Sam Shepard (incarnant le père d'Ishmael) et Max Von Sydow (jouant un avocat sage). Mais si tous ces acteurs s'avèrent solides, on retient davantage de Snow Falling on Cedars les accomplissements remarquables des gens derrière la caméra. La première louange doit aller à Robert Richardson, un des meilleurs directeurs photo de notre époque (on lui doit les images de presque tous les films d'Oliver Stone, dont JFK et Platoon), qui se sert de ses lentilles de caméra comme de véritables pinceaux. Richardson, qui s'est justement mérité une nomination aux Oscars pour son travail ici, peint littéralement un monde qui nous semble à la fois myhtique et authentique. Le compositeur James Newton Howard, un autre des meneurs dans son domaine, sait admirablement bien comment agencer son superbe thème musical à la photographie du film. Du début à la fin, musique et image coulent avec magie, nous envoûtant à plus d'une reprise.

Snow Falling on Cedars est en fait si bien fait - je n'ai pas encore fait mention des magnifiques décors - que l'on a parfois presque tendance à perdre le fil de ce qui se dit et se passe dans l'histoire. Pour cela, on peut autant féliciter Hicks que lui reprocher de pas avoir créer une adaptation des plus solides au plan du scénario. Il semble effectivement éprouver à quelques endroits de la difficulté à condenser tous les événements dans la vie d'Ishmael et de la famille japonaise, tout en laissant certains passages peu crédibles (on se trouve en droit de douter que le héros trouverait tout ce qu'il trouve la veille seulement du "gros jour" au procès, alors que ça fait des semaines que des professionnels cherchent). Et Hicks dirige Hawke d'une façon si restreinte que l'acteur, aussi bon puisse-t-il être, semble parfois trop se retenir et ne pas montré assez d'émotion.

Mais ce n'est pas ce dont on se rappelle vraiment après avoir vu Snow Falling on Cedars. C'est un film qui nous absorbe tout comme on l'absorbe, lentement et paisiblement. Scott Hicks vient de faire un pas ici de plus vers la liste des cinéastes les plus courus de Hollywood, en créant une oeuvre d'un niveau artistique splendide. --RJ

 

Cote: B+

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