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| SNATCH |
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| Cast: Jason Statham, Alan Ford, Stephen Graham, Brad Pitt, Dennis Farina, Benicio Del Toro, Vinnie Jones, Robbie Gee, Rade Serbedzija, Lennie james, Adam Fogerty |
Année:
1999 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 114 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence/Langage vulgaire |
Madonna peut se compter chanceuse. Non pas à cause de sa carrière exceptionnelle, de sa beauté passant rarement inaperçue ou pour sa fortune personnelle, mais plutôt parce qu'elle a marié un brillant cinéaste. Guy Ritchie, le cerveau artistique derrière la révélation 1998 Lock, Stock and Two Smoking Barrels, prouve avec sa dernière oeuvre Snatch (même titre en v.f.) qu'il possède vraiment un profond talent pour raconter ce type d'histoire. Quel type d'histoire? Le même genre que le génie de Quentin Tarantino a si bien développé depuis le début des années '90, avec les phénomènes de Reservoir Dogs, True Romance, Pulp Fiction et Jackie Brown: des mini-sagas criminelles, constituées d'un ensemble de personnages colorés se battant pour la fortune. Et ce, toujours avec une touche humoristique noire.
Si Snatch ressemble à ces titres précédents, ses deux plus proches comparaisons viennent de Pulp Fiction et de Lock, Stock and Two Smoking Barrels. Comme dans Pulp Fiction, les personnages sont à la recherche d'une mallette (contenant ici un diamant de 84 carrats), et pour compliquer les choses, un boxeur trompe tout le monde en ne se couchant pas lors d'un combat truqué. Pareillement au classique de Tarantino, ce boxeur est joué par la plus plus grosse star du film (Bruce Willis dans Fiction, Brad Pitt dans Snatch), et il s'avère plus brillant qu'il semble. Puis comme dans Lock, Stock, les autres bandits britanniques se font avoir et se trahissent l'un l'autre, et Ritchie filme le tout de manière très "MTV" (son passé dans le monde des vidéoclips paraît énormément). La narration du récit plutôt complexe est effectuée par Turkish (Jason Statham), pour qui les choses se compliquent plutôt vite. Je ne veux pas trop m'avancer en détail dans le synopsis, car le plaisir de Snatch réside justement dans la tentative de prédire et de comprendre ce qui va se dérouler.
Snatch affiche deux défauts relativement majeurs agaçants, et ce sont les deux seuls véritables que j'ai pu observer. Le premier, fort évident et inexplicable: à l'instar du film précédent de Ritchie, l'asbence pratiquement complète de personnages féminins. Et je ne veux pas entendre comme justification que Snatch et Lock, Stock and Two Smoking Barrels sont "des films de gars". Voilà qui différencie Tarantino et le réalisateur brtannique. Le premier a été capable d'insérer avec brillot Uma Thurman, Rosanna Arquette, Pam Grier et Bridget Fonda dans ses deux derniers thrillers, alors que Ritchie, sur une dizaine de personnages, n'en a pas le moindre du sexe opposé. C'est regrettable et inexplicable. Le deuxième point faible: le temps que le film requiert pour que certains de ses "héros" nous intéressent (parmi eux, le trio de Noirs et le Russe). Une fois que Ritchie aura mis réglé ces problèmes, il est certainement capable de produire un chef d'oeuvre de la trempe de Pulp Fiction.
Parce que, ne l'oublions surtout pas, il présente des qualités cinématographiques extraordinaires. Le montage de ses films superbe nous saute au visage avec émerveillement, et nous saisit immédiatement. De plus, sa capacité de donner une énergie particulière et intriguante aux actions se déroulant à l'écran constituent un don inné. Je n'ai qu'à citer l'ouverture et la finale de Snatch, toutes les deux méritantes des plus grands honneurs.
La distribution fiable (Pitt en particulier, souvent hilarant et surprenant) et l'écriture imprévisible et amusante de Ritchie, combinées aux techniques utilisées parfois hallucinantes, font de Snatch un divertissement hors-pairs. À travers toute cette violence, cet humour spécial, ces "méchants" et ce désir uniforme d'enquaisser le paquet se trouve un magnifique petit bijou de film noir - certainement non loin de la qualité d'un diamant. --RJ
Cote: B+
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