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| SIN CITY |
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| Cast: Bruce Willis, Mickey Rourke, Clive Owen, Benicio Del Toro, Rosario Dawson, Alexis Bledel, Jessica Alba, Nick Stahl, Brittany Murphy, Jaime King, Elijah Wood |
| Année:
2005 |
| Studio: Dimension |
| Longueur: 126 minutes |
| Classé 16 ans+ - Violence |
Peu de productions ont créé un univers original, indépendant et claustrophobique comme Sin City (Une Histoire de Sin City en v.f.) le fait. Dire que le film est "basé sur la bande-dessinée de Frank Miller" serait inexact; c'est plutôt une incarnation de la bande-dessinée de Frank Miller. Le réalisateur Robert Rodriguez a tellement insisté à rendre l'oeuvre de Miller à l'écran de la façon la plus identique possible qu'il a engagé l'auteur à ses côtés comme co-réalisateur. Si Miller s'est assuré que les moindres détails de sa série illustrée seraient rendus justes à l'écran, Rodriguez s'est quant à lui occupé de la présentation. Et, en un mot, wow! Il nous donne droit à tout un spectacle!
Rodriguez s'en est donné à coeur joie, et vient de s'affirmer officiellement comme révolutionnaire de l'industrie cinématographique. Ayant tourné la totalité du long-métrage sur "écran vert" dans son studio personel sur son ranch du Texas, il a mis au monde une oeuvre destinée à devenir à la fois un culte classique et une nouvelle référence dans l'avancement technologique. Tout a été tourné en digital, et le film est majoritairement présenté en noir et blanc, à l'exception de certaines images possédant des taches de couleurs (des yeux verts resplandissants ou une robe rouge frappante, par exemple). On se fatiguerait peut-être du truc si Rodriguez n'avait que celui-là dans son chapeau; mais il a fait de Sin City un collage d'images mémorables, trempées dans une atmosphère lugubre, unique et mémorable.
S'il a failli à une seule chose, c'est d'avoir une histoire aussi grandiose que sa façon de la présenter. Sin City prend trois numéros de la bande-dessinée pour racontrer trois histoires parallèles qui sont vraiment à la base plus ou moins la même: des rares hommes vaillants s'occupant de protéger des femmes vulnérables de brutes misogynes. Il y a Marv (Mickey Rourke), qui cherche à venger coûte que coûte le meurtre de sa maîtresse (Jaime King); Dwight (Clive Owen), qui se charge de veiller sur sa nouvelle petite-amie Shellie (Britanny Murphy) ainsi que sur le cercle de prostituées de la ville, menées par Gail (Rosario Dawson); puis, Hartigan (Bruce Willis), un flic honnête mais condamné, qui va puiser tout ce qu'il reste en lui pour protéger une danseuse exotique au coeur d'or, Nancy (Jessica Alba), des griffes d'un pédophile meurtrier (Nick Stahl).
Si les histoires semblent répétitives, force est d'admettre qu'elles le sont quelque peu - tout comme la violence, pratiquement incessante du début à la fin. C'est ce léger manque de fraîcheur au niveau narratif qui empêche de Sin City d'atteindre le niveau de chef-d'oeuvre absolu, comme Pulp Fiction. Car mis à part cette plainte mineure, Sin City n'a que des merveilles à offrir. Les acteurs, qui composent l'une des distributions les plus imposantes des dernières années, offrent tous des performances qui figurent parmi leurs meilleures en carrière. Bruce Willis, trouvant un rôle fait sur mesure pour lui, s'avère franchement brillant, et on regrette que l'histoire de son personnage ne compte que pour le tiers du film. Clive Owen, Benicio Del Toro, Nick Stahl et Elijah Wood s'avèrent parfaits dans des rôles fort différents, alors que les femmes se font par moments carrément éblouissantes, en particulier Jaime King et Jessica Alba. Mais c'est peut-être Mickey Rourke, un "has-been" effectuant un lent retour à la gloire, qui surprend le plus; il est une véritable révélation ici.
Comme avec son dernier film, le très divertissant Once Upon A Time in Mexico, Robert Rodriguez a produit, réalisé, photographié, monté Sin City, en plus d'avoir composé sa musique. En créant un tel bijou, il vient d'entrer dans une ligue à part. Si un grand cinéaste se définit par la possession d'une vision grande et différente, alors Rodriguez est en train de frapper à la porte des maîtres... --RJ
Cote: A-
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