SHADOW OF THE VAMPIRE
Cast: John Malkovich, Willem Dafoe
Année: 2000
Studio: B.T.A.
Longueur: 88 minutes
Classé Général - Déconseillé aux jeunes enfants

Le cinéma américain nous a offert à plus d'une reprise dans les dernières années des répliques physiques fort précises de personnes réelles par des acteurs. Seulement l'an dernier, on a eu droit à des personnifications plus qu'impressionnantes du boxeur Rubin "Hurricane" Carter (par Denzel Washington dans "The Hurricane") et du journaliste de 60 Minutes Mike Wallace (par Christopher Plummer dans "The Insider"), pour ne nommer que ceux-là. Dans "Shadow of the Vampire" ("L'Ombre du Vampire" en v.f.), c'est au tour de Willem Dafoe, l'un des acteurs contemporains les plus sous-évalués, de nous laisser bouche-bée. Il incarne l'acteur des années 1920 Max Schreck qui, lors du tournage du film "Nosferatu" dans lequel il joue un vampire, a terrorrisé l'équipe entière de production...car il était lui-même un vampire.

Ce synopsis constitue en fait une sorte de mythe, de légende urbaine, et le réalisateur E. Elias Merhige sait bien comment l'exploiter. Dirigeant Dafoe à la perfection tout autant que John Malkovich (ce dernier dans le rôle du metteur en scène célèbre F.W. Murnau, Merhige a la bonne idée de comparer les méthodes cinématographiques du début du vingtième siècle avec celles actuelles. Il utilise principalement l'humour pour faire couler son récit, mais ne semble pas toujours à l'aise, laissant toujours une distance froide entre les personnages et le public. S'il se fait amusant de voir les cinéastes de 1921 arriver sur le plateau de tournage habillés en scientifiques et d'admirer Dafoe et toutes ses fantastiques expressions faciales, il n'en n'est malheureusement pas toujours de même pour le reste de "Shadow of the Vampire". En effet, les scènes où Dafoe s'absente ne possèdent pas grand chose pour garder notre intérêt, et la dernière scène du film laisse pour le moins assez amer. Si "Shadow of the Vampire" n'a pas grand chose de révolutionnaire à offrir comme c'était le cas de "Nosferatu", il nous permet au moins de savourer pendant une bonne partie de son contenu un concours d'imitation du plus haut degré par un acteur au sommet de sa forme.

 

Cote: B

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