
|
| RAY |
 |
| Cast:
Jamie Foxx, Kerry Washington, Regina King, Sharron Warren, Harry Lennix
|
| Année:
2004 |
| Studio: Warner Bros. |
| Longueur: 152 minutes |
| Classé 13 ans+ |
À voir une brève bande-annonce ou même les premières secondes de Ray (même titre en v.f.), on a peur d'être mis pendant plus de deux heures et demie devant un comédien tentant désespéremment de jouer les "mimiques" pour gagner du respect - et des prix. La vérité, une fois que l'on a vu le film, c'est que d'une part, ces des heures et demies s'avèrent en fait bien trop longues. Cela étant dit, d'autre part, ce même comédien, Jamie Foxx, ne mimique pas, n'imite pas, ne joue pas; il vit.
Il vit sous la peau de Ray Charles, le légendaire pianiste aveugle décédé cette année. On peut difficilement juger de ce qui est dans les faits le plus impressionnant: l'incarnation parfaite de l'homme jusque dans ses moindres tics et son langage corporel, ou le fait que Foxx aie du y parvenir en gardant les yeux fermés 14 heures par jour. C'est le genre de performance demandant un travail si exigeant et si minutieux que lorsqu'il est brillamment réussi, comme c'est le cas ici, on perçoit mal comment l'Académie pourrait possibler passer par-dessus. Bien qu'il soit encore tôt, je vois franchement mal comment Jamie Foxx pourrait se trouver les mains vides après la cérémonie des Oscars en février prochain.
Il faut toutefois ajouter que Foxx, aussi sublime soit-il, fait parti d'un film, et que ce film dans son ensemble n'est pas même près du niveau de sa prestation. En fait, Jamie Foxx est Ray; non seulement parce qu'il constitue, de loin, ce que le film a à offrir de meilleur, mais surtout parce que le film n'a pas grand chose à offrir à part lui. Le réalisateur, Taylor Hackford, s'était déjà indulgé dans de multiples longueurs dans son documentaire de 1996 When We Were Kings, portant sur un autre grand Afro-Américain du 20ème siècle, Muhammad Ali. Ici, il fait d'une biographie qui aurait pu être captivante en 115 ou 120 minutes un exercice largement trop étiré de 152 minutes. Cela désole, car Hackford et son co-scénariste James L. White parviennent à établir de façon cruciale l'enfance perturbée de Ray Charles, qui a vu son propre frère mourir devant ses yeux avant de perdre la vue seulement quelques mois plus tard, à l'âge de 7 ans. Le plus gros de l'émotion de Ray provient de ces scènes, étalées à travers le récit. Si le film ne réussit pas tout à fait à nous émouvoir autant qu'il ne le voudrait dans son dernier mille, c'est que comme spectateur, on voit précisément ce dernier mille comme la dernière étape d'un marathon trop long. Foxx s'avère spectaculaire du début à la fin, mais il se fait encombrer par des personnages secondaires soit inutiles, soit mal utilisés.
Hackford et White ont le mérite de ne pas avoir "embelli" le portrait de Charles, qui était loin de la perfection (à part son infidélité par rapport à sa femme, il avait un problème d'héroïne). Malgré le fait que sa vie aie été incroyablement inspirante, on demeure toutefois toujours légèrement détaché de ce drame humain gigantesque qu'est la vie de cet homme hors-du-commun, parce que le film fait rarement preuve de la même passion qui a habité l'homme lui en question. --RJ
Cote: B
Retour
|