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| PLANET OF THE APES |
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| Cast: Mark Wahlberg, Helena Bonham Carter, Tim Roth, Michael Clarke Duncan, Estella Warren, Paul Giamatti, Kris Kristofferson
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| Année:
2001 |
| Studio: 20th Century Fox |
| Longueur: 119 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
Quelle déception s'avère Planet of the Apes (La Planète des Singes en v.f.), le nouveau remake du classique de 1968. Personnellement, et comme c'était le cas pour la majorité des cinéphiles autour du globe, c'était le film-événement de l'été 2001. Cela expliquera peut-être le degré extrême de ma déception, mais il demeure indéniable que le nouveau Planet of the Apes n'est pas du tout une grande oeuvre. Le réalisateur, Tim Burton, a rapidement tenu à expliquer que sa version ne se voulait pas semblable, et ne devrait être comparé compte tenu du nombre important d'éléments qu'il a modifié, dont la fin surprise. Je ne comparerai donc pas le nouveau à l'original, si ce n'est que pour dire comment il se trouve inférieur.
Planet of the Apes débute de façon familière à ceux ayant vu le premier: un astronaute s'écrase sur une planète inconnue seulement pour y découvrir que cette dernière est gouvernée par un empire de singes intelligents sachant parler et possédant une véritable société. Cet astronaute se nomme Leo Davidson et, joué par Mark Wahlberg avec son charisme habituel, il ne semble définitivement pas faire partie de la catégorie des gens affichant leurs expressions. Il sert de héros, mais parle très rarement, réagit de façon calme à toute situation, et ne semble trop préoccupé par autre chose que de sauver sa peau de cette misérable situation. Il parvient à s'évader du village où il fait prisonnier grâce à l'aide d'une singe "humaniste" appelée Ari (Helena Bonham Carter). Elle et une jolie femme humaine, Daena (Estella Warren) forment un triangle amoureux avec Leo, mais la relation entre Daena et lui ne va jamais bien loin. Ils ne font que se regarder, comme si nous devions tout de suite accepter le sous-entendu du lien émotif seulement à cause de la convention cinématographique. Du côté des ennemis, le général Thade (Tim Roth) mène son armée de chimpanzés sanguinaires à la recherche des homo-sapiens disparus aux côtés de son adjoint Attar (Michael Clarke Duncan).
Planet of the Apes débute en force et fonctionne prodigieusement bien dans sa première demi-heure pour trois raisons: Burton nous fait (1) aimer les humains et se soucier d'eux, (2) détester les singes à mort et les redoutter, et (3) semer des doutes dans notre esprit quant au dénouement possible du récit. Les trente premières minutes coulent avec merveille, de l'élégant générique accompagné de la musique entraînante de Danny Elfman jusqu'à la fuite des humains. Wahlberg n'a pas besoin d'en faire gros, seule sa présence suffit dans la majorité des cas. Je ne juge plus nécessaire de mentionner à quel point il est parvenu à devenir une vraie star de cinéma, dans le sens classique du terme. Le reste de la riche distribution aide également énormément à nous faire embarquer et à ne pas remettre la crédibilité du film en doute un seul instant. Bonham Carter retient évidemment l'attention, avec son rôle attachant et même parfois touchant, alors que le réputé Tim Roth se fait carrément terrifiant avec son violent personnage. Tout cela dure pour la majorité de la durée, mais les fuites commencent à se faire sentir dans le deuxième acte, et Planet of the Apes éprouve de la difficulté à récupérer par la suite.
Premièrement, et ma grande surprise, il manque d'action! L'équipe entière de Burton, non seulement ses acteurs et son compositeur Elfman, mais aussi ses techniciens, spécialement l'incroyable maquilleur Rick Baker (probablement le meilleur dans l'histoire de son domaine) et le chef décorateur Rick Heinrichs, tous les deux créant un univers spectaculaire accomplit tout un travail, certes. Mais malgré l'ajout d'une petite séquence de suspense en cours de route (alors que les humains doivent traverser un village de singes la nuit), on ne sent presque jamais le moindre niveau d'adrénaline monter dans nos veines, élément essentiel pour le succès du film, étant donné qu'on aie abandonné la profondeure psychologique de la version de 1968. Burton paraît insécure quant à la dimension qu'il veut vraiment exploiter. Il offre quelques métaphores intéressantes (dont le racisme et la domination excessive humaine), mais ne pousse jamais loin de ce côté. Il donne de petites touches d'humour ici et là (dont une réplique exquise de Wahlberg, alors qu'il tente de faire taire une dispute entre Ari et Daena: "La ferme! Et ça s'applique à toutes les espèces!"), sans en faire une vraie satire. Il met finalement la table pour un combat de titans vers la fin entre hommes et singes, sans jamais la rendre vraiment violente (pour attirer un jeune public) et ainsi donc vraiment réaliste comme la mémorable scène d'ouverture de Gladiator. Il semble désirer faire de son Planet of the Apes une production mêlant un peu de tout, mais ne s'avère pas tout à fait habile dans la poursuite de cet objectif. Et ce, encore une fois à la surprise générale, compte tenu du travail colossal qu'il avait accompli sur son dernier film, la petite merveille fantastique Sleepy Hollow. Parlant de ce dernier titre, son atmosphère et son récit ne sont jamais battus par ceux de Planet of the Apes. Et là fait en grosse partie aussi la différence.
Puis vient cette fameuse finale inattendue. Si elle se voulait inattendue, ça a malheureusement été loupée dans mon cas, car je l'ai vu venir et en étais persuadé sans la moindre exagération bien avant qu'elle ne soit révélée. Si la tentative de répétition de gros "punch" dans Planet of the Apes n'a pas fonctionné complètement dans mon cas, je ne le reproche pas nécessairement vraiment au film. D'un, car je sais que cette fin va en surprendre plusieurs, pour ne pas dire la majorité des gens, et elle leur plaira. Elle peut même en donner à un certain niveau la chair de poule. Et de deux, cela entraîne une seconde possibilité pour Burton d'explorer ce monde, et connaissant le génie de l'artiste, on peut sérieusement espérer qu'il ne refasse pas les mêmes erreurs décevantes deux fois empêchant Planet of the Apes de facilement devenir la même chose que son précédent: un classique cinématographique, au lieu d'un simple divertissement réussi. --RJ
Cote: B-
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