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| THE OTHERS |
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| Cast: Nicole Kidman, Elaine Cassidy, Christopher Eccleston, Eric Sykes, Alakina Mann, Fionnula Flanagan
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| Année:
2001 |
| Studio: Dimension |
| Longueur: 104 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
The Others (Les Autres en v.f.) est ingénieux, surprenant, habile et hors du commun. Je ne me rappelle pas avoir, depuis des années, autant ressenti de terreur dans une salle de cinéma que lors de la projection de The Others à laquelle j’ai assisté. Dans un été remplis de sang, de violence gratuite, d’histoires prévisibles et de cadavres tombant à la tonne, voici finalement un divertissement de haute gamme n’insultant pas notre jugement.
The Others ne pourra se chasser de comparaisons avec un autre succès inattendu d’il y a deux étés, The Sixth Sense. Pour commencer, ce sont deux thrillers surnaturels d’une qualité remarquable. Encore plus, ils le sont sans nous montrer bien des choses. Et pour ceux ayant compris le principe du fonctionnement de l’être humain dans ces situations, c’est cela qui fonctionne le mieux règle générale. Alfred Hitchcock l’avait compris il y a de cela plusieurs décennies, et, plus récemment, à part The Sixth Sense, on a qu’à se tourner vers The Blair Witch Project, un autre petit film de suspense nous rentrant dans la peau sans nous attaquer de toutes parts avec des têtes décapitées ou des jets interminables de sang. Et les deux vont vous assomer avec un coup de théâtre final
grandiose.
Nicole Kidman tient la vedette de The Others et, pour ne pas tourner autour du pot, voilà non seulement la preuve qu’elle possède un talent indéniable, mais également la meilleure performance de sa carrière. Elle incarne à perfection Grace, une mère de famille vivant seule avec ses deux enfants dans une énorme demeure sur la Manche au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Ses gamins, une fille et un garçon, souffrent de photosensibilité, ce qui entraîne comme conséquence que toutes les fenêtres de la maison doivent à tout prix se voir couvertes de rideaux à tout moment de la journée, et que chacune des dizaines de portes doit rester barrée si on ne change pas de pièce. On peut déjà admirer l’astuce utilisée ici, alors que le scénario se sert d’une situation possible pour donner une ambiance appropriée au film. Peu après avoir engagé un trio de domestiques, la famille de Grace commence à être témoin d’étranges manifestations dans le château. Histoire classique de maison hântée me direz-vous? Pas tout à fait, non.
Cette même histoire, si bien écrite (de même que réalisée) par le jeune cinéaste Espagnol Alejandro Amenabar, contrôle l’audience d’un bout à l’autre d’une manière quasiment spectaculaire. On nous lance des indices et des feintes d’indices afin de comprendre ce qui se passe, mais le génie d’Amenabar ne nous permet jamais de déterminer ce qui est utile de ce qui ne l’est pas, ou ce qui est vrai de ce qui est seulement fantastique. Cela a pour résultat de placer le spectateur dans une position d’insécurité, de tension et d’interrogation constante. The Others parvient facilement aussi à nous glacer le sang en nous faisant faire le saut toujours à un moment bien choisi et inattendu. Les grosses secousses doivent totaliser environ une demi-dizaine, et chacune d’entre elles s’avère le fruit d’un travail exceptionnel pour nous garder sans cesse déstabilisés. Puis, sans rien
dévoiler d’avance, survient le “punch” de l’année, pour ne pas dire des dernières années. Pour un maître en plein contrôle d’un thriller, on ne trouvera probablement pas mieux en 2001.
Mais Amenabar ne contribue pas uniquement à la réussite de The Others. Son directeur photo nous enrobe d’une cinématographie exceptionnelle, éclairant plusieurs scènes dans le noir total, à l’exception des silouettes des personnages terrifiés. En regardant cela dans une salle dépourvue de lumières, on sent pratiquement les esprits parmi nous. Pour en revenir à Kidman, elle se fait carrément électrisante. Avec son look à la Grace Kelly et son stress intérieur se manifestant subtilement mais sûrement, elle mérite toutes les accolades du monde après cette glorieuse
prestation. Tout le cast de soutien, composé d’inconnus, livre un travail plus que solide, contribuant à nous faire interroger quant à l’idendité de ceux et/ou celles que l’on peut croire.
On ne peut jamais trop savoir lors d’un premier visionnement de The Others ce qui se passe au juste de façon précise. Ceux voulant se servir de leur matière grise tenteront désespéremment de clarifier les mystères pendant la durée entière seulement pour se rendre compte à la fin qu’ils se sont fait complètement avoir (ce fût notamment mon cas). Et pour les autres ne désirant pas se casser la tête, eh bien...ils le feront assurément tout de même, tellement ils se verront captivés par le récit intriguant. Et une chose demeurera sûre pour toutes les âmes courageuses qui oseront aller voir The Others: ils ne dormiront certainement pas à leur retour. --RJ
Cote: A
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